L’ADMD vue par le Cardinal Philippe Barbarin

Dans son édition du 1er novembre 2008, Le Figaro donne la parole au cardinal Philippe Barbarin. Extraits :

B "Profiter de cette date [l’ADMD organise sa journée nationale d’action le 2 novembre], pour promouvoir l’euthanasie sera ressenti comme une violence. Ce jour-là, les Français aiment aller en famille dans les cimetières. Beaucoup prennent un temps de recueillement et de prière devant la tombe de ceux qui leur restent chers. Ils partagent les souvenirs qui habitent leur mémoire, une parole marquante, un grand moment… Respectons cette atmosphère de silence, et n’allons pas faire du 2 novembre une nouvelle « journée nationale » à thème et encore moins un moment de combat, à forte connotation idéologique. Les dernières paroles, les derniers moments de nos proches sont des souvenirs inoubliables. Ce serait complètement déplacé et même blessant de venir nous expliquer qu’il aurait mieux valu éviter ces heures si marquantes, en abrégeant leurs vies. L’effort qui est fait partout pour diminuer la douleur des malades – j’en ai bénéficié moi-même lors de récents séjours à l’hôpital – et apaiser les souffrances mérite notre gratitude et nos encouragements. […]

Ma conviction est que la dignité de la vie humaine transcende toutes les circonstances et les conditions de notre existence […] Tout le monde admire Mère Teresa, qui a recueilli et pris soin de personnes abandonnées dans les rues, pour leur permettre de « mourir dans la dignité ». Cette expression devient un piège ou une tromperie si elle entend déterminer quelles sont les conditions d’une vie digne et obtenir, par la loi, le droit de donner la mort à ceux dont on juge qu’ils sont sortis de ce cadre. […]

Mais nous avons appris, après sa mort, que Mme Sébire n’aurait jamais été dans cet état si elle avait accepté les soins qu’on lui proposait, et que son avocat, par ailleurs, a quitté l’ADMD, refusant qu’on y milite pour la promotion du suicide assisté. Comment peut-on se battre, d’un côté, pour respecter la dignité imprescriptible de la vie humaine et, de l’autre, estimer qu’on peut donner la mort à quelqu’un quand on juge que les circonstances de sa vie sont trop douloureuses ? […]

Une évolution juridique vers l’euthanasie vous paraît-elle inéluctable ?
Je dois confesser que c’est ce que je pensais en 2004, quand venait d’être votée la loi sur la bioéthique. Mais il y a des jours où l’on est heureux de s’être trompé ! […] L’euthanasie n’a rien d’une mort douce. Derrière ce qu’on appelle des « cas limites », il y a en fait notre difficulté à bien accompagner celui qui va mourir. C’est cela que nous devons assumer avec courage, par amour de celui qui s’en va. […] Faut-il légiférer sur tout, et dans les détails ? Et comment se fait-il que ce qu’on appelle « dépénalisation » se transforme vite en un droit pour tous, comme c’est le cas pour la loi sur l’avortement ?"

Michel Janva

5 réflexions au sujet de « L’ADMD vue par le Cardinal Philippe Barbarin »

  1. Xtophe

    ENFIN ! Merci à Monseigneur Barbarin de se prononcer aussi clairement au sujet de l’euthanasie et d’oser la comparaison avec l’avortement.
    Après des décennies de léthargie, l’Eglise de France – par le biais de son primat – fait à nouveau entendre sa voix, à la suite de notre Saint-Père le Pape sur des sujets sensibles et ô combien d’actualité.

  2. Tanguy

    Bravo à Mgr Barbarin pour la justesse de son raisonnement. Les événements lui donnent raison : aujourd’hui, il n’y a eu que 200 personnes venues de France (et de l’étranger !) pour participer à la manifestation organisée par l’ADMD ! Comme quoi, ils n’ont vraiment rien compris à la vie humaine…

  3. Amédée

    @ BELIN Y,
    Je ne comprends pas les propos du Cal Barbarin comme vous.
    Je crois plutôt que malgré l’espérance chrétienne, le Cal Barbarin n’avait aucun doute sur la déraison de nos gouvernants et qu’il envisageait que l’euthanasie serait légalisé plus rapidement.

Laisser un commentaire