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L'Eglise : Foi

La question de l’accès à la communion ne se pose pas seulement pour les divorcés remariés

Jeudi dernier, alors qu'il introduisait les travaux de la 7e Congrégation générale du synode extraordinaire sur la famille, le cardinal André Vingt-Trois a posé le problème de l'accès à la communion pour les personnes ayant recours à la contraception :

"La connaissance et l’accueil du Magistère sur l’ouverture à la vie (123-125) sont essentiels. En effet, nombreux sont ceux qui ont des difficultés à saisir la distinction entre les méthodes naturelles de régulation de la fertilité et la contraception.(…)

Tout cela n’est pas sans conséquences sur la pratique sacramentelle (129) des couples qui, souvent, n’estiment pas que l’utilisation de méthodes anticonceptionnelles soit un péché et donc tendent à ne pas en faire une matière à confession et ainsi recevoir la communion sans problèmes.

Pour Sandro Magister, le sentiment d'exclusion de certains divorcés remariés découle du fait que tout le monde communie, tout le temps. Ne devrions-nous pas tous nous poser la question : "et moi, puis-je communier ?"

"Jusqu’au milieu du XXe siècle, dans les paroisses catholiques, l’interdiction de communier qui frappait les personnes en situation matrimoniale irrégulière ne posait pas de problèmes, parce qu’elle restait pratiquement invisible. Même dans les endroits où les fidèles se rendaient fréquemment à la messe, en effet, les gens qui communiaient chaque dimanche n’étaient pas nombreux. La communion fréquente n’était pratiquée que par des personnes qui, d’autre part, allaient fréquemment se confesser. On en trouve la preuve dans le double précepte de l’Église à l’usage de la grande masse des fidèles : il fallait se confesser "une fois par an" et communier "au moins à Pâques".

Par conséquent le fait de ne pas pouvoir accéder à la communion n’était pas une marque visible de punition ou de marginalisation. La principale raison qui éloignait de la communion fréquente une grande partie des fidèles était le très grand respect que l’on avait alors pour l'eucharistie, dont on ne devait s’approcher qu’après une préparation adéquate et toujours avec crainte et tremblement.

Tout cela va changer au cours des années du concile Vatican II et de l’après-concile. En résumé, la pratique de la confession s’effondre, tandis que la communion devient un phénomène de masse. Tout le monde, ou presque, communie, tout le temps. Parce que, dans le même temps, il y a un changement dans la perception du sacrement de l’eucharistie par la plupart des gens. La présence réelle du corps et du sang de Jésus dans le pain et le vin consacrés n’est plus qu’une présence symbolique. La communion devient, à l’instar du baiser de paix, un signe d’amitié, de partage, de fraternité, "dans la série : tout le monde fait comme ça, alors moi aussi", pour reprendre une formule du pape Benoît XVI, qui tenta de remettre à l’honneur le sens authentique de l'eucharistie, notamment en demandant que les fidèles à qui il distribuait la communion s’agenouillent pour recevoir l’hostie dans la bouche.

Dans un tel contexte, il était inévitable que l’interdiction de communier soit considérée parmi les divorcés remariés comme revenant à leur refuser publiquement un sacrement auquel tout le monde a "droit". Cette revendication émanait – et émane – d’un petit nombre de personnes, parce que la plupart des divorcés remariés sont éloignés de la pratique religieuse, tandis qu’il ne manque pas, parmi les catholiques pratiquants, de gens qui comprennent et qui respectent la discipline de l’Église."

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13 commentaires

  1. Pour ce qui est de la communion frequente, elle n’est pas que le fait des temps post Vatican Ii. Elle avait été encouragée dès le concile de Trente et à nouveau par Saint Pie X. L’Eucharistie est aussi réparatrice pour le pécheur (sous la réserve, bien sûr de n’être attaché à aucun péché mortel). C’est plutôt une tendance janséniste qui perdure encore qui avait fait s’éloigner un peu plus les gens de la Sainte Table.
    Le problème est bien plutôt celui de la désaffection de la confession. Nombreuses sont encore les églises où il est impossible de trouver des horaires de confession, à moins de prendre “rendez-vous” à “l’accueil” comme chez le médecin (même s’il s’agit de soigner l’âme). Pour le coup, ça n’incite pas à la confession fréquente.

