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La France tente de faire la morale à l’Indonésie

Après la tribune humaniste et pleine de bon sens de Philippe Bilger à propos de la condamnation à mort de Serge Atlaoui, voici celle de Yann Vallerie plus tranchée, à mettre en parallèle avec la proposition du premier ministre hongrois de rétablir la peine capitale :

"Depuis des semaines, les médias occidentaux, main dans la main avec nos responsables politiques, se répandent en hurlements et en pleurs par rapport à l’exécution à venir de Serge Atlaoui, ce Français embastillé et condamné à mort en Indonésie en tant qu’associé à un trafic de drogue. Oui, la justice indonésienne a condamné à mort ce ressortissant français pour son implication dans un trafic de drogue à grande échelle, aux côtés de Nigérians, Australiens et d’un Indonésien (déjà exécutés).

La justice indonésienne, représentante d’un peuple souverain, a tranché : « Je voudrais dire qu’une exécution n’est pas une tâche plaisante, mais nous devons l’accomplir pour sauver la nation du danger des drogues », déclarait M. Prasetyo, procureur général d’Indonésie.

Si, en Occident, la consommation de drogue tend à se banaliser (on parle même d’ouvrir des salles de shoot dans les grandes villes françaises, Paris en tête), il ne faut pas oublier que c’est dans ces pays, d’Asie ou d’Amérique du Sud, que sont produites la majorité des drogues dures qui déferlent ensuite partout dans le monde, semant la mort sur leur passage. On peut, dès lors, comprendre que les trafiquants de drogue et leurs complices soient considérés comme des tueurs en série ; car c’est ce qu’ils sont, lorsqu’ils provoquent overdose, dépendance, déchéance humaine, mort sociale et physique.

L’Indonésie leur applique donc une peine exemplaire ; une peine qui fait hurler les bonnes consciences ici, chez nous, dans un concert de protestations teinté de résidu de colonialisme : la France tente de faire la morale à l’Indonésie. Sur les réseaux sociaux, des millions d’Occidentaux éduqués aux droits de l’homme, à l’antiracisme, à la démocratie occidentale et aux Bisounours protestent, croyant sans doute qu’ils ont raison face à un des pays les plus peuplés du monde, ou qu’ils possèdent des droits et des devoirs sur des nations pourtant souveraines, pourtant plus importantes démographiquement que nos petits États d’Europe.

Si Serge Atlaoui n’est pas exécuté désormais, et cela malgré la décision de la justice indonésienne, c’est probablement que la France, notamment, aura usé de subterfuges financiers pour arriver à ses fins. C’est que François Hollande, comme lorsqu’un chef d’État parvient à libérer des otages prisonniers dans le monde, aura pensé avant tout à sa cote de popularité qui pourrait grimper. Nos sociétés occidentales ont le don de transformer de petites frappes en héros, de gros délinquants en modèles à sauver. Serge Atlaoui est, aux yeux de la justice indonésienne, ce genre de grand délinquant. Et à ses yeux, il doit être exécuté. Quoi qu’en pensent nos belles consciences politiques, ces colons qui, ici en France, protestent contre la peine de mort en Indonésie, tout en armant ceux qui massacrent aujourd’hui les chrétiens d’Orient."

