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France : Politique en France

La réforme awoerthée

C'est sous ce titre qu'Eric Letty écrit son éditorial dans Monde & Vie sur la réforme des retraites. Extraits :

"Ce qui est pris n’est plus à prendre, même si la réforme présentée par Woerth est une réforme a minima. Ce n’est pas rien, puisque l’âge légal de départ recule de deux ans et qu’il est prévu d’aligner, à terme et progressivement, les cotisations retraite des agents de la sphère publique sur celles des salariés du secteur privé. Cependant, sur les deux axes définis par le ministre du Travail et de la Solidarité, à savoir le retour à l’équilibre budgétaire et l’équité public-privé, les mesures prévues sont insuffisantes. Concernant le retour à l’équilibre financier, le plan gouvernemental s’appuie sur les prévisions démesurément optimistes émises par le Conseil d’Orientation des Retraites. Les scientifiques de cet organisme ne sont pas en cause, mais le COR dépend… de Bercy. C’est donc le gouvernement lui-même qui a choisi l’hypothèse sur laquelle il a construit son plan. Elle suppose un prochain retour au plein emploi – rien moins ! Et les syndicats trouvent encore ces projections pessimistes…

Quant à l’équité, on s’en éloigne. La plupart des privilèges accordés aux régimes spéciaux, à commencer par celui de la fonction publique, sont maintenus: les pensions continueront à y être calculées sur les six derniers mois ; les bonifications et trimestres gratuits sont pérennisés ; l’Etat continue à garantir les pensions des agents publics à 100%; en cas de veuvage la réversion des pensions au conjoint survivant n’est soumise à aucune condition d’âge ni de ressources… Qui a parlé d’équité ? Une question m’intrigue. L’Etat annonce l’alignement des cotisations du public sur le privé (pas avant 2025 pour la SNCF, la RATP, EDF et GDF…). Parallèlement, le gouvernement promet aux fonctionnaires que leurs salaires ne seront pas baissés. Par quel prodige les cotisations pourraient- elles augmenter sans que les salaires baissent, sinon grâce à un nouveau système de compensation ? Par ailleurs, lorsque le taux de cotisation du public atteindra 10,55 %, dans 10 ans… Ou en sera-t-on dans le privé ? Je ne suis pas un partisan zélé de l’égalité ; mais c’est ici une question de justice. Jusqu’à présent, les salariés du privé ont constamment fait les frais des arrangements entre l’Etat, qui choie son personnel, et les syndicats, qui protègent leur clientèle favorite. Demain, ce sont les jeunes générations, celles qui arrivent aujourd’hui sur le marché du travail, qui en feront les frais. Le pourront-elles ? Et le voudront-elles ?"

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7 commentaires

  1. Curieuses confusions entre “entreprises publiques”, “fonction publique”.
    Si l’on veut aligner public et privé il va falloir singulièrement relever les traitements de la fonction publique: à égalité de diplôme et de responsabilité, on gagne deux à trois fois mieux sa vie dans le privé (simplement sur la feuille mensuelle, sans parler des à-côtés tels que treizième mois, comité d’entreprise, mutuelle de groupe, …: ce qui explique sans doute en partie le faible nombre de candidats sérieux à nombre de concours; en particulier pour le recrutement des enseignants, il n’est pas rare, pour le premier degré, de constater qu’on n’a guère que trois candidats pour un poste… Et après, on s’étonne des résultats. Si la position de fonctionnaire est si enviable, comment se fait-il qu’il n’y ait pas plus d’amateurs sérieux pour rejoindre ce club sélect?)

  2. Dans notre république, gouverner c’est prévoir… (secrètement) la catastrophe, et ne rien faire pour l’éviter, et même, contribuer à l’amplifier.
    Le futur est fichu, mais peu importent les sentiments des désespérés de demain, le principal est de les rassurer par du vent pour qu’ils continuent de voter dans le bon sens aujourd’hui.
    La pseudo-démocratie mortifère a atteint son niveau d’incompétence fatal
    .

  3. Il est une vieille génération qui se prépare à l’euthanasie tant elle fait tout pour se faire haïr de la suivante.

  4. Je ne suis pas du tout sarkosyste,mais je dois reconnaître qu’il est le seul politique depuis trente ans ou plus à avoir le courage d’aborder de front le problème des retraites.
    Bien sur, cela ne suffira pas. Mais si tous ses prédécesseurs, de gauche ou de pseudo droite, en avaient fait autant, la situation serait meilleure.
    Alors, pour une fois, je salue un certain courage de sa part. Même s’il faut attendre les décisions finales pour âtre à même de juger. Mais une fois de plus, honte surtout à tous ceux qui ont mis la tête dans le sable pendant si longtemps!!

  5. d’accord avec jp ,ce gouvernement a pris le taureau par les cornes ,et la déclaration de ROCARD, disant que quand le “sage” MITTERAND a mis la retraite à 60 ans pour satisfaire les communistes certains caciques du parti socialiste ont eu un malaise, montre bien qu’il fallait revenir sur cette réforme démagogique .malgré ses nombreux défauts bien cernés au salon beige ,ce gouvernement tente de reparer les bourdes pour l’avenir alors que la gauche -retraite à 50 ans ,avortement gratuit- est d’un pessimisme meurtrier .le cout économique du stress serait en FRANCE de 51 milliards d’euros par an ; Au lieu de critiquer systematiquement l’opposition nationale ou socialiste serait inspirée de proposer un modéle économique realiste notamment sur les retraites ,laissant une lueur d’espoir chez les français telle celle du projet FN dans les année 80 .

  6. @ C.B. ,
    Je ne pense pas qu’il soit vrai que l’on gagne mieux sa vie dans le privé que dans le public , et même je crois que c’est l’inverse qui est vrai lorsque l’on considère les postes autour du salaire médian français.
    Un adjoint administratif (catégorie dite “C”, bac non requis , 35 heures hebdomadaire ) a un traitement de départ d’env. 1200 euros nets, dont la progression annuelle est garantie. Quel non diplômé peut prétendre à la même chose ? Du reste, ces concours de catégorie C et B accessibles sans diplômes ou avec le baccalaureat, sont envahis de candidats munis de Masters…que ne vont ils travailler dans le privé si les salaires y sont 3 fois supérieurs ?
    Les enseignants ne sont ils pas surtout rebutés par les conditions du métier ? Dans le second degré, on compte toujours presque 7/8 candidats par poste, pour un traitement de départ dans les 1600 euros. Mais qui est sûr de gagner cela avec juste une licence ? Quand à gagner le triple, ne rêvons pas…

  7. L’équité pourrait être aussi d’accorder aux salariés “communs” les même droits qu’aux fonctionnaires … mais là il faudrait retarder l’âge de la retraite à 70 ans voire plus en l’état actuel de la démographie, nous dira-t-on!
    En quoi est-il juste et équitable de confisquer la retraite d’un conjoint au détriment de sa veuve par exemple même si elle a réussi à avoir une retraite décente tout en élevant une famille nombreuse et en sacrifiant une carrière plus rémunératrice dans un juste partage des tâches familiales pour le bien des enfants?

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