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Culture de mort : Avortement / France : Société

Je ne suis pas un amas de cellules, ne me tuez pas

Je ne suis pas un amas de cellules, ne me tuez pas

La dernière campagne des vegans et autres antispécistes, ces militants qui veulent que l’on ne tue plus les animaux pour se nourrir (mais peut-on tuer une salade pour s’en nourrir ?) et qui considèrent que les animaux sont des personnes comme les humains, ont lancé une campagne choc :

Tout ceci serait parfaitement ridicule si les vegans n’utilisaient pas la violence pour s’en prendre notamment aux bouchers.

Mais cela nous fait penser à une autre campagne, qui susciterait très vite une réaction hystérique de ces mêmes vegans :

Ou celle-là :

Et encore celle-ci plus récente :

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14 commentaires

  1. Le monde à l’envers !
    Ces vegans jugent !
    Ce sont elles qui seront jugées !
    Mais qu’elles n’hésitent pas à prêcher la bonne parole dans les mosquées !
    Et à enseigner aux musulmans que le fils sacrifié par Abraham est bien Isaac et non Ismaël.
    Et le Seigneur a préféré le bélier à l’enfant
    Arrête ! Ne fait aucun mal à l’enfant !

  2. Je tiens ces militants vegan pour une belle bande de cinglés, pour qui une camisole de force dans une cellule capitonnée me paraît tout indiquée… Mais qui est à la manoeuvre derrière ces gens-là, qui donne les ordres, qui donne de l’argent ? L’expérience enseigne qu’en général, “le bailleur est donneur d’ordres”, comme disent ces coquefredouilles de banquiers…
    Ce qui terrible, dans notre société complètement chamboulée, c’est qu’un artisan-boucher qui voudrait défendre et protéger son commerce (et ses employés !), risque fort de se retrouver embastillé en lieu et place des fascistes vegan !
    Et pour faire une contre-propagande, je pense que nous serions bien avisés de coller des affichettes représentant un foetus (comme vos photos), juste au dessus de la phrase “ne me tuez pas” ! ça va les faire hurler, mais on s’en fout ! nous sommes les combattants pour la défense des tous petits…

    Les humains sont plus importants que les animaux ! La Bible nous donne le droit de “les soumettre” comme il est dit dans la Genèse… Si il est évident que les animaux, en tant que créatures de Dieu elles aussi, doivent être respectés et correctement traités, je refuse de subir les diktats imbéciles des cinglés qui ne rêvent d’éradiquer les humains de la surface de la terre !

  3. Est le mouton? Est-il lui un bout de viande et non pas quelqu’un? Ah, non cela aurait été stigmatisant pour une certaine communauté!
    Il va y avoir du boulot pour les adeptes de cette nouvelle religion, car il va falloir aussi qu’ils vérifient la composition de tous les produits (sauf donc ceux à base de mouton et de cuir de mouton, car le mouton n’est a priori par un quelqu’un mais de la viande) pour savoir s’ils ne sont pas issus d’animaux ayant été tués. Il ne faut pas qu’ils s’arrêtent à la consommation de la viande, stricto sensu, n’est-ce pas ?
    Une autre question : qui procurent des finances à ces adeptes? Parce qu’une campagne d’affichage de ce type, cela coûte cher? Et à qui cela profite en fin de compte? Fermeture des petites boucheries-charcuteries, viandes arrivant toutes préparées et ensachés depuis des usines à l’étranger dans les rayons des hypermarchés, destruction de la gestion de la nature et équilibre entre l’agriculture, l’élevage, etc. Disparition des populations rurales et semi-rurales avec la fermeture des exploitations, des petites entreprises agro-alimentaires, etc. Prolifération d’animaux renards, sangliers, etc. tant pis pour les récoltes. Et j’en passe.
    Et pendant ce temps destruction des petits d’hommes, mais fabrique d’enfants et transhumanisme…
    L’organisation du chaos par la super classe du nouvel ordre mondial qui se fabrique et se sert des “idiots utiles” qu’elle trouve sans difficulté dans un monde qui fut chrétien et qui est désormais sans repères. Une super classe nihiliste qui ne vit que par la haine et le mépris.
    Ah, non dire cela, c’est faire preuve de complotisme !!!!

  4. Je ne comprends pas bien la première photo : est-ce un montage ?
    Le panneau publicitaire de gauche dénonce bien l’avortement, ce qui me paraît en effet étrange pour les vegans dont je sais depuis longtemps qu’ils se moquent de la question…

  5. Bravo pour le montage : hélas un tel couple de panneaux n’existe pas; pro-vie et défenseurs des animaux se regardent en chiens de faïence sans se comprendre depuis des lustres. Pour moi qui ait les deux sensibilités et suis végétarien depuis plus de quarante ans, c’est vraiment désolant ! Pourtant on trouve de très belles paroles dans Laudato Si, bien cachées, il est vrai …

    “D’autre part, quand le cœur est authentiquement ouvert à une communion
    universelle, rien ni personne n’est exclu de cette fraternité. Par conséquent, il est vrai aussi que l’indifférence ou la cruauté envers les autres créatures de ce monde finissent toujours par s’étendre, d’une manière ou d’une autre, au
    traitement que nous réservons aux autres êtres humains.
    Le cœur est unique, et la même misère qui nous porte à maltraiter un animal ne tarde
    pas à se manifester dans la relation avec les autres personnes. Toute cruauté sur une
    quelconque créature « est contraire à la dignité humaine ». Nous ne pouvons pas
    considérer que nous aimons beaucoup si nous excluons de nos intérêts une partie de la réalité :
    « Paix, justice et sauvegarde de la création sont trois thèmes absolument liés, qui ne pourront
    pas être mis à part pour être traités séparément sous peine de tomber de nouveau dans le
    réductionnisme ».
    Tout est lié, et, comme êtres humains, nous sommes tous unis comme des frères et des sœurs dans un merveilleux
    pèlerinage, entrelacés par l’amour que Dieu porte à chacune de ses créatures et qui nous unit
    aussi, avec une tendre affection, à frère soleil, à sœur lune, à sœur rivière et à mère terre. “

    • Je suis d’accord. Et j’en appelle aux marcheurs du dimanche : quand ils foulent l’herbe épaisse des champs arpentés, qu’ils aient une pensée émue pour les dizaines de fourmis, grillons, sauterelles et vers ignoblement écrabouillés par leurs pataugas criminels.
      Et que la Grande Déesse, la Terre Mère, leur pardonne ce crime déicide qui trouble l’équilibre du Grand Cosmos.

