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France : Politique en France / France : Société

La République a-t-elle le droit de disposer de notre nationalité ?

Cet article signé Antonin Campana a été écrit dans le contexte de la décision de nos instances républicaines d'octroyer la nationalité française à Lassana Bathily, en remerciement du geste qu'il a accompli lors de la prise d'otages du supermarché Hyper Casher. L'argumentation de l'auteur est essentiellement étayée sur la Déclaration des nations Unies sur les droits des peuples autochtones (2007).

"N’en déplaise aux gardiens du dogme républicain : la République n’est pas la France.

      La République est un régime politique alors que la France est une nation. Se pose alors la question de la relation du régime (temporaire) et de la nation (séculaire). Celui-ci peut-il changer celle-ci pour la faire correspondre à l’image falsifiée que lui donne son idéologie ? Certes non. C’est pourtant ce qu’il fait par une politique d’immigration et de naturalisation de masse.

      La République produit ainsi environ 140 000 nouveaux « Français » par an, mais en a-t-elle seulement le droit ? Pas si sûr. La République, selon elle, exprime l’universel. C’est pourquoi, toujours selon elle, elle peut faire « vivre ensemble » des hommes venus de toute la terre quels que soient leurs origines, religions, mode de vie…

      Le peuple français quant à lui exprime le spécifique. C’est pourquoi un Français se distingue d’un Chinois, d’un Lapon ou d’un Hottentot.

La République « universelle » et la nationalité « française » sont des réalités qui ne se situent donc pas au même niveau. Hormis le fait que l’une et l’autre sont clairement dissociées historiquement (il y avait des Français bien avant la République), le caractère universel de la République ne lui permet pas de définir le particulier : quand on exprime le plus petit dénominateur commun à tous les hommes on ne représente pas leurs différences, et la nationalité en est une. […]

Ce premier point rappelé, nous pouvons maintenant envisager la question d’un point de vue plus juridique. La République a en effet signé un texte fondamental qui l’oblige dans son appréhension de la nationalité : la Déclaration des nations Unies sur les droits des peuples autochtones (2007). Ce texte s’applique à tous les peuples autochtones. Les Européens étant les autochtones d’Europe, il s’applique donc aussi à notre peuple (principe de non discrimination). […]

 En résumé, la République égalitaire, qui a signé une Déclaration stipulant qu’on ne peut « dénier à un peuple quel qu’il soit son droit à l’autodétermination » (préambule) s’oblige d’une part à reconnaitre les aborigènes [du latin "ab origines", renvoie à celui dont les ancêtres sont les premiers habitants connus de sa terre natale – NDMB]  français comme peuple distinct formant une nation, s’oblige d’autre part à préserver l’intégrité et l’identité de cette nation sans tenter de l’assimiler ou de l’intégrer à son propre modèle de société (multiculturel).

      Autrement dit : la République ne peut décider de qui appartient ou pas à notre nation aborigène, car ce serait porter atteinte à son « intégrité » (art. 8), ce serait remettre en cause son droit à décider de l’appartenance (art. 33) et bafouer son droit à s’autodéterminer (art.3), notamment dans le choix des critères d’appartenance, donc de nationalité. Ainsi, conformément à la lettre de ce texte, la République laisse aux Kanaks, autochtones de la Nouvelle-Calédonie, le droit de déterminer qui est de statut kanak et qui n’est pas de statut kanak : elle doit laisser aux autochtones de France le droit de déterminer qui est Français et qui n’est pas Français (principe de réciprocité et d’égalité entre les peuples : préambule de la Déclaration).

 On le voit, la République par sa nature et par les textes internationaux qu’elle a signés et qui la lient, ne dispose pas du droit de dire la nationalité. La République est un système de domination du pseudo universel sur le particulier. En tant que telle, elle est extérieure et étrangère à notre peuple (comme à tous les peuples). Elle peut (à la limite) déterminer qui appartient juridiquement à la société multiculturelle qu’elle domine (par la « citoyenneté »), mais, sauf à ramener la nationalité identitaire à la citoyenneté juridique (ce qui serait une atteinte à l’identité autochtone, art. 8), elle n’a aucun droit, si ce n’est celui de la force, à dire qui est Français et qui ne l’est pas."[…]

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Guillaume de Thieulloy
Directeur du Salon Beige

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15 commentaires

  1. « La République a-t-elle le droit de disposer de notre nationalité ? »
    NON en général : La nationalité Française n’est pas une breloque, une récompense ! C’est un engagement qui doit faire l’objet d’une demande formelle en respectant certains critères, qui implique des droits et des devoirs dont celui d’apprendre notre langue, notre histoire, de respecter notre constitution et nos lois… Mais aussi nos traditions et notre art de vivre, c’est cela qui pose problème…
    Dans le cas uniquement d’une nationalité multiple, l’État doit, à titre exceptionnel, pouvoir supprimer la nationalité Française en considérant qu’elle a été accordée par erreur, de façon imméritée, dans le cas de crimes et délits graves envers la nation Française.
    Ce n’est que mon avis…
    Cela dit, mes commentaires ne répondent pas à l’article très intéressant ci-dessus qui se situe dans le cadre juridique, donc complexe et de haut niveau ; j’en remercie l’auteur et Marie Bethanie pour nous l’avoir transmis grâce au SB.