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18 commentaires

  1. Curieux le nombre d’étrangers condamnés à mort et le peu d’Indonésiens…
    L’affaire vue par le Monde, retour sur les faits :
    [EXTRAITS] “(…) Le fait que cet artisan-soudeur de 51 ans, embauché en 2005 dans un laboratoire indonésien pour installer des machines industrielles, ait toujours nié avoir su que l’usine clandestine produisait de la drogue importe peu. Ce sont les « graves dysfonctionnements » de la justice indonésienne, dénoncés jeudi 23 avril par le ministre français des affaires étrangères, Laurent Fabius, qui posent problème : Serge Atlaoui, originaire de Metz et père de quatre enfants, n’a d’évidence joué qu’un rôle mineur dans cette affaire.
    Mais c’est lui qui risque d’être exécuté parmi les premiers : ses « patrons », également condamnés à la peine capitale, ont demandé de longue date une révision de leurs procès et ne sont pas menacés d’être fusillés pour l’instant. Avant l’annonce surprise de son sursis, samedi, M. Atlaoui avait vu sa demande de révision rejetée en début de semaine. Or tout indique qu’au terme d’un procès biaisé, un second couteau soit mis en avant pour ses « crimes » avant même les vrais responsables du réseau.
    L’histoire commence en novembre 2005, quand 17 personnes sont arrêtées à Tangerang, près de Djakarta, lors d’une descente de police dans un laboratoire clandestin de fabrication de pilules de MDMA, une amphétamine plus connue sous le nom d’ecstasy. Quatre Indonésiens, un technicien et trois agents de sécurité, sont rapidement relâchés.
    Traitement différent
    Treize personnes vont être inculpées : six Indonésiens, cinq Chinois et deux Européens – le Néerlandais Nicolaas Garnick et le Français Serge Atlaoui. Ils seront jugés en trois groupes : Indonésiens, Chinois et Occidentaux, chacun de leur côté. Une répartition curieuse, censée tenir compte de leurs rôles particuliers dans l’affaire : les Chinois auraient produit du crack, les Européens de l’ecstasy.
    Les deux Indonésiens considérés comme les chefs du gang, Benny Sudrajat et son adjoint Budi Cipto, vont être condamnés à mort en première instance, peine confirmée en appel et en cassation. Mais ils auront eu la possibilité de faire appel à des témoins et à des experts au cours des audiences, ce qui sera refusé à Serge Atlaoui.
    Trois Indonésiens, un gardien, un chimiste et le fils de Benny, « le boss », vont être condamnés à vingt ans de prison, tandis qu’un agent d’entretien obtient une peine de dix ans.
    Les Chinois sont condamnés à vingt ans de réclusion en première instance et en appel mais la sentence est aggravée en cassation : finalement, ils sont condamnés à mort. Eux aussi ont demandé la révision de leurs procès devant la Cour suprême, et personne ne parle de les exécuter prochainement.
    Bien différent a été le traitement judiciaire réservé à Serge Atlaoui et à son co-accusé hollandais, Nicolaas Garnick, mort par la suite en prison. D’abord condamnés à la réclusion à perpétuité en première instance et en appel, comme les Chinois, ils sont condamnés en 2007 à leur tour à la peine capitale, en cassation.
    Eux ne pourront pas faire convoquer des témoins à la barre. Les juges ne tiendront jamais compte de leurs arguments ni de ceux de leurs avocats. D’autant que Serge Atlaoui parle mal les langues étrangères et peine, au début, à comprendre et à se faire entendre.
    « Le fils du chef du réseau ou le chimiste étaient plus impliqués que M. Atlaoui, qui n’était qu’un contractuel recruté par le Néerlandais »
    Des sources diplomatiques françaises à Djakarta ont confié au Monde leurs doutes sur l’impartialité du procès des deux Européens : « Le fils du chef du réseau ou le chimiste étaient plus impliqués que M. Atlaoui, qui n’était qu’un contractuel recruté par le Néerlandais. » La même source ajoute qu’à l’époque du procès, le Français et son compagnon d’infortune étaient les « vedettes » des audiences : l’attention « a porté davantage sur eux que sur les chefs du réseau indonésien ».
    Durant le procès, le Néerlandais a tenté de disculper le Français, soulignant que celui-ci n’était chargé que de la maintenance des machines et qu’il n’avait jamais assisté aux tests de fabrication. Même l’un des Chinois a minoré le rôle de Serge Atlaoui, et plusieurs témoignages policiers sont allés dans le même sens lors de reconstitutions.
    Rien n’y a fait : les juges de la Cour suprême n’ont jamais considéré que le procès de l’artisan-soudeur méritait d’être révisé. Quant au procureur, il n’en a pas vu non plus l’utilité, se contentant de demander au condamné de lui faire parvenir ses mensurations en vue de la fabrication de son cercueil. (…)”
    suite >>> http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2015/04/25/l-indonesie-s-apprete-a-executer-un-francais_4622591_3216.html

