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France : Politique en France

La prison à la maison, est-ce bien juste ?

Arnaud Folch est surpris par le projet Dati sur la prison à la maison :

"J’avoue avoir été stupéfait par le projet de loi pénitentiaire de Rachida Dati, consistant à développer « une prison hors les murs ». Bref, une prison chez soi, peinard, au milieu des siens, quand tant d’autres (honnêtes gens) sont contraints de se lever aux aurores pour aller travailler dur… En dessous d’une condamnation à deux ans de prison, il n’y aura plus, ou presque, d’incarcération ! C’est un renversement de total de valeur : la notion de punition (en l’occurrence la privation de liberté) a disparu au profit du seul objectif de réinsertion (pour le délinquant, pas pour la victime…). Dati précise dans « Le Monde » que son projet se justifie aussi par la « surpopulation carcérale » (alors que la France ne compte que 103 détenus pour 100 000 habitants, contre 145 sur 100 000 en Espagne socialiste). Au lieu de construire des prisons, la France libère ses prisonniers : même la gauche n’avait pas osé !"

Voici ce qu’indique la DSE sur les peines :

"Pour protéger le bien commun, l’autorité publique légitime a le droit et le devoir d’infliger des peines proportionnées à la gravité des délits. L’État a la double tâche de réprimer les comportements qui portent atteinte aux droits de l’homme et aux règles fondamentales d’une société civile, ainsi que de remédier, par le biais du système des peines, au désordre causé par l’action délictueuse. […]

La peine ne sert pas uniquement à défendre l’ordre public et à garantir la sécurité des personnes : elle devient aussi un instrument pour la correction du coupable, une correction qui revêt aussi une valeur morale d’expiation quand le coupable accepte volontairement sa peine. L’objectif à poursuivre est double: d’un côté, favoriser la réinsertion des personnes condamnées; d’un autre côté, promouvoir une justice réconciliatrice, capable de restaurer les relations de coexistence harmonieuse brisées par l’acte criminel." [n°402-403]

Michel Janva

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13 commentaires

  1. Voilà une preuve supplémentaire que, depuis 1981, rien ne change : nous avons une présidence Chirac III, qui lui-même n’était que Mitterrand III-IV… De quoi convaincre les Sarkocus ?

  2. et vous allez voir qu’après la CEDH nous contraindra à payer leur loyer. Je vois déjà un tas de prétextes à invoquer.

  3. Laissez moi rire ! Ha si j’me marre !
    C’est une “idée” à la ségo, c’est pas possible.
    Moi je propose de mettre en prison tout les honnêtes gens et de libérer dehors les criminels, comme sa on est sur de ne pas ce faire agresser.

  4. J’espère tout de même que ces chers détenus à domicile recevront une indemnité pour l’impossibilité qui sera la leur de sortir de chez eux (si tant est qu’ils ne puissent pas sortir)? Ils faudra tout de même qu’ils puissent se faire rembourser les frais divers (eux, chauffage, électricité, nourriture…) http://www.lemonde.fr/politique/article/2008/07/28/rachida-dati-veut-developper-la-prison-hors-les-murs_1077833_823448.html C’est une honte d’empêcher d’honnêtes condamnés de sortir de chez eux !!!

  5. Vous avez dit économies? mettons à la porte les délinquants étrangers, voilà une mesure qui fera du vide. Pourquoi s’encombrer de délinquants?

  6. Il est intéressant de voir encore une foi l’idéalisme malsain des tenant des droits de l’hommerie. En effet croire que l’on peut réinsérer sans avoir au préalable resseré la vis, c’est se préparer bien au chaud chez eux des récidivistes.
    L’intérêt de la prison (dans le cadre d’une prison où il existe un réel isolement ce qui n’est pas toujours le cas) est de couper l’individu de sa logique délinquante. En le mettant chez lui (avc un bracelt électronique je suppose), on ne le coupe de rien car si lui ne peut pas bouger, d’autres peuvent le rejoindre. Bref on va dans le bon sens…

  7. Ce n’est pas si simple. Un jeune delinquant qui fait un séjour en prison en ressort “grand bandit”. La prison ca n’est pas une maison de ré-éducation, c’est l’école du crime.

  8. Cela revient un peu à condamner systématiquement avec sursie…. Ce qui peut être acceptable pour un primo délinquant. Il faudrait accompagner cela avec des travaux d’intérêt général. Mais en cas de récidive que fait on ?

  9. Le nouveau ministre de la Justice au japon promet que les exécutions capitales continueront, car le peuple le souhaite.
    http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2008/08/01/01011-20080801FILWWW00364-japon-les-executions-vont-se-poursuivre.php
    Chez nous, contre le peuple, on a supprimé la peine capitale et contre le peuple on organise des prisons à la maison.

  10. Même la gauche n’aurait pas osée ! Après l’Armée, les cadres, etc…., la prison à domicile ! Rien de tel qu’un gouvernement de droite pour faire passer les “réformes” que la gauche aurait évoquée en tremblant ! Le spectre des cocus de droite s’élargit chaque jour un peu plus !
    Sinon pourquoi les laisser chez eux : pour qu’ils récidivent avant même de “sortir” ?

  11. “La peine ne sert pas uniquement à défendre l’ordre public et à garantir la sécurité des personnes : elle devient aussi un instrument pour la correction du coupable “?
    Est-ce qu’actuellement une peine de prison devient un instrument de correction ?
    Manifestement non.
    La “prison à la maison” est-elle meilleure sur ce point ? En tout cas je ne croit pas qu’elle soit pire. À partir du moment où elle peut aussi efficacement défendre l’ordre public et garantir la sécurité des personnes (ce qui reste à prouver) les deux peines sont équivalentes. Si la deuxième permet de désengorger les prisons …

  12. Beaucoup des lecteurs n’ont rien compris. L’assignation à résidence remplace la détention PROVISOIRE pour les moins dangereux, et non pas la peine de prison. En clair, elle ne s’applique qu’aux présumés innocents présentant le plus de garanties, pas aux condamnés. C’est un moyen d’éviter que des présumés innocents côtoient dans les maisons d’arrêt (déjà surpeuplées) des condamnés comme c’est le cas aujourd’hui, ou ne se suicident avant leur procès (cf Outreau) vu qu’on se suicide 7 fois plus en prison qu’à l’extérieur, notamment au tout début de l’incarcération provisoire.
    Pour ce qui est de l’autre aspect de la question – les aménagements de peine, qui s’appliquent aux seuls condamnés – rappelons que ceux qui sortent de prison sans aménagement de peine récidivent plus (et coûtent plus cher à la collectivité, vu que la prison est la peine la plus coûteuse financièrement) que ceux qui bénéficient de sortie avec aménagement (c’est-à-dire sortie avec suivi effectif,plutôt que sortie dans la nature).
    Alors bien sûr si on veut privilégier des peines chères, inefficaces, qui favorisent la récidive, mais aussi la surpopulation qui pourrit la vie des surveillants, les suicides et la contagion du crime, surtout continuons à incarcérer à qui mieux mieux.

  13. Vous vous trompez complètement de problématique. Vous ne voyez pas que le problème de la prison “hors les murs” est politique et non pas judiciaire. Le mur de la prison détermine un lieu exceptionnel de privation de liberté. Ce qui est important, c’est la limite qui contient (au sens de retenir) une exception. En même temps qu’on parle de prison hors les murs, on parle aussi de domiciliation à la prison. De quoi s’agit-il ? De fusionner l’espace carcéral et la société, de carcéraliser la société.
    Je vous invite à lire la discussion : http://cite-catholique.org/viewtopic.php?f=31&t=3306

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