  6. Cher Collapsus, sans vouloir polémiquer, “ce n’est qu’un grillon, une fourmi, une sauterelle” n’évoque-t-il pas l’argument dans un autre camp “ce n’est qu’un amas de cellules” ? Respecter le petit, le faible ne serait-il pas chrétien ? Le pape François, comme St François d’Assise voueraient-ils par ces mots un culte particulier à quelque grande déesse ou bien ne s’adressent-ils pas plutôt, dans un langage poétique, au Créateur de frère …, soeur …, mère …. ? Il me semble que ce sujet mérite l’écoute d’un philosophe, médecin et prix Nobel de la paix, accessoirement pasteur chrétien aussi, un certain docteur Schweitzer :

    “C’est pour moi une énigme douloureuse que de vivre dans le respect de la vie au milieu d’un monde où la volonté créatrice est en même temps destructrice et où la volonté destructrice est en même temps créatrice. Je ne peux faire autrement que de m’en tenir au fait que, chez moi, le vouloir-vivre se manifeste sous la forme d’un désir de ne faire qu’un avec un autre vouloir-vivre.

    “Ce fait est pour moi une lumière qui brille dans les ténèbres. L’ignorance qui subjugue le monde est levée pour moi, je me sens affranchi du monde. Le respect de la vie me jette dans des perplexités que le monde ne connaît pas. Il me comble d’une félicité que le monde ne peut pas donner. Lorsque en pleine euphorie d’être différents du monde, moi et mon prochain nous nous prêtons assistance dans la compréhension mutuelle et le pardon, alors qu’ailleurs l’un tourmenterait l’autre, l’antinomie qui déchire le vouloir-vivre se trouve supprimée. Là où un insecte est sauvé d’une mare, une parcelle de vie s’est consacrée à une autre parcelle de vie et l’antinomie de la vie cesse. Chaque fois que je me dévoue d’une façon quelconque à une autre vie, mon vouloir-vivre limité fait l’expérience de son unité avec l’infini, où la vie forme un tout. J’y puise un réconfort qui me préserve contre le danger de périr de soif dans le désert de la vie. C’est pourquoi j’admets que le but de mon existence est d’obéir à cette révélation supérieure du vouloir-vivre que je porte en moi. Je choisis de consacrer mon action à supprimer, dans la sphère de mon influence, l’antinomie qui déchire le vouloir-vivre. Connaissant l’essentiel qui seul importe, je laisse de côté les énigmes du monde et de mon existence dans le monde. Les intuitions et les aspirations propres à tout sentiment religieux profond se retrouvent dans l’éthique du respect de la vie. Toutefois celle-ci ne prétend pas ériger un système clos et complet de conception du monde et elle est d’avance résignée à devoir laisser la cathédrale inachevée : elle n’en termine que le chœur, mais c’est là que la piété célèbre un culte divin dans l’intensité de sa constante ferveur. ”

    (Albert Schweitzer, prix nobel de la paix : Kultur und Ethic, en fait p 170-171 de “La civilisation et l’éthique” ed Alsatia Colmar, traduction Madeleine Horst

    Je voudrais citer aussi ce petit essai :

    http://www.avortementivg.com/node/178

    • Cher Jean Marc, sans vouloir non plus polémiquer, faudrait un jour arrêter de dériver dans ces délires panthéistes qui nous ont donné les écolos, les vegan et autres hallucinés de la planète qui nous pourrissent la vie. Que notre civilisation ait commis des abus indiscutables sur l’environnement est une chose, qu’on laisse prospérer toutes ces théories délirantes qui nous amènent à la divinisation de la planète en est une autre.
      Gardons les pieds sur elle et faisons ce qu’il faut pour la respecter mais n’abondons pas derrière tous ces hystériques chevelus et gavés d’hallucinogénes qui veulent nous interdire de nous substanter de ses ressources comme Dieu nous l’a autorisé.

  7. Cher Collapsus, loin de moi l’idée de vous pourrir la vie, mais tout de même notre pape François vous semble-t-il ressembler à un “hystérique chevelu gavé d’allucinogènes en plein délire panthéiste” : avez-vous lu Laudato Si ?

    Citons une autre personnalité de l’église catholique, mère Teresa :

    “La vie est une chance, saisis-la.
    La vie est beauté, admire-la.
    La vie est béatitude, savoure-la.
    La vie est un rêve, fais-en une réalité.
    La vie est un défi, fais-lui face.
    La vie est un devoir, accomplis-le.
    La vie est un jeu, joue-le.
    La vie est précieuse, prends-en soin.
    La vie est une richesse, conserve-la.
    La vie est amour, jouis-en.
    La vie est un mystère, perce-le.
    La vie est promesse, remplis-la.
    La vie est tristesse, surmonte-la.
    La vie est un hymne, chante-le.
    La vie est un combat, accepte-le.
    La vie est une tragédie, prends-la à bras le corps.
    La vie est une aventure, ose-la.
    La vie est bonheur, mérite-le.
    La vie est la vie, défends-la.”