  2. La France est devenue champion du monde de l’inversion des paradigmes. C’est ce qui lui permet de survivre par le mensonge global, systématique, en pensées, par paroles et par omission…en contribuant à la destruction de son tissus social naguère envié.
    On commence à saisir que les droits de l’homme en tant qu’individu trouvent pour limites les droits de la société et l’intérêt général.
    En Indonésie, l’intérêt général est de combattre la drogue, et on fusille les dealers. En France on ouvre des salles de shoot, et les dealers sont chouchoutés au nom de la paix sociale.

  3. Certe le sort de ce Monsieur est abominable, sur le fond. Nous sommes heureux qu’en France cette peine capitale et ses relants révolutionnaire ( la guillotine) soit pour l’heure mis au rebut. Mais tout ce remus menage hubuesque de personnages politiques, m’exaspere et particulièrement celui de l’occupant de l’hôtel de Madame de Pompadour qui est LUI le promoteur de plus de 230 000 ASSASSINATS d’INNOCENTS extraient ou aspires et démembrés, chaque année du sein de leur mère et dont les frais “médicaux” de ses actes odieux sont pris à 100% par un collectivisme malade et imposé !!!!!
    Que Hollande fasse ce pour quoi il est payé et non point son contraire !!!!

  4. Proteger la veuve et l’orphelin est un concept vide de sens pour un franc-maçon.

  5. Et si la drogue finançait certains partis politiques ?…

  6. et tuer les bébés dans le ventre de leur mère ça c’est pô grâve !! Il vaut mieux tout faire pour éviter de tuer un trafiquant de drogue !! C’est Normal dans ce pays (ces pays ) où tout est à l’envers…

  7. Il est difficile de savoir si Atlaoui est coupable ou innocent, mais l’emphase crachée à la face de l’Indonésie au sujet de la peine de mort est une véritable stupidité : la drogue tue, et le pays a dû employer les grands moyens. Il y a peut-être une disproportion entre le crime et la peine, mais il reste qu’un trafiquant prend le risque de se faire condamner et ne peut donc s’en prendre qu’à lui-même. Et, politiquement, insulter un autre pays, c’est prendre le risque de le voir se crisper.

  8. De grâce, abstenons-nous au moins sur le Salon Beige de déclarations trop définitives. La justice indonésienne est souveraine mais pour autant elle n’est pas à l’abri des faiblesses humaines et de l’erreur judiciaire, comme la nôtre. Qui ici connaît les tenants et les aboutissants de cette affaire? Si cet homme est coupable de trafic de droque, qu’il subisse sa peine, français ou pas. Mais s’il ne l’est pas? Qui peut affirmer en connaissance de cause “Atlaoui est coupable” ou “Atlaoui est innocent”? et en se fondant sur quoi?
    Se rappeler toujours qu’il vaut mieux laisser en liberté un coupable que condamner (surtout à mort) un innocent.

  9. “[…] Mais ne pensez-vous pas que, dans la mesure du possible, la vie humaine doive être respectée ?
    – Humaine, humaine … Une espèce de lézard gluant ou peut-être de jaune d’œuf …
    […]
    – Je suppose que vous êtes aussi contre la peine de mort ?
    – Oui, pourquoi ?
    – Ce sont souvent les mêmes qui veulent la mort des innocents et la survie des coupables”
    Vladimir Volkoff, Le professeur d’histoire, Julliard/L’âge d’Homme, 1985

