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France : Politique en France

“La République doit redevenir un messianisme”

Dans la même veine que Claude Bartolone faisant de la "religion de la République" une "religion suprême", voici Rama Yade :

"Les 4 millions de Français, qui ont marché ce week-end ont prouvé, dans leur communion collective, que la mystique républicaine n’est pas morte. La République doit renouer avec cette vocation spirituelle, ce spirituel sans lequel l’homme n’est qu’un robot sans âme, ce spirituel que les jeunes cherchent et croient trouver dans le salafisme ou le nationalisme. La République doit redevenir un messianisme, avec ce que le messianisme a de transgressif, de collectif, de discipliné, d’exigeant, de moral."

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21 commentaires

  1. Ce qu’ils proposent c’est la spiritualité du vide, les adorateurs du néant ou du Grand Tout ce qui revient au même , nous sommes en plein délire Orwellien. Ces gens sont extrêmement dangereux.

  2. Ces attentats et les marches contre la terreur ont manifestement réveillé l’ardeur de la secte maçonnique…
    En fait, en quoi consiste la “morale” républicaine actuelle?

  3. Tout faux ma pauvre dame!
    La République athée (ou spirito-rationaliste) transforme justement ses citoyens en “robots sans âme”!
    C’est l’esprit desdites “Lumières”, en la personne de La Mettrie, qui inventa “l’homme-machine”.

  4. “ce spirituel sans lequel l’homme n’est qu’un robot sans âme, ce spirituel que les jeunes cherchent et croient trouver dans le salafisme ou le nationalisme”
    Au mpoins, on est d’accord sur un point : l’etre humain recherche du spirituel…
    Sauf que la “liberté de penser” n’est-elle pas de laisser à chacun choisir son spirituel et ne pas en imposer un ?
    D’autant que je ne vois pas ce que la république a de “moral” actuellement avec toutes leurs lois mortifères !!!

  5. Avoir écrit et parler de “messianisme” à propos de la république c’est une ineptie, un leurre, puisque c’est cette même république dévoyée qui a menée le pays là ou il en est aujourd’hui, ce n’est que parole de politicien.

  6. Quand on entend le ton incantatoire de Valls parlant des valeurs républicaines … la guillotine n’est pas loin !!

  7. N’importe quoi ce “messianisme”
    transgressif …et…. discipliné.
    Dessine moi un monstre

  8. il y en a assez de ces donneurs ou donneuses de leçons philosophico-marxisantes-maçonniques, nous avons déjà une religion, une vie spirituelle, un messianisme militant et un Dieu trinitaire à adorer : nous avons la religion catholique en ce pays depuis le baptême de la France et cette civilisation peut se passer grandement des soi-disant valeurs de la république.

  9. Est ce qu’elle comprend les termes qu’elle emploie? Je me demande.

  10. Et si le Christ était le vrai Laïc, non assimilable certes à notre République, mais pas forcément non plus en accord avec nos religions… Nourrit d’une puissance qui lui vient d’ailleurs. (Rappel de la définition du mot laïc : qui n’est pas un clerc…).
    [Si d’autres lecteurs ne vous répondent pas dans les commentaires, je m’y attellerai. L.T.]

  11. La dimension spirituelle de la République :
    https://www.youtube.com/watch?v=RjN3XCjZYNQ

  12. C’est du charabia qui ne veut rien dire !
    C’est à peu près comme la “spiritualité laïque” réclamée par une personnalité à la télé récemment.
    Le “messianisme de la république” est comme le “christianisme islamisé” ou “l’islam christianisé” … bref, on peut s’amuser comme cela longtemps avec des mots sans véritablement dire quelque chose juste pour le plaisir d’avoir l’impression d’avoir dit quelque chose de “vachement” intéressant !

  13. Elle ne comprend même pas sa religion : ces jeunes ont une espérance, certes tordue mais une espérance tout de même, dans l’au-delà… Et la République, qu’a-t-elle a offrir de pareil ?

  14. à Lilou :
    je me lance …
    Le Seigneur est le fondateur historique de la Laïcité (à grande altitude) : “Rendez à César ce qui est à César …. ET A DIEU CE QUI EST A DIEU” ce que ne font pas nos gouvernants droitgoche !!
    Pour le reste le Seigneur n’est pas un laïc il est le Prêtre par excellence (tout prêtre devient un “alter Christus” )
    Il est le fondateur de la Sainte Eglise et Il est La Voie la Vérité La Vie …
    de Grace ne le défigurez pas !!!!

