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France : Politique en France

La réforme des retraites : une supercherie

Dans Les 4 Vérités, Pierre-Edouard du Cray dénonce les supercheries de la réforme des retraites : 

R "De la réforme des retraites en cours, les grands médias ne retiennent que l’affrontement entre le gouvernement, qui ose toucher au dogme de la retraite à 60 ans, et les syndicats, qui hurlent au blasphème. Pourtant, derrière ce classique de l’esbroufe, le projet de réforme nous réserve une surprise qui mériterait beaucoup plus d’attention. D’ici à 2018, le système de retraite français sera revenu à l’équilibre, promet Éric Woerth. En l’état, cet engagement intenable repose sur trois supercheries majeures. Décryptage :

1) La liquidation des 35 milliards d’euros du Fonds de Réserve des Retraites (FRR). Ce fonds créé en 2000 a pour mission d’amortir, à partir de 2020, le choc démographique qui frappera alors de plein fouet les régimes de retraite par répartition. L’astuce consiste donc simplement à griller les réserves avant l’heure. Après 2018? Le déluge…

2) Le recours à l’emprunt d’État. À la lecture du projet de réforme, il manque 15 milliards d’euros pour atteindre l’équilibre financier en 2018. Une paille ! Communiqué du gouvernement : « Entre 2000 et 2010, l’effort de l’État destiné à équilibrer le régime de pensions des fonctionnaires s’est accru de 15,6 milliards d’euros. » Autrement dit : l’État payait ? Eh bien, il continuera malgré ses déficits abyssaux !

3) Une promesse en bois. Enfin, à défaut de renoncer aux 15 milliards d’euros supplémentaires que l’État verse au régime de retraite des fonctionnaires, le ministre du Travail s’est engagé très clairement à geler cette dotation (cf. fiche n° 16 du projet de réforme présenté à la presse le 16 juin 2010). Cependant, à peine trois semaines plus tard, la direction du Budget, dans une circulaire du 6 juillet adressée à tous les ministres, a annoncé que le taux de contribution de l’État au régime des fonctionnaires passerait, l’an prochain, de 62,14 % à 65,39 %; puis, en 2012, à 67,59 % et, en 2013, à 71,41 %. Une augmentation de près de 10 points en trois ans… Quel gel !

En voulant préserver coûte que coûte le système socialiste de la répartition et des pensions garanties, le gouvernement a renoncé à mener une réforme de fond et, ce faisant, à assurer l’avenir économique de notre pays. Il ne lui reste donc plus qu’un moyen pour apaiser l’électeur et feindre de sauver les retraites : l’illusion."

En focalisant l'attention médiatique sur l'âge de départ à la retraite, les syndicats-grévistes se rendent complices de ces supercheries.

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5 commentaires

  1. Il y a une solution pour combler les trous mais nos gouvernants n’en veulent pas car ils sont tenus.
    Voici ce qu’il faudrait envisager :
    Une radio de la FM vient de m’apprendre que l’Europe nous coûte 65 milliards d’€ par an ! Je suis consterné Si nous sortons de cette Europe qui est un boulet, nous épongeons le trou de la Sécu (17 milliards d’€, nous solutionnons les retraites et en plus il nous reste de l’argent. Pourquoi rester dans cette organisation et qui nous oblige a y rester ? La solution est là je le répète 65 milliards d’€ par an ! Mais comme disait Jacques Bordiot dans son livre “Une main cachée dirige” nous ne ferons rien pour en sortir
    Une autre solution me vient à l’esprit :
    Il s’agit du nombre de nos représentants, les principaux j’entends, c’est-à-dire les Députés et les Sénateurs. Si nous mettons en parallèle les USA et La France, vous serez surpris de constater que nous entretenons une trop grande quantité de représentants. Voici donc le comparatif : Les USA ont, en gros 300 millions d’habitants et ils ont 100 Sénateurs et 435 Députés. La France a, environ 60 millions d’habitants et elle entretient 350 Sénateurs et 577 Députés ! Si nous respections les proportions des USA, nous devrions avoir 20 Sénateurs et 87 Députés ! Notre Gouvernement cherche des économies en voici de flagrantes qui représentent quelques milliards d’€ qui nous permettraient de boucher quelques trous .

