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France : Politique en France

La « stratégie Buisson » s’implante durablement au sein de l’UMP

Guillaume Bernard, Maître de conférences (HDR) à l’ICES (Institut Catholique d’Etudes Supérieures), analyse pour Direct Matin la victoire de Jean-François Copé à l'UMP :

"Ils étaient invités à désigner « un ticket »
(président, vice-président, secrétaire général) pour un mandat de trois
ans. Parallèlement, ils devaient se prononcer sur différentes « motions » qui, si elles obtenaient au moins 10 % des suffrages, pouvaient devenir des « mouvements » internes au parti […]. Au final, sur les 300
000 adhérents revendiqués, un peu plus de 176 000 se sont déplacés pour aller voter. […] La victoire de Jean-François Copé est courte, mais la défaite de François Fillon, elle, est nettement plus profonde,
non pas en terme de résultat mais de symbole. Il était, en effet,
donné, dans toutes les enquêtes d’opinion, comme l’inéluctable vainqueur
avec plus de 65 % des voix. Il s’agit donc plus d’un échec de l’ancien Premier ministre que d’une authentique victoire de l’ex-secrétaire général. La campagne plus tranchée de Jean-François Copé lui a sans doute permis de rattraper le retard sur son concurrent. Mais, ce résultat manifeste aussi une nette division du parti, du moins quant au style préconisé en matière de discours. […]

La position du vainqueur est friable.
Des compromis (avec les « non-alignés » voire des partisans de l’autre
camp) devront sûrement être trouvés pour essayer de fédérer au mieux le
parti et éviter la paralysie. Sinon, il pourrait y avoir un retournement
de situation lors des prochaines élections internes, en 2015,
et à l’occasion des primaires qui devraient être organisées pour
désigner le candidat de l’UMP à l’élection présidentielle de 2017. Etant donné les rapports de force internes, la solidité de la
position de la nouvelle direction de l’UMP dépendra de sa capacité à
gagner les prochaines élections : les municipales et les européennes
. […]

Les résultats de motions ont étaient éclipsés par l’imbroglio autour
du décompte des voix pour l’élection du président de l’UMP. Or, ce sont,
là, les résultats les plus significatifs même si, pour l’instant, ils
ne sont que partiels. […] En effet, en additionnant la « Droite forte » et la « Droite populaire », les positions droitistes recueillent plus de 35 % des votes
des adhérents. Il semble donc que, d’un côté, les adhérents souhaitent
un renouvellement des cadres de leur parti et que, de l’autre, la « stratégie Buisson » (pour simplifier) s’implante durablement au sein de l’UMP. […] La vie politique française est désormais marquée par ce que j’appelle un mouvement « dextrogyre »
(qui n’est pas une « simple » droitisation) et auquel l’UMP paraît ne
pas échapper. Pendant deux siècles, jusqu’à la chute du mur de Berlin,
la vie politique a connu un mouvement « sinistrogyre », selon
l’expression d’Albert Thibaudet, c’est-à-dire que les nouvelles forces
apparaissaient par la gauche de l’échiquier politique. Désormais, le mouvement s’est inversé : l’offensive intellectuelle vient par la droite.
Les organisations populistes en Europe ou le « Tea party » aux
Etats-Unis en sont des manifestations explicites. Il ne s’agit pas d’une
simple radicalisation des idées de droite ou d’une crispation du
personnel politique classé à droite, mais d’un renouvellement des argumentaires et de l’articulation des concepts.
A côté de valeurs « classiques » comme celle de la sociabilité
naturelle (les corps sociaux, comme la famille, sont un donné auquel les
personnes adhèrent et non une construction dépendant uniquement de la
volonté individuelle, d’où l’opposition au « mariage » homosexuel), des idées modernes connaissent des mutations.
C’est ainsi que, par exemple, la laïcité, qui avait été conçue comme
une arme de combat contre le catholicisme, se révèle un moyen de lutte
contre le multiculturalisme. […]"

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6 commentaires

  1. Soit les enquêtes d’opinion sont bidonnées, soit, encore plus grave, elles montrent combien le choix des sondés par les instituts ne correspond pas au “pays réel”.
    En effet, ce sont les seuls militants qui devaient voter, pas les militants ET sympathisants. Les médias de l’oligarchie, tellement inféodés à la gauche, ont projeté sur l’UMP, les primaires du PS (alors ouvertes aux militants ET sympathisants). Ils ont envisagé un scénario conforme à leur propre pensée idéologique.
    Après l’échec des pronostiqueurs à l’issue du référendum de 2005, c’est une nouvelle preuve de la désinformation médiatique à laquelle les Français sont soumis quotidiennement. Les militants de base UMP ont défendu des positions “droitistes”.