  15. (version plus aboutie)
    Lilou,
    Si le Christ était le vrai laïc, que serait-il ?
    Christ vient du grec qui signifie messie, l’Oint (mashiah en hébreu), celui qui a reçu l’onction royale de Dieu lui-même.
    Par le fait, je ne vois déjà plus très bien ce que vous voulez dire lorsque vous déclarez que le Christ serait le vrai laïc ?
    Car parler du Christ Jésus, je suppose que c’est de lui que vous parlez, c’est parler a minima, d’un homme en relation avec la divinité par le truchement d’un prophète de Dieu, comme Samuel avec Saül ou le Saint Roi David. En effet le mot Christ, n’est pas réservé absolument à notre Seigneur Jésus, mais il qualifie tous les rois oints de part la volonté divine en Israël.
    Le Christ Jésus récapitule et accomplie la royauté véritable. Il se déclare lui-même Roi (lisez saint jean), mais s’il est le principe et la fin de cette royauté, le roi David aussi, est un christ, un messie.
    Ainsi vous le voyez, on ne peut faire l’économie du sacré, et même de la religion lorsqu’on parle de Messie ou de messianisme, autant en tout cas que les mots gardent un sens objectif. Cela rend au passage, un son de fanatisme total, dans le propos de madame Rama Yade qui parle sans rire le moins du monde d’un si souhaitable messianisme républicain.
    Vous devriez donc préciser ce que vous entendez par laïc; en revenir à simplement dire qu’il n’est pas clerc, ce n’est tout simplement pas “clair”. Le Christ Jésus est bien plus qu’un laïc, il est selon saint Paul le grand prêtre éternel, celui qui est entré une fois pour toutes dans le Saint des Saints du Temple achiropite (non fait de main d’homme) qui a servi de modèle à Moïse. Ce temple étant bien-sûr l’Eglise, non l’organigramme du saint siège, de la conférence épiscopale ou de l’évêché, mais l’Eglise dans son mystère, ce corps mystique, dont la Grâce surnaturelle, passant ordinairement par les sacrements fait l’unité.
    Royauté inséparable de la Religion, Grand Sacerdoce, le Christ Jésus est aussi Dieu fait homme, comme il le dit lui même en répondant aux pharisiens qui raillaient sur son âge, voyez toujours dans l’évangile selon saint Jean.
    Le Christ Jésus n’est pas celui des religions ? vous mettez un pluriel à religion ce qui revient à mettre sous un même mot des personnages qui ne sont pas les mêmes. Le issa des mahométans n’a que peu de rapports au final avec Le Christ de la Tradition Catholique. Quant à celui des témoins de jéhova ou ceux des innombrables sectes protestantes, tous sont profondément différents entre eux.
    Peut-être pensiez-vous au Christ de Renan, très pratique pour ne choquer personne dans les milieux agnostiques exclusivement, mais qui n’a que peu de rapports avec ce que l’on peut savoir du Christ dès que l’on cherche un peu avec rigueur et objectivité.
    Je laisse de côté la distinction farfelue du Jésus de l’histoire et du Jésus de la Foi, Je la laisse à tous ceux qui partagent une Foi aveugle dans les incantations scientistes de l’abbé Loisy, car si les évangiles ne sont pas le rapport de faits réels, issue d’une tradition orale (telle était la culture hébraïque, une oralité avec sa mnémonique, voyez les travaux de Marcel Jousse S.J. ou ceux plus récents de Pierre Perrier par exemple), il est complètement sot de professer les imaginations de tous les modernismes issues de la critique protestante allemande ou des certitudes infra-logiques de l’abbé Loisy et autres continuateurs éberlués, car il n’y a pas de tradition orale ou écrite, et les délires collectifs de supposées “communautés primitives” autour d’une toute aussi supposée source Q (recueil de phrases du christ que l’on ne connaît que par oui-dire), ne distraient personne de l’abrutissement complet.
    Avant de critiquer un texte, il faut essayer de le comprendre, lui faire confiance, ce n’est que par là que l’on peut faire une critique réelle, réelle parce que réaliste.
    Car s’il s’agit de réfuter un texte, encore faut-il le connaître et donc l’apprécier !
    – sans cela ce n’est même pas de l’herméneutique (une interprétation), mais tout simplement une forme de malhonnêteté, ou de rêverie échevelée, et souvent les deux à la fois –
    Sans quoi on s’expose à une faute logique, celle de tenir pour accorder – la non historicité des évangiles – ce qu’il fallait démontrer. Le problème de Loisy c’est qu’il fait ce que l’on appelle un cercle, un cercle logique, bref un paralogisme.
    Enfin, on ne peut pas se contenter de l’image du Christ telle qu’on la trouve dans les préjugés populaires, le new age etc, car ils sont très amphibologiques, très flous et variables.
