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Pays : International

L’Afrique subsaharienne francophone est le moteur de la croissance africaine

L’Afrique subsaharienne francophone est le moteur de la croissance africaine

Selon Ilyes Zouari, Président du CERMF (Centre d’étude et de réflexion sur le monde francophone) :

Pour la cinquième année consécutive, l’Afrique subsaharienne francophone a affiché les meilleures performances du continent, selon les données de la Banque mondiale. Cet ensemble de 22 pays a enregistré une croissance globale de 3,9 % (4,6 % hors cas très particulier de la Guinée équatoriale), contre 2,2 % pour le reste de l’Afrique subsaharienne.

Sur la période 2012-2018, soit sept années, la croissance annuelle de l’Afrique subsaharienne francophone s’est donc établie à 4,2 % (4,9 % hors Guinée équatoriale, et 6,3 % dans la zone UEMOA qui confirme ainsi son statut de plus vaste zone de forte croissance du continent). Ce taux a été de 2,9 % pour le reste de l’Afrique subsaharienne. Les trois premières économies francophones, à savoir la Côte d’Ivoire, la RDC et le Cameroun, ont respectivement enregistré une croissance annuelle de 8,6 %, de 6,0 % et de 4,8 % en moyenne. De leur côté, les trois premières économies du reste de l’Afrique subsaharienne, à savoir le Nigeria, l’Afrique du Sud et l’Angola, ont respectivement connu une progression annuelle de 2,8 %, de 1,4 % et de 2,2 %. […] Enfin, il convient de souligner que les pays francophones ne représentent que deux des dix pays les plus endettés du continent (le Congo, 4e, et le Togo, 10e).

L’Afrique subsaharienne francophone devrait demeurer le moteur de la croissance du continent en 2019. Cependant, et en entraînant à sa suite une hausse des prix des matières premières, une importante baisse du dollar pourrait affecter négativement les économies des nombreux pays francophones assez pauvres en richesses naturelles. Et en particulier les pays de l’ouest de la zone CFA, qui seraient alors doublement pénalisés en étant également affectés par un euro trop fort. La France devrait alors prendre toutes ses responsabilités afin d’éviter que la politique monétaire de la zone euro ne soit contraire aux intérêts de l’Afrique francophone, et donc à ses propres intérêts. À défaut, l’arrimage actuel du franc CFA à l’euro devrait alors être remis en cause, en optant pour un panier de devises qui inclurait, notamment, le dollar et le yuan chinois.

Mais la France se doit également d’accroitre sa présence économique afin de mieux tirer avantage des opportunités qui se présentent, notamment dans des pays stratégiques que sont la RDC ou Djibouti, où elle est fort peu présente. […]

Enfin, l’émergence économique et démographique de l’Afrique francophone contribue en bonne partie à la hausse du nombre d’apprenants du français dans le monde. Et notamment en Afrique subsaharienne non francophone, où ce nombre a augmenté d’environ 126 % entre 2014 et 2018, selon les données de l’OIF. Dans ce cadre, la France se doit d’accompagner et d’amplifier cette évolution favorable à la langue française, plutôt que de constituer manifestement un frein en la matière en faisant la promotion intensive de la langue anglaise dans le monde, à travers nombre de ses multinationales et de ses diplomates (contrairement à un Québec exemplaire, par exemple).

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4 commentaires

  1. N’oublions pas la démographie de ces pays africains, véritable “bombe” à retardement… dont nous commençons tout juste à entrevoir les résultats dans le drame des migrants ! Et ça ne fait que débuter…

  2. Si la France avait encore une diplomatie indépendante, tous les diplomates seraient en train de travailler sur le thème suivant: comment profiter de la situation algérienne pour que la France reprenne la main en Afrique. Les Algériens ont besoin de notre aide et me semble-t-il la réclament. Qu’attendons-nous assis sur notre cul chez nous sans rien faire? Quelle veulerie mondialiste retient nos hommes politiques d’y aller non avec notre armée cette fois-ci mais avec nos intellectuels, nos ingénieurs, nos paysans, (et peut-être même nos banquiers hélas) pour remettre ce pays en marche et en faire avec nous la locomotive de l’Afrique subsaharienne. Voilà un vrai projet pour notre patrie!

    • Et surtout permettre un retour des populations d origine en Afrique, seule solution pour éviter un conflit.

      • Je dirai plutôt, pour aller dans le sens de sivolc, de faire en sorte que les conditions de vie en Afrique incitent plutôt les africains à vouloir rester chez eux… Mais on ne pourra pas éviter la question, qu’on devrait poser à tout candidat à la présidence de la république : qu’est ce qui justifie de laisser s’installer sur notre des sol autant de gens qui nous détestent et ne veulent que profiter de nos largesses ?

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