Bannière Salon Beige

Partager cet article

Liberté d'expression

Journalisme et liberté : 2 termes antagonistes en France

Jean-Marie Molitor revient dans Minute sur l'affaire Zemmour :

"Que ce journal, qui est le seul quotidien à grand tirage supposé être de droite, ait pris la décision de « placardiser » Eric Zemmour depuis cinq ans, c’est-à-dire concrètement de lui interdire d’écrire dans ses colonnes – tout en continuant à le payer – me révolte. Quand on a dans sa rédaction l’un des meilleurs journalistes de France – et pas seulement l’un des tout premiers chroniqueurs, car Eric Zemmour est d’abord un journaliste –, il est professionnellement et humainement scandaleux de se passer de ses services. […]

M L’exercice du métier de journaliste] est régi par un texte pré cis, la loi du 29 juillet 1881 « sur la liberté de la presse ». Cent trente ans plus tard, journalisme et liberté sont devenus deux termes antagonistes. Dans la plupart des titres français, les journalistes ne sont plus libres de rien. Soit c’est l’actionnaire principal qui fixe les limites, via un directeur de la rédaction ou des chefs de service qui sont là pour veiller à ce que personne ne se prenne pour un vrai journaliste, soit c’est la publicité qui dicte la ligne éditoriale, soit les deux. Ajoutez à cela que ceux qui voudraient se démarquer ont la trouille – légitime – de ne plus pouvoir nourrir leur famille, que ceux qui parviennent à un certain niveau de relationnel n’ont plus comme objectif que de maintenir ce relationnel – et ne publient donc pas ce qu’ils ont appris grâce à ce même relationnel! –, que ceux qui n’ont pas encore ce carnet d’adresses de « gens qui comptent » ne rêvent que de l’acquérir et que la profession est « moutonnière », et vous aurez les principales clefs de l’absence quasi totale d’intérêt de la presse française.

Que voulez-vous dire par une profession « moutonnière »?

Que tout le monde écrit en même temps la même chose sur les mêmes sujets! Il y a quelque chose d’extraordinaire, de fascinant même, à ce phénomène qui fait que ce que vous entendez le matin sur France Info est ce que vous allez lire dans « Le Parisien- Aujourd’hui en France » puis que vous allez voir dans les journaux télévisés et relire dans « Le Monde » du soir. […]

Vous voulez dire que chacun copie l’autre?

Absolument. Et en surenchérissant. C’est comme dans une salle des ventes. Vous avez un objet (une information) qui est mise aux enchères. Si personne n’en veut, il ne se trouvera personne non plus pour aller la récupérer, même gratuitement. En revanche, si une enchère est portée, tout le monde va vouloir acheter cette information, à n’importe quel prix, sans même l’avoir examinée !

Partager cet article

4 commentaires

  1. Ce n’est ni l’actionnaire, ni la publicité qui dicte la ligne éditoriale, mais bel et bien l’état avec ses subventions.
    Les journaux sont inféodés au pouvoir car c’est lui qui les fait vivre, des lors comment dénoncer les travers de celui-ci.

  2. Et la presse se lamente qu’on ne la lise plus! Et la presse juge regrettable qu’on aille chercher des informations sur l’internet. Etonnant, non?

  3. liberté de la presse, un oxymore…
    journaliste de gauche, un pléonasme…
    A défaut d’utiliser elle même les jolis mots de la langue française, la presse provoque leur utilisation à son sujet !
    Vive le SB !

  4. En ce qui concerne France-Info, cette station est devenue celle des sous-développés intellectuels. D’abord, du sport! du sport! du sport! Primant sur toute autre information. Gros mollets et petit pois dans la cervelle! Ensuite des présentateurs souvent à l’accent indigeste, n’ayant pas appris ce qu’était une liaison, incapables de lire correctement leur prompteur. Et des présentarices à la voix tout ce qu’il y a de moins radiophonique, au timbre trop aigu, sûrement charmant sur l’oreiller mais qui vous écorche le tympan. Heureusement, l’on peut trouver mieux mais c’est difficile !

Publier une réponse