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France : Société

La bureaucratie contre la liberté de l’entreprise

Témoignage d’un chef d’entreprise :

"Je dirige une PMI classée pour la protection de l’environnement prestataire de services pour l’industrie chimique. Nous sommes certifiés ISO 9001 et 14001. Chaque administration (DRIRE, DOUANES, DGCCRF…) qui nous contrôle est organisée en strates (départementale, régionale…) qui ne communiquent visiblement pas entre elles. Nous devons leur fournir d’innombrables rapports sur notre activité : mensuel, trimestriel, annuel, décennal…

Je me suis « amusé » à plusieurs reprises à leur transmettre des informations farfelues dénuées de sens, elles ont été visiblement très bien digérées par ces organismes papivores. En revanche, un retard dans une déclaration et c’est le rappel à l’ordre immédiat. Bref, quel gâchis ! Car le temps passé à toutes ces paperasses inutiles n’est pas consacré au travail dans nos ateliers, laboratoires et bureaux d’études à développer de l’activité industrielle qui permettrait de générer des emplois productifs. […] Et dire que certains [fonctionnaires] se désolent que nos PMI ne consacrent pas plus d’énergie pour exporter !"

Cette intervention abusive de l’Etat est contraire au principe de subsidiarité (les termes liberté ou libéralisme ayant des significations divergentes et floues, il est préférable de parler de subsidiarité comme le fait l’Eglise) :

"Sur la base de ce principe, toutes les sociétés d’ordre supérieur doivent se mettre en attitude d’aide (« subsidium ») — donc de soutien, de promotion, de développement — par rapport aux sociétés d’ordre mineur. […] À la subsidiarité comprise dans un sens positif, comme aide économique, institutionnelle, législative offerte aux entités sociales plus petites, correspond une série d’implications dans un sens négatif, qui imposent à l’État de s’abstenir de tout ce qui restreindrait, de fait, l’espace vital des cellules mineures et essentielles de la société. […]

Certaines formes de concentration, de bureaucratisation, d’assistance, de présence injustifiée et excessive de l’État et de l’appareil public contrastent avec le principe de subsidiarité: «En intervenant directement et en privant la société de ses responsabilités, l’État de l’assistance provoque la déperdition des forces humaines, l’hypertrophie des appareils publics, animés par une logique bureaucratique plus que par la préoccupation d’être au service des usagers, avec une croissance énorme des dépenses».[Centesimus annus, n°48]"

Michel Janva

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7 commentaires

  1. “Je me suis « amusé » à plusieurs reprises à leur transmettre des informations farfelues dénuées de sens”… donc ce dirigeant a menti? Est-ce ainsi qu’il espère accélérer l’avènement du Royaume de Dieu?
    Peut-être ce dirigeant n’est-il pas catho et que ce genre d’arguments ne le concernent pas.
    En revanche si ces “informations farfelues” avaient été lues et relevées par l’administration (ce qui viendra peut-être d’ailleurs) ce dirigeant prenait le risque de perdre son agrément et mettait à terme donc en jeu le travail de ses employés. Mais le chômage de ses employés, ce dirigeant s’en moque sûrement. Est-ce ce que l’on appelle un “patron voyou”?

  2. Quel bonheur ce pays… Entre la bureaucratie étouffante et les grèves asphyxiantes, les TPE-PME-PMI vont disparaître de la circulation à cause du réchauffement du climat social et au surplus d’émission de gaz à effet fiscal.
    Un petit Grenelle? Un film d’Al Gore?

  3. Plus qu’un mensonge, il s’agit plus probablement d’ironie. L’entrepreneur ne cherchait pas à masquer quoi que ce soit mais à dénoncer un système incohérent et impotent
    Mettre quelqu’un devant ses contradictions est souvent fort utile.
    Quant aux salariés, soyons plutôt reconnaissants envers cet entrepreneur de créer des emplois en risquant son argent pour porter à bouts de bras une entreprise noyée sous les contraintes bureaucratiques.

  4. « Certaines formes de concentration, de bureaucratisation, d’assistance, de présence injustifiée et excessive de l’État et de l’appareil public CONTRASTENT avec le principe de subsidiarité »
    La traduction est fautive : il faut dire : «certaines formes … sont CONTRAIRES à » (et non pas “contrastent avec”).

  5. Le denommé POL n’a rien compris du problème de la France : une multitude de fonctionnaires émargent aux frais du contibuable et doivent avoir du “papier” pour se sentir utiles… et s’occuper (??) Inutile d’en dire plus : que ceux qui ont des oreilles entendent et ceux qui ont un cerveau comprennent ( citation un peu bizzare de l’Evangile…)

  6. @ Pol,
    Je ne sais si vous êtes patron…
    Comment pouvez-vous dire que ce dirigeant se moque de voir ses salariés se retrouver au chômage ? Le connaissez-vous ?
    Qu’est-ce qui vous indique que les informations “erronées” sont vitales au point de mettre en péril l’intégrité et la survie de l’entreprise ?
    Ne connaissant rien à ces démarches, j’ai créé mon entreprise il y a quelques mois. Je pouvais bénéficier d’un dispositif relativement récent : le Centre de Formalités des Entreprises est censé centraliser tous les formulaires nécessaires, puis re-distribuer aux différents organismes (impôts, etc…) les informations concernant la nouvelle entreprise.
    Belle idée. Mais en laquelle malheureusement on ne peut pas avoir confiance…
    Il a fallu que je refasse un certain nombre de ces démarches quelques mois plus tard, auprès de chacun des organismes, car je recevais des relances et pénalités, ces derniers me reprochant de n’avoir pas effectué les formalités…
    Les fonctionnaires eux-mêmes ne sont pas fautifs ; un certain nombre s’avèrent d’ailleurs aimables, constructifs et compétents (pas tous, naturellement, comme partout…)
    Mais le système est vraiment lourd, oui. Et il faut une certaine volonté – ou le moyen de payer du personnal dédié à cela – pour s’acquitter de ces devoirs.

  7. @ Berg
    C’est exact : le texte français contredit le texte latin, ce qui est trop fréquent. La pensée de Jean-Paul II était très anti étatiste, car il avait vécu les modèles totalitaires du socialisme allemand des nazis, puis le socialisme communiste. Ce qui explique l’influence sur lui, devenu pape, des idées de libertés économiques dites ”libérales” de l’américain catholique NOWAK, et dont M . JANVA dit préférer l’appellation de subsidiarité. Il y a en effet un lien entre l’idée des libertés civiles de l’école libérale classique et la subsidiarité définie par Léon XIII : sauf que l’Eglise le fait au nom du respect de la dignité de l’homme, et non pas de de la seule efficacité de la liberté.

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