L’Armée française en crise

Un rapport du Haut comité d’évaluation de la condition militaire (HCECM) montre que l’armée peine à garder ses soldats en raison des conditions de vie au sein de l’institution. « La fidélisation constitue un défi de première importance » à l’heure où l’armée, mobilisée sur tous les fronts, a d’importants besoins en ressources humaines, relève ce 11e rapport thématique du Haut comité, de 196 pages, intitulé « La fonction militaire dans la société française ».

« Difficulté à concilier vie militaire et vie personnelle, manque de moyens, crainte d’une perte de compétences techniques et tactiques, lassitude face aux difficultés rencontrées en matière de soutien et d’environnement (infrastructure et hébergement) »

Voilà autant de facteurs négatifs  qui pèsent sur les militaires et leur envie de rester dans l’institution, détaille le HCECM. Seuls 65 % des militaires du rang rempilent ainsi dans l’armée de Terre et 58 % dans l’armée de l’Air après un premier contrat (d’une durée de trois à cinq ans en général). Autrement dit, il n'y a pas réellement de "retour sur investissement" après la formation des recrues.

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C'est un peu l'effet boule de neige : à force de couper les crédits, on limite le renouvellement des matériels, mais aussi les périodes d'entraînement et on démotive le personnel. De même, l'opération Sentinelle ne pousse pas les militaires rester dans l'institution… Les militaires s’estiment insuffisamment entraînés faute d’équipements disponibles. 

"Les armées font tout pour qu’en opérations les militaires disposent de tous les moyens nécessaires à la réalisation de leurs missions. La disponibilité des matériels terrestres en OPEX est par exemple généralement supérieure à 90 % alors même que les conditions d’emploi les usent prématurément (bande sahélo-saharienne notamment).

L’effort de maintien en condition des matériels en OPEX se fait au détriment de l’équipement disponible en métropole. Lorsque les parcs d’équipements sont affectés par des difficultés durables de disponibilité, cela se traduit par une réduction des possibilités d’entraînement tandis que l’intensification des engagements opérationnels accentue les difficultés à préserver les compétences tactiques collectives, voire individuelles, faute de temps disponible. Les militaires ont le sentiment de ne pas avoir les moyens suffisants pour s’entraîner et redoutent une baisse de leurs capacités opérationnelles.

Le CEMA a évoqué devant l’Assemblée nationale le fait que « 20 % des pilotes de l’aviation légère de l’armée de terre (ALAT) ne sont pas aptes « mission de guerre », faute d’heures de vol » et que « moins de 60 % des équipages de transport tactique de l’armée de l’air sont qualifiés à l’atterrissage sur terrain sommaire – mode d’action pourtant essentiel » pour les mêmes raisons. Les membres du Haut Comité ont pu rencontrer des équipages de blindés qui n’avaient ni tiré, ni manœuvré avec leur matériel de dotation depuis près de 2 ans.

Cette situation inquiète les militaires et pèse sur leur moral."

La dégradation des infrastructures immobilières et conditions d’hébergement constitue un autre point noir. Selon l’état-major, près de 80 centres de restauration sur 350 devront fermer pour non-conformité s’ils ne sont pas rapidement modernisés. Les militaires souffrent de ces « délabrements » qui pèsent sur leur vie quotidienne, au quartier comme à l’entraînement.

Mais pour Macron Bonaparte, du moment que la chair à canon lui obéit, ça baigne…

Commentaires (1)

@Michel, il y a aussi ces très bons articles :
https://www.meretmarine.com/fr/content/la-marine-nationale-demande-le-retour-18-fregates-de-premier-rang et

https://www.meretmarine.com/fr/content/flotte-strategique-et-strategie-de-flotte (exhaustif)

Rédigé par : Martin | 8 oct 2017 20:13:59
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