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France : Société

Il importe que les lois favorisent l’esprit de propriété

Lu sur le blog Un voyage au Liban :

"En 2008, les 25% des salariés les moins bien payés touchaient moins de 9.000 € net par an, soit à peine 73% du Smic, pour un revenu moyen de 3.710 €, soit 30% du Smic. Pour deux tiers d’entre eux, il s’agit de travailleurs qui ont été amenés à multiplier les petits CDD à temps partiel payés au lance-pierre. On comprend donc que 6,25 millions de personnes sont obligées de jouer au jeu des chaises musicales sur un million d’emplois équivalent temps plein divisés en une multitude de petits contrats. (Actuchomage)

Comment avoir des enfants et une famille dans ces situations de précarité. L'avortement est une étape "obligée" de ce parcours précaire de nombreux jeunes. Il faudrait aussi s'intéresser aux causes de cette situation: Ouverture des frontières ? Migrations ? Manque de partage du travail ? Mécanisation de beaucoup de tâches ? Impôts et charges administratives trop élevées dans un pays envahi de normes et de paperasses ? La réflexion chrétienne sociale a du pain sur la planche pour adapter ses propositions et les principes des encycliques aux nécessités actuelles.

On n'écoute jamais assez les Papes. Voici ce que disait le Pape Léon XIII des salaires en 1891 dans son encyclique Rerum Novarum :
Que le patron et l'ouvrier fassent donc tant et de telles conventions qu'il leur plaira, qu'ils tombent d'accord notamment sur le chiffre du salaire. Au-dessus de leur libre volonté, il est une loi de justice naturelle plus élevée et plus ancienne, à savoir que le salaire ne doit pas être insuffisant à faire subsister l'ouvrier sobre et honnête et sa famille. […] L'ouvrier … visera par de prudentes épargnes à se ménager un petit superflu qui lui permette de parvenir un jour à l'acquisition d'un modeste patrimoine Il importe donc que les lois favorisent l'esprit de propriété, … dans les masses populaires …Car l'homme est ainsi fait que la pensée de travailler sur un fonds qui est à lui redouble son ardeur et son application. … Tous voient sans peine les heureux effets de ce redoublement d'activité sur la fécondité de la terre et sur la richesse des nations. [et cela permettrait aussi] l'arrêt dans le mouvement d'émigration. Personne, en effet, ne consentirait à échanger contre une région étrangère sa patrie et sa terre natale, s'il y trouvait les moyens de mener une vie plus tolérable. Mais il y a une condition indispensable pour que tous ces avantages deviennent des réalités. Il ne faut pas que la propriété privée soit épuisée par un excès de charges et d'impôts [qui annulerait] le droit de propriété individuelle.

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9 commentaires

  1. Je ne peux pas croire qu’en 1891, plus d’un siècle après le début des ravages humains du capitalisme à l’anglo-saxonne, la doctrine sociale de l’Eglise fut encore si peu évoluée que Léon XIII ne parlât encore du “patron” et de “l’ouvrier”.
    Le principe de subsidiarité avait-il entièrement disparu de la pensée politique et sociale contemporaine ?

  2. Il est clair que le SMIC est en soi une des plus grandes injustices de tous les temps.
    En effet, ce n’est pas un salaire minimum, mais un salaire maximum. Il a été conçu comme cela.
    En outre, il est foncièrement insuffisant, eu égard aux besoins de la vie. Un gars qui touche 1200 euros ad vitam suam, n’a aucun espoir devant lui : il ne pourra jamais s’acheter une maisonnette ou un studio, à moins que de mettre sa femme sur le troittoir du travail, de profiter au max des allocs sociales, et de se contenter de deux enfants au plus.
    La situation du salarié n’a jamais été aussi désastreuse, nonobstant le confort de vie dont tout le monde bénéficie. Ce confort (l’eau chaude, la télé etc.) masque la misère réelle (aucun moyen d’acheter un studio !).

  3. Et si à cela on ajoute la destruction du “tissu social”, la bouffe dégueulasse des super-marchés, l’impossibilité d’avoir un jardin pour cultiver carottes et porreaux, on mesure l’injustice profonde que la société occidentale décadente fait peser sur les pauvres gens.
    Et ce n’est pas être marxiste que de dire cela !