    Dieu n’aurait-il donné vie qu’aux seuls humains … ?
    Albert Schweitzer en tant que philosophe et pasteur était aussi fasciné par ce mystère de la vie; il a développé ce concept du respect de la vie. Alsacien, il écrivait essentiellement en allemand et le mot qu’il employait pour cela est encore plus fort : “Ehrfurcht vor dem Leben” que Théodore Monod a traduit dans son livre par “Révérence à la vie”.

    http://www.afaas-schweitzer.org/site/examen-de-l-expression.html?idArt=9

    revenons à Laudato Si :

    1. « Laudato si’, mi’Signore », – « Loué sois-tu, mon Seigneur », chantait saint François
    d’Assise. Dans ce beau cantique, il nous rappelait que notre maison commune est aussi
    comme une sœur, avec laquelle nous partageons l’existence, et comme une mère, belle, qui nous
    accueille à bras ouverts : « Loué sois-tu, mon Seigneur, pour sœur notre mère la terre, qui
    nous soutient et nous gouverne, et produit divers fruits avec les fleurs colorées et
    l’herbe ».

    2. Cette sœur crie en raison des dégâts que nous lui causons par l’utilisation irresponsable et par
    l’abus des biens que Dieu a déposés en elle. Nous avons grandi en pensant que nous étions
    ses propriétaires et ses dominateurs, autorisés à l’exploiter. La violence qu’il y a dans le cœur
    humain blessé par le péché se manifeste aussi à travers les symptômes de maladie que nous
    observons dans le sol, dans l’eau, dans l’air et dans les êtres vivants. C’est pourquoi, parmi les
    pauvres les plus abandonnés et maltraités, se trouve notre terre opprimée et dévastée, qui
    « gémit en travail d’enfantement » (Rm 8, 22).
    Nous oublions que nous-mêmes, nous sommes poussière (cf. Gn 2, 7). Notre propre corps est
    constitué d’éléments de la planète, son air nous donne le souffle et son eau nous vivifie comme
    elle nous restaure.”

    Panthéisme … ou réflexion sur la Création et sur notre responsabilité envers elle ?

  8. Jean-Marc, Collapsus a visiblement été découragé de vous répondre, je peux le comprendre.
    Une question simple : si on ne mange pas les animaux, qu’en fait-on ? On les stérilise pour éviter qu’ils ne se reproduisent ?
    Les Végan payent des “maisons de retraites” pour les poules pondeuses : j’imagine le spectacle des ces milliers de vieilles, malades, souffrantes, agonisantes… Le paradis sur terre… A moins qu’on ne leur donne accès à l’euthanasie, pour qu’elles soient vraiment l’égal de l’homme ?
    Vous semblez donner une importance capitale à ce que dit le Pape, mais je vous rappelle qu’il est très rarement en situation d’infaillibilité et qu’on a le droit de ne pas être d’accord avec lui tout en restant Catholique !

  9. Ce qui me semble incompréhensible c’est qu’il y a deux formes de respect de la vie, les pro-vie et les défenseurs des animaux, qui semblent dans la plus complète incompréhension réciproque : s’agit-il de deux sensibilités différentes destinées à s’exclure à tout jamais, n’y a-t-il pas un minimum d’effort à faire pour comprendre l’autre ? Pour tenter de répondre à votre question : si on ne mange pas les animaux, la première des choses ne serait-il pas de ne pas faire se reproduire en grande quantité nombre d’entre eux dans l’unique but de les manger ? Matthieu Ricard me semble faire une bonne analyse du problème (excusez-le, il est bouddhiste, nul n’est parfait, je plaisante, naturellement) :

    https://www.allary-editions.fr/publication/plaidoyer-pour-les-animaux/
    https://www.youtube.com/watch?v=oNVSae6lvgA

    Il me semble que sa préoccupation est étrangement proche ici de celle du pape dans Laudato Si. Examinons aussi la manière dont le judaïsme peut envisager la question :

    “«Le mode de vie du judaïsme, ses pratiques diététiques, sont conçus pour ennoblir l’esprit humain. C’est donc une contradiction dans les termes de prétendre que des produits qui entrent dans un processus qui implique une cruauté et une barbarie excessives envers la vie animale peuvent vraiment être considérés comme casher dans notre monde. Dans notre monde d’aujourd’hui, il s’agit précisément d’un régime alimentaire à base de plantes qui correspond véritablement aux enseignements les plus sublimes du judaïsme et aux plus hautes aspirations de notre patrimoine. ”

    Rabbi David Rosen, ancien grand rabbin d’Irlande

    “Nous, les rabbins soussignés, encourageons nos compatriotes juifs à adopter une alimentation sans plantes et à base de plantes. Cette approche de la subsistance est une expression des valeurs juives communes que sont la compassion pour les animaux, la protection de l’environnement et le souci de notre bien-être physique et spirituel.”

    https://www.jewishveg.org/rabbinic-statement

    Là aussi n’est-on pas très proche de ce que dit le pape dans Laudato Si ? Certes un catholique peut ne pas partager le point de vue du leader de son église, mais il peut au moins l’écouter et réfléchir à son message …
    Quant aux “maisons de retraite” pour les poules, il s’agit de leur offrir une meilleur fin de vie que l’espace d’une feuille A4 dans lequel elles ont souvent passé leur folle existence, leur jolis poussins mâles étant massacrés comme l’on sait, passés vivants au broyeur, jetés vivants dans des sacs poubelles et étouffés en masse : tout cela est bien caché aux chrétiens, mais eux aussi souvent ne veulent pas savoir ce qui se trouve derrière les barquettes de viande aseptisées des grandes surfaces … les végétariens eux y sont très sensibles, et après tout c’est peut-être Dieu qui les a fait comme ça.

  10. rectificatif : une erreur de traduction s’est glissée dans le texte, qui le rend incompréhensible : “une alimentation sans produits animaux” (animal-free diet) et non ” sans plantes”.