  2. On aime bien gloser sur la fierté du Basque …
    Français par hasard et non par nécessité (j’aurais pu naître de l’autre côté des Pyrénées …) je n’en suis pas très fier en ce moment, et me console en me disant que j’ai la chance d’être Basque.

  3. La République est surtout censée être démocrate et donc interroger le peuple sur tous les sujets.
    Or elle ne le fait pas et se comporte exactement comme une dictature avec d’autant plus d’aisance qu’elle a tout prévu sauf que le peuple puisse la contester elle ou ses représentants…
    Un Président de la République nul, corrompu, fraudeur fiscal, incompétent, nuisible à l’image du pays, honni du peuple, menteur et traitre peut se maintenir au pouvoir comme n’importe quel dictateur infâme.
    Il peut nommer des incompétents ou des traitres aux postes clés sans que le peuple puisse s’y opposer.
    La République c’est le règne du mensonge et du faux semblant, tout y est fait pour tromper.

  4. Pour l’ UMPS, République veut dire destruction de la Nation française, c’est aussi simple que cela, en attendant la République universelle, cad la destruction de toutes les Nations.

  5. Intéressant… mais très confus. Il semble y avoir confusion entre “la République” que monsieur Campana n’aime pas, manifestement, et diverses personnes ou organes de droit public qui, certes, exercent leurs attributions dans le cadre de la Constitution de la République, mais ne s’identifient pas à elle.
    Ainsi la nationalité française n’est pas accordée par “la République” mais par le Premier ministre, signataire d’un décret de naturalisation. On peut ne pas aimer le Premier ministre comme on peut ne pas aimer la République, mais ce n’est pas la même chose : le premier est un homme en chair et en os, qui a un bureau dans le VIIème arrondissement, la deuxième une femme en bronze, installée sur un piédestal à la limite du IIIème et du XIème. Ils ne vivent pas sur la même rive de la Seine !
    Quant aux affirmations assez étranges sur le statut coutumier kanak, elles me semblent ne correspondre à rien : ce n’est pas “aux Kanaks, autochtones de la Nouvelle-Calédonie” qu’il revient de déterminer qui est de statut kanak et qui ne l’est pas, mais aux juridictions civiles de droit commun, certes complétées dans ces circonstances par l’adjonction d'”assesseurs coutumiers”, mais en général constituées de non-kanaks (loi organique 99-209 du 19 mars 1999, article 19).
    On pourra aussi s’étonner que l’auteur feigne de penser que la République a “signé” la Déclaration des nations Unies sur les droits des peuples autochtones. Il n’ignore pourtant à l’évidence pas qu’il ne s’agit pas d’une convention internationale mais d’une déclaration de l’Assemblée Générale des Nations-Unies, et que si on peut concéder que la France a approuvé cette déclaration, cela est bien éloigné d’une “signature”.
    Au-delà de ces considérations factuelles -mais quand les faits sont fantaisistes, les analyses ne peuvent valoir cher- il y aurait beaucoup à dire sur l’analyse pour le moins originale que M. Campana donne du sens de cette “déclaration”. Sachons nous arrêter, j’ai déjà été long. [En fait, je pense que le premier ministre représente la république lorsqu’il naturalise les gens. Ce n’est pas une confusion à mon sens, mais une “incarnation” de la république en la personne du premier ministre, moyennant quoi on se fiche effectivement un peu de savoir si on l’aime ou non. Et je suis encline à penser qu’en tant qu'”incarnation” de la république, le premier ministre n’a pas le pouvoir d’octroyer une nationalité qui ne lui appartient pas. Pas sûr que la position de M. Campana soit aussi farfelue que vous le dites. Pour les Kanaks, il s’agirait d’une dérogation du droit. Intéressant en tout cas. MB]

  6. Pour moi, c’est tout vu, la république n’a le droit à rien.
    Vive le Roi.

  7. erreur que de confondre citoyenneté et nationalité comme le faire la France – propre de notre Etat-nation. Il n’y a pas aux USA de nationalité américaine mais une citoyenneté, de même qu’au Royaume uni. Un Paki à Londre reste un Paki et pas un anglais, même s’il est sujet de sa majesté la Reine.
    Donnons nous enfin la possibilité de respecter les identités de chacun dans le cadre politique, mais arrêtons de dire qu’un Maghrebin ou un Malien, même héroïque est français. Ce sont nos concitoyens, mais pas nos compatriotes, car leurs pères et les pères de leurs pères sont nés sous d’autres cieux….