  2. Commentaire légitime, mais à ne pas mettre sur le même plan que le divorce et le remariage, ce qui risquerait en quelque sorte de banaliser ces décisions d’autant plus graves qu’elles sont définitives.
    En effet dans ces dernier cas il a, d’une part : violation d’une sentence du Christ (“L’homme ne séparera pas ce que Dieu à uni”) ce qui est plus qu’une encyclique; et d’autre part agression à l’encontre de victimes : 1°- le conjoint (potentiellement plus ou moins innocent) conduit soit à une vie d’amère solitude, plus ou moins coupée de ses enfants, soit au péché (concubinages, remariage), et surtout 2°- les enfants (totalement innocents) souffrant de cette déchirure de leurs racines, et éventuellement induits, eux aussi à divorcer. En effet, reproduire un comportement transgressif d’un parent aimé, est, pour un enfant, une façon (bien répertoriée en psychologie) de se persuader de son innocence…
    Attention, je ne légitime pas la contraceptions, mais il y des degrés dans le péché.
    [Tout à fait, il me semble simplement que le débat autour des divorcés remariés peut avoir pour conséquence positive d’interroger chacun sur sa façon de communier.
    LT.]

  3. ” Tout le monde, ou presque, communie, tout le temps. Parce que, dans le même temps, il y a un changement dans la perception du sacrement de l’eucharistie par la plupart des gens. La présence réelle du corps et du sang de Jésus dans le pain et le vin consacrés n’est plus qu’une présence symbolique.” (sic)
    Si tel est le cas nous sommes en présence de protestants !
    Voici un Cardinal de l’Église Catholique en train de nous expliquer que des messes catholiques se déroulent comme des cènes protestantes !!!
    [Confusion : seule la 1e citation est de Mgr Vint-Trois, au sujet de la contraception. La 2nde citation, qui élargit la question à tous les catholique, est du vaticaniste Sandro Magister.
    L.T.]
    « On donne de moins en moins d’importance à l’eucharistie… » (Garabandal)
    Si on ne croit pas que c’est la chair et le sang et que l’on croit à un symbole il ne faut pas s’en approcher.
    “…C’est pourquoi celui qui mangera le pain ou boira la coupe du Seigneur indignement, mange et boit sa propre condamnation” (St Paul)
    Communier avec des péchés graves sur la conscience et sans s’être confessé ne nous sauve pas, bien au contraire cela NOUS CONDAMNE.
    “Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare point”
    C’est clair ! Il n’y a pas matière à débat.
    Le lien matrimonial ne peut pas être dissous par l’homme
    Un divorcé civil est toujours marié par Dieu !
    Tout autre conjoint est un adultère.
    L’adultère fait partie des péchés qui ne permettent pas d’approcher la communion.
    Exactement comme pour un prêtre qui a choisit le célibat, il n’est plus possible de revenir en arrière.

  4. “La présence réelle du corps et du sang de Jésus dans le pain et le vin consacrés n’est plus qu’une présence symbolique.”
    Je ne sais pas où vous êtes allés au catéchisme mais moi, bien qu’on m’ait encouragé à la fréquente communion, on ne m’a jamais enseigné pareille hérésie.

  5. J’ai toujours ressenti, qu’en cas de divorce, même après un mariage civil, la première union était plus légitime que la seconde; et pourtant j’ai été élevée dans un milieu athée. je sais que lorsqu’on commet des péchés, on les paye un jour ou l’autre, je l’ai vécu et je l’ai vu autour de moi. Je préférais l’époque où l’on ne pouvait pas s’approcher de l’eucharistie sans s’être confessé, quand on ressent de la crainte et une émotion qui fait pleurer quand on communie. C’est la véritable communion qui se pratique toujours.
    Par contre, si on en reste sur ce principe strict, il faut accepter qu’il y ait peu de catholiques pratiquants et que tous ceux qui sont considérés comme indignes de l’eucharistie, se sentent humiliés et s’éloignent de l’église. En ce cas, on reste entre soi. C’est un choix.
    Je connais un prêtre aumônier de prison qui donne l’eucharistie aux prisonniers qui la demandent sans s’être confessés, sinon il ne la donnerait presque à personne. je connais aussi une femme aumônier d’hôpital qui est la maîtresse d’un prêtre… Balayons devant notre porte…

  6. Le problème de l’accès à la confession est LE problème NUMERO 1, et ce chez les tradis comme chez les propros.
    Les horaires ne sont pas clairs, pas affichés en gros à l’entrée, on ne sait pas où est le confessionnal, on ne sait pas qui fait la queue dans quel ordre, les prêtres en parlent peu lors des homélies, etc…
    Les personnes peu pratiquantes, timides et hésitantes n’attendent que ça pour revenir.
    On est loin du père de l’enfant prodigue, qui repérait son fils de loin, courait vers lui et se jetait à son cou.
    Laissez tomber les verres de l’amitié, les sorties paroissiales, les accueils des nouveaux et autres mondanités bien sympa mais de l’ordre de l’auto-animation. Concentrez plutôt vos efforts sur la confession.