    “Nous, les rabbins soussignés, encourageons nos compatriotes juifs à adopter une alimentation sans produits animaux et à base de plantes. Cette approche de la subsistance est une expression des valeurs juives communes que sont la compassion pour les animaux, la protection de l’environnement et le souci de notre bien-être physique et spirituel.”

    (“We, the undersigned rabbis, encourage our fellow Jews to transition toward animal-free, plant-based diets. This approach to sustenance is an expression of our shared Jewish values of compassion for animals, protection of the environment, and concern for our physical and spiritual well-being.”)

  11. Pour mieux poser la question de ce débat voici un intéressant article en anglais et sa traduction :

    https://www.firstthings.com/article/2009/06/pro-animal-pro-life

    Pro-Animal, Pro-vie
    Mary Eberstadt

    Pourquoi végétariens et pro-vie ne se situent-ils pas sur une ligne plus proche ? Après tout, les meilleurs écrits au sujet du végétarisme éthique – la question morale du refus de la viande, par opposition à des arguments plus concrets comme la santé ou les finances – sont assez judicieux pour provoquer une sérieuse réflexion, même parmi les non-végétariens. Pourtant tandis que cette littérature de plus en plus perspicace prospère, en reflétant le mouvement de bien des américains (surtout les plus jeunes) par rapport à toutes les variétés offertes par un régime sans viande, cela a aussi ouvert la possibilité d’une voie commune particulière. Les végétaliens et végétariens se parlent vraiment entre eux, mais d’habitude sans écho réel dans la société, en particulier parmi ceux engagés dans la défense de la vie humaine.

    Une raison de la séparation actuelle entre végétariens et traditionnalistes éthiques commence dès l’université. La réflexion théorique entre végétarisme et l’éthique alimentaire qui y est attachée tombe aujourd’hui dans deux domaines généraux de la pensée : utilitarisme et féminisme post-moderne. Tous deux sont hostiles à l’idée d’admettre la vie humaine non encore née dans leur cercle de sympathie morale. À ce titre, tous deux se sont exclus d’autres gens sérieux – ceux qui tirent leur code moral de la pensée judéo-chrétienne traditionnelle – qui pourrait en d’autres circonstances être ouverts à la persuasion.
    Les utilitaristes, pour leur part, doivent beaucoup au travail de Peter Singer. La thèse de Singer, qui est connue presque autant parmi ses adversaires que parmi ses alliés, est faussement simple. En suivant Jeremy Bentham et d’autres utilitaristes qui ont soutenu la capacité à souffrir comme “caractéristique essentielle donnant à un être le droit à une considération égale,” Singer mène la définition vers son étape suivante. “Peu importe la nature de cet être,” comme il l’a exprimé dans son livre “Animal Liberation”, “le principe d’égalité exige que la souffrance soit prise en compte à égalité de souffrance équivalente dans la mesure où des comparaisons générales peuvent être faites avec d’autres êtres.” En bref, quand on le comprend correctement, les animaux ont des droits de même nature que les humains – et dans certains cas, selon le degré de sensibilité, les droits qui priment sur ceux de certains humains. ” Sûrement,” comme Singer l’a exprimé dans une de ses nombreuses formulations souvent citées par ses adversaires, “il y aura certains animaux non-humains dont les vies, quelle que soit la norme, ont plus de valeur que les vies de certains humains.”

    Bien qu’ “admirable” ne soit pas vraiment le premier mot qui pourrait venir à l’esprit lorsque l’on est confronté à certaines de ses conséquences pratiques, la théorie de Singer a vraiment la “vertu” d’une cohérence sans pitié. Nous le savons parce que, depuis des dizaines d’années à présent, l’auteur a expliqué clairement avec enthousiasme les plus odieuses de ses conséquences. Peut-être encore de manière plus infâme, il a soutenu que, puisqu’un bébé nouveau-né n’a pas conscience de lui-même, ni autonomie, ni rationalité, “le meurtre d’un bébé nouveau-né n’est jamais équivalent au meurtre d’une personne, c’est-à-dire d’un être qui veut continuer à vivre.”

    Chemin faisant, Singer s’est mis à dos les “traditionnalistes”, tout spécialement ceux qui se sentent concernés par l’avortement, plus efficacement qu’aucun autre penseur théorique contemporain – ce qui est en soi un vrai tour de force. Pour faire bonne mesure, il est aussi ouvertement hostile au christianisme, en soutenant qu’en dépit des opinions relativement éclairées de quelques végétariens – St Basil, St Jean Chrysostome, St Isaac le Syrien – la tradition chrétienne est définitivement gâchée par sa “préoccupation exclusivement spéciste” à l’égard des êtres humains.

    Pour un porte-parole désireux de persuader le monde vis à vis de la pratique végétarienne, Singer a certainement perdu beaucoup plus de pratiquants potentiels d’un régime “sans cruauté” qu’il n’en a gagné. Les utilitaristes ultérieurs ont généralement suivi les mêmes étapes antihumanistes et pro-avortement. Tom Regan est peut-être le second éminent universitaire au sujet des questions éthiques concernant les animaux et dans son livre influent, “la question des droits animaux” (“The case for animal rights” édité en 1981), il propose que, si les humains ont un droit naturel à la vie indépendant de leur capacité à être des entités rationnelles, alors il en est de même pour la plupart des animaux.

    Regan a joué les timides sur l’évidente question de savoir si sa sollicitude morale envers la vie animale non rationnelle puisse logiquement s’étendre à la vie humaine non encore née. Dans un essai célèbre appelé “les Cages vides” (Empty cages), il va vraiment jusqu’à faire allusion à ce qu’il appelle “la question terriblement difficile de la moralité de l’avortement.” Mais la question de savoir si cette terrible difficulté signifie que ses principes philosophiques pourraient s’étendre en direction de la vie humaine non encore née tout autant que vers la vie animale est apparemment hors sujet, en dehors de cette zone obscure d’observation.

