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Bioéthique / Culture de mort : Eugénisme / France : Société

GPA : du “droit à l’enfant” à l’enfant-kleenex

ImagesMarie-Anne Frison-Roche est professeur d’université, membre fondateur du "Collectif pour le Respect de la Personne" (CoRP, un collectif où l'on trouve tout et son contraire), elle fait partie de ces gens de gauche opposés à la GPA. Sur son blog, elle revient sur un reportage effectué aux Etats-Unis, qui montre que 25.000 enfants adoptés et/ou fabriqués ad hoc par GPA sont remis "sur le marché" chaque année parce qu'ils ne conviennent plus à leurs "parents".Les enfants-kleenex, que l'on jette après usage.

L'auteur montre qu'il y a une inversion du droit : l'adoption, qui consiste à l'origine à donner des parents à un enfant qui n'en a pas, opération entérinée par le droit public, devient par la notion de "projet parental", de "projet d'enfant", un phénomène de droit privé, qui consiste à donner un enfant à des "parents d'intention" : c'est le "droit à l'enfant". Ce glissement du droit, qui a cours depuis longtemps aux Etats-Unis, s'affiche de plus en plus dans nos pays occidentaux, où le "droit à l'enfant" est devenu la norme : d'où le succès de la PMA, incontournable actuellement pour la plupart des couples stériles et des homosexuelles, et de plus en plus souvent, de la GPA, notamment pour les paires d'homosexuels, pourtant toujours officiellement illégale (en France).

ImagesSi l'adoption ressortit au droit privé, il va de soi que la suite donnée par les parents adoptifs ne concerne que le droit privé. C'est ainsi que l'on retrouve sur le net quantité d'annonces de "parents" qui "cèdent" leur enfant, "[c]ar ce que la volonté fait nouer, la volonté peut le dénouer" :

"[…]C'est exactement ce que signifie l'expression inventée aux États-Unis, promue aux États-Unis, puis exportée dans le monde entier : "parents d'intention". Cela serait l'intention d'être parent qui instituerait le lien de filiation.

Dès lors, un marché extraordinaire va s'ouvrir : en effet, il est fréquent que la volonté d'avoir un enfant se concrétise par la venue d'un enfant. Mais l'enfant ne vient pas, parce que la personne n'a pas de relation sexuelle avec une personne adéquate à produire l'enfant voulu, alors des entreprises vont proposer des "moyens" pour concrétiser cette volonté : par exemple plateformes numériques pour trouver un enfant à adopter qui correspondra au "projet d'enfant" ou plateformes numériques pour commander un enfant à faire fabriquer par une femme (GPA) qui correspondra au "projet d'enfant".

Le marché des filiations peut s'ouvrir. Les adultes achètent des filiations en croyant disposer de leur vie privée sans avoir aucune conscience d'attaquer la structure même de la société.

Va s'en suivre le massacre des enfants.[…]

Parce que l'enfant a été adopté en application d'un "projet d'enfant" élaboré dans la vie privée de l'individu, seul ou en couple, l'enfant étant ainsi un prolongement de lui-même, il convient que ce projet "réussisse".

En effet, le "parent" se définit d'une façon plus générale par l'intention qu'il a d'être parent : c'est un "parent d'intention". Mais c'est une "intention continuée". L'enfant n'est lui-même que la concrétisation du projet.

Or, l'enfant se révèle être un être humain. Avec des qualités, mais aussi des défauts. Non seulement, il ne peut que décevoir, mais encore et tout simplement parce que : il existe.

C'est-à-dire qu'il n'est pas que le "prolongement" de son "parent d'intention".

L'on remarque que les parents remettent les enfants à disposition à l'âge où l'enfant, cessant d'être "mignon",  commence à exister dans l'opposition, cesse d'être le "prolongement" de ses parents. Bref, où le projet échoue car l'enfant veut s'évader et que l'adulte doit admettre qu'il faut aimer l'enfant pour lui-même et non pas pour soi.

Et c'est à ce moment-là que 25.000 enfants sont remis dans la nature, car ils sont si décevants lorsqu'ils prétendent être des êtres humains et non pas des peluches ou des petits chats, lorsqu'ils prétendent n'être pas que des mini-moi.[…]

L'enfant qui n'est pas conforme au projet d'enfant ne peut pas être admis : en effet, l'enfant ayant été engendré par le projet que l'adulte a eu de lui, s'il ne correspond pas à ce projet, alors il ne peut pas demeurer.

L'adulte remet donc l'enfant en circulation en disant que l'enfant rencontrera ainsi un projet auquel il sera plus adéquat et qu'ainsi un lien de bonheur sera noué entre l'enfant et ses nouveaux "parents d'intention", puisqu'il correspondra au projet que ceux-ci ont.

Dans cette façon de penser, les adultes se pensent innocents.

Ils sont aussi totalement infantiles et ne pensent pas un instant que l'enfant est une personne. Personne qui est massacrée par un tel comportement.[…]

Il ne faut pas s'étonner que dans la pratique de marché qu'est la GPA les enfants qui naissent avec une malformation soient rejetés par les "parents d'intention", puisqu'ils ne correspondent pas au projet que ceux-ci avaient.

Il ne faut pas s'étonner que l'adoption définie d'une façon marchande comme le moyen pour des adultes de concrétiser leur "projet d'enfant" aboutisse exactement au même comportement.

