Bannière Salon Beige

Partager cet article

Non classifié(e)

La Mer Morte sous transfusion ! Serait-ce l’espoir d’une deuxième vie ? [Addendum]

La Mer Morte sous transfusion ! Serait-ce l’espoir d’une deuxième vie ? [Addendum]

Nul n’ignore que la Mer Morte se meurt toujours davantage à 400 m au-dessous du niveau de la Méditerranée. Voilà qu’un projet pharaonique de transfusion « solidaire » semble émerger dans un curieux silence médiatique. Il serait envisagé de faire monter le niveau de la Mer Morte en faisant baisser (fort peu mais au moins cela va dans le bon sens) le niveau de la Méditerranée.

L’idée, d’un génie trop simple pour ne pas heurter, développée lors d’une conférence confidentielle tenue à Jéricho, consisterait à poser une buse de 50 cm de diamètre et d’une longueur de 100 km depuis Jaffa. Les experts semblent s’opposer sur le débit, à réguler pour que l’opération se déroule dans une progression maîtrisée et qu’une évaluation régulière de son impact environnemental puisse être entreprise. Une dizaine d’années permettrait à la Mer de retrouver un niveau acceptable lui permettant de redevenir à plus long terme une mer vivante. Certains s’affolent des conséquences sur le tourisme local : La mer Morte sera-t-elle toujours aussi « porteuse » ? D’autres y voient un symbole fort de solidarité géographique entre les deux mers, et même une initiative géopolitique majeure. Un vaste programme de mécénat international serait lancé. On dit que la Chine serait intéressée en contrepartie d’une concession sur le Port de Césarée. Mais l’Etat d’Israël, ne renonçant pas au contrôle du projet, accueillera sans doute les offres de collaboration avec une grande prudence…

On anticipe un large consensus : ceux qui ne craignent pas trop la montée du niveau des océans pensent que cette nouvelle va calmer ceux qui s’angoissent à ce sujet. D’autres y voient une première étape susceptible de stimuler d’autres transferts massifs d’eau de mer, depuis que les techniques de désalinisation ont fait des progrès décisifs diminuant le coût du traitement dans des conditions inespérées. On imagine par ailleurs de multiples réalisations sur le parcours de ce « pipe-line » et notamment de marais salants et de petits moulins hydrauliques.

Pourtant une hostilité inattendue se fait jour chez certains industriels plus ambitieux. Compte tenu des nouveaux procédés de dessalement de l’eau de mer rendant envisageables des solutions hier encore totalement irréalistes, ne serait-il pas préférable d’alimenter directement en eau douce le Jourdain, ce fleuve symbolique pour quelques milliards d’habitants ? Un projet d’alimentation en amont de la Mer de Galilée ne serait-il pas plus cohérent sur le plan géographique ? Le siphonage de la Méditerranée se pratiquerait dans ce cas au nord d’Haïfa pour rejoindre le Lac de Tibériade et longer le Jourdain jusqu’à la Mer Morte. Derrière ce débat se cachent d’inévitables conflits d’intérêt dont l’issue reste incertaine. Quelques sceptiques s’attendent pourtant davantage à un gouffre financier sans grandes retombées économiques positives… A suivre…

[Addendum] : Nos lecteurs auront compris que l’article sur la revitalisation de la Mer Morte était, pour le premier avril, un beau poisson, que nous devons à la plume de Marc Tesnière. Que l’Etat d’Israel nous excuse d’avoir ainsi anticipé leurs projets sans les consulter…

