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L'Eglise : Benoît XVI / Religions : L'Islam

La lucidité de Benoît XVI sur le monde musulman

Dans Le Figaro d'hier, Jean-Marie Gunéois analyse l'instrumentum laboris, qui servira de base au synode sur le Moyen Orient. Extrait :

"La nouveauté de ce document est plutôt du côté de l’islam, qui occupe non une phrase mais la partie substantielle du texte, l’autre touchant aux problèmes ecclésiaux. Que dit ce texte vis-à-vis de l’islam ? Trois idées : une dénonciation, un rappel historique et une proposition.

La dénonciation porte sur la « montée d’un islam politique » depuis les années 1970 où « on voit augmenter un peu partout les attaques contre les chrétiens ». C’est un « phénomène saillant qui affecte la région », parce qu’il entend « imposer un mode de vie islamique à tous ceux qui y vivent, musulmans et non musulmans. (…) Ces courants extrémistes sont donc une menace pour tous, chrétiens, juifs et musulmans, et nous devons les affronter ensemble ».

Le rappel historique, même s’il est indubitable pour les chrétiens : « Nous appartenons au Moyen Orient et nous nous identifions. » Mais avec le paradoxe de voir que les chrétiens, qui ont été « les pionniers de la renaissance de la nation arabe » et qui apportent beaucoup sur le plan éducatif, culturel et social, sont aujourd’hui menacés de vivre en « ghetto».

Quant à la proposition, elle consiste à «distinguer la réalité religieuse et la réalité politique» alors que «les musulmans ne distinguent pas religion et politique, ce qui met les chrétiens en situation délicate de non-citoyens, alors qu’ils sont les citoyens de ces pays bien avant l’arrivée de l’islam». L’objectif serait «d’alléger le caractère théocratique des gouvernements en suivant le modèle d’une “laïcité positive”», ouverte aux religions. Et d’avancer en termes législatifs sur « la liberté religieuse et la liberté de conscience qui sont généralement inconnues dans le milieu musulman».

Ces idées vont apparaître à certains musulmans comme une provocation. Mais si l’Église catholique ose ainsi poser le problème, c’est que les chrétiens de Terre sainte – qui ont été directement consultés par Rome pour la rédaction de ce texte vigoureux – se trouvent déjà dans une problématique de vie ou de mort. Enfin, en s’opposant aux visées de l’islam politique pour préserver la convivialité des religions, qui a longtemps existé au Moyen Orient, Rome sait que l’enjeu de ce combat concerne tout l’Occident."

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7 commentaires

  1. je sais que je vais être mal vu mais:
    1. Il n’y a pas “d’islam politique” mais l’islam EST politique, ethnique et religieux depuis sa fondation
    2. L’islam n’est pas dangereux pour les musulmans sauf pour ceux d’entre eux qui veulent révérer Mahommed ET vivre comme Sarkosy et Carla.
    3. Les chrétiens du Moyen Orient n’étaient pas “citoyens” avant l’arrivée de l’islam (Sauf les citoyens romains) mais sujets de l’empereur. Quant à la “laïcité positive” cela rappelle un certain sarkosisme.
    4. Il eut été utile pour le pape de parler du Mal en islam, tout au moins de ce qui est mal au regard de la foi chrétienne et qui se trouve au fondement de l’islam. Car si cette religion est respectable par le catholicisme alors qu’elle suit les préceptes d’un prophète qui a foulé aux pieds le mariage, l’enfance, et le respect de la personne humaine, alors ces comportements ne peuvent être des pêchés pour les baptisés.
    5. Quant à penser (Et trouver cela bien) que les chrétiens du Moyen Orient sont à la racine “du réveil arabe”, c’est avouer qu’ils auront rendu le pire des service à la civilisation, et que ceux d’Algérie l’auront subi de plein fouet. On ne peut mieux dire qu’ils ont choisi entre leur ethnie au préjudice et leur civilisation. Là où est ta fidélité sont ton identité et ta vérité.