    L’imaginaire ou la commodité du propos permettent toutes les fantaisies, mais si l’on en revient aux évangiles, aux livres du nouveau testament, aux livres de l’ancien testament comme j’ai pu y faire allusion ici, si l’on se tourne vers la Tradition de l’Eglise catholique, le Christ n’est pas un Laïc au sens qu’un discours laïciste peut donner à ce terme.
    Comme le dit encore saint Paul et comme le rappelle à sa suite Bossuet, le Christ (C majuscule) est tout à la fois le prêtre (sacrificateur), l’autel, le bourreau et la victime dans le sacrifice de la Croix, vous ne pouvez pas évacuer la Croix du Christ de la figure même du Christ Jésus sans tomber dans une interprétation qui fait perdre tout son sens à ce que les textes et la Tradition qui les portent, disent.
    Vous ne pouvez pas, non plus dire comme les protestants et quelques autres, qu’il suffit de lire les évangiles pour savoir qui est le Christ, un texte n’étant rien sans contexte. Le témoignage oral, humain et les signes de sa valeur étant indispensable pour garantir la véracité de n’importe quel discours, je vous renvoie pour me faire comprendre à ce qui se passe dans le domaine des vérités scientifiques ou dans celui des certitudes que nous ne pouvons manquer d’avoir pour ce qui nous concerne chacun en propre.
    Dans ces cas là un papier, même publié dans Nature ou Science n’est rien, si l’on ne peut faire la généalogie, l’historique ou sinon la connaissance personnelle de l’auteur du document ou à tout le moins de sa “légitimité”.
    Vous croyez que vous êtes le fils de votre père parce qu’on vous l’a dit, et sauf exception aucunement parce qu’on vous en a fait une démonstration scientifique, démonstration qui d’ailleurs repose elle-même sur la foi en d’autres vérités crues sur parole, celle d’un professeur, ou de l’auteur d’un manuel, et oui, personne ne peut tout savoir, et aucune science ne peut faire l’économie d’une autre !
    Il n’y a pas de science sans documents, sans preuves, et sans savants pour garantir la valeur des écrits, des théories, ainsi que la reproductibilité des expériences et démonstrations.
    pas de discours sans communauté pour le confirmer.
    L’Eglise Catholique avec sa Tradition est donc indispensable à l’intelligence des textes qu’elle apporte avec elle.
    Il se peut que vous n’ayez pas foi dans l’Eglise Catholique, mais vous voyez déjà a quel point “Laïciser” le Christ est une chose impossible, sauf bien-sûr à se contenter d’impressions et d’imaginaire.
    Ma réponse a été longue, mais cela est dû au fait que l’on n’enseigne rien en matière de religion, et particulièrement de religion catholique, du fait du laïcisme permanent qui paralyse toute instruction ou tout effort de culture générale.
    La laïcité, bien comprise ne devrait être qu’une sorte de neutralité, neutralité bienveillante en aucun cas exclusive de toute expression religieuse. Pourquoi ? parce que les fondements de la Morale sont dans le Sermon sur la Montagne (qui ne se réduit pas comme on croit aux béatitudes) et les Dix commandements, et que l’on ne peut parler sans monstrueux charabia de “vivre-ensemble” sans référence aux fondements de la morale sociale, pour éviter cette réalité comme la peste, sans aller droit-devant vers des problèmes ethniques, communautaires et finalement politiques majeurs, qu’aucun matraquage, même orwellien ne pourra plus cornaquer.
    La distinction entre laïc et religieux se trouve dans les évangiles et provient de l’enseignement du Christ Jésus- Lui-même, lorsqu’il dit de rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. Il n’y a donc vraiment pas de laïcité sortant, nouvelle athéna, toute armée de la tête de la Révolution créatrice, pas plus que d’auto-engendrement pour le coup très pervers-narcissique d’un laïcisme trop heureux de nier et de détruire ce qui s’oppose à lui.
    La Laïcité est une réalité catholique, et sa distinction entre le spirituel et le temporel si chère à un saint Louis, (voyez Joinville qui rapporte l’attitude du Roi face aux prétentions d’évêques de son époque) traversa le moyen âge, comme le mot laïc lui-même d’ailleurs, avant même que l’idée de “libre pensée” ou de “révolution” est parue sous la plume de quelqu’un.
    PS.
    En ce jour anniversaire de la mort du Roi Louis XVI, je ferai également remarquer que les Rois de France, furent en général également oints dans la Cathédrale de Reims, en référence au Christ, si cela vous intéresse, vous pouvez lire le Roman très documenté de Jean Raspail, “Sire”.
    Vous pouvez aussi visionner le film Jeanne la Pucelle – les Prisons, de Jacques Rivette, qui donne une vague idée de ce que pouvaient être certaines cérémonies d’un sacre royal.