  7. Cela fait plaisir de lire une déclaration comme celle du cardinal Vingt trois.
    Je suis également très choquée que certains catholiques puissent être pharmaciens, médecins gynéco, médecins de labo ou médecins généralistes délivrant ou pratiquant sans souci pilule notamment la pilule du lendemain, stérilet, FIV avec tous les avortements que cela entrainent…
    Comment peut vivre en étant schizophrène comme cela ?

  8. Le synode pose des problématiques intéressantes.
    Le vrai fond du problème est qui a accès à la Communion ?
    Si l’on est rigoureux, personne. Si l’on se situe au niveau du Christ, sans doute tout le monde (je n’imagine pas le Christ refuser qu’on vienne à Lui…).
    Bref, il y a la lettre – le règlement de l’Église – et l’esprit de la lettre – l’Église est avant tout composée de pécheurs…
    L’Église tente de concilier les deux avec charité. L’embêtement est que lorsque l’on tente de concilier des points de vue a priori incompatibles, ça laisse souvent insatisfait tout le monde…
    Je vais mettre les pieds dans le plat un peu plus que dans le texte… et je vais juste parler du mariage… mais on pourrait largement déborder.
    Le mariage chrétien est don de soi l’un pour l’autre : pas de communion pour les couples qui ne le font pas. Le mariage chrétien est acceptation du don de la vie comme don de Dieu : pas de communion pour ceux qui pratiquent une contraception non naturelle. Le mariage chrétien est église domestique : pas de communion pour les couples n’élevant chrétiennement leurs enfants, ne s’impliquant pas dans la communauté et ne pratiquant pas la charité. La mariage chrétien est l’expression la plus haute de la tendresse de l’un pour l’autre dans un couple : pas de communion pour ceux qui ne le font pas. Le mariage chrétien est acceptation de de la foi en Dieu : pas de communion pour les couples dont l’un des deux n’est pas chrétien.
    Bref, que tous les couples chrétiens qui jugent avec sévérité les divorcée-remariés se regardent un peu le nombril et se posent la question s’il n’y a pas plutôt beaucoup de pharisianisme dans leur attitude…
    Paille… poutre..
    In Xto.

  9. Allez à Notre Dame de Paris, il y a toujours la queue pour les confessions ! D’ailleurs pour entrer dans l’église aussi ! Mais c’est un autre problème !
    Dans la communion, le prêtre ne dit-il pas “prenez et mangez… prenez et buvez” A chaque fois je me fais avoir ! On a le droit au corps du Christ mais pas à son sang ! J’en repars frustré !
    Dans la cathédrale d’Oslo par exemple, le prêtre trempe l’hostie dans le vin avant de la poser sur nos lèvres ! Je trouve cette forme de communion bien plus respectueuse qu’en France !

  10. @pk
    Il y a la confession pour donner l’accès à TOUS ceux qui regrettent sincèrement et tentent de changer !
    Si vous vous complaisez dans le péché et que vous n’avez pas l’intention de changer d’attitude la confession ne vous est pas ouverte !
    Le problème des divorcés remariés c’est celui la et il n’y a aucun pharisianisme la dedans.
    Sans volonté ferme de sortir du péché pas d’absolution (donc pas de pardon)
    Sans absolution pas de communion sauf à signer sa propre condamnation.
    Que des couples puissent être en état de péché ne justifie pas un péché plus grand !

  11. @ PK
    Tous les manquements à la plénitude du mariage que vous évoquez, et concernant : le don mutuel de soi, la régulation naturelle de la fécondité, l’éducation chrétiennes des enfants, le don aux autres, sont effectivement des fautes graves.
    Mais sur un plan technique, il est cependant très difficile de légiférer, car ces différents manques sont généralement modulés ou modulables dans le temps: il a des périodes ou le don peut être plus spontané, des usages de la contraception, certes répréhensibles peuvent être néanmoins occasionnels (MST, femmes de marins, de militaires), on peut négliger l’éducation chrétienne du premier enfant et faire mieux pour les suivants, on peut se donner plus à l’Église et aux autres, une fois les enfants autonomes ou lors de la retraite, etc. De plus toutes ces actions peccamineuses sont justiciables de la confession et d’un amendement, bref, elles sont réversibles.
    Par contre le divorce, a fortiori avec remariage sont des actes, juridiques, décisifs, irréversibles.
    Je pense donc que c’est là que se trouve la poutre; pour les autres fautes, fut-ce une meule, la paille qui les constitue peut être brûlée par le feu du repentir, de la confession, de la pénitence réparatrice.

