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Bioéthique

In utero, l’enfant perçoit le monde extérieur

Le bébé, bien avant sa naissance, n’a jamais été autant ausculté, observé, échographié pour traquer sa moindre malformation physique… et l'éliminer. De nombreuses recherches ont montré ces dernières années que l'enfant à naître est beaucoup plus sensible qu’on ne le croit. Ainsi, dans la seconde moitié de la gestation, il est capable de voir, entendre, goûter, sentir. Marie-Claire Busnel, éthologue et psycho-physiologiste, chercheur honoraire à l’Inra, spécialiste de l’acoustique fœtale et de la relation mère-foetus, explique :
F "Son système visuel est mature, mais il ne l’utilise pas beaucoup, n’ayant pas grand-chose à “voir” dans le ventre de sa mère ; en revanche, son système olfactif et gustatif fonctionne parfaitement dans le liquide amniotique, si bien qu’il perçoit très bien les odeurs et les goûts. Il entend aussi tous les bruits forts, et principalement la voix de sa mère, ainsi que celle de son père s’il ne parle pas trop loin du ventre. Et il réagit, surtout quand on s’adresse à lui, et aux sons trop forts, ou trop longs, ou encore très nouveaux pour lui. Autrement dit, il perçoit son environnement extérieur à tous les niveaux, même s’il n’entend pas et ne sent pas tout à fait comme nous, car son système nerveux n’est pas tout à fait mature."

Myriam Sjezer, pédopsychiatre et psychanalyste à la maternité Antoine-Béclère à Clamart indique :

"On a aujourd’hui la confirmation scientifique d’un savoir ancestral qu’on a oublié : il faut prendre soin des femmes enceintes. Avec la médecine moderne, on les contrôle médicalement, mais on ne les protège plus. Or, le fœtus qui vit dans le sein d’une mère qui ne se sent pas soutenue humainement capte ses émotions, et ce n’est pas sans effets sur ce qu’il va devenir. On a tendance aussi, dans nos pratiques, à mettre une barrière entre avant et après la naissance. Or on sait aujourd’hui qu’il y a une continuité dans le développement de l’être humain (les prématurés nous aident à en prendre conscience) et qu’il faut s’en préoccuper avec la même humanité."

Louise Lambrichs, secrétaire générale de «La cause des bébés», remarque :

"On est en train de découvrir que le fœtus est sensible à tout, qu’il n’est pas complètement à l’abri dans le giron maternel. Or on est confronté aujourd’hui à des contradictions profondes entre les savoirs scientifiques d’une part, les pratiques médicales, sociales, et les combats idéologiques (l’égalité homme-femme, par exemple) de l’autre."

Voilà qui contredit les partisans des mères porteuses.

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6 commentaires

  1. Le livre “L’oreille et la vie” du Dr Alfred Tomatis, est tout à fait passionnant sur la perception auditive de l’enfant in utero.

  2. “Autrement dit, il perçoit son environnement extérieur à tous les niveaux, même s’il n’entend pas et ne sent pas tout à fait comme nous, car son système nerveux n’est pas tout à fait mature.”
    A mon avis ces données psychologiques sont impossibles à donner comme des certitudes puisque la psychologie est fondée sur l’analogie. (Nous connaissons les autres d’après ce qui se passe en nous) Il serait plus prudent de croire que le foetus sent et entend comme nous, abstraction faite du milieu particulier dans lequel il vit.

  3. La psychologie a beaucoup progressé en tant que science, et est aujourd’hui très loin de fonctionner par la seule analogie. Par exemple la neuropsychologie a démontré la souffrance physique des nourrissons, longtemps ignorée par le corps médical. Elle a également mis en évidence les différences de perception entre les enfants et les adultes… Les progrès de la médecine et de la psychologie sont de plus en plus croisés, ce qui permet des recherches très pointues.
    Et toutes démontrent la parfaite continuité entre la vie embryonnaire, foetale, enfantine…

  4. Les mères le savent mieux que nous . Elles n’ont jamais eu besoin de “l’éclairage de la science” pour cela.
    Rendons à la science sa juste place : un moyen honorable au service de l’humanité et non pas comme c’est, par trop, le cas aujourd’hui “aux sévices de l’humanité”.

  5. Je maintiens que la psychologie ne peut avoir comme principe que l’analogie. Je ne conteste pas qu’elle puisse progresser par des expériences codifiées, mais expériences fondées toutefois sur le principe d’analogie. En l’absence d’interview possible, on se fonde sur des réactions, sur des mimiques, sur les marqueur du stress (etc.) mais au principe de la psychologie est l’analogie. Ce qui ne la rend pas moins certaine. L’analogie établit des certitudes. C’est elle qui établit par exemple, la certitude que la thèse du P. Malebranche sur les “animaux machines” est une absurdité, que le foetus souffre ou est satisfait ou a peur etc.

  6. le foetus aime!

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