  16. “Les 4 millions de Français, qui ont marché ce week-end ont prouvé, dans leur communion collective, que la mystique républicaine n’est pas morte.” : rien à voir avec la République : ils ont marché pour le droit d’exprimer des idées sans se faire tuer comme Teo van Gogh

  17. A “Nemo” et à “Oh”, quelle culture, quelle science et quelle connaissance ! Je vous renvoie aux deux premiers commandements, surtout le 2ème “Qui est mon Prochain”. Relisez la parabole telle qu’elle est écrite et non telle qu’on vous et nous a dit de la comprendre ! Le Prochain, il s’agit du Samaritain (un laïc) et non de cet homme battu et roué de coups. Et le Prochain absolu, c’est le Christ seul chemin en Soi pour revenir à la vérité de son Être. Bien sûr, il faut faire cette expérience de constat que l’on est aveugle, sourd, muet, boiteux, lépreux, etc… “Si vous étiez aveugle, vous n’auriez pas de péché, mais vous dîtes nous voyons. Votre péché demeure !”. Si vous ne redevenez semblable à ces enfants… Et combien pour ce qu’il me concerne, j’ai été battu, roué de coups par des personnes qui… Mais je ne voulais pas voir mes blessures. Se convertir, c’est revenir à son coeur d’enfant. Je te loue Seigneur d’avoir caché cela aux sages et intelligents et de l’avoir révélé aux touts petits…
    [Et que faites-vous de “Pierre, tu es Pierre et sur toi je bâtirai mon Eglise ?” L.T.]

  18. L’illettrisme fait des ravages, même chez les anciens ministres “de la République”. Regardez :
    “La République doit redevenir un messianisme, avec ce que le messianisme a de transgressif, de collectif, de discipliné, d’exigeant, de moral.”
    Rama Yade ne connaît visiblement pas le sens du mot transgressif, qui contredit directement l’adjectif discipliné.
    Il y a une seule explication possible : elle a voulu dire transcendant, ce qui est effectivement cohérent avec sa revendication, pour la République, de constituer une religion laïque ; et elle a employé un mot à la place d’un autre, au hasard, parce que leur sonorité se ressemble vaguement.
    Comme le font de plus en plus souvent les Français, de tous milieux et de tous niveaux d’éducation présumés.

  19. Robespierre aussi voulait faire dans le grotesque messianisme républicain et il a fini sur l’échafaud pour la gloire de la pensée unique obligatoire anti-relents religieux ! […]