  12. @ Exupéry,
    La réponse est… intéressante. Vous proposez un regard plein de miséricorde pour ce que vous considérez comme des peccadilles (“modulable selon le temps”) et pas du tout selon l’autre (alors même que vous avez dès lors un jugement sans appel : “définitif” selon vos termes.
    Je m’amuse à jouer l’avocat du diable – si je puis dire – mais il y a bien du pharisianisme là-dedans.
    Certes, on peut toujours progresser – je reprends vos mots – et s’amender pour se hisser vers le haut… On peut “rater” un enfant… et réussir l’éducation du suivant…
    On peut aussi rater un mariage… et réussir le suivant. Croyez-vous VRAIMENT que pour NSJC cela fasse une différence majeure ? N’a-t-il pas dit que celui qui faisait du mal à un tout petit faisait une abomination ? Et n’y-a-t-il pas plus grand mal pour des parents chrétiens que de ne pas donner d’éducation chrétienne à son enfant ?
    On peut disserter longtemps sur l’échelle de la valeur du péché des uns et des autres mais c’est le rôle de l’Église de “s’amuser” à cela… Le Christ n’a pas dit au pécheur : ton péché est véniel, je te pardonne. Ou ton péché est grave|mortel, je te pardonne (aussi). Il a pardonné (et pour la femme adultère : il lui a demandé de ne plus pécher… On ne sait ce que cela veut dire dans son cas !).
    On demande aux divorcés-remariés des tas de choses comme l’abstinence ou le renoncement. Curieusement, demande-t-on aux couples “légaux” aussi de “réparer” lorsqu’il s’agit de “leurs petits péchés” de couple… A qui dit-on : “Tu as raté l’éducation religieuse de ton enfant n°X : tu pourras communier de nouveau (car tu es bien contrit) quand tu auras réparé (i.e. quand tu en auras fait un bon chrétien… s’il n’est pas trop grand sinon, c’est foutu : il est grand et il s’en fout donc c’est irréparable… donc tu ne pourras jamais communier).
    Voilà, à pharisianisme, pharisianisme et demi.
    Soit on applique la loi, soit on l’accomplit.
    Curieusement, on en parle dans la lecture du jour (lettre de St Paul aux Galates) : il y a la loi… et la charité. Je résume pour ceux qui n’ont pas eu la chance d’assister à la sainte messe ce matin.

  13. @PK
    […]
    On ne demande pas aux divorcés-remariés de « réparer » mais de CESSER de vivre dans le péché et donc de renoncer au péché. C’est LA condition à l’absolution permettant la communion.
    Si vous avez raté l’éducation de votre enfant on ne vous demande pas de « réparer » mais de CESSER dorénavant et de REGRETTER l’avoir fait.
    SEULES ces conditions permettent l’absolution et donc la communion.
    Et ceci est valable pour tous les péchés du couple qu’ils soient petits ou grands.
    On peut rater un mariage et le récupérer héroïquement avec beaucoup d’efforts et de bonne volonté, certains l’on fait, mais certainement pas réussir le suivant.
    Non seulement parce que le lien du premier mariage reste le seul valide mais aussi parce qu’on ne voit pas comment un nouveau mariage pourrait effacer le fiasco précédent.
    Oui pour NSJC cela fait une différence !
    Il l’a dit lui même : “Ce que Dieu a uni que l’homme ne le sépare point” !
    Chaque fois que vous tenterez de lui montrer votre “vie de couple” soit disant “réussie”, il vous ramènera vers le conjoint délaissé, voir pire, s’il y a des enfants, vers les enfants blessés, meurtris ou même brisés ! Il vous montrera aussi tous les efforts que vous n’avez pas faits et qui auraient sauvé votre mariage…
    La seconde union étant avant tout une porte fermée à la première et à toute idée de sauvetage.
    Il n’est pourtant jamais trop tard…
    Et comment pourriez vous prendre des engagements “pour le meilleur et pour le pire” “jusqu’à ce que la mort nous sépare” une seconde fois alors que vous les avez déjà pris une fois ??

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