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France : Société

La santé, une responsabilité personnelle ou étatique ?

De Cyril Brun :

"[…] La première question qu’il convient de se poser est relative à la place de l’État dans ce domaine. Le social est-il une prérogative de l’État ? La réponse, comme souvent, est loin d’être binaire et elle dépend en grande partie de la vision que nous avons de l’État, c’est-à-dire au fond, de l’Homme. Car l’État n’est pas d’abord une institution, mais un service rendu à la collectivité. En d’autres termes, l’État est la structure dont se sont dotés des peuples pour assurer certaines fonctions, en vue d’une fin précise qui est l’administration, la défense et la justice, sur un espace donné. Administrer, au même titre que défendre ou rendre la justice, suppose une certaine conception de l’Homme, car on n’administre pas de la même manière un pays si l’on considère l’Homme comme un être qu’il faut protéger et défendre ou si on le considère comme un pion au service de la collectivité. Les simples notions de responsabilité et de liberté (et donc la façon d’administrer le pays) dépendent essentiellement de ce que nous mettons derrière l’expression « dignité humaine ». Quoiqu’on dise de la démocratie grecque, la définition du citoyen selon Aristote, le pion interchangeable sur un jeu de dames, est très éloignée de la conception hédoniste que nous avons aujourd’hui de la dignité humaine.

Ainsi, de notre conception de l’Homme découle une vision de l’État et, par là, de ses attributions. L’administration est-elle au service des citoyens ou bien de la machine institutionnelle ? L’esprit français s’échauffe à la simple évocation de cette dernière hypothèse. Mais à y regarder de plus près, la réalité actuelle semble pourtant bien s’en approcher. Derrière cette tension, se cache la double question de la liberté et de la responsabilité. Si l’État n’est pas une fin, mais un moyen, il convient de le mettre à sa juste place, à savoir non pas au-dessus de l’Homme, mais précisément au-dessous. L’État se doit d’être un des soubassements permettant à l’Homme de vivre dignement. Ce n’est qu’un des multiples appuis dont il peut se servir pour agir en homme libre et responsable. L’État ne peut imposer d’en haut un ensemble de règles et de pratiques contraires à la liberté responsable de chacun, tout en restant garant, non pas de l’intérêt général qui supposerait de sacrifier certains, mais du bien commun. C’est là un équilibre subtil que la facilité tend trop souvent à faire basculer dans le dirigisme. Il est en effet plus aisé de « faire à la place » que de « permettre de faire ».

Précisément, la question du système de santé se trouve à ce même carrefour de la responsabilité de chaque citoyen et de celle de l’État de veiller au bien commun. Or, au fil des années, l’État français ne serait-il pas tombé dans une certaine facilité en prenant en charge un bien qui concerne d’abord et avant tout chaque personne ? C’est le constat de la Nouvelle Zélande que nous pouvons, mutatis mutandis, transposer chez nous. En faisant de la santé, mais aussi de la prévoyance (retraite, chômage…) une véritable assistance publique, les gouvernements successifs n’ont-ils pas dessaisi les Français de leur responsabilité sociale et médicale ? La plupart des études montrent que le poids de notre dette vient des dépenses sociales de santé et de retraite, en sus des dépenses exorbitantes d’une administration pléthorique. Partout où cela a été fait, introduire concurrence et privatisation a conduit à réduire les dépenses sociales, améliorer la qualité des prestations grâce à une reprise en main responsable, rendue possible par la liberté de choix et nécessaire par la fin de l’État providence.

Au-delà des réformes impératives, se trouve un déblocage idéologique évident. L’Homme est capable de cette liberté responsable. Or, de tout temps, celle-ci a été un moteur de croissance et de développement, tant pour chaque personne humaine dans son parcours de vie personnelle que pour les sociétés qui ont fait le pari de la vraie liberté, celle qui prend en compte, aussi, la responsabilité de l’autre. Il n’y aura pas de solution durable aux maux actuels tant que nous ne refonderons pas la société sur cette liberté responsable de chaque homme."

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7 commentaires

  1. En tant qu’administration, l’Etat est en effet au-dessous de l’homme. Sur ce point, Cyril Brun a raison.
    Mais dans sa fonction justiciaire, l’Etat est au-dessus ! Car il rend la justice non au nom du peuple, mais directement au nom du Créateur. Tel est l’enseignement constant de la Sainte Eglise.

  2. Il serait bon de se rappeler quelques principes :
    Le pouvoir en haut, les libertés en bas,
    que l’on peut préciser avec Ch Maurras par :
    « l’État-Un et […] son autorité-née » (« le Roi dans ses conseils ») et, d’autre part, « des États-multiples et […] leurs libertés-nées » (« le Peuple en ses États »)
    Extrait de :
    http://www.actionfrancaise.net/projet-tresor-maurras_jeune_francais.htm

  3. “L’Homme est capable de cette liberté responsable. ” L’homme n’est pas capable de cette liberté, c’est cela qui le constitue homme, la raison et la liberté indispensable pour être vraiment homme.L’État français, de type soviétique, asservit ses sujets, ce qui est la conséquence logique de son impiété, de son refus de reconnaitre le seul vrai Dieu, la seule vraie religion, pour le plus grand malheur de ses citoyens. L’État français actuel se fait le pourvoyeur de l’Enfer, avortement, euthanasie, laïcisme, encouragement des fausses religions…..

  4. quittone le socialisme. qui s immisce dans notre vie par doses homeopathiques, l objectif doit être de rduire les prelevements de l etat. de passer de 50% a moins de 30% pour cela sesont des pans entiers d organisation de notre societe qu il faut revoir education nationale, sante. retraite. La est laprochainerevolution francaise qui seule peut nous redonner croissance. competitivite et emplois

  5. Il serait bon que l’état donna les moyens de cette sécurité en ne laissant point detruire les industries et le patrimoine par les politiciens et leurs partis. Lesquels dilapident tout en distribuant même aux etrangers en presumant de la volonté populaire
    Ensuite seulement ce genre de questions aura un sens.
    Pour le moment dans la situation actuelle c’est hors sujet.
    Ce n’est pas quand la nation est ruinée qu on la pose a moins d être complice du politique

  6. C’est plus simple: l’état “organise” un système de santé “paritaire” supposé donner des gages de satisfaction au peuple. A ce titre, il est légitime de prélever des sommes colossales sur tous les acteurs..et cela nourrit tous les acteurs “sociaux” qui en retour votent pour le PS.
    Dans la réalité, les soins normaux eux-mêmes, donnés aux Français représentent une faible partie du chiffre d’affaire.ET diminuent chaque jour.
    Dans d’autres pays, une base de santé pour tous et des assurances privées, coutent moins cher offrent plus de prestations….même en Nouvelle Caledonie, territoire Français..

  7. l’état veut tout régenter, il a fait de l’homme un assisté qui par reconnaissant stérile n’ose pas aller contre ce système protecteur!
    “l’important c’est la santé”, il refuse de reconnaitre la vie surnaturel, la dimension qui le grandit!
    on ne se confesse plus mais on croit que la médecine peut tout! Alors que la culpabilité, la mauvaise conscience, est source de bien de maladies!

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