  20. A L.T. : Oui, Saint Pierre, “un autre que TOI te ceindra et te mènera là où tu ne voudrais pas”. Il a demandé à être crucifié la tête en bas ! Si ce n’est pas un retournement de pensée qui nous est demandé… La conversion est forcément un retournement.
    Bien sûr, ce sont les Autres qui ont besoin de se convertir, sûrement pas soi…!
    [Par cette phrase, le Christ annonce à Pierre de quelle façon il va mourir. Il rappelle au passage que le martyre chrétien a beau espérer le paradis, il ne souhaite pas souffrir et mourir. Le Christ lui-même n’a-t-il pas demandé à son père “d’éloigner cette coupe ?” Pierre, en demandant d’être crucifié la tête en bas en signe d’humilité, se convertit effectivement jusqu’au bout, car l’humilité n’était semble-t-il pas son point fort. C’est aussi ce que le Christ nous demande. Cela ne signifie pas qu’il renie l’Eglise ! A propos de l’Eglise, sainte mais composée de pécheurs, vous pouvez lire ceci :
    http://eucharistiemisericor.free.fr/index.php?page=2604102_magister
    Je vais devoir arrêter là la conversation, journée chargée. L.T.]

  21. Lilou,
    Je ne comprends pas bien, où vous voulez en venir ?
    vous dites que le Christ est le seul chemin en Soi, pour revenir à la vérité de son Etre. Je note que vous mettez une majuscule à soi ainsi qu’ être. Pourquoi ?
    Je ne crois pas possible de faire du Christ un chemin en Soi, une sorte d’introspection vers un grand tout, parce que le nouveau testament comme l’ancien n’admettent pas le panthéisme.
    Aimer Dieu par dessus toutes choses, ne veut pas dire entretenir un rapport fusionnel à la divinité. Relisez ou lisez le livre de Job spécialement ce qu’au bout de la détresse de Job, au milieu de la tempête Dieu finalement lui dit, les premiers mots.
    Comme vous le remarquez si justement, il ne faut pas lire les saintes écritures avec les préjugés d’autrui, ni croire avoir épuisé leur compréhension par ce que l’on se souvient de ce qu’un commentateur nous en a dit. D’où ces lectures solennelles des saintes écritures à la Messe, moment important de ce sommet de la vie chrétienne.
    Cependant, toute la Révélation que Dieu a fait aux hommes n’est pas contenue dans ces seules écritures et cela est si vrai que si vous négligez tous ses autres aspects (notamment la liturgie), contenus dans la Tradition de l’Eglise catholique, qui n’est pas un simple commentaire mais un autre volet de l’unique révélation de Dieu,eh bien, vous ferez comme je l’ai dit, invariablement contresens sur contresens.
    Il est tellement facile de plaquer ses préjugés sur le texte, du fait de notre nature blessée par le péché, que l’Eglise a toujours demandé une grande circonspection et des études pour ne pas s’y tromper.
    Si vous prenez, comme certains, l’auteur du livre des Proverbes pour un bédouin ignare, même si vous aimez par ailleurs les bédouins et croyez au potentiel humain de n’importe qui, y compris les ignares, vous ne comprendrez jamais que ce que vous accordez au texte, au préalable.
    Bref, avec d’autres préjugés vous commettez un cercle logique à l’instar de l’abbé Loisy et de tant d’autres.
    Le Texte sacré est la parole de Dieu, ce n’est pas un texte normal, ordinaire, c’est un texte extra-ordinaire.
    vous dites avec raison qu’à propos de ce que demande au final le Christ à celui qui l’interrogeait, sur celui qui est le prochain, le proche, on commet en général un contresens ?
    je ne le crois pas, en tous cas pas pour ceux qui réfléchissent avec respect et études au texte.
    De plus, je ne vois pas en quoi la distinction d’un laïc importe dans cette parabole ? savez vous ce qu’est un samaritain ? Leur culte comprend l’idée de prêtre, puisqu’il eurent au cours des temps un temple, des sacrifices, sur le mont Garizim. Le Christ mentionne ici des gens méprisés par les Juifs, il ne s’agit pas pour lui de parler de prêtrise, mais ce samaritain aurait tout aussi bien pu faire partie des prêtres ou des descendants de prêtres de son culte. Encore une fois parler de “laïc”, n’a pas grand sens dans cette occurrence tout au moins, puisque la culture elle-même et la vie quotidienne sont par essence religieuses.
