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France : Politique en France

Il faut se garder d’enterrer trop vite le Front National

Analyse des Echos :

"(…) Il faut se garder d'enterrer trop vite un parti [le FN] créé en 1972 par Jean-Marie Le Pen et qui fait partie du paysage politique français. D'autant que cette formation politique a jusqu'ici résisté à bien des tumultes et même à un schisme, celui de 1998, qui a vu le départ de Bruno Mégret et de 80 % des cadres de l'époque. Il n'empêche. Tout comme ses confrères PS ou LR, le FN est un vieux parti de la Ve République. Il est aussi profondément divisé et pourrait bien, comme ses deux adversaires, se retrouver chamboulé après la victoire d'Emmanuel Macron et la recomposition de la vie politique qui en découle. C'est d'ailleurs, en creux, ce que prévoit Marion Maréchal-Le Pen, leader des tenants d'une ligne traditionaliste et identitaire – et démissionnaire une semaine après le second tour pour éviter le règlement de comptes annoncé. « La stratégie victorieuse réside dans l'alliance de la bourgeoisie conservatrice et des classes populaires », disait-elle dans une interview à « Valeurs actuelles » en mai dernier. Ce qui passe par la constitution d'une « droite nationale conservatrice ». « Cette union patriotique […] n'a pas de sens en prenant en compte les partis actuels », prévenait alors l'opposante à la ligne défendue par sa tante.

Mais le parti fait face à deux problèmes. D'abord, la ligne politique. Le « ni droite ni gauche », ce slogan inventé par Samuel Maréchal, père de Marion Maréchal-Le Pen, au début des années 1990 et que l'on voit toujours sur des affiches placardées au siège du parti à Nanterre, aurait pu être audible dans le contexte d'une recomposition de la vie politique axée autour du clivage mondialistes contre patriotes. Mais ce mot d'ordre suppose que le parti soit assez puissant pour n'avoir besoin ni de l'une ni de l'autre. Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. En l'absence de cette force, il est face à une impasse : comment accéder au pouvoir sans passer des accords avec d'autres formations politiques ? La présidentielle a prouvé que, avec 10,5 millions de voix qui se sont portées sur la candidature de Marine Le Pen, soit près de deux fois moins que sur celle d'Emmanuel Macron, le parti est loin du pouvoir s'il reste seul. Il y a fort à parier que le replâtrage qui aura lieu en début d'année prochaine lors d'un congrès ne suffise pas, s'il se résume à un changement de nom. Comme le dit un bon connaisseur du FN, «  la stratégie ni droite ni gauche reprise par Philippot est gagnante au premier tour mais perdante au second ».

Trouver des accords, cela ne peut, a priori, se faire qu'avec la droite. On voit mal la gauche radicale emmenée par Jean-Luc Mélenchon s'allier, même localement ou le temps d'une élection, avec le FN. Le report des voix de Mélenchon sur Le Pen au second tour a été minime. Une aversion pour l'immigration de masse, voilà le fonds de commerce électoral du parti fondé par Jean-Marie Le Pen. Mais, là encore, le FN bute sur une difficulté s'il veut s'allier avec la droite conservatrice : son programme économique, rédhibitoire pour les électeurs de la droite classique. La sortie de l'euro a agi comme un repoussoir, notamment chez les retraités, qui ont voté à 80 % Macron au second tour de la présidentielle. La question européenne sera donc au cœur du prochain congrès. Florian Philippot a déjà mis sa démission dans la balance après que sa patronne, Marine Le Pen, a déclaré mi-mai que la sortie de l'euro avait «  considérablement inquiété les Français de manière presque irrationnelle ». Certes, mais que faire ? Le FN, qui défend depuis 2002 le retour au franc, peut-il tourner casaque sans perdre sa crédibilité ? Marine Le Pen a plusieurs fois déclaré que rester dans un cadre européen lui interdirait toute rupture avec la politique menée par les différents gouvernements depuis trente-cinq ans. Et le parti va se heurter à une difficulté : il lui faut conquérir des électeurs de droite, sans perdre les classes populaires. Une manœuvre qui s'annonce périlleuse. D'autant que les souverainistes, emmenés par Florian Philippot, s'opposent aux identitaires et ne veulent pas entendre parler d'un tel tournant.

