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France : Politique en France / Valeurs chrétiennes : Famille

La “droite” a-t-elle encore quelque chose à dire sur la famille ?

De Thibaud Collin, philosophe, dans Valeurs actuelles :

"La famille est-elle encore l’objet d’un clivage politique ? Tout se passe comme si les gouvernements de droite n’arrivaient pas à se libérer d’un surmoi inoculé par la rhétorique progressiste engendrant ce que l’on pourrait nommer “le complexe de Vichy”. La politique de la famille se réduirait-elle alors à cette alternative : soit la réactivation de “l’ordre moral”, soit la variable d’ajustement d’une politique sociale. La “droite” a-t-elle encore quelque chose à dire sur la famille ?

Libérons-nous du schéma progressiste selon lequel la politique démocratique se réduit à accompagner l’évolution des moeurs. […] La famille, en tant qu’articulation de la différence des sexes et de la différence des générations, est une réalité prépolitique, et c’est à ce titre qu’elle doit être l’objet d’une sollicitude politique ; et ce, pour deux raisons : la famille a besoin de la politique et la politique a besoin de la famille. C’est ce nouage dont il faut toujours faire mémoire et qu’il faut honorer avec persévérance.

La famille est éminemment fragile car elle n’existe que par les actes de ceux qui la composent. Se choisir, donner la vie, rester fidèle à son conjoint, éduquer, créer… sont autant d’actes libres constituant la vie de la famille. Les êtres humains étant fragiles, ils ont besoin d’être soutenus dans leur résolution à poursuivre les biens qu’ils se sont fixés. À l’heure de la « vie liquide » et de la « société en miettes » (Zygmunt Bauman), la responsabilité de l’État n’est-elle pas d’assumer son rôle de soutien en fixant un cadre juridique privilégiant la durée et la stabilité de la vie familiale ? Or c’est ici que souvent la “droite” disparaît face à la gauche, tétanisée par la manière dont la fragilité a été prise en charge dans la seule logique de l’État providence.

[…] Quelle politique aura le courage de dire le coût social des législations “facilitant” le divorce, c’est-à-dire fragilisant l’institution du mariage ? Ou encore, comment justifier que l’État en appelle à la responsabilité des parents tout en les courtcircuitant dans leur droit et leur devoir d’éduquer leurs enfants (Pass contraception) ? Le signal est ici qu’un adolescent n’a plus besoin d’être éduqué par ses parents. Alors par qui le sera-t-il ? […]

C’est là où plus que jamais la droite a besoin d’une armature intellectuelle alternative à l’individualisme libertaire qui est, en fait, une contre-politique. En effet, il promeut politiquement des mesures qui nient les soubassements d’une vie politique digne de ce nom. Il convient d’assumer courageusement que la politique a besoin de familles stables dans lesquelles les futurs citoyens pourront grandir et que l’État est prêt à déterminer les mesures a priori assurant les conditions de cette stabilité et de cette croissance."

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2 commentaires

  1. enfin, quelqu’un de réaliste !
    je lui souhaite bien du courage, au vu des difficultés à faire la lumière chez une multitude de responsables tétanisés par les relents de 1940

  2. “Or c’est ici que souvent la “droite” disparaît face à la gauche, tétanisée par la manière dont la fragilité a été prise en charge dans la seule logique de l’État providence.”
    94% des journalistes sont de gauche

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