  10. C’est curieux. Personne ne pense à toutes les victimes de la production, du trafic et de la consommation de drogue.

  11. J’ai approuvé dans ces colonnes la tribune de Philippe BILGER, qui exprime bien un avis de magistrat français, d’un juriste humaniste.
    Je suis d’accord avec lui quand il écrit que les 10 années passées en prison par Serge ATLAOUI constituent une peine conséquente voire suffisante pour un trafic de drogues, dont l’intéressé ne fut pas la tête. Cela est vu selon nos critères juridiques européens d’inspiration judéo-chrétienne.
    J’approuve aussi la tribune de Yann VALLERIE, qui se place sur un plan plus général, celui du respect de la souveraineté de l’Indonésie, pays très supérieur à la France en superficie et population, et refusant la fatalité de la drogue.
    La fermeté de cette grande nation peut nous être utile à long terme, ce à quoi les droitsdelhommistes occidentaux ne pensent pas.
    Quant à Serge ATLAOUIU lui-même il faut espérer qu’il médite tous les morts qu’ont dû entraîner les faits pour lesquels la justice indonésienne l’a condamné à mort au terme d’un long procès qui ne semble pas avoir été inéquitable.
    Ses ultimes recours sont apparemment dérisoires mais il faut les comprendre.
    Sa vie est en jeu, et il cherche par tous moyens à retarder l’échéance.
    Critiquer le défaut de motivation d’un refus de grâce ne semble pas être un moyen pertinent. En France aussi le Président de la République dispose d’un droit de grâce discrétionnaire hérité de la monarchie.

  12. A croire que, dans les états musulmans, il y a les mauvais (Indonésie) et les bons (Qatar)
    http://www.20minutes.fr/societe/1598759-20150430-france-point-vendre-36-rafale-qatar

  13. J’ai tellement peu de considération pour la soi-disant justice de mon pays que je m’abstiendrai d’émettre un jugement sur celle des autres.
    L’affaire de M. Atlaoui est tragique, mais la prochaine fois qu’il ira travailler au noir à l’étranger je lui conseille de choisir un pays qui a aboli la peine de mort.

  14. René Clementi
    Le gouvernement indonésien a raison, un point c’est tout. Il est souverain sur son sol. Il a les preuves de la culpabilité de ce monsieur. Sa justice n’est pas plus mauvaise que la nôtre, sans doute même meilleure.
    Il est normal qu’il lutte contre les trafiquants. La France, elle, les protège.
    Je doute totalement de l’innocence de ce monsieur Atlaoui, certainement kiffeur à ses heures perdues.

  15. Ouf! Le commentaire de PC est troublant de vérité. Son discours est juste et frappé au coin du bon sens

  16. Si ce monsieur est innocent,ce qui a regardé le premier commentaire semble au moins faire l’objet d’un doute argumenté, il doit être défendu et sauvé, s’il est coupable la difficulté est qu’il le serait sous la législation du pays où il était et là les subtilités des échanges internationaux font que le problème de la sanction de vie ou de mort devient bien complexe…
    Quelque soit la vérité je ne comprendrai jamais de voir sur un site catholique des appels à la mort d’un être, qui que fût-il!
    En tous cas ma compréhension de la foi et du message du Christ me parait bien au-delà de ces vengeances de bas-instinct quelque soit mon horreur de la drogue, de l’IVG, de viol ou autres crimes abominable de notre époque que la Loi française les pointes du doigts ou les encourage.
    Ma conviction est intérieure et ma peine va autant aux victimes des drogues qu’à ceux qui les fabriquent qu’aux imbéciles qui les déresponsabilisent pour paraître permissifs et compréhensifs et qui sont les premiers coupables de vendre à nos enfants une société sans idéal qu’artificiel…

  17. Que faisait Atlaoui dans un laboratoire de production de drogue clandestin ?
    Il faisait le ménage ?
    Il a joué, il a perdu.
    Une fois de plus un type à la double nationalité. Comme le dit un blogueur, on n’entend pas beaucoup l’Algérie.
    Il y a d’autres causes infiniment plus respectable que celle ci.
    La mort d’un homme est toujours une tragédie.
    Espérons qu’il se convertisse au pied du poteau.

  18. La seule chose qui justifie vraiment la disparition de la peine de mort est la nullité de notre magistrature.

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