  4. Sans propriété privé et sans l’accés à cette propriété privée, alors c’est le CHAOS.
    Propriété privée Immobiliére (fonciére) mais aussi Intellectuelle (brevets, vérifiès et sponsorisés par l’état) peut être une protection plus courte dans le temps, moins de trente ans, c’est à discuter.
    Finalement nos y arriverons peut être au PLEIN EMPLOI, seul moyen de stabiliser LES PEUPLES.
    Et je parle pas du S.T.O. (dérive en G.B.), je parle d’actionnariat populaire different des SCOP, une redefinition des mutuelles d assurances…
    MAIS SEULEMENT AVEC DE VRAIS SALAIRES.
    AVEC UN VRAIE LIBERTE D ENTREPRENDRE, 5 ans sans taxes, pour les entrepreneurs, et une banque pour entrepreneurs, non commerciale.
    LE PLEIN EMPLOI SEUL AUTHENTIQUE MOYEN DE REVENIR AU PROGRES SOCIAL ET ECONOMIQUE, UNE VIE POUR LES FAMILLES….
    KNOTYS SEUTON

  5. “les 25% des salariés les moins bien payés touchaient moins de 9.000 € net par an, soit à peine 73% du Smic, pour un revenu moyen de 3.710 €, soit 30% du Smic.”
    Comment les moins bien payés peuvent-ils gagner deux fois et demie le revenu moyen???

  6. “Il ne faut pas que la propriété privée soit épuisée par un excès de charges et d’impôts [qui annulerait] le droit de propriété individuelle.” Avec la taxation des droits de succession le patrimoine est réduit à zéro en trois générations.

  7. Le problème étant qu’il est plus facile de gouverner des esclaves, enchainés par les crédits et autres charges.

  8. J’adhère à ce commentaire. On pourrait aussi parler de la spéculation qui a fait exploser la bulle immobilière et qui rend impossible l’accession à la propriété pour des salariés au smic, voir plus.
    J’habite dans une région ou un salarié percevant 1400€/mois est déjà endetté à 50% si il veut simplement se louer un studio de 20m2. Evidemment à ce degré, impossible de s’acheter une voiture pour se déplacer ou d’accéder à la propriété.
    La spéculation qui enrichit une petite minorité au détriment de la masse populaire est le véritable fléau de notre société moderne.
    Savez vous que la spéculation mondiale représente une masse financière 70 fois plus importante que l’économie mondiale tout secteur confondu. A ce titre, la valeur travail n’est qu’un fétu de paille dans l’économie et n’intéresse plus les vrais détenteurs du pouvoir financier.

  9. Que voilà une Eglise très économiste comme elle n’a jamais cessé de l’être, n’en déplaise aux laïcistes.
    Deux points importants sur cette intervention du Pape à replacer dans leur contexte :
    – Il stigmatise le manichéisme naissant de l’ouvrier contre le patron que nous connaissons aujourd’hui et qui ne cessera de croître au détriment des deux.
    Nous savons que les gagnants ne sont pas les employés/ouvriers ni les patrons mais uniquement les entreprises d’état et les multinationales.
    [70 entreprises de + de 5 milliards, 150 de 500 millions à 5 milliards en France]
    – Le second point peut-être le plus fort qu’une lecture moderne perçevra moins est celui de la propriété : d’une part elle reflète l’opposition déjà à ce que sera le marxisme en action et la collectivisation délirante, mais elle évoque aussi une évolution dans l’esprit catholique.
    En effet il a pu exister un temps une notion de jouissance au sens juridique d’un bien sans forcément le lier à un acte de propriété mais plutôt à celui de travail (principalement pour les habitations) : on dispose du lieu tout en payant en fonction de son revenu du moment – le reste est pris en charge par l’Eglise qui en est le détenteur.
    Vieille notion économique qui sera reprise au travers des “biens” de l’Eglise présentée comme un “taulier” par certains vulgaires (tel un ancien journaliste de télévision Patrick Grandclément qui travaillera sur cette question à propos de sa famille).
    Ici le Pape Léon XIII précise cette évolution.
    Heureusement de nos jours est organisé le crédit qui permet de disposer immédiatement du bien en réglant par la suite progressivement à faible intérêt.
    Un autre Pape, Calixte 1er avait travaillé à ce que ce soit possible, remerçions le encore.
    Se pose alors actuelement la question de la possession de la terre de France et du coût exorbitant auquel on soumet tout nouvel accédant français pour sa disposition naturelle.
    La propriété est faible en France, moins de 60 % contre plus de 90 dans de nombreux pays.
    Le défis futurs nécessitent que ce chiffre augmente légitimement.
    Question de religion économique dans une application bien concrète telle que nous en parlait déjà le pape Léon XII.

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