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Culture de mort : Avortement / Liberté d'expression

La justice donne raison à un directeur, licencié pour avoir osé évoquer l’avortement

La justice donne raison à un directeur, licencié pour avoir osé évoquer l’avortement

En 2015, le Général (2S) Pierre Gindre avait été licencié de son poste de directeur général adjoint de l’ Etablissement public d’insertion de La Défense (EPIDE, devenu établissement public pour l’insertion dans l’emploi), qui accueillait alors annuellement 3000 jeunes volontaires majeurs en difficulté dans 18 centres de formation.

Mme Nathalie Hanet, issue du cabinet de Michel Sapin et nommée à la tête de l’établissement depuis 3 mois, lui reprocha comme une faute grave, d’avoir écrit à ses 18 directeurs de centre et leurs infirmières le message suivant:

Objet : Nombre d’IVG à l’EPIDE

En 2014 le nombre d’IVG parmi nos volontaires était de 50.

Il a donc baissé de 18% par rapport à 2013 où il y en avait eu  61.

Quelles que soient nos opinions personnelles ici et sans rentrer dans des considérations anthropologiques ou philosophiques, cet acte, vieux comme l’humanité, est psychologiquement traumatisant.

Pour la Haute Autorité de la Santé, citée dans le rapport de l’IGAS sur la prévention des grossesses non désirées (2010) « L’IVG demeure un évènement souvent difficile à vivre sur le plan psychologique. Cette dimension manque d’éclairage objectif et scientifique ».

Dans un internat de semaine mixte censé offrir un cadre sécurisant à des jeunes femmes qui, naguère, peuvent avoir été victimes de maltraitances et de violences, il est permis de souhaiter que le nombre d’IVG diminue.

Je  salue donc l’action de chacun en ce sens, je félicite nos infirmières qui, en première ligne, font un travail de grande qualité.

Je précise ici, pour éviter aux agents deux ans d’emprisonnement et 30 000 € d’amende, que personne à l’EPIDE ne commet le délit  d’«entrave à l’IVG», l’action de prévention y est d’un autre ordre.

Sur ce point, après 40 ans et 9 millions d’avortements en France, l’observation des faits nous suggère que l’administration de produits contraceptifs aux unes, avec les risques sanitaires inhérents, et la distribution de préservatifs aux autres,  n’en réduit pas le nombre qui reste stationnaire depuis 15 ans.

C’est donc d’abord sur l’information objective de nos volontaires qu’il nous faut veiller avec tout le tact requis. Ce qui compte ici, c’est notre manière d’être, notre exemplarité, les messages que nous véhiculons, le choix des intervenants dans un domaine où le militantisme crispé n’a plus sa place: les connaissances  scientifiques doivent être exposées, la dignité et les convictions de chacun et de chacune, quel que soit son parcours, doivent être respectées. Cette information doit s’adresser aussi aux jeunes gens souvent déresponsabilisés par une société qui voudrait laisser les femmes se débrouiller seules avec le problème.

Comme nous assurons une remise à niveau des volontaires en français ou en mathématique, il est bien que nous abordions aussi avec eux ce sujet délicat. Tous n’ont pas eu la chance de grandir dans le climat  rassurant et affectivement structurant d’une famille unie et durable.

Cordialement à toutes et à tous.

5 ans après les faits, dans un arrêt du 2 juin 2020 la Cour administrative d’appel de Versailles annule son licenciement et précise que ce message 

«qui ne contient explicitement aucune opinion personnelle mais rappelle des faits (…) ne peut être regardé comme constitutif d’un manquement fautif » à son devoir de neutralité.

C’est une victoire pour la liberté d’expression.

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1 commentaire

  1. Maigre victoire: “la sanction est disproportionnée”. Il a fallu 5 ans pour dire ça! Pourquoi pas ” rien dans la lettre ne justifie une sanction. Elle est donc annulée” ? Les menteurs qui nous dirigent, comme leur inspirateur le serpent satanique, saisissent toute occasion de nuire. Cette victoire n’est qu’une contorsion intellectuelle de plus à mon avis.

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