    le texte de saint Luc, X,26, permet simplement de ne pas se prendre pour le centre de la parabole en s’identifiant avec celui qui tient le beau rôle, comme tous bons ou mauvais nous faisons assez spontanément en écoutant une histoire. Une parabole n’est jamais une historiette moralisante, ici il s’agit d’apprendre à distinguer son prochain, et pour cela il faut faire l’inverse d’une identification fusionnelle à autrui ou à ce qui nous entoure, il faut comme le dit le texte agir, par compassion, par miséricorde (s’exercer à la misère, la souffrance d’autrui telle qu’elle est et ce dans son propre coeur, c’est le sens étymologique du mot).
    Lorsqu’on aime vraiment, et c’est ce qui est demandé pour distinguer son prochain, de la vision imaginaire que l’on a de soi et d’autrui dans le monde, on cherche le bien de l’autre, uniquement par ce qu’il est lui et pour aucun autre motif, pourquoi ? parce que c’est ainsi que Dieu aime, et si l’on aime Dieu par dessus tout, c’est ainsi que l’on s’aime soi, créature de ce Dieu, alors nous pouvons aimer le proche comme Dieu le demande, car nous aimant à juste mesure, nous pourrons appliquer cette mesure à ce dernier. c’est en fait le seul moyen d’être objectif avec lui, avec soi-même et en dernière analyse vis à vis de Dieu.
    Sinon, il n’y a pas de compassion, pas de Charité véritable, et l’aumône, le secours donnés, la lecture des écritures ne sont pas des marques d’amour, mais le fruit d’un calcul, pour le paraître ( et l’on cherche d’abord est toujours à paraître à ses propres yeux, c’est la règle même de l’hypocrisie)
    Si vous lisez la Bible sans chercher à changer de vie comme l’Eglise catholique le demande, vous ferez invariablement un choix entre ce qui vous gêne et ce qui vous est agréable dans ce que vous lisez, il est fatal que vous ne lisiez pas alors la parole de Dieu, mais ce que votre imaginaire vous en représente et vous appellerez cela, “inspiration divine”. Ce qui est une abomination.
    tout le problème est de sortir d’un narcissisme souvent pervers pour atteindre à l’amour vrai qui est forcément une sortie de soi.
    sortie de soi, et non recherche ou union à un plus grand soi qui ne serait qu’un moi dévorateur à la mesure de son propre imaginaire.
    vous semblez au fond m’accuser d’être comme ces pharisiens, qui n’ont pas compris que la vérité se cache aux sages et aux intelligents.
    Or si vous ne recherchez pas la sagesse comme on creuse un trésor, ne ménageant pas vos peines, ce que demande Dieu notamment dans le livre des proverbes ou de la Sagesse et bien vous n’êtes pas dans cette humilité qui sera toujours nécessaire pour discerner la sagesse qui enfle de la sagesse de Dieu, cette science des saints dont parlent les Ecritures.
    Les apôtres n’étaient pas des abrutis ou des ignorants, toute la culture hébraïque de l’époque impliquait d’au moins savoir lire, et d’avoir mémorisé des pans entiers non seulement des écritures mais aussi de commentaires que l’on pouvait en faire.
    nulle part dans les écritures, n’existe d’éloge du fainéant, de l’ignorant se faisant une gloire de sa paresse et de son manque de zèle pour connaître Dieu tel qu’il se révèle et non tel que les hommes se l’imaginent.
    c’est en fait tout le contraire, et la Tradition avec les Ecritures n’ont pas ne mot assez durs parfois pour qualifier les ignorants par paresse, ces insensés.
    si vous voulez vous passer du dépôt de la Foi que propose l’Eglise Catholique, c’est vous qui manqueriez d’humilité pour imaginer que Dieu vous donne infailliblement une interprétation juste qui tout en contredisant forcément par sa subjectivité celle des autres, vous ferait dépositaire d’un magistère qui fut promis à Pierre et aux apôtres unis à lui, et nullement à vous.
    Notez bien que ce magistère fut établie pour garantir dans la suite des temps toute dérive dangereuse et absurde, et non pour supplanter Moïse ou le Christ lui-même, par des nouveautés indépendantes de la Révélation, comme bien des sectes séparées de Rome n’ont pas manqué de le faire.
    Vous me répondrez enfin peut-être qu’à chacun sa vérité ? Que Dieu parle comme il veut à chacun ?