  2. @ Roncillac: je ne sais pas d’ou vient ce chiffre de 65 milliards d’euros – le solde de ce que nous coute directement l’UE (contribution moins retour sous forme de PAC, etc) est d’environ 6 milliards d’euros par an. Le cout indirect de la reglementation europeenne est sans doute bien superieur encore (10 a 20 milliards/an?), mais il est difficile a evaluer.
    Cependant, ce n’est pas qu’une question de trouver les sous. Trouver une “cagnotte” miraculeuse est une chose, batir un systeme equilibre dans la duree, avec des taux de cotisation soutenables, en est une autre, qui requerrait un age legal porte a 67 ans, pas les miserables 62 ans de M. Woerth.
    Mais plus encore: le systeme collectiviste de retraite par repartition n’est pas malsain seulement parce qu’il est deficitaire – il est malsain d’abord parce qu’il deresponsabilise les individus et les familles (cf les etudes de l’Acton Institute: http://www.acton.org/pub/commentary/2009/04/29/social-insecurity-and-economic-crisis).

  3. “En voulant préserver coûte que coûte le système socialiste de la répartition et des pensions garanties”
    En tant que catholique, cela ne me choque pas de payer pour ceux qui n’ont pas les moyens.
    Le système de répartition et des pensions garanties n’est pas socialiste à l’origine… que l’auteur révise ses classiques.
    Le seul autre système qui existe c’est la capitalisation… on voit ce qui passe aux Etats-Unis où des retraités sont régulièrement ruinés par les faillites (plus ou moins frauduleuses) des fonds de pensions.
    Le lobbying actuel pour détruire notre système de retraite et de pensions garanties vient des assureurs qui aimeraient récupérer “la manne” pour se payer des stocks options grâce à pleins de clauses écrites en tout petit dans les contrats d’assurances… “Ah mais Monsieur Machin, si vous vous retrouvez à poil à 76 ans ce n’est pas de notre faute… il fallait lire le contrat”.

  4. @ Vincent: et quand c’est l’Etat qui, après l’effondrement de la pyramide de Ponzi du système par répartition, nous dira “Ah mais Monsieur Machin, si vous vous retrouvez à poil à 76 ans ce n’est pas de notre faute…”, on fait quoi? Parce que l’Etat, lui, aura peut-être sa petite idée http://fromageplus.wordpress.com/2010/09/07/socialisme/

  5. @ Vincent
    @ HV a totalement raison : la solidarité doit s’exercer comme charité collective pour les nécessiteux, malades, etc….
    Mais lorsque tous deviennent dépendants de l’Etat, ce n’est plus de la charité, mais du socialisme.
    A l’origine les caisses de retraites furent créées par des catholiques, dans leurs entreprises, puis regroupées par branches ou villes ou localement. Mais la première spoliation eut lieu sous le Cartel des gauches, l’ancêtre du Front populaire, dans les années 20 du dernier siècle, qui fit un coup d’Etat constitutionnel en obligeant le président MILLERAND à démissionner parce qu’il voulait interpréter la constitution de la 3ème République de manière correcte, et qui en fit un second, d’ordre social et liberticide, puisqu’il obligea les mutuelles de santé, caisses de retraites et autres organisations sociales libres, à placer obligatoirement leurs fonds sur les comptes de la Caisse des Dépôts et Consignation, c’est à dire……l’Etat, qui ainsi put les utiliser à sa guise.
    Dans un second temps, dans la décennie suivante, on obligea ces organismes à fusionner entre eux, au nom de la gestion publique de l’intérêt général (selon la vieille théorie du rousseauisme jacobin).
    Et après la guerre, on leur confisqua tout, pour que DE GAULLE et ses amis communistes menés par Maurice THOREZ puissent établir la tristement célèbre et désastreuse Sécurité Sociale. Dont le vrai nom devrait être Sécurité Socialiste (au sens de la securitat de Ceaucescu).
    Car son fonctionnement est aux antipodes de la DSE, qui fixe que la délégation à l’Etat n’est fondée que lorsque les corps sociaux sont incompétents ou incapables. ce n’est pas le cas, l’histoire sociale de la France, et du catholicisme social, le démontre amplement.
    La SS porte donc bien son nom : elle est un corps étranger à notre constitution sociale naturelle, telle que l’histoire et les usages l’avait consacrée. Et actuellement, vouloir la maintenir sous cette forme c’est perpétuer le socialisme jacobin, et permettre le maintien de la main mise de tous les lobbys sur les entreprises et salariés français.

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