  8. Très bon texte, merci.
    Mais nos “maitres” se s’estiment-ils encore liés à la France?
    “les mauvais maîtres – encore qu’ils soient presque tous d’ardents égalitaristes et qu’ils prétendent, avec une fausse et flatteuse humilité, s’identifier au peuple – sont étrangers à ceux qu’ils dirigent, ils ne servent de tête à personne, et toute leur habileté consiste à jouer du dehors et pour leur profit personnel avec – les réflexes d’un corps décapité… (G.Thibon)

  9. Oui mais ce gouvernant s’arroge tous les droits et peu d’entre nous s’en formalisent.
    On est même très très contents parait-il.

  10. Ce qui est assez piquant dans cette affaire c’est l’attribution de la nationalité française à un citoyen malien .
    Or le Mali,patrie de ce courageux employé, est en butte à de violentes attaques, djihadistes ou assimilées.
    Les soldats français y sont engagés au péril de leur vie : il est curieux que ce monsieur réclame et obtienne la citoyenneté française plutôt que de combattre pour défendre son pays.
    Les légionnaires ,combattant au Mali, auront-ils la citoyenneté française à l’issue de leur engagement? J’en doute…

  11. La république n’a aucun fondement légitime, elle est la bête immonde venue de la Révolution et des singeries que sont les droits de l’homme, inverse du Décalogue.
    Les (( valeurs )) de la ripoublique ne sont que pourritures que ses suppôts ne définissent jamais.
    A rejeter avec le plus immense mépris.
    La France est à nous, elle a besoin de se laver de ses souillures et de ces souillures ( St Pie X)

  12. Enfin quelqu’un qui proclame que la république n’est pas la France…
    Leurs “valeurs républicaines”, leurs “lois républicaines” ne sont pas d’esprit français, elles ne sont pas françaises.
    De vrais Français, par exemple, n’auraient jamais écrit, ni accepté les divagations que certains appellent “loi Taubira” (en bon français, tout le monde sait ce qu’est un mariage).
    Ces gens qui ont renié ce qui fait l’âme de la France et agissent pour entraîner tous à faire de même, sont devenus étrangers à la France, quelle que soit leur place dans les “institutions républicaines”.
    Il est, de fait, bien triste d’être sous la coupe de “Gauleiters” par l’effet de reniements, d’égarements, ou de crétinisme majoritaires.

  13. Merci pour cet article qui met sur la table ce sujet primordial des abus de pouvoir de la république qui veut faire croire qu’elle peut décider de tout, du bien et du mal, de la vie et la mort. Par la force la république s’octroie tous les droit:
    – par abus de pouvoir elle a détruit les notions de père et de mère dans la loi Taubira
    – par abus de pouvoir elle a décidé que 200 000 enfants français seraient tués chaque année
    – par abus de pouvoir elle fait croire au monde entier que la France s’identifie à l’ignoble journal Charlie hebdo
    – par abus de pouvoir elle fait commencer l’histoire de France au massacre du 14 juillet 1789
    – par abus de pouvoir …

  14. Enfin! C’est ce que je pense depuis longtemps après réflexion et avoir beaucoup vécu. Courage. Continuez et diffusez Greg

  15. République ou pas, ce sont quand même essentiellement les autochtones qui ont élus nos dirigeants, qui ont définis les règles d’accès à la nationalité française. La République n’est pas un pouvoir tombé de la planète Mars.
    Par ailleurs la nation française n’est pas une ethnie, ou alors les Bretons ou les Alsaciens ne sont pas Français, mais la nation française a été construite par l’Etat, d’abord monarchique, aujourd’hui républicain, qui a réuni différents peuples indigènes ou pas (il n’y a que les Basques qui soient vraiment indigènes). Le “peuple indigène français” n’existe pas, le peuple français est une construction historique et politique. C’est en cela que nationalité et citoyenneté se confondent. On n’est pas en URSS où l’on était citoyen soviétique et de nationalité russe, géorgienne, lettonne …C’est pour cela aussi que le droit de vote n’est pas lié à la résidence en France, mais à la nationalité.
    Par ailleurs, si la République ne peut pas dire qui est Français, qui va s’en charger ?

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