    là, je n’aurai plus rien à répondre, car nous ne serions plus dans le rationnel. Si en effet on doit admettre que ce qui est contradictoire avec ce que Dieu dit à un autre lors de la lecture d’un texte biblique, n’est pas contradictoire au moins pour soi-même sous le même rapport, nous ne sommes plus en effet à même de dialoguer, puisque la logique, condition de tout discours vrai, comprenant un principe d’identité et un principe de non contradiction, n’existe plus pour au moins une des parties.
    les deux commandements qui résument la Loi, impliquent que l’on distingue au moins trois sortes d’êtres de manière absolue:
    soi, Dieu et le prochain. Si vous admettez que Dieu crée une vérité pour chacun, eh bien, à moins de basculer dans l’absurde, cela veut dire que cette triple distinction n’existe pas, si elle n’existe pas, pourquoi Dieu la fait-il en formulant les deux plus grands commandements ?
    pour nous faire cheminer vers la pleine conscience qu’il est ? mais pourquoi cheminer si nous sommes lui et si Dieu est finalement “cheminement”, comment se fait-il qu’il existe une distinction illusoire ou non entre un Lui et un moi.
    lui est Dieu, nous pas encore ? nous pas du tout, car un Dieu qui n’est ni tout puissant, ni transcendant au monde, cela s’appelle une créature.
    Le Christ dit qu’il est le Chemin, la Voie. il ne dit pas vous êtes le chemin, il ne fait pas de confusion entre le voyageur et la route.
    Le problème c’est dès lors la différence, différence qui implique une limite, limite qui n’est pas Dieu.
    si je suis limité, alors je ne suis pas Dieu.
    je me suis permis cet excursus en logique et métaphysique, car je crois que vous avez une approche très subjective et “new-age” de la Révélation (les écritures en étant un aspect), et cela ne peut que vous rendre très très malheureux, ce que je ne vous souhaite certainement pas.
    Tout n’est pas dans tout et si à notre époque on remarque en premier les relations, il ne faut pas sans contradictions en conclure que tout s’identifie à tout. il faut distinguer pour réunir, ce qui est coordonné n’est pas identique.
    Il y a des natures, des identités et des êtres substantiels.
    Je ne suis pas vous, et ce n’est pas une déclaration de guerre.
    sans quoi, c’est la dictature du fusionnel, on dit je t’aime, mais cela signifie je te dévore, je te nie et je te tue.
    précisément ce que la parabole du bon Samaritain, comme on la nomme communément, doit permettre d’éviter.
    Ce qui différencie l’Eglise Catholique de tout autre religion, c’est que l’on y enseigne que Dieu n’est pas à notre service et si Dieu peut nous aimer à sa mesure à lui, ce n’est pas un prérequis acquis une fois pour toutes ici-bas. Car on peut déchoir aux engagements de son baptême, tomber dans un péché mortel et s’y endurcir pour toujours.
    Dieu a créé des personnes, intelligences et volontés et ce qu’il attend de nous n’est pas une fusion, mais bien, la Charité, l’amour désintéressé, or pour aimer réellement il faut être deux.
    l’amour n’est pas automatique, pour aimer il faut le vouloir. Ce n’est pas ce que le romantisme à la suite de Jean-Jacques Rousseau a posé comme étant de l’amour, l’identifiant avec la passion amoureuse, mais c’est tout bonnement la réalité.
    on ne peut aimer que ce que l’on connaît et l’on ne connaît que ce que l’on aime vraiment, et nous savons qu’en cela l’amour vrai est de Dieu, car intelligence et volonté sont les différences qui spécifient les personnes même et Dieu est Trinité des personnes comme l’enseignent les Ecritures et toute la Tradition.
    l’amour est nécessairement personnel, la passion amoureuse au contraire est une chose variable et commune.
    Toute recherche de fusion est donc exclue, ce qu’il faut c’est connaître pour pouvoir aimer, et aimer pour pouvoir connaître.
    La réalité n’est jamais égale à l’image que l’on s’en fait, nous ne sommes pas le tout de la réalité.
    [Merci oh. Si votre commentaire met du temps à apparaître, c’est simplement que je ne suis pas immédiatement disponible pour le valider. Je vais m’empresser de dire à un de mes proches, qui a été traducteur pour Pierre Perrier (correcteur devrais-je dire, mais vu la complexité et la densité des propos de Pierre Perrier, on est plutôt dans l’ordre de la traduction) qu’il a été lu ! L.T.]

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