Partager cet article

8 commentaires

  1. Du coup il y aurait de nouveau des poissons à partir d’avril 2021 ?

  2. Cela sent le 1er avril

  3. J’ai failli y croire … je n’avais pas vu la date ! Très bon !

  4. Je voudrais juste rappeler qu’il y a une dizaine d’années la Banque Mondiale (vers 2009) a lancé un projet un peu similaire mais plus complet, dû aux conséquences de la baisse de niveau de la Mer Morte, qui commençait à rendre très difficile l’exploitation industrielle des éléments rares à partir des sels, et qui posait de sérieux problèmes aux stations touristiques liées à l’existence de plages qui commençaient à disparaître. Ce projet consistait en une station de pompage au fond du golfe d’Akaba, alimentant un pipe line d’eau de mer, pour alimenter, in fine, la Mer Morte. Le long de ce pipe, qui serait tantôt enterré tantôt canalisé selon les conditions de morphologie locale par rapport à la pente d’écoulement nécessaire, seraient installées des centrales hydrauliques produisant de l’électricité permettant de désaler l’eau de mer, ce qui permettait aussi d’alimenter en eau douce certaines parties des territoires traversés, toujours déficitaires en eau douce, pour l’agriculture ou l’AEP (alimentation en eau potable).
    Des études importantes étaient évidemment nécessaires, en particulier pour que la composition géochimique des eaux devant alimenter la Mer Morte soit compatible avec sa composition d’origine, pour ne pas créer de déséquilibre susceptible de détruire cet environnement fragile; pour installer les différentes usines (désalement, hydroélectricité), à des endroits stratégiques acceptés par les différents Etats riverains, etc. Une partie devait d’ailleurs alimenter Gaza en eau. Mais en raison de frontières proches d’Etats dont les relations sont encore difficiles (Sinaï, Jordanie, Israël, Palestine), le projet n’est pas simple à mettre en oeuvre.
    Je vous engage à lire à ce sujet un article jordanien (datant de 2013) au lien suivant :
    https://solidariteetprogres.fr/actualites-001/la-jordanie-lance-la-premiere-phase-du-canal-mer.html
    Je cite également le contenu d’un autre article de janvier 2017 :
    https://e-rse.net/sauver-la-mer-morte-avec-la-mer-rouge-23205/#gs.3c5wg2
    “Financé en partie par la Banque Mondiale et des pays donateurs, le projet a véritablement été lancé par les accords de coopération de 2013 entre Israël, la Jordanie et la Cisjordanie occupée, ce qui lui vaut le surnom de « canal de la paix ». Les chiffres sont pharaoniques : l’usine doit pouvoir traiter à terme 85 millions de m3 par an, ce qui en ferait la plus importante au monde, tandis que 300 millions de m3 d’eau seraient déversés dans le pipeline à partir du captage en mer Rouge. Cette première phase est estimée à un milliard de dollars, tandis que la totalité du projet se monterait à terme à 10 milliards de dollars ! Cette gigantesque entreprise est censée sauver la mer Morte de sa lente agonie, qui voit son niveau baisser d’un mètre par an depuis 1970. Mais les ONG locales s’inquiètent de l’impact du déversement brutal d’une telle quantité d’eau de mer, qui pourrait entraîner le développement d’algues rouges et de cristaux de gypse. Dans son étude de faisabilité, la banque Mondiale a elle même reconnu un risque écologique, toutefois maîtrisable”.
    Enfin un dernier article (Les Echos, mars 2018) montre que le projet, bien que maintenu, souffre de retards considérables:
    https://www.lesechos.fr/2018/03/le-plan-de-sauvetage-de-la-mer-morte-toujours-en-attente-de-financements-986824
    “Le lancement du projet de pipeline « Red-Dead » reliant la mer Rouge à la mer Morte, réactivé en 2015, est suspendu à la validation des plans de financement de la Jordanie et d’Israël. Pendant ce temps-là, le grand lac d’eau salée du Proche-Orient recule. Le terme de pharaonique lui convient toujours, bien que son financement ait été revu à la baisse. Le projet « Red-Dead » (mer Rouge – mer Morte), qui doit enrayer le processus d’assèchement du grand lac d’eau salée du Proche Orient, met en jeu un investissement de 1 milliard de dollars. C’est dix fois moins que ce qui avait été annoncé en 2005 quand Israël, la Jordanie et l’Autorité Palestinienne, se sont entendus pour donner vie à ce vieux rêve.
