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Gréviculture

La nouvelle grève à la SNCF est illégale, et la direction de l’entreprise et les pouvoirs publics devraient la faire interdire par la justice. Les syndicats ont assorti leur préavis de grève de 15 revendications, sans compter les revendications spécifiques de la Fgaac (Fédération générale autonome des agents de conduite). La multiplication des revendications, loin de camoufler le seul motif réel (le refus de la privatisation – n°8), ne fait que souligner le caractère artificiel du procédé.

Lâches, les pouvoirs publics n’osent jamais condamner et faire condamner une grève comme illégale. Cette fois-ci, le gouvernement avait pourtant le précédent de la RTM (transports marseillais), sur lequel il pouvait s’appuyer pour légitimer un procès face à ceux qui considèrent que les syndicats d’extrême gauche ont tous les droits. La justice a déclaré illégale la grève de la RTM au motif qu’il s’agissait d’une grève politique. Or, cette grève a été lancée pour lutter contre un projet de privatisation. Comme celle de la SNCF. A cela près qu’en l’occurrence il n’y a même pas de projet de privatisation : on proteste contre une "privatisation rampante". La grève à la SNCF est bien plus illégale que celle de la RTM. Et, la justice a détruit l’argument selon lequel la grève serait légale puisque le préavis comporte aussi des revendications professionnelles. Dans le préavis à la RTM, il y avait quatre revendications, dont deux au moins étaient purement professionnelles. La justice n’en a tenu aucun compte, mettant en avant le fait que le refus de la privatisation était le seul véritable motif de la grève.

Ainsi, l’ajout d’une kyrielle de revendications professionnelles ne change rien à l’illégalité d’une grève dont le seul vrai motif est politique. En outre, la CFTC, la CFDT, la CGC et surtout l’UNSA (3e syndicat de la SNCF) ne participent pas à la grève et en rejettent le principe même. "Parce que les solutions sont d’ordre politique, l’UNSA refuse que les cheminots supportent le coût d’une grève servant à masquer les erreurs des dirigeants SNCF et des gouvernements. C’est pourquoi l’UNSA Cheminots ne s’associera pas à ce mouvement national reconductible. Par ailleurs, dans la situation sociale des banlieues, un conflit majeur dans le service public de transport ajoutera encore à la souffrance des populations les plus touchées."

Les voyageurs comme moi sont du même avis. En laissant paralyser une fois de plus le réseau ferroviaire, le gouvernement se couche devant les gauchistes, qui ne cherchent au fond qu’à effectuer leur tapage médiatique de l’automne, retardé par les émeutes.

Michel Janva

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