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France : Laïcité à la française

L’ancien maire de Ploërmel répond au Conseil d’Etat : non, l’installation ne découle pas de 2 décisions

Unknown-32Le 9 novembre, Jean-Marc Sauvé, Vice-président du Conseil d’État, déclarait dans un entretien à La Croix :

"Le Conseil d’État a constaté que l’installation contestée découlait de deux décisions distinctes : d’une part, celle de l’artiste de léguer sa statue à la commune ; d’autre part, celle du maire de la faire surmonter d’une arche et d’une croix. Il est difficile de soutenir que ces dernières font partie de l’œuvre d’art. Or, la croix ne peut pas ne pas être regardée comme un signe religieux. Ce serait faire offense au culte catholique que de ne pas le reconnaître.

Droit de réponse de Paul Anselin, ancien maire de Ploërmel, dans La Croix :

Unknown-31"Monsieur Jean-Marc Sauvé affirme que « le Conseil d’Etat a constaté que l’installation contestée découlait de deux décisions distinctes : d’une part celle de l’artiste de léguer sa statue à la commune ; d’autre part celle du maire de la faire surmonter d’une arche et d’une croix. Il est difficile de soutenir que ces dernières font partie de l’œuvre d’art ». Ceci est inexact. Le Conseil d’Etat qui ne siège pas au conseil municipal de Ploërmel n’a rien « constaté ». Tout au plus a-t-il « considéré », dans un arrêt qui confine au byzantin, qu’il existerait deux décisions distinctes, dont l’une, formelle, aurait porté sur le seul personnage de Jean-Paul II, tandis que l’autre, informelle, aurait porté sur l’arche et la croix. Ce « découpage » a eu pour seul intérêt de faire échapper les requérants à la forclusion et de permettre au Conseil d’Etat d’ordonner l’abattage de la croix.

Maire de Ploërmel à l’époque, j’affirme n’avoir jamais pris la « deuxième décision » que l’on me prête ainsi, dont l’existence est totalement fictive. De fait, le « découpage » auquel s’est livré la Haute Juridiction ne correspond à aucune réalité factuelle. Au reste, dès lors que le personnage de Jean-Paul II ne constitue pas un emblème religieux, comment expliquer les protestations émises au nom de la loi de 1905 par l’opposition lors de la « première » décision si elle ignorait l’existence d’une croix ? En réalité, l’œuvre est un ensemble depuis l’origine, et les élus de Ploërmel le savaient parfaitement. Elle a été intégralement dessinée et exécutée par l’artiste et est arrivée toute entière de Saint-Pétersbourg : personnage, arche et croix. Si, comme l’avait fait la Cour Administrative d’Appel de Nantes, le Conseil d’Etat avait appelé l’artiste en la cause, celui-ci le lui aurait certainement confirmé. Le maire ne se serait jamais autorisé à violer le droit moral de l’auteur en ajoutant à sa guise une arche ou une croix. Il n’est évidemment pas possible d’ajouter à une œuvre, pas plus qu’il n’est possible de l’amputer. Or si l’on me prête d’avoir ajouté à l’œuvre c’est pour « mieux » demander à la mairie de l’amputer. Monsieur Sauvé exprime également le regret que « le maire n’ait pas cherché un avis juridique avant de prendre sa décision ». Outre qu’il ignore tout des avis que j’ai – ou non – pu prendre, l’émotion suscitée par la décision du Conseil témoigne que les choses n’apparaissaient pas si évidentes à nombre de nos concitoyens. Je rappelle par ailleurs qu’une doctrine et une jurisprudence fournies faisaient de l'« ordre public », mentionné à l’article 1 de la loi de 1905, un critère de lecture de l’ensemble de la loi. Or l’ordre public et la tranquillité de Ploërmel n’avaient jamais été troublé par cette œuvre – avant la décision du Conseil d’Etat."

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12 commentaires

  1. En fait, la croix n’est qu’un symbole. Pour les “thuriféraires” de la bigoterie laïcarde, l’ennemi est le Christ. Qu’il soit représenté comme nouveau-né dans une crèche, symboliquement par une croix, ou sous tout autre forme, pour eux, voilà l’ennemi.

  2. Bravo, Monsieur Paul Ancelin, votre “plaidoirie” est digne et subtile.

  3. “Elle a été intégralement dessinée et exécutée par l’artiste et est arrivée toute entière de Saint-Pétersbourg : personnage, arche et croix.”
    C’est bon, on a compris. Tout est dit !!!

  4. Il est de plus en plus fréquent que le Conseil d’Etat, comme la Cour de Cassation au demeurant, torde la vérité de faits pourtant évidents, tangibles, pour asseoir une décision juridictionnelle que sinon ils ne pourraient pas prendre en droit. Dévoiement patent de la justice qu’il faudra un jour sanctionner.

  5. Le conseil d’état est une institution à détruire : un point c’est tout.
    Foin de discussion, la faux à l’embour fera l’affaire.
    La France n’a pas besoin de conseil d’état.

  6. Les menteurs vont être déçus et c’est très bien !
    Monsieur le Maire Bravo!

  7. Y-a-t-il d autres recours pour garder cette Croix ? Sinon comme dans un film de Don Camillo , il ne reste qu à s enchaîner autour du monument pour montrer notre résolution ! Oû faire une ZAD car ce qui est valable pour notre D(r)âme des Landes doit l être pour Ploermel !

  8. Notons que la Bretagne a été créée Chrétienne, dès le V ème siècle, en tant que nation. Avant cela, c’était l’Armorique et toutes ses composantes. Le fait de vouloir détruire le christianisme en Bretagne revient à détruire la Bretagne elle-même. Et l’abandon de la langue Bretonne a fait également chuté la Foi. Comme le disait le saint martyr Breton, l’abbé Yann Vari Perrot, en Bretagne, Foi et langue Bretonne sont sœurs.

  9. Notons également, qu’à ce rythme d’expansion de la christianophobie, on en viendra, comme à la révolution, à détruire les calvaires sous prétexte de laicité….

  10. Le conseil d’état est constitué de losers malveillants qui n’ont pas encore compris que leur machin était déjà plié.

  11. Outre la croix surmontant l’arche, il y a aussi des croix sur les ornements sacerdotaux portés par le pape, il me semble: les “libres penseurs” et le Conseil d’État envisagent-ils de les faire marteler?
    On n’aurait jamais dû s’écarter de l’impossibilité de modifier une œuvre sans le consentement de son auteur, que personne ne semble avoir consulté?

  12. Arzel Mari
    La révolution avait commencé le massacre.
    En Berry, les habitants reconstruisaient durant la nuit les calvaires détruits par les révolutionnaires durant la journée.

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