    En bref, ni la menaçante “cohérence” de Singer ni la réticence de Regan ne font aimer les défenseurs utilitaristes des animaux à quelqu’un concerné par la protection de la vie humaine à naître. Et pas davantage l’autre ensemble d’idées théoriques généralement représentées sous le nom de “végétarisme féministe post-moderne”.

    Considérons l’oeuvre de Carol J. Adams, dont le livre datant de 1990 “la politique sexuelle de la viande” (The sexual politics of meat) qui a été largement acclamé même en dehors des cercles universitaires en tant que nouvelle et passionnante contribution à la théorie des droits animaux. Adams argumente sur ce qui est devenu la pierre angulaire de “l’écoféminisme” : la notion que la soi-disant “chosification” des animaux dans une société carnivore et la soi-disant “chosification” des femmes dans une société patriarcale sont d’une certaine manière reliées.

    La revendication pourrait ne pas être tout à fait aussi originale qu’elle le paraisse. Les premières activistes des droits féministes, tels Mary Wollstonecraft, étaient aussi avocates de la douceur envers les animaux et Wollstonecraft a vu sa “Justification des droits des femmes de 1792” (Vindication of the rights of women) mise au pilori dans une publication anonyme (et influente) nommée “une Justification du droit des bêtes”. Nombre des premières féministes ont pris le bien-être animal en tant que question morale adjacente et beaucoup de personnes intéressées au bien-être animal ont ainsi progressivement fait alliance avec les féministes.

    Pourtant, l’obscur langage post-moderne d’Adams n’invite pas à la comparaison avec les premières féministes. Regorgeant de termes tels que “referent absent” et “anarcho-végétalien”, aussi bien qu’avec une hostilité ordinaire envers l’autre sexe dont le féminisme post-moderne est parsemée, cette sorte d’effort a peu de chance de persuader les “traditionnalistes”. Envers la plupart d’entre eux, le travail d’Adams au nom des animaux pourrait sembler aussi repoussant que celui de Peter Singer – s’il était seulement aussi lisible.

    Le féminisme académique concerné par la souffrance animale semble incapable de se confronter avec ouverture d’esprit à la violence commise à l’égard du fœtus humain. Dans un livre 1995 appelé “Ni l’homme ni la bête : le féminisme et la défense des animaux” (Neither Man nor Beast: Feminism and the Defense of Animals) , Adams elle-même s’attaque à la question de ce qu’un théoricien des droits animaux devrait penser de l’avortement : seulement conclure que le fait de faire appel au principe de non-violence serait dans les deux cas hypocrite : “tant que les femmes et les animaux seront définis comme “utilisables” (violables d’une part et consommables de l’autre), la défense des animaux autant que les droits à l’avortement seront nécessaires.”

    Autre incursion représentative dans l’écofeminisme, une suite d’essais datant de 1995 : “Les animaux et les femmes : explorations théoriques féministes” (Animals and Women: Theoretical Feminist Explorations), montre semblable cécité envers quelque connection morale que ce soit entre vie humaine pré-rationnelle et vie animale non-rationnelle. Par moments le “rétro-pédalage” est si furieux que l’on s’attend à en discerner les traces sur la page. “Même si nous reconnaissons que le fœtus soit doué de sensations (au moins lors de quelques phases de son existence),” poursuit un exemple particulièrement retors, “ou que le fœtus soit un être ayant des droits dans le sens du philosophe Tom Regan, nous sommes toujours confrontés à la question de savoir quel est le motif moral approprié pour résoudre le conflit potentiel entre détenteur des droits primaires (la femme) et détenteur des droits associés (le fœtus). Les seuls choix sont de laisser le détenteur des droits primaires décider, ou bien de reléguer la responsabilité à un système juridique dominé par des acteurs et des idéologies naturellement sexistes.”

    Le sommet concernant la déraison sur ces questions d’avortement, dans les écrits concernant les droits animaux, nous dit pourtant quelque chose d’intéressant. Il suggère que, contrairement à ce que les utilitaristes et les féministes travaillant sur ce terrain désirent, les points communs entre sympathie à l’égard des animaux et sympathie envers les humains en gestation sont en fait tout à fait simples à lier, on pourrait même dire : c’est un jeu d’enfant.

    Il y a une autre raison faisant que les végétariens et leurs amis semblent perdus dans un ghetto loin des “traditionnalistes”. Celle-ci concerne non pas la théorie, mais la pratique souvent odieuse d’un théâtralisme politisé, voie ouverte par l’association PETA, Peuple pour le traitement éthique des animaux (PETA, People for the Ethical Treatment of Animals ), peut-être la principale enseigne de la cause pro-animale aujourd’hui.

    PETA, comme ce n’est souvent pas assez reconnu, a fait beaucoup pour discréditer autant le végétarisme que le traitement humain des animaux. Il en est ainsi non seulement parmi les pro-vie, mais aussi plus généralement parmi le public. Le groupe est inéluctablement amoureux de campagnes expliquant sa propre loyauté à l’idée que l’homme est seulement un animal parmi d’autres – et en insistant (si possible) d’un rang encore plus bas . “L’holocauste dans votre assiette,” une campagne d’annonce assimilant cuir et viande avec l’extermination des juifs, par exemple. Le “Projet de libération animale” de PETA, comparant les chimpanzés dans leurs cages aux africains, en est un autre.

