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Religions : L'Islam

La division du monde musulman

Dans Valeurs Actuelles, Michel Gurfinkiel estime qu’"une partie du monde musulman se réjouit tout bas des opérations israéliennes contre le Hezbollah." Cette guerre révèle que la plupart des pays arabes ont pris parti pour l’État hébreu ou, du moins, contre ses principaux adversaires, le Hamas palestinien et le Hezbollah libanais.

"L’Égypte, la Jordanie, les Libanais non-chiites et l’Arabie saoudite misent sur la paix et le développement économique. Le Hamas, le Hezbollah, la Syrie et l’Iran misent sur la confrontation avec l’Occident et un nouveau cycle révolutionnaire au Proche-Orient. Mais il y a aussi des tensions plus profondes. Religieuses et communautaires. Les conservateurs arabes sont pour la plupart sunnites […]. Les révolutionnaires sont pour la plupart chiites ou proches du chiisme. […]

Pendant la majeure partie de l’histoire musulmane, le sunnisme et le chiisme se sont livré une lutte à mort : chaque parti considérait l’autre comme renégat ou païen, ce qui lui ôtait le bénéfice des règles coraniques de la guerre. […] Le sunnisme ayant prévalu dans la plus grande partie du monde musulman à partir du XIVe siècle, de nombreux chiites en ont été réduits, pour survivre, à pratiquer la fameuse taqiya ou “dissimulation”. […] La révolution islamique iranienne de 1979 a été avant tout une révolution chiite. Si elle s’est attaquée en priorité aux «Satans» américain, britannique et israélien, elle n’a pas négligé pour autant l’adversaire sunnite : de la tentative de «coup d’État religieux» à la Grande Mosquée de La Mecque, en novembre 1979, dont l’objet était le renversement de la monarchie saoudienne, à la guerre contre l’Irak de Saddam Hussein (1980-1988), alors contrôlé par les sunnites, en passant par la mise en place d’un mouvement politique et militaire chiite au Liban – connu d’abord sous le nom de Amal –, le Hezbollah. […]

Le rapport des forces entre sunnites et chiites s’est modifié en faveur des seconds en 2003, avec la chute de Saddam Hussein en avril 2003 : du jour au lendemain, les chiites irakiens – 60 % de la population – ont pris le contrôle de la moitié du pays […]. Une situation que les sunnites irakiens, hier maîtres du pays, ne peuvent accepter et qui préoccupe les autres sunnites, du Caire à Islamabad."

MJ

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3 commentaires

  1. Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah libanais, chiite, a déclanché son offensive de roquettes en ‘solidarité’ avec le Hamas palestinien sévèrement aggressé, qui est sunnite. Il se rève d’être le Grand Rassembleur. Bref, le contraire d’al Qaeda et des services spéciaux du gouvernement iraquien (la photo de Ben Laden avec un drapeau israélien collé sur la poitrine a beaucoup de succès sur l’internet arabe). La rue arabe connait son Hamas ou son Hezbollah, et ne se reconnait en rien dans ces ‘al Quaeda’ et autres bombardiers de mosquées à fort taux d’écoutes ‘sunnites’. Les régîmes de Jordanie, Egypte, Arabie Saoudite etc. sont en train de terminer leurs carrières de chanteurs obligés. Nous ne sommes plus en 1982.
    (On ne parle même pas de l’Algérie, qui arrondit ses retraites en passant à la télé française, entre deux interventions chirurgicales.)

  2. Très intéressant comme point de vue. Néammoins, lecteur assidu de ‘valeurs actuelles’ depuis de longues années, (et de ‘faits et documents’ qui, de mémoire il y a un an, a confirmé mes conclusions concernant les analyses de M. Gurfinkiel) je me permets de signaler, ce qui n’est pas anodin sur le sujet, que M. Gurfinkiel est un ultra-sioniste et membre initié de cercles discrets. Mieux vaut le savoir.

  3. « M. Gurfinkiel est un ultra-sioniste et membre initié de cercles discrets. »
    Il est également membre de cercles pas discrets du tout comme le cabinet de lobbying israélo-américain Benador:
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Benador_Associates

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