  2. “laïcité positive”…
    Quelle honte de la part d’un pape…
    [Quelle honte de ne pas prendre la peine de lire pour condamner sans appel.
    Dans le texte de l’IL, que vous pouvez consulter, on trouve cette expression à la page 10
    http://www.vatican.va/roman_curia/synod/documents/rc_synod_doc_20100606_instrumentum-mo_fr.pdf
    Et cette expression entre guillemets renvoie à une note de bas de page qui indique, ô suprise, le discours de Benoît XVI à Nicolas Sarkozy, discours dans lequel il a employé cette expression. Et en voici la signification qu’il donne :
    “Vous avez d’ailleurs utilisé, Monsieur le Président, la belle expression de «laïcité positive» pour qualifier cette compréhension plus ouverte. En ce moment historique où les cultures s’entrecroisent de plus en plus, je suis profondément convaincu qu’une nouvelle réflexion sur le vrai sens et sur l’importance de la laïcité est devenue nécessaire. Il est en effet fondamental, d’une part, d’insister sur la distinction entre le politique et le religieux, afin de garantir aussi bien la liberté religieuse des citoyens que la responsabilité de l’État envers eux, et d’autre part, de prendre une conscience plus claire de la fonction irremplaçable de la religion pour la formation des consciences et de la contribution qu’elle peut apporter, avec d’autres instances, à la création d’un consensus éthique fondamental dans la société.”
    http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/speeches/2008/september/documents/hf_ben-xvi_spe_20080912_parigi-elysee_fr.html
    Voilà donc une définition qui s’adresse autant aux pays matérialistes, dans lequel nous vivons, qu’aux pays musulmans…
    Vous trouverez sans doute que ce décryptage est trop compliqué pour le commun des lecteurs, ce à quoi je ferai 2 remarques :
    1. Contrairement à l’islam qui impose, l’Eglise catholique demande aux chrétiens de faire usage de leur raison.
    2. Ce document est précisément un document “de travail”.
    MJ]

  3. Pour Clément, je crois que c’est un texte qui veut éclairer notre monde actuel par la vision d’amour qu’est le christianisme et qui veut éviter que les chrétiens soient encore plus exterminés. Il faut le prendre dans ce sens pour essayer d’avancer vers une paix difficile (impossible?) Même si manquant de foi sans doute, on peut se dire en tant que chrétien, qu’en face, seul le langage de la force est compris…Et qu’il faudra encore bien des martyrs pour que les conversions viennent.

  4. “les musulmans ne distinguent pas religion et politique, ce qui met les chrétiens en situation délicate de non-citoyens”
    Ceci me paraît très bien vu.
    Et c’est presque déjà le cas dans notre pays. Les chrétiens font un peu figure de non-citoyens. Ils ne sont pas respectés dans leurs croyances. Ils ne sont pas écoutés dans leur détresse. Ils doivent adopter un profil bas, et supporter tout un tas de brimades iniques, comme ces horaires réservés aux “burkinis” dans les piscines, et ces menus hallal dans les collectivités.
    Egorger un animal tourné vers la Mecque, c’est égorger un animal en vénérant le lieu où tout chrétien se ferait écarter.
    Cela me choque.
    Je suis catholique, au nom de quelle laïcité devrais-je manger de la viande hallal ?!

  5. Construction de mosquées, prières publiques, appels par hauts parleurs, incidents avec des femmes voilées intégralement, profanations, provocations, vente publique de corans et autres sur les marchés des grandes villes, incidents graves dans les écoles, cantines, agressions, disputes…Ces mauvaises nouvelles, en Europe qui n’est plus chrétienne que de nom sont q u o t i d i e n n e s .L’islam est politique et social plus que spirituel, il avance à grands pas et que lui opposons-nous véritablement ?

  6. La liberté religieuse, voilà ce que nous leurs opposons…
    Pas étonnant qu’ils progressent…

  7. L’erreur est de concevoir la société comme une société de chrétiens et de non-chrétiens. Il y a toute sorte de sociétés (même des sociétés de malfaiteurs) ; mais LA société, pour un chrétien, c’est l’Eglise.
    [Une société de malfaiteurs est une société contre-nature.
    Il faut lire St Thomas d’Aquin : la société naturelle de base est la famille. A l’autre bout se situe la société politique, laquelle, comme la famille, est fondée sur le droit naturel. Entre les deux se situent les corps intermédiaires, dans lesquels joue le principe de subsidiarité. Voilà pour le temporel.
    L’Eglise est une société spirituelle, distincte du temporel et elle ne le remplace pas, fondée sur l’appartenance à la même foi, par le même baptême. Elle est même a-temporelle puisque l’Eglise est universelle et composée à la fois des saints du paradis (l’Eglise triomphante), des ceux qui souffrent au purgatoire (l’Eglise souffrante) et des chrétiens vivant sur terre (Eglise militante).
    MJ]

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