    Seulement combien de ces positions d’éclat sur la libération des animaux sont approuvées par les végétariens réels et les végétaliens, par rapport à cette quantité de pur théâtre politique destiné à choquer ce qui doit être à présent une bourgeoisie endurcie et blindée, c’est une question qui ne semble jamais être posée – et qui devrait l’être. Cela pourrait bien être vrai, comme Wesley Smith l’a observé, que “des éléments parmi les plus radicaux du mouvement recourent au vandalisme, à l’incendie volontaire, au vol, à la violence et à l’intimidation au nom de la protection animale – et PETA a refusé à plusieurs reprises de condamner de telles tactiques.”

    Pourtant encore une fois, cette revendication de PETA de représenter les vrais végétaliens et végétariens semble extrêmement douteuse. Même Peter Singer a utilisé son propre statut d’ “éminence grise” pour mettre en garde contre les éléments à la frange du mouvement. “Ce serait une faute tragique,” écrit-il dans sa préface à l’édition 1990 d” Animal Libération” “si même seulement une petite part du mouvement de Libération Animale puisse tenter d’accomplir ses objectifs en faisant du mal aux gens.”

    Rien de ceci ne doit laisser supposer que les mouvements à la marge prétendant aider les animaux n’apprécient aucun soutien; clairement ils le font, de la même façon que, disons, l’IRA au sommet de sa violence a apprécié l’argent et les fonds d’au moins certains supporters, lesquels n’auraient jamais rêvé façonner un cocktail Molotov par eux-même. Mais on n’entend peu ou rien concernant un tel activisme de libération animale dans le courant dominant réunissant des organismes concernés par le végétarisme, comme l’Union Végétarienne internationale (IVU), sans parler de forums “ordinaires” d’intérêt pour les non-carnivores comme le partage de recettes de cuisine, de nouvelles concernant la santé et d’histoires de conversions personnelles.

    Une raison supplémentaire de l’impasse entre végétariens et pro-vie doit être notée. Les conservateurs, incluant les traditionalistes religieux, étaient généralement peu enclins à donner une audience aux vues végétariennes. Rien de moins qu’une autorité telle que Richard John Neuhaus réprimanda avec prudence ses lecteurs il y a quelques années après avoir reçu des lettres de reproches au sujet de la révision respectueuse qu’il avait réalisée du livre “le Dominion”, un cas évangélique étudié par Matthew Scully concernant le végétarisme. “Certains lecteurs,” écrivait Fr. Neuhaus, “pensaient que le végétarisme est si manifestement et évidemment buté qu’après un rejet de premier abord, on serait moralement idiot de lui accorder une seconde chance.”

    Une grande partie de ce rejet prudent ne provient évidemment pas du végétarisme en tant que tel, mais du “bagage” qui lui a été progressivement associé. Certainement au cours des années 1960, le végétarisme a été fortement identifié au mouvement hippie, marginal, possédant à peu près autant de force morale que la résonnance des cordes et arpèges des ukulélés. Même si le mouvement a mûri depuis ces jours fleuris, beaucoup de végétariens et végétaliens peuvent être – en tant que “convertis” d’une manière ou d’une autre – pharisiens et prosélytes jusqu’à de préoccupantes erreurs.

    Pourtant en laissant ces “accidents historiques” de côté, qu’est-ce qui reste intrinsèquement à objecter concernant la pratique végétarienne pour un “traditionnaliste” ? En tant que question d’histoire, au cours des siècles un certain nombre de chrétiens sérieux ont soupçonné l’existence d’une connection entre végétarisme et histoire des convictions religieuses – une histoire un peu en désaccord avec l’amalgame fréquent réalisé par les conservateurs, entre végétariens et les païens serrant les arbres entre leurs bras.

    Les sites en ligne consacrés au végétarisme catholique se réclament de nombreux saints à leur côtés : François d’Assise (bien que son végétarisme semble douteux), Clare, Martin de Porres, Jean Chrysostome et Antoine de Padoue entre autres. C’est aussi un fait que les trappistes, les cisterciens, les bénédictins et franciscains ont traditionnellement adopté des régimes végétariens. Autres faits notables, l’Est et l’Ouest, ont vu dans le végétarisme un code en harmonie avec les convictions spirituelles. Tant le Mahatma Ghandi que Léon Tolstoï, entre autres, étaient non seulement végétariens, mais des personnes qui ont donné des témoignages littéraires et religieux de leurs motivations envers cette pratique.

    En bref, le végétarisme ne peut être facilement écarté moralement ou intellectuellement, en dépit du fait que certains traditionalistes se soient délectés de le faire depuis plusieurs dizaines d’années. Comme des théoriciens “maison” parlant au nom du végétarisme, ces traditionalistes semblent avoir manqué la forêt éthique pour des arbres plus superficiels.

    Mon but en cherchant à démêler ces distinctions n’est de fourrer personne dans un ghetto moral, qu’il soit végétarien ou carnivore. C’est plutôt de montrer quelque chose de facilement ignoré – le fait qu’il y a plus de territoires éthiques communs entre végétariens et gens préoccupés par les questions concernant la vie que ce que chaque bord semble penser.

    La plupart des personnes qui adoptent un régime végétarien ou dénué de cruauté ne le font pas sur la base d’idées anti-humanistes, et anti-vie qui peuvent parfois prédominer dans la pensée théorique. Au contraire, il est évident que la plupart des personnes changent leurs habitudes alimentaires non pas à cause de l’empreinte carbone ou de quelconques “réferences absentes”, mais à travers un processus radicalement différent – le fait de reconnaître et d’agir d’après une intuition morale.

