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France : Politique en France

Indécence, irrégularité, mascarade : le sénateur Meurant n’organisera pas de Grand débat

Indécence, irrégularité, mascarade : le sénateur Meurant n’organisera pas de Grand débat

Il explique sur Facebook :

Pourquoi je n’organiserai pas de grand débat

Je n’organiserai pas de réunion dans le cadre du « grand débat national », ni comme sénateur, ni comme élu de Saint-Leu-la Forêt.

La première raison, c’est que ce prétendu grand débat n’est qu’une opération d’autopromotion d’Emmanuel Macron aux frais du contribuable. Dans la crise économique que traverse l’Etat français, dans la crise morale que traverse notre peuple, une telle opération est indécente. Certes, à en croire les médias, ça marche, puisque le président regagne, paraît-il, de la popularité. Mais, personnellement, je me moque du niveau de popularité d’Emmanuel Macron ; je lui demande seulement d’assumer sa mission de chef de l’Etat – ce qu’à aucun moment, depuis son élection, et pas plus aujourd’hui qu’hier, il n’a semblé en mesure de faire.

D’ailleurs, à l’indécence morale s’ajoute l’irrégularité électorale : il n’a échappé à personne que nous sommes à quelques mois seulement des élections européennes et que la majorité LREM s’offre ainsi une campagne de communication en se dispensant des règles du Code électoral. Je n’ignore pas que ce détournement de la loi est parfaitement légal, mais j’observe tout de même qu’il s’agit d’un viol flagrant de l’esprit de la loi.

Ce « grand débat » est également une mascarade. La lettre d’Emmanuel Macron aux Français, généralement présentée comme la preuve d’une ouverture d’esprit sans précédent, me frappe surtout par le nombre de sujets interdits et tabous. Il est, en particulier, remarquable que l’immigration, l’une des raisons majeures de la baisse du pouvoir d’achat et de l’insécurité physique et culturelle dont témoignent les Gilets jaunes, soit joliment escamotée. Il en va de même pour les missions de l’Etat. Nous avons le droit d’en parler, à condition de ne remettre en cause qu’à la marge les principes qui nous ont conduit dans le mur. Si le peuple français n’a pas le droit de se prononcer sur son avenir, sur ceux qu’il veut bien accueillir, et sur les missions qu’il souhaite confier à ses dirigeants, à quoi bon cette « consultation » ? Ne serait-ce pas, au contraire, le moment de s’attaquer sérieusement à l’Etat-providence, qui fait mine de nous materner (comme si nous étions tous des gamins immatures et irresponsables !), mais qui siphonne impitoyablement le pouvoir d’achat de tous les Français, spécialement ceux des classes moyennes – sans parler de son rôle de pompe aspirante de l’immigration (véritable double peine pour les Français qui ne parviennent pas à vivre décemment de leur travail) ?

Les médias me donnent encore une autre raison de ne pas me prêter à cette mascarade. S’ils disent vrai, Emmanuel Macron, « pour aller vite », propose de tirer les conclusions du grand débat avant qu’il ne soit terminé. De qui se moque-t-on ? Peut-on dire plus clairement que les conclusions du pseudo-débat sont écrites d’avance ? Au demeurant, les révélations de Mediapart sur la volonté gouvernementale d’utiliser la Commission nationale du débat public sans se plier aux règles du débat public confirment, s’il en était besoin, ces craintes. Aujourd’hui 86 députés et plusieurs ministres se prononcent pour le retour de la taxe carbone mais sont rapidement démentis par le Président Macron. Cette majorité n’a pas de boussole, ce Président n’a pas de vision, le « en même temps » est une impasse politique qui va mal se terminer. Après la logorrhée présidentielle, où sont les actes qui vont permettre d’améliorer la vie quotidienne des français ?

Quant au référendum final, le jour des élections européennes, c’est la cerise sur le gâteau de la provocation. D’abord, comment croire à la volonté d’écouter le peuple de la part de personnes qui n’ont de cesse de dénoncer avec mépris les « populismes » – lesquels ne sont jamais que des expressions de la volonté populaire qui n’ont pas l’heur de plaire aux dirigeants ?
Nous n’avons pas oublié les innombrables déclarations – si violemment contraires à l’esprit des institutions de 1958 – de « bien-pensants » nous expliquant que l’appel au peuple ou le référendum seraient « anti-démocratiques » !  D’ailleurs, matériellement, la chose n’est envisageable qu’à la condition d’avoir le texte du projet de loi soumis à référendum avant la fin du « grand débat » (sinon, comment aura-t-on le temps de passer en conseil des ministres, puis dans les deux chambres du parlement, puis éventuellement en commission mixte paritaire, avant la nécessaire campagne référendaire, le tout en quelques semaines à peine, entre le 1er avril et le 25 mai ?). Et qui ne voit à quel point le message sera brouillé avec les élections européennes ? Comment allons-nous mener deux campagnes de front sur des sujets aussi différents (et aussi décisifs pour notre avenir) ?

Donc, non, Monsieur le Président, ne comptez pas sur moi pour me prêter à cette mascarade ! Je respecte trop le peuple français pour lui mentir ainsi.

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2 commentaires

  1. Très bien ce sénateur !

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