On comprend mieux pourquoi les pro-GPA soutiennent qu'il faudrait admettre le principe de la GPA en la pensant sur le modèle de l'adoption, car pour eux l'adoption n'est qu'un moyen de satisfaire son désir de concrétiser son projet d'enfant.

Le marché des enfants peut concrétiser tout cela. Le marché secondaire est déjà en place.

Ce sont des enfants massacrés qui sont la matière première échangés sur ce marché secondaire.

Chacun sait que sur ce marché de l'adoption, ainsi dévoyée, comme dans la pratique de la maternité de substitution, comme l'a dit le Tribunal fédéral suisse dans son arrêt du 15 septembre 2015, ce sont les droits fondamentaux de l'enfant qui sont atteints, car il a cessé d'être considéré comme une personne."

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On ne lâche rien, jamais !

Guillaume de Thieulloy
Directeur du Salon Beige

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10 commentaires

  1. Et pour prolonger la problématique :
    l’enfant est-il une personne ?
    Si oui, cela veut dire qu’au delà des droits de l’enfant, ce sont les droits des personnes qui sont en jeu.
    Et si on “remettre sur le marché” un enfant (une personne), cela veut dire que l’on peut disposer (c’est-à-dire céder ou vendre ou donner, voire détruire) d’une personne. Le statut de l’enfant (de la personne) devient celui d’une chose. L’enfant (la personne) devient, donc, disponible comme n’importe quelle chose : on pourrait, en conséquence, revenir à un système d’esclavage généralisé, avec droit de vie et de mort sur le bien acquis (l’enfant, la personne).
    Si l’enfant n’est pas une personne, alors qu’est-il ?
    Bref, les promoteurs monstrueux de ces techniques (PMA et GPA) et leurs complices (les politiques refusant de sanctionner fermement ces pratiques) sont parfaitement assimilables aux pires criminels de la traite d’êtres humains et aux pires criminels contre l’humanité, qui nient l’humanité des personnes dont ils font des objets.
    Espérons qu’un nouveau “procès de Nuremberg” jugera et mettra fin à cette abomination !

  2. Dérive libérale !

  3. Cette semaine sur France 5 j’ai vu un reportage sur la réadoption aux USA, monstrueux. Les parents adoptifs lorsqu’ils ne s’entendent plus avec leurs enfants adoptifs ou qu’ils coûtent chers en soins médicaux ou pour toute autre raison, mettent en “vente” leurs enfants adoptifs sur internet ou des associations, une véritable aubaine pour les prédateurs dont sexuels ou le commerce d’organes.
    Sur l’hebdomadaire “Valeurs actuelles”, deux articles réservés aux abonnés sont : Inédit. “J’ai cherché une mère porteuse” et “La GPA, l’horreur au quotidien”.
    C’est édifiant.L’Homme est devenu une marchandise et ce par la seule volonté de quelques uns très riches et qui exploitent la misère. On avait supprimé l’esclavage mais il existe toujours pour les femmes les plus pauvres et les plus fragiles, les enfants.

  4. “remettre sur le marché” un enfant, c’est une sorte de divorce entre les parents et l’enfant.
    Bien entendu, attendons-nous à ce que ces parents puissent continuer à recevoir la communion après s’être débarrassés de cette marchandise encombrante.

  5. Pourtant, au “pays des droits de l’homme”, on devrait connaître les “déclarations des droits de l’homme” (elles sont en principe au programme des classes dès l’élémentaire) et la “convention internationale des droits de l’enfant) (au programme de l’Enseignement moral et civique dès le cycle 2 -C.P.-C.E.1-C.E.2).

  6. J’approuve le commentaire signé avoc.
    En ajoutant que ce n’est pas à coups de droits de l’homme qu’on peut s’opposer à ces horribles pratiques. L’enfant est une personne, dès le stade embryonnaire, car il est une créature de Dieu et qu’il est aimé de Lui. Il me semble que, sans transcendance l’homme régresse facilement au stade animal: c’est en fait une lapalissade!

  7. “Ils sont aussi totalement infantiles et ne pensent pas un instant que l’enfant est une personne.” (sic)
    Et puis quoi encore ?
    Si c’était des débiles mentaux profonds je suppose qu’on ne leur confierait pas d’enfants…
    Ils savent très bien ce qu’ils font !
    C’est dans ces moments qu’apparait nettement la nécessité absolue d’un Enfer éternel !

  8. C’est l’esclave moderne dans le pays qui se prétend le champion de la démocratie et des droits de l’homme…et qui veut donner des leçons au monde.
    Pauvres enfants et quels adultes ils vont devenir? c’est déjà pas toujours facile quand on a la chance d’avoir un père et une mère et d’avoir vécu dans une famille non “décomposée” à notre époque où tout est fait pour disloquer le noyau familial (lois ad hoc et dans ce but) mais là c’est vraiment l’horreur absolue.

  9. Quand on parle de droits, c’est qu’on ne les a plus.
    Les droits de l’homme comme les autres !
    A quand un Ikéa ou un Carrefour pour vendre des enfants en promotion à côté du stand hallal ?

  10. Lorsque nous aurons enfin l’accès aux media, pour pouvoir enfin donner la parole à toutes celles et ceux qui sont victimes de ce monstrueux trafic inhumain, les choses commenceront à bouger