    Ce point important – oublié peut-être, précisément parce qu’il est si simple – est la clé éthique d’un lieu où de réels agneaux végétariens peuvent être aisément imaginés reposant aux côtés des lions pro-vie. Considérez, par exemple, l’explication généralement offerte pour le végétarisme. Un livre de 1989 appelé “Le nouveau végétarien” (The new vegetarian) a découvert, après trois cent interviews, que 67 % des personnes ont cité “l’inquiétude à l’égard de l’animal en souffrance” comme la raison première de leur décision – de loin l’explication la plus commune. De même dans “Végétaliens et végétariens aujourd’hui, en 2006” – 2006 Vegans and Vegetarianism Today – (qui présente “d’ex-carnivores racontent leurs histoires” comme premier chapitre), les rédacteurs en chef accentuent le fait que “le sentier vers le végétarisme” est défini comme “un coup de poing émotionnel soudain et puissant sur l’âme que les gens possédant l’empathie, l’amour, ou qui éprouvent juste du respect envers les animaux, ressentent en découvrant les détails sur les origines de la viande.”

    “Je me suis dit à moi-même que je ne pouvais plus manger quelque chose qui avait connu une fois le cadeau de la vie”, écrit un végétarien en ligne. “Le végétarisme se marie aux principes éthiques chrétiens,” ajoute un autre. “Je suis contre le mauvais traitement des animaux,” déclare un troisième. Celles-ci ne frapperont pas les lecteurs en tant qu’explications terriblement sophistiquées – et c’est bien le cas. Ce ne sont pas des arguments faits par des gens guidés par une conversion ésotérique envers une nouvelle conviction. Ce sont des explications de gens en possession de ce qu’ils croient être un principe éthique intuitivement attirant.

    Parce que le végétarisme éthique en tant que pratique semble communément enraciné dans une aversion a priori de la violence envers les créatures vivantes, celui-ci semble bien souvent commencer chez les jeunes. Dans une collection engageante d’essais à partir de 2001 appelés “Les voix du jardin : histoires pour devenir végétarien (Voices from the Garden: Stories of Becoming a Vegetarian) les rédacteurs en chef Sharon et Daniel Towns remarquent au sujet de leurs cinquante auteurs que “certains étaient des enfants lorsqu’ils se sont rendus compte que la viande dans leurs assiettes provenait des adorables petit canards et des agneaux dans leurs livres de contes et sur les rideaux de leur chambre à coucher. D’habitude, mais pas toujours, un parent intervenait et forçait ou persuadait l’enfant questionneur à se taire et à manger le dîner. Ces enfants grandissent souvent pour repenser plus tard dans leur vie à la question et, cette fois, prendre leur engagement végétarien.”

    Ce même fait – que la grande perspicacité intuitive de l’enfance est un dénominateur commun pour beaucoup de non-carnivores – est aussi observé par Matthew Scully. Dans “le Dominion”, il décrit sa propre expérience formatrice à douze ans du fait de tuer un bébé oiseau pour le sortir de sa détresse, et se trouver simplement “rempli d’horreur devant la brutalité de ce que j’avais fait, en effaçant cette belle créature si petite, si finement faite qui faisait tellement d’efforts pour vivre.” Des épiphanies de l’enfance, comme il le ressent, sont communes parmi les végétariens et d’autres concernés par la protection animale – naturellement, ce sont peut-être le dénominateur le plus partagé entre tous, comme Scully lui-même le note : ” J’ai une fois demandé à un ami qui est à l’évidence impliqué dans le mouvement des droits animaux ce qui l’a fait démarrer. Il a dit que, depuis qu’il était enfant, il ne pouvait supporter la pensée de la souffrance animale, de l’impuissance de quelque créature que ce soit soumise à la cruauté…. Cette motivation originelle, cette conviction fondamentale commune à tant de personnes concernant la cause des droits, peut-être trace une voie plus profondément que n’importe quelle théorie qu’ils pourraient professer. ”

    En 2002, Richard John Neuhaus, bien que non-végétarien, a confirmé ce même point à l’aide de sa propre histoire personnelle d’épiphanie juvénile au sujet des animaux. “Cet enfant de douze ans,” raconte-t-il, “avait des pensées profondes au sujet des côtelettes de porc et du lard fumé” quand il dût faire face à l’abattage réel du porc à l’engrais primé de la ferme. Neuhaus n’a pas été entièrement persuadé par les arguments de Scully et ceux qui étaient associés; il continua à conseiller une interdiction partielle de manger de la viande et un appel à des interventions de contrôle lors des pratiques cruelles des usines agricoles. Même ainsi, il mit en garde ses lecteurs contre le fait de disqualifier par principe les sentiments moraux naissants de nos propres douze ans. “De telles réactions,” et il prévenait les critiques de Scully, “ne doivent pas être balayées comme de la pruderie juvénile, mais devraient être réfléchies avec soin.”

    Au cours d’une présentation récente concernant le végétalisme, “le visage de votre assiette”, Jeffrey Masson relate à l’ouverture comment, alors qu’il enseignait le sanskrit à l’université de Toronto au cours des années 1970, “j’ai trouvé par hasard une expression qui m’a hypnotisé : “ashrayaparavrtti” – “un instant soudain de clairvoyance vous modifiant à vie.”. La raison pour laquelle il a été si frappé par l’expression était sa résonance avec sa propre expérience et celle d’autres au sujet de leur décision d’adopter en profondeur le végétarisme. “Beaucoup de personnes, observe-t-il, deviennent végétaliens juste de cette façon : un moment soudain, une pénétration aveuglante, un retournement personnel par rapport à la croyance populaire.”

    Tout cela nous amène vers le point le plus profond que tant de végétariens et traditionnalistes semblent avoir oublié au fil des années, et pourquoi il semble équitable de parler d’une opportunité manquée de rencontre éthique entre les deux.

    Cette pénétration soudaine, enflammant l’empathie à une échelle qui n’avait pas existé auparavant et peut-être même une réalisation transformant toute la vie – cette réaction devrait effectivement être étudiée avec soin. Ce n’est pas seulement une caractéristique souvent citée concernant la décision de devenir végétarien. C’est aussi le dénominateur le plus généralement cité de ce qui amène le gens vers leurs convictions d’un besoin désespéré de protéger la vie humaine non encore née, innocente.

