La question est de savoir si nous voulons donner un statut légal à l’homosexualité

Le père Cédric Burgun, du diocèse
de Metz, membre de la Communauté de l'Emmanuel, enseignant-chercheur à
la Faculté de droit canonique de l'Institut catholique de Paris (ICP), dénonce dans Liberté politique l'idée d'une union civile. extraits :

"L’union civile, ou alliance civile, est présentée par certains
opposants au projet de loi Taubira ouvrant le mariage et l’adoption aux
personnes de même sexe comme une alternative sérieuse et raisonnable.
PaCS amélioré ou mariage édulcoré, la formule reviendrait à
institutionnaliser une pratique privée, élevée ainsi au rang de norme
sociale. Au dépens du bien commun.

Beaucoup de questions
restent ouvertes concernant le « mariage pour tous » et certains
souhaitent trouver, légitimement, des solutions paisibles. Pourtant, il
me semble que l’union civile ne peut en aucun cas être soutenue.
Pourquoi ? Compréhension  individualiste de l’union ou du mariage d’un
côté, et institutionnalisation de l’homosexualité de l’autre, sont, à
mon sens, les deux erreurs de cette idée.

La
question du droit naturel revient régulièrement comme opposition au
projet de loi sur le « mariage pour tous ». Or il y a plusieurs manières
de voir cette loi naturelle et de creuser les enjeux d’aujourd’hui. Si
le droit naturel semble remis en cause, il nous semble opportun de
considérer que c’est en sa vision moderne (celle de 1789) que les choses
ont basculé ; ce n’est pourtant pas une raison pour proposer des choses
invraisemblables. Et disons-le tout de go : l’union civile proposée par
certains nous entraînera de la même manière que le mariage pour tous.
[…]

Alors
que le mariage (civil) se concevait comme base de la société qui le
protège et le garde, et comme (pour le religieux) le lieu d’une
révélation de ce que Dieu dit à l’homme sur son être et son essence, il
se conçoit aujourd’hui uniquement comme un acte individualiste et
personnel s’enracinant dans la compréhension révolutionnaire des droits
de l’homme.
Le « mariage pour tous » ne sera
qu’un acte de plus dans cette « individualisation » de l’homme et du
mariage, coupé de la société et de son histoire. Il ne sera en rien une
évolution dans l’histoire matrimoniale, mais un repli de l’enjeu
sociétal des époux.

Mais
ce n’est pas le mariage que veulent certains lobbies gay et autres
associations libertaires. C’est la destruction de la famille et des
repères naturels de la société. Des chrétiens, des catholiques, voire
même certains membres de l’institution ecclésiale, peuvent être tentés,
par « esprit d’ouverture », par peur, ou par inconscience tout
simplement (c’est-à-dire par une conscience non suffisamment éclairée),
de vouloir nuancer les enjeux et proposer une union civile, un contrat,
ou encore un PaCS amélioré.
[…]

Tous
les soutiens à cette fausse bonne idée de l’union civile (comme
certains députés), sous couvert d’ouverture, ont simplement oublié une
chose essentielle : le bien commun. Il ne s’agit nullement de répondre à
des demandes individualistes : la question est savoir si nous voulons
donner un statut légal à l’homosexualité
. Et répondre par ces artifices
sera de toute manière ouvrir une porte que l’on ne refermera plus.

Dans
l’histoire, « l’homosexualité » n’existait pas en tant que telle, mais
des personnes avaient des pratiques homosexuelles. Là est toute la
différence. Aucune société ne l’a institutionnalisé en lui donnant un
« statut » de culture, de mentalité, ou de lobbying. Qu’il y ait des
comportements personnels, c’est une chose (et du reste, beaucoup de
personnes homosexuelles ne demandent rien si ce n’est à avoir la
paix !) ; mais voulons-nous institutionnaliser l’homosexualité comme
norme pour une société, c’est-à-dire une norme considérée comme
possible, proposée et encouragée socialement (toute norme répondant au
bien commun répond à ces critères) ? Là est le véritable enjeu.

Or
que ce soit le mariage, un PaCS amélioré, une union civile, ou je ne
sais quoi d’autre encore, tout ceci participera d’une manière ou d’une
autre à cette institutionnalisation. Oui, cette question est
politiquement incorrecte, mais doit être posée !
À
vouloir une société qui se sape elle-même en ne se réduisant qu’à la
somme des intérêts privés, alors le mariage disparaîtra, tout simplement
parce que le « mariage pour tous » ne sera qu’un pas de plus dans cette
mentalité individualiste.

À partir du moment
où la loi n’est plus là pour sauvegarder le fondement d’une institution
sociale, mais uniquement garantir des droits individuels, le mariage –
ou l’union civile – se réduira immanquablement à un contrat privé où je
devrai pouvoir mettre ce que je veux. Cette union civile, et ses
arguments trompeurs, n’en sont que le reflet le plus immédiat,
croyons-le.

Or le nivellement se fait toujours
par le bas : sur le chemin de la destruction du mariage, l’union civile
ne sera qu’une étape. Mais, pour les chrétiens, le choix doit être
clair : cela ne passera pas par nous.
"

6 réflexions au sujet de « La question est de savoir si nous voulons donner un statut légal à l’homosexualité »

  1. Sylvie

    La gauche et les LGBT militent pour la suppression du cadre familial et de tout ce qui s’y rattache. Les socialistes et leurs alliés veulent dissoudre la famille et toutes ses structures… puis ensuite dès qu’ils auront eu gain de cause, ils iront chercher les enfants chez les familles nombreuses et les confieront à des pédophiles.
    La gauche interdira aux familles de porter plainte.

  2. TPSG

    un probleme dans le raisonnement quoi que je suis d’accord dans le fond !
    ont ne peut pas utiliser la notion de bien commun !
    c’est une valeur qui change en fonction des personne ( donc on se doit d’expliquer clairement ce a quoi on fais allusion)
    et au nom du bien commun des horreur peuvent etre faite !
    ce n’est bien entendu pas le cas ! je suis tous a fais d’accord meme les grec n’ont jamais institualiser quoi que ce soit pour les homosexuel!

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