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France : Société

La « poltronisation » de l’Etat français

DrieugodefridiPour les catholiques, il y a une bonne et une mauvaise autorité de l’Etat. Mais la dérive actuelle consiste à renforcer sa mauvaise autorité (incursions dans des domaines relevant de la seule famille, par exemple), et à affaiblir son autorité juste et légitime.

C’est donc paradoxalement à un libéral, Drieu Godefridi (photo), fondateur de l’Institut Hayek, qu’il revient dans Le Figaro de défendre cette autorité :

[L]e CPE n’est qu’une péripétie. Ce qui est en cause est plus fondamental : l’autorité de l’Etat. Des émeutes dans les banlieues au rejet du CPE, en passant par la scandaleuse affaire de la SNCM, c’est à une poltronisation de l’Etat français que l’on assiste. Là encore, tout commence en mai 68. Confronté à la révolte des étudiants, le général de Gaulle s’envole précipitamment vers Baden-Baden. […] Depuis cet événement originel, la rue n’a cessé de prendre le pas sur le gouvernement et le Parlement ; il serait fastidieux d’énumérer les plans et réformes retirés par les gouvernements successifs sous la «pression populaire», nous les connaissons tous.

Seulement dans une démocratie, la «pression populaire» s’exprime dans les urnes. Pas dans la rue. […] En laissant se développer ce qu’il faut bien appeler la chienlit généralisée qui gagne la France, le gouvernement ne faillit pas seulement à sa mission. Il perd sa raison d’être.

L’acte fondateur des révolutions politiques qui ont initié le redressement économique de l’Angleterre (Thatcher) et des Etats-Unis (Reagan) fut, à chaque fois, une grève de grande ampleur, à laquelle le gouvernement refusa de céder.

Sans voir en lui un nouveau Reagan (loin s’en faut !), rendons au moins cette justice à M. de Villepin : il maintient le CPE. Et l’imaginer d’avance capituler, c’est faire sienne une vision des événements, imposée par le camp d’en face, selon laquelle un "mouvement social" ne peut se conclure que par la victoire de la gauche.

Henri Védas

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9 commentaires

  1. Drieu c’est son prénom? Un hommage? Comme Philippe pour d’autres?

  2. « Seulement dans une démocratie, la «pression populaire» s’exprime dans les urnes. Pas dans la rue. […] En laissant se développer ce qu’il faut bien appeler la chienlit généralisée qui gagne la France, le gouvernement ne faillit pas seulement à sa mission. Il perd sa raison d’être ».
    Excellent raisonnement ! Je crains fort pour ma part que nous ne soyons plus que dans un ersatz de démocratie, et ce, depuis pas mal de temps déjà.

  3. Je n’est pour ma part plus grande foi dans la démocratie…

  4. L’Institut Hayek de Drieu Godefridi a d’authentiques opinions libérales et mondialistes. C’est assez peu courant.
    Sur l’immigration également, leur point de vue libéral est interessant:
    http://www.fahayek.org/index.php?option=com_content&task=view&id=534&Itemid=1
    Pour une immigration libre – dans une société de libertés
    Ecrit par Vincent Bénard (Institut Hayek)
    27-12-2005
    En ces temps où les cités brûlent, où la crainte de l’intégrisme religieux s’invite dans les esprits, où l’on évoque l’échec du modèle français d’intégration, et où un chômage élevé persistant fait craindre à certains la concurrence des travailleurs étrangers, plaider en faveur d’une immigration libre peut passer pour une provocation. Pourtant, tant la théorie que l’expérience montrent que l’état, en prétendant contrôler l’immigration, en amoindrit les bénéfices et en augmente les coûts.
    Conclusion
    Après le commerce libre, qu’il faut encore développer, la prochaine étape sur la voie du progrès universel est celle de la migration libre.

  5. de toutes façon la Veme a toujours été un ersatz de démocratie, sauf que maintenant il faut vraiment être aveugle pour ne pas le voir

  6. C’est bientot le retour du roi …

  7. Oui on ne gouverne pas avec la rue, seulement en l’occurence c’est la rue qui a élu Chirac, (la rue réunie contre JMLP). Donc le Gouvernement devrait en tenir compte pour agir et non pas feindre avoir été élu par une majorité de droite.

  8. la démocratie, c’est Jacquouille la Fripouille au pouvoir.

  9. Rappelons que la république est toujours née dans le sang, la violence et la démagogie ( 1789, 1870, 1944 et 1958 ), il est donc logique qu’elle termine ainsi et ne dure jamais éternellement, elle est foncièrement illégitime. Ni Chichi, ni personne d’autre n’y peuvent rien.

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