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France : Société

La justice française décourage l’esprit d’entreprise

Lu sur Hashtable :

"Régulièrement (et particulièrement en période électorale) revient la question de savoir ce qui fait qu’en France, le taux de chômage est aussi élevé. Bien sûr, on peut trouver une explication dans la conjoncture économique actuelle, particulièrement rude. La structure des charges qui pèsent sur l’emploi forment une autre raison souvent invoquée. Ces deux facteurs sont, clairement, les plus visibles. Pour ma part, j’en identifie un troisième, plus profond. […]

Suit une récente affaire dans laquelle la justice, en donnant tort au patron d'une PME, condamne toute la société. Dans une autre, la justice interdit à 2 sociétés de mettre en oeuvre une plan social.

"En réalité, il règne maintenant en France un esprit si farouchement opposé à l’entrepreneur, si résolument opposé au patronat, si viscéralement en contradiction avec la volonté de laisser les plus courageux d’entre nous fonder des sociétés que, petit à petit, la création d’entreprise s’étiole. Le maillage des PME s’effiloche pour ne plus laisser que des grands groupes, français ou étrangers, avec des reins juridiques suffisamment solides pour répondre à toutes les demandes farfelues, incessantes et changeantes de l’administration.

Fondamentalement, tout en France a été organisé pour saper les volontés. Créer une entreprise, devenir patron, c’est, avant tout, prendre un risque et désirer valoriser son savoir-faire en dehors des structures balisées du salariat. Mais voilà, en France, créer une entreprise est d’abord ressenti comme une façon de faire son intéressant, de se démarquer, pour, essentiellement, s’enrichir. Dès lors, le patron est vu systématiquement, par la Justice, l’administration fiscale et territoriale, comme un fieffé loustic qui fera tout ce qu’il peut pour dissimuler ses revenus et éviter le juste impôt. Le patron est, par défaut, celui qui fera régner l’oppression sur le salarié. Le chef d’entreprise est ressenti, systématiquement, comme le Goliath que chaque petit David, qu’il soit bureaucrate ou syndicaliste, se sentira le devoir de dézinguer. Mais là où le David biblique décocha un caillou bien ajusté à Goliath, en France, ce sont des millions de Davids qui décochent, sans arrêt, des millions de grains de sable, de cailloux et de fourberies à chacun des Goliath qui se sera dressé, un peu naïf, sur leur chemin.

À force, non seulement entreprendre devient un véritable calvaire ou seule la connivence avec les politiciens locaux permet de s’en sortir, mais elle épuise tant de monde que chaque entreprise qui ferme décourage plusieurs autres vocations qui ont vu les obstacles absurdes, lamentables et/ou ubuesques jetés par les administrations, les syndicats, la justice et le reste.

[…] Et là, c’est superbe : si l’entreprise marche, le peuple des jaloux, toujours fort de ses millions de membres, jettera à la face du patron qui a réussi tout ce que le socialisme peut produire de gentilles incitations à se départir de cette réussite qui pour aider les pauvres, les sans-grades, les tristes, les malheureux. Et pan la taxe, et pan l’impôt, et pan le redressement, et pan les contrôles multiples. Fallait pas se lancer, mon canard."

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7 commentaires

  1. Mais à côté de cela, diverses universités créent des chaires d’entreprenariat pour inciter les jeunes de la diversitude à suivre l’exemple de nombre d’entre eux qui ont créé leur entreprise.
    Gageons que ces nouveaux entrepreneurs
    -savent faire travailler bénévolement des juristes pour éviter les chausse-trappes
    -ont des arguments efficaces pour éviter les arguties syndicales ou prud’hommales.

  2. A cette excellentissime analyse, il ne manque – me semble-t-il – qu’une seule chose !
    C’est l’évocation du regard dominant porté sur cette question … par l’Eglise qui est en France ! …

  3. Mmouais… Ça manque vraiment de précision.
    Qui mettez vous derrière la “justice française” dans le cas présent?
    Les tribunaux de grande instance (dans ce domaine ils ont une compétence résiduelle s’agissant d’affaires civiles ; pour le pénal c’est bien eux. C’est une justice rendue par des magistrats professionnels)? les tribunaux administratifs (compétents en matière fiscale – justice rendue par des juges administratifs)? Les juridictions consulaires (tribunaux de commerce composés de juges non professionnels élus par des commerçants)? Les conseils de prud’homme (contentieux entre employeurs et employés tranchés par des juges non professionnels élus par leurs pairs)?
    Avant de ressortir ce serpent de mer qu’est la justice de classe il faut peut-être s’interroger sur qui la rend, dans quelles conditions et sur quels fondements juridiques. Même chez les magistrats professionnels il y a des disparités selon les juridictions. Il faudrait vraiment préciser les critiques ce que ne fait pas l’auteur de cet article se contentant de stigmatiser un vague appareil socialisant. Un peu de rigueur que diable!

  4. Comme le dit CB, il faut souligner que parallèlement, la France est sans doute l’un des pays au monde ou l’Etat offre le plus de “structures” gratuites aux candidats entrepreneurs pour les informer, les conseiller, les aider, les soutenir, les accompagner, voire les subventionner.
    C’est un paradoxe, bien à l’image de l’étatisme hexagonal, qui ne réduit pas la pertinence des remarques de H16, mais qui doit aussi être souligné, pour bien comprendre comment fonctionne le non-modèle social français.

  5. On histoire qu’on m’a racontée tout récemment. Un gérant de manège en Normandie bosse comme 4 avec sa femme et une employée 365 jours par an. Il avait embauché un palefrenier polonais. Mais la “Justice Européenne” l’a condamné à payer une lourde amende. Il pouvait embaucher qui il voulait, sauf un Polonais. Plus con, tu meurs, comme dirait l’autre.

  6. A noter aussi l’influence d’agents financiers sur l’économie.
    Les fonds de pension, business angel, …. et même cette fabuleuse OSEO qui doit soutenir les entreprises! Quel est le mécanisme? Pour soutenir un entrepreneur pas forcément assez argenté pour lancer son activité ou la développer, vous faites appel à une de ces structures citées. Que vous proposent-ils? Prendre une (petite?) part de votre capital pour doper vos possibilités.
    Si vous avez l’intelligence et la chance de ne pas recourir à ce même procédé plusieurs fois, et donc, ne pas vous faire éjecter de votre société, vous vous retrouvez au bout de 5/8 ans avec cette structure qui vous a aidé qui veut repartir pour aider d’autres entrepreneurs… Et à qui ces structures peuvent-elles bien vendre leurs parts/actions? A des grosses entreprises!!
    Et, note particulière : OSEO, qui doit aider les PME, fonctionne exactement pareil!
    Ce qui manque avant tout en France, c’est avoir la possibilité d’avoir des PME et ETI fortes et nombreuses. Et rien ne concours à cela; tout ne fait que renforcer les grosses entreprises multinationales…

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