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Immigration

L’avenir des Africains est en Afrique

De Guillaume de Thieulloy dans Les 4 Vérités :

"Omar Ba, Sénégalais ayant émigré clandestinement en France, avant d’y obtenir un titre de séjour […] dénonce, comme nous, les méfaits de l’immigration de masse, mais du point de vue de l’immigré. En Afrique, on ne cesse d’encourager l’émigration en dépeignant l’Europe sous des couleurs mythiques. Le réveil est brutal pour celui qui a franchi les nombreux obstacles. Omar Ba propose d’en finir avec cette propagande en faveur de l’émigration, en annonçant clairement aux Africains que leur avenir est en Afrique. D’une part, parce que l’Occident ne peut plus accueillir les incessantes vagues d’immigrés qui arrivent sur ses côtes. Et, d’autre part, parce que l’Afrique a besoin de ses fils pour se développer. L’auteur touche ici à une question centrale pour l’avenir de notre monde. Il n’est pas sain que, durablement, et même en temps de paix, les habitants d’un pays pourvu de toutes sortes de richesses naturelles, croient que leur avenir est ailleurs. Ce qui signifie qu’il est urgent de repenser les politiques migratoires, bien sûr, mais aussi les politiques de développement. Si nous consacrions la moitié des sommes que nous consacrons annuellement à l’immigration (qui sont de l’ordre de 70 milliards d’euros), au développement de l’Afrique, il n’y aurait rapidement plus d’immigration en provenance de l’Afrique. À condition, bien sûr, de changer du tout au tout les règles du jeu : le financement du développement ne peut pas se faire d’État à État. Ce sont les individus, les entreprises ou les associations qui doivent être acteurs des investissements. Et ces investissements doivent cesser d’être pensés sur le mode humanitaire et devenir de véritables investissements, avec une logique de rentabilité des capitaux investis. Réservons l’humanitaire aux crises urgentes et, pour le reste, ayons une logique d’investisseurs. Ici, les États peuvent jouer un rôle, modeste mais crucial : le rôle de garantir le droit et la sécurité des « capitalistes ». Il est aisé de constater que les tentations seront bien moins fortes pour les dirigeants africains que dans le cadre actuel de l’aide publique au développement. Et il est aisé de voir qu’un petit projet de quelques centaines de milliers d’euros entraîne beaucoup moins de gaspillage que le versement de milliards d’euros. Aidons l’Afrique à se développer et nous résoudrons du même coup nos problèmes d’immigration. Cela nécessitera certes que nous réglions aussi nos problèmes de conscience avec la colonisation (j’entends d’ici les dénonciations de néocolonialisme des bien-pensants !). Mais il serait temps de s’apercevoir que nous n’avons pas à rougir de ce que nous avons fait là-bas. Et il serait peut-être, aussi, temps de s’apercevoir qu’il est infiniment plus humiliant pour les Africains d’être traités en enfants irresponsables que d’être traités en véritables partenaires."

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6 commentaires

  1. Il existe en France de nombreux africains qui, grâce à leur travail, finissent par se constituer des économies. Beaucoup d’entre eux, au delà de l’aide de première nécessité qu’ils envoient à leur famille souhaitent investir dans le pays d’origine. Mais ces investissement sont risqués, en particulier en raison de la corruption sur place et difficile à gérer à distance.
    Une solution serait de faciliter la circulation de ces personnes de manière à ce qu’elles puissent à la fois conserver leur emploie en France, emploie qui leur permet de réaliser l’accumulation de capitaux nécessaires tout en surveillant et en faisant fructifier leurs revenus sur place.
    Pour faciliter la circulation :
    1- Protéger le droit au séjour en accordant des titres de séjour longs. Les titres de séjour court renouvelable de mois en mois gène terriblement la circulation puisqu’il est impossible de circuler durant toute la période de renouvellement.
    2- Par des accords bilatéraux, assouplir la politique des visas. Je connais de nombreux africains qui ne se maintiennent en France que parce qu’ils savent qu’ils ne seront pas réadmis s’ils retourne dans leur pays d’origine. Et quoi que vous en pensiez ils ont ici des liens qu’ils ne peuvent pas voir rompre de gaité de cœur.
    Contre la corruption enfin la France devrait pouvoir accorder sa protection consulaire aux africains de retour au pays pour éviter qu’ils soient trop la cible des accapareurs qui sévissent là bas.
    Cette politique serait mutuellement fructueuse à la fois pour les pays d’origine dont elle stimulerait le développement et pour la France qui trouverait la bas des partenaires économiques bien disposés.
    Mais le développement économique prend du temps !

  2. Quoi qu’il en soit les travailleurs africains en Europe, en tant que pourvoyeurs de fond ont un grand rôle à jouer dans le développement de l’Afrique. Ce sont les seuls, grâce à leur travail ici, à pouvoir capitaliser suffisamment pour améliorer les chose là bas.
    L’immigration, n’est peut être pas une chance pour la France suivant certains. Mieux canalisée l’émigration peut être une chance pour le développement de l’Afrique. Toutes les personnes réellement soucieux du développement de l’Afrique doivent prendre cette donnée en considération.

  3. Le néocolonialisme contemporain (d’un coté, les trust qui exploitent les richesses exceptionnelles des pays d’Afrique avec la complicité des élites locales sur le dos des peuples, de l’autre, l’émigration de masse) est pire que le pire des colonialismes occidentaux d’antan.

  4. Le vieux proverbe bien connu: donne un poisson à qui a faim, il aura à manger aujourd’hui mais demain, il aura encore faim; apprends lui à pêcher, il pourra se nourrir le reste de son existence.

  5. @C.B
    Il ne s’agit pas d’un vieux proverbe bien connu mais d’une pensée de Mao !
    Comme quoi …

  6. À Nicolas : pas Mao !! C’est une citation qui est attribuée à Moïse Maïmonide un rabbin andalou considéré comme l’une des figures les plus importantes du judaïsme, toutes époques et tendances confondues. Il aurait même influencé St. Thomas d’Aquin. Mao ce serait plutôt du genre donne moi ta montre et je te donnerai l’heure.

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