La grande enchère aux convictions

De François Bert :

B"Tant qu'on fera de la politique une salle des ventes de la conviction, il ne faudra pas s'étonner qu'on y trouve d'un côté ceux qui la bradent et de l'autre ceux qui s'y accrochent. Dans la durée les deux perdent.

Car en politique la seule conviction pertinente, c'est la volonté de gagner. Pas de gagner les élections… gagner sur la rude réalité du terrain. Ça ne se mesure pas en voix, ça se mesure en têtes redressées, en fierté, en profil bas des malfaisants, en engagement des entreprenants. Il n'y a pas de parti pour ça, il y a des gens fiables et des chefs qui en sont.

Il faut se battre, certes, et vertement, sur les combats périphériques qu'ont allumés les idéologues de tout poil mais, vite, dès que possible, passer à l'art de conduire les affaires de l'Etat. Combien de loupés, de lenteurs, d'absurdités parce que des hauts fonctionnaires ou des magistrats esquivent, dissimulent ou varient suivant des logiques d'appareils?

Combien de "gens qui pensent bien" s'avèrent inopérants quand ils sont en poste par manque élémentaire de courage ou tout simplement de discernement? Combien d'élites dirigeantes passent leur vie à produire des rapports fictifs parce que, sélectionnés sur leur seule qualité de premiers de la classe, ils sont juste infoutus de commander quoique ce soit? C'est une affaire de casting, pas d'idées.

Voulons-nous Louis XVI, Robespierre ou Henri IV? L'Histoire n'a pas d'abord retenu ce qu'ils pensaient : il associe les deux premiers, pourtant opposés, au parti de l'impuissance, de la défaite et de la mort et le troisième, pourtant repenti et volage, à la victoire, l'unité et le sursaut."

Laisser un commentaire