Cette fracture traduit les faiblesses d'une équipe perturbée par la prestation de Marine Le Pen lors du débat de l'entre-deux-tours contre Emmanuel Macron. Discréditée aux yeux de certains militants et de beaucoup d'électeurs potentiels, la présidente du FN peut sauver momentanément son trône en étant élue à l'Assemblée nationale dans sa circonscription d'Hénin-Beaumont, dans le Pas-de-Calais. Pour les éventuels frondeurs, il n'en sera que plus difficile de la déloger. Mais les couteaux sont tirés."

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6 commentaires

  1. Le FN DOIT infiltrer les médias s’il veut un jour être écouté poliment et respecté. Il lui faut être en guerre contre les journaleux actuels pour indiquer à la France qu’il ne mange pas dans leurs gamelles et qu’il a les mains propres, lui… Il lui faut enfin CONQUERIR quelques médias qui lui seront acquis financièrement pour qu’il puisse s’exprimer et faire entendre sa voix , ses idées et son projet !

  2. Bonjour.
    S’il n’y avait que cela. L’abandon complet de mesures à prendre concernant le lois sociétale, les prises de positions de certains élus sur ces sujets – Sophie Montel par exemple – le flou artistique pour dédiaboliser, l’abandon des valeurs du FN ” historique “, font que bien qu’adhérent au FN je me sens nettement plus proche du SIEL.
    Une recomposition du mouvement ? Oui, mais
    pour aller dans quel sens ? Abandonner le nom ” FN ” … parce qu’on à honte ?
    L’avenir est sombre.

  3. “La sortie de l’euro a agi comme un repoussoir, notamment chez les retraités”
    Et dans l’Eglise, la condamnation des déviances sexuelles répulsent aussi certains à devenir catholiques.
    Notre analyse conseille donc au FN de rester dans l’euro et à l’Eglise d’accepter les déviances comme le souhaite d’ailleurs l’Union Européenne.
    Ainsi nos deux entités continueront à exister. Génial non ? Mais ce qui surprend, c’est de voir Philippot vouloir le frexit alors qu’il serait plutôt déviances. C’est un comble.

  4. @ Carlos
    Je ne pense pas que votre comparaison soit pertinente. En effet, la sortie de l’euro n’est certainement pas une priorité, et certainement pas la solution aux difficultés actuelles de la France. Ce n’est pas une réforme moralement indispensable. Ce qu’il y a derrière tout cela c’est le fait que le FN ait tout misé sur l’économique alors qu’il avait la possibilité et surtout le programme pour porter la discussion sur des questions de civilisation, d’identité, ce que ne veut plus la ligne FP qui se moque royalement de ces questions (s’il ne les combats pas d’ailleurs)

  5. Ces idiots de retraités qui n’ont pas écouté ce dont on les prévenait sur l’augmentation de la CSG annoncée par Macron. Même pas capables de défendre leurs intérêts. Adieu croisières, excursions loin taines, aide aux petits-enfants, etc… Certains devront aller chez Coluche, toute honte bue.

  6. Avec MLP aux commandes , y avait il un pilote dans cet avion criant alla akbar ? on peut se poser la question ? le vol affrété par JEAN MA en 1972 s’est crashé ! tous les franmacs dont est actuellement infesté le FN s’en sont malheureusement sortis ! ! passons a autre chose et souvenez vous de MLP dansant une infecte gigue sur les décombres du crash le soit du 2eme tour !l’avenir n’est pas dans des urnes comparables a des blanchisseries ou des roulettes truquées de casino…

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