    Le retrait de la Banque mondiale a entraîné une remise à plat complète du scénario initial, très surdimensionné, qui avait été bâti pour réaliser ce chantier. Sa nouvelle mouture a fait l’objet d’un accord en février 2015 entre Israël et la Jordanie. Elle prévoit la réalisation dans ce dernier pays d’une unité de dessalement à Aqaba, et d’un pipeline de 180 km reliant la mer Rouge à la mer Morte.
    Le premier ouvrage doit fournir 65 millions de m3 d’eau douce par an, dont 35 millions vendus à Israël pour approvisionner la station d’Eilat, au nord de la mer Rouge. Les autres 30 millions de m3 sont destinés à la Jordanie. Le second ouvrage doit transporter la saumure rejetée par l’usine d’Aqaba jusqu’à la mer Morte et ce, à raison de 235 millions de m3 par an. Un volume considéré comme le meilleur point d’équilibre entre la nécessaire préservation de la biodiversité propre à la mer Morte et l’impératif de ralentir au maximum la baisse de son niveau.
    Le déclenchement des opérations se profile. Reste cependant à savoir quand va tomber la décision de Jérusalem de débloquer sa part de financement. Israël tarde à apporter les 140 millions de dollars attendus, selon Amman qui, de son côté, assure être tout proche de faire aboutir son propre dossier de financement, du même montant. « En réponse à la requête du gouvernement jordanien, une proposition de prêt est en cours d’instruction par l’AFD, qui a été validée en décembre par son comité des risques », signale Atika Ben Maid.
    La chargée de projets à l’Agence française de développement (AFD) en Jordanie précise aussi que les autres contributeurs européens (Union européenne, Banque européenne d’investissement, Espagne et Italie) en sont au même stade et attendent que le dossier soit finalisé entre la Jordanie et Israël, pour le faire valider définitivement par leurs conseils d’administration. « Avec ces partenaires, on espère signer un montant de cofinancement qui correspond à la contribution totale attendue par la Jordanie avant la fin de cette année », ajoute-t-elle.
    Les autres financements ne posent pas de problème. Plusieurs pays, dont la France, l’Italie, le Japon et surtout les Etats-Unis, qui ont prévu d’apporter 100 millions de dollars, vont contribuer directement au projet et ce, à un niveau d’aides qui totalise aujourd’hui 120 millions de dollars. Enfin, les 600 millions que doit apporter le privé ne sont pas un problème. Cinq consortiums, dont le français Suez fait notamment partie, ont été préqualifiés pour porter ce projet dans le cadre d’un PPP.
    Rien n’est joué cependant. Iyad Dahiyat, le secrétaire général de la Water Authority of Jordan fait état de « difficultés » avec Israël. Depuis la fusillade survenue en juillet dernier à Amman, dans l’ambassade d’Israël , les relations entre les deux pays se sont tendues. La récente arrivée d’un nouveau représentant diplomatique de l’Etat juif dans la capitale jordanienne augure un début de réchauffement qui ne peut pas faire de tort à « Red-Dead ».
    Je ne comprends donc pas l’utilité d’un second projet à partir de la Méditerranée ?

  5. 400 m de dénivelé ? Voila qui serait intéressant pour une centrale électrique !
    A condition d’aménager une passe à (gros) poisson d’avril ?

  6. Merci pour votre poisson, même dans la mer Morte!!!!!

  7. Si cela devait faire baisser le niveau de la Méditerranée, celle-ci communicant avec les océans et mers de la planète, je doute que la capacité de la mer morte (que je ne connais pas) suffise à rendre cette baisse de niveau très visible à l’oeil nu. Et pourquoi pas l’essayer ? ! Il serait toujours temps de stopper l’opération si nécessaire.
    Qui plus est, les habitants de la planète qui voient leurs iles disparaitre sous les eaux auraient ainsi une chance de rester chez eux. On pourrait faire de même avec la mer d’Aral, le lac Tchad…

  8. le projet de canal depuis la mer rouge ou la méditerranée pour palier au manque d’apport d’eau doucereste d’actualité,le gouvernement israélien devrait y être plus attentif

Publier une réponse