    Joseph Bottum, pour sa part a de façon mémorable décrit juste une telle épiphanie dans un essai pour un livre que j’ai édité appelé “Pourquoi j’ai pris le bon chemin” (Why I Turned Right). Dans son cas cela est venu frapper à la porte un jour où, en tant qu’étudiant à la bibliothèque de Georgetown, il s’est assis en regardant paresseusement par la fenêtre alors qu’une mère luttait infructueusement avec son chien, sa laisse et la poussette de son bébé. Tout le temps, pendant qu’il regardait, le bébé a ri de joie, “en applaudissant avec ses petites mains devant ce monde de comédie bouffonne dans lequel Dieu et ses parents l’avaient installé à l’improviste.” Entrez dans ce que Masson identifie comme l’ashrayaparavrtti : “c’était à ce moment, écrit Bottum, qu’est arrivée “la conviction soudaine, absolue que les bébés sont bons…. Toujours devant moi revient cette pierre de touche : N’importe quoi qui participe au meurtre d’un enfant… est incorrect. Tout le reste est juste affaire de détails.”

    Beaucoup d’autres auteurs et activistes pro-vie – qu’ils soient éminents ou non, croyants ou non – ont relaté de semblables expériences formatrices. Fred Barnes a écrit que son moment propre s’est produit dans un cabinet de consultation avec sa femme enceinte, alors qu’ils contemplaient pour la première fois la réelle signification d’une amniocentèse. Mon propre chemin de Damas (décrit dans le même volume où l’essai de Bottum apparaît) reste vivant pour moi dans chaque détail : l’Université de Cornell, 1980, en regardant une discussion dans une “atmosphère de cirque” entre un pasteur baptiste d’une petite ville et une féministe marcusienne violemment pro-avortement. Wesley J. Smith, un des adversaires américains les plus éloquents à la culture de mort, eut une différente sorte d’épiphanie; c’était le suicide d’un ami malade qui l’a incité à repenser et à rediriger sa vie.

    Pour un grand nombre d’autres gens, aussi, comme on l’entend souvent au cours de rassemblements pro-vie, l’intuition morale au sujet de l’avortement a été suscitée par des événements quotidiens – tels que la première image d’un fœtus avorté, la naissance de leur premier enfant et le premier moment à regarder un fœtus bouger sur un sonogramme. Comme avec les végétariens, dès qu’une telle pénétration est intégrée et démarrée, peu de personnes rebroussent chemin vers où ils étaient auparavant – un fait qui parle comme personne ne pourrait le faire sur le pouvoir transformationnel de la clairvoyance en question.

    Et là réside la clé réelle d’un végétarisme possible ôtant son bagage utilitariste et féministe pour embrasser une approche plus logiquement cohérente de la création. En dépit de ceux qui agissent et écrivent en leur nom, les vrais végétariens et les végétaliens seront beaucoup plus probablement motivés par les sentiments positifs envers les animaux que par les sentiments négatifs envers les êtres humains. En théorie, la ligne raccordant les points entre “nous devrions respecter la vie animale” et “nous devrions respecter la vie humaine” est beaucoup plus directe que la ligne raccordant le végétarisme au féminisme antivie ou à l’utilitarisme antihumaniste. N’importe quelle intuition morale assez puissante pour provoquer des réflexions secondaires sur une pratique largement acceptée – et remodeler sa conduite personnelle en conséquence – est une intuition que les croyants prennent d’ordinaire naturellement au sérieux.

    Comment ne le pourraient-ils pas ? Les traditionnalistes reconnaissent et évaluent de telles intuitions sans beaucoup hésiter quand un enfant montre une image de fœtus et dit “le bébé” (comme font tous les enfants). C’est leur sentiment qui est l’instinct correct et il en est aussi ainsi de ce que nous pouvons en tirer. Pourquoi la répulsion instinctive que certains d’entre eux ressentent du fait de manger des animaux qu’ils ont juste caressé à la ferme ne devrait-elle pas émerger du même ruisseau pur de la conscience – ou être au moins des éléments semblables de la pensée éthique pour le reste d’entre nous ?

    Rien de ceci ne doit présenter une équivalence éthique entre tuer des animaux et tuer des humains – sans parler d’entrainer le fait qu’un sentiment éthique, surtout s’il est fugitif, soit une base suffisante pour le bien. Comme Hadley Arkes parmi d’autres l’a judicieusement observé, le sentiment moral fut peu fiable dans le cas de l’esclavage – ce à quoi nous pourrions ajouter beaucoup d’autres exemples sur le fait que l’habitude puisse émousser efficacement ce qui peut avoir été un jour une bouffée de conscience réelle, nous conduisant alors sur des sujets différents vers les plus grossières erreurs.

    Même ainsi, si nous détournons nos yeux de l’égarement vers l’antihumanisme pris par d’éminents activistes au nom du végétarisme – si nous gardons nos yeux fixés plutôt sur ce qui a vraiment attiré un nombre significatif d’individus vers la pratique du végétarisme alors nous pouvons apercevoir quelque chose d’inattendu et d’important : les végétariens et pro-vie sont étrangers l’un à l’autre pour des raisons accidentelles plutôt qu’essentielles et ils possèdent aussi, en outre, un lien naturel vers l’intuition morale qui devrait en faire des alliés.

    Le travail pour développer ce lien devrait être réalisé et le bénéfice pourrait en être immense pour les deux parties – par exemple : découvrir quelques millions d’amis que vous n’auriez jamais soupçonné d’avoir.

    Mary Eberstadt, auteur de contribution à First Things, est une chercheuse à la Hoover Institution, auteur de Home-Alone America, et éditrice de “Why I Turned Right” : Leading Baby Boom Conservatives Chronicle Their Political Journeys.

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