Grèce, Chypre, Slovénie : à qui le tour ?

Alors que l'on apprend que la Slovénie pourrait connaître le même sort que la Grèce et Chypre, un journaliste révèle qu' Helmut Khol a reconnu avoir agi comme un "dictateur" pour permettre l'introduction de l'euro comme monnaie unique en Europe, étape qui aurait été refusée par le peuple allemand en cas de référendum.

"Je savais que je ne pourrais jamais gagner un référendum en Allemagne. Nous aurions perdu tout plébiscite sur l’introduction de l’euro. C’est très clair. J’aurais perdu."

Commentaire d'Yves Daoudal :

1 – On a imposé l’euro de façon dictatoriale à des peuples qui n’en voulaient pas.

2 – L’objectif n’était pas économique mais idéologique.

L’idéologie, c’est l’obsession, d’Allemands traumatisés par le nazisme, de la paix en Europe. C’est une surprise pour moi. Jusque-là je pensais que c’était un prétexte démagogique. Mais Helmut Kohl paraît sincère. Il faut faire l’Union européenne pour garantir la paix. Et pour qu’il y ait une vraie union il faut qu’il y ait une seule monnaie : « Les nations qui ont une monnaie commune ne se sont jamais fait la guerre. Une monnaie commune est davantage que ce avec quoi vous payez. »

Il rappelle que plusieurs dirigeants européens de l’époque, et surtout François Mitterrand, lui demandaient de pousser à la roue. « Ils pensaient – et ils avaient raison – que si l’Allemagne n’adoptait pas l’euro, personne ne le ferait (…)" 

9 réflexions au sujet de « Grèce, Chypre, Slovénie : à qui le tour ? »

  1. coco

    L’Europe et l’euro pour garantir la paix??? C’est une connerie monumentale! On voit bien où l’Europe nous même: La France est au bord de la guerre civile! Elle est belle la paix! Quelle réussite! Non il faut sortir de cette Europe le plus vite possible…

  2. Marc L

    C’est complétement idéologique, donc stupide. En Europe, les pays hors zone euro et hors UE sont-ils en guerre ? Et bien non, messieurs les idéologues.
    Maintenant qu’on a vu l’inutilité de l’euro pour la paix, qu’attend-t’on pour en sortir ?

  3. TDK1

    Hormis que MVMA avait lancé l’info sur la Slovénie il y a plus de quinze jours (http://maviemonargent.info/2013/apres-chypre-est-ce-le-tour-de-la-slovenie/), je peux, concernant l’époque évoquée, et les préambules de l’Euro, apporter quelques précisions. D’une part, celui qui poussait à la roue de la création de l’Euro, à l’époque, c’est F. Mitterrand. Pas du tout pour les raisons évoquées de paix ou de fédéralisme. Tout simplement parce qu’il avait accepté (ou s’était rallié, plus exactement)le constat que la France était incapable d’avoir une monnaie stable et que la gestion catastrophique “à la française” conduirait en permanence notre pays de dévaluation en dévaluation. En face, nos cousins germains ayant réussi à imposer à Mitterrand (qui sur ce coup là était lucide, je le dis d’autant plus que je ne l’étais pas et faisais partie de ceux qui traitait FM de vieux c.. traumatisé par la guerre) leur réunification, redevenaient le pivot central de l’Europe, la “grosse” puissance. Tout de suite, rappelez vous, ils se sont rués sur les industries et les entreprises des pays de l’Est quand nos industriels ne bougeaient pas ou jouaient les fines bouches. FM a fait le constat qu’en peu de temps, l’Allemagne (c’était son obsession et il avait raison!!!) repartirait dans ses délires de Mittle Europa et de pangermanisme relooké. Leurs nouvelles divisions de panzers? Le Mark. Avec d’un côté la France et son franc dévalué tous les deux ans et de l’autre l’Allemagne dominant l’Europe de l’Est et son Mark fort, nous étions coulés. FM a alors cherché à inclure l’Allemagne dans une monnaie commune. Il s’agissait autant de l’accrocher à l’Europe afin de l’empêcher de recommencer ses délires pangermanistes que de mettre en place une monnaie forte dont les Français seraient partie prenante (souvenez vous du partage des postes) et autant bénéficiaires que les Allemands. L’idée était de faire en sorte que la France ne soit pas décrochée par une concurrence directe avec l’Allemagne. Mais Kohl était (une sacrée époque, quand même, c’était celle de Thatcher, de Mitterrand, de Kohl, de Gorbatchev, de Reagan, de Deng Xiaoping…) une sacrée carrure qui, après avoir réussi à imposer la réunification à Mitterrand a fait mine de céder sur l’Euro tant en utilisant l’argument de l’opposition de son peuple pour obtenir des concessions sur les modalités (le siège, la parité, les règles de fonctionnement et de gestion, les représentants) qui ont permis à son pays, l’Allemagne, de devenir les maîtres de la monnaie. Une version un petit peu différente de celle de Daoudal, mais vécue de l’intérieur du “système”. D’ailleurs, si vous comparez avec l’extrait de Kohl qui est cité, vous remettez assez facilement les choses en places, vues d’un côté et de l’autre du Rhin.

  4. Manu

    « Les nations qui ont une monnaie commune ne se sont jamais fait la guerre. »
    C’est totalement faux, bien entendu … Si l’élite nous dirige en ayant une telle ignorance de l’histoire, évidemment on va dans le mur.

  5. pm

    “On a imposé l’euro de façon dictatoriale à des peuples qui n’en voulaient pas”. La vérité est toujours plaisante à lire, même si les idéologues ont depuis longtemps coulé une chapes de plomb sur la vérité pour éviter qu’elle ne se répande.

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