  2. En tout cas il y a intérêt à ce qu’il y ait de vraies alliances avec la vraie droite puisque nous devons supporter ce suffrage universel qui a dans les faits confisquer le pouvoir aux profits de l’oligarchie mondialiste et non plus pour la préservation du bien commun et de la souveraineté nationale. Si c’est pour recommencer la comédie qui remettra au pouvoir toujours les mêmes “bonnets blancs” et “blancs bonnets”, beaucoup de bruit pour rien. Les mois et années sont comptés pour ces professionnels quelle que soit leur couleur politique affichée.
    La vérité ressort toujours à la tête de ceux qui la cache et qui se contente de planquer sous le tapis la poussière au lieu de l’évacuer.

  3. Excellente analyse ! Voilà qui change du barbotage habituel.
    Dextrogyre, oui. Le scrutin de dimanche en apporte la preuve, bien au delà du choix du champion, bien au delà du vote des motions : là où le parti socialiste avec l’aide de tous les médias ne peut se vanter que de 85000 bulletins de vote, un parti aussi ringard (dixit la doxologie libécanalesque) que l’UMP mobilise plus de deux fois plus de monde.
    Personnellement, je suis plus intéressée par le changement de cap que par celui de capitaine d’un parti que je ne partage pas.
    Dans le cadre du projet de lol sur le mariage dit “pour tous” la manifestation visible et chiffrée de cette lame de fond est importante, elle donne des raisons supplémentaires de ne pas accepter ce dernier canular, surtout si l’on y ajoute la “victoire volée” à Ségolène Royal par son ex, Normal 1er : même à gauche ils nous en serons reconnaissants. Alors, cessons d’être méchants avec des malheureux qui se perdent et donnons leur des raisons d’espérer à eux aussi.

  4. On peut douter de la pertinence de cette analyse : le “sinistrisme” est allé tellement loin – et à vitesse accélérée – qu’il faudrait vraiment un fort mouvement de balancier pour inverser la tendance. Les opinions d’un tranquille sénateur centriste des années 70 voire 80 seraient aujourd’hui perçues comme d’intolérables “dérapages”. En fait de tendance “dextrogyre”

  5. La stratégie BUISSON, si elle penche à droite, ne demeure ne l’oublions pas , qu’une stratégie de communication en vue de réduire les pourcentages électoraux du FN et non de résoudre sur le fond les questions que posent les électeurs du FN à la suite de ses dirigeants. Relire son interview récente dans Le Figaro : c’est clair, on demeure dans les mots.
    Les mots peuvent flatter l’oreille et entrer en résonance pavlovienne avec la sensibilité, si ils ne sont pas suivis d’actes, tels que SARKOZY ne les posa pas, cea demeurer du Buisso-Coppéisme, comme les 5 ans de Buisso-Sarkoisme.
    Finalement en 5 ans, SARKOZY ne fut buissonien que durant les deux campagnes présidentielles : celle de 23007, son élection, puis celle de 20152, trop tard : entre les deux BUISSON était passé à la trappe. Car même me débat sur l’identité ne fut qu’une opération de com illusoire, parce que suivi de décisions et de lois.
    On peut craindre de même de J-F COPPE : élu contre Fillon avec en partie la reprise d’idées de droite inspirée par Buisson, il va certainement adopter maintenant celle de FILLON, en bon sarkoziste et responsable gaulliste de la Vème.

  6. Tout ça c’est du bla bla un peu ridicule. Le pragmatisme et le bon sens disent, eux: sans alliance avec le FN la droite n’y arrivera jamais!

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