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Culture de mort : Eugénisme

La chute du ‘professeur’ Hwang

Yves Daoudal revient sur les mensonges du Coréen. Ce matin, une commission d’enquête a conclu que l’article du professeur Hwang dans la revue Science de mai 2005 sur ses expériences de clonage avait été "sciemment falsifié". Hier, 17.500 scientifiques coréens demandaient au gouvernement de Séoul de sanctionner cet homme coupable de "supercherie scientifique". La commission d’enquête estime qu’une sanction est "inévitable eu égard aux preuves de falsification qui ont été réunies". Le professeur Hwang a démissionné de sa chaire d’études vétérinaires à l’université nationale de Séoul et a demandé pardon…

Le professeur Hwang était un héros national. En 1999, il avait fait naître une vache clonée, et en 2001, un chien. En 2002 il passe au clonage humain, "pour guérir les maladies incurables". En trois ans, il a reçu une quarantaine de millions de dollars du seul ministère de la Science. En février 2004, il annonce dans Science qu’il a obtenu une lignée de cellules souches à partir d’un embryon humain cloné. En mai 2005, il annonce avoir isolé onze lignées de cellules souches. Le monde scientifique est dans l’admiration. "C’est une véritable révolution scientifique", déclare le Pr Marc Peschanski au Monde, détaillant les multiples "perspectives d’exploitation de cette technique" et appelant de façon urgente à une modification de la loi de bioéthique afin de permettre le clonage humain.

Le 19 octobre, est inauguré en grandes pompes, à Séoul, le "consortium mondial de cellules souches", en présence du président de la République. La base en est l’hôpital universitaire de Séoul, avec deux antennes, à San Francisco et à Oxford, le tout sous la direction du Pr Hwang, qui annonce que le consortium produira chaque année 100 nouvelles lignées cellulaires. Mais trois semaines plus tard, la presse coréenne fait état de rumeurs (avérées) selon lesquelles le Pr Hwang aurait fait produire des ovocytes, contre rémunération, par des jeunes femmes de son laboratoire. Le Pr Schatten, de Pittsburgh, met fin à sa collaboration avec le coréen. Le 24 novembre, le Pr Hwang, qui devait recevoir à Paris la Victoire 2005 de la médecine et être proclamé "homme de l’année", annule sa venue. Le lendemain, il reconnaît les faits et démissionne de la présidence du consortium.

Puis, les spécialistes se penchèrent sur l’article de mai 2005 et y découvrirent des erreurs. Le 13 décembre, le Pr Schatten demandait que sa signature soit retirée de l’article. Le 15, Roh Sung-Il, collaborateur direct de Hwang, demandait à Science de retirer l’article, et révélait que le professeur lui aurait avoué que neuf des ses lignées de cellules souches étaient fausses et que les deux autres étaient d’une authenticité douteuse. "Cette histoire est une véritable catastrophe", déclarait Peschanski. "C’est un séisme politique, parce que les pays du monde entier, sur la foi de tels résultats, s’apprêtent à voter des lois sur le clonage ou les cellules souches", ajoutait Axel Kahn.

Le 16, le Pr Hwang, après avoir lui-même demandé le retrait de l’article en admettant des "erreurs irréparables", reconnaissant toutefois que sur les 11 lignées, 6 avaient été "détériorées à la suite d’une contamination". Le 20, son laboratoire était mis sous scellés, le matériel biologique saisi pour être examiné et l’université nationale de Corée du Sud lançait une enquête. Dans Le Monde, le Pr Peschanski déclare qu’il "ne peut pas imaginer que Hwang soit un maître fraudeur" (sic), et que cette affaire "risque avant tout de servir à tous ceux qui sont opposés au clonage humain".

Soulignons que le Pr Hwang a détruit 313 embryons pour ses expériences de 2004, et 700 pour celles de 2005. Un record mondial de la culture de mort, qui ne lui sera pas ôté. Tout ceci à la veille de Noël et de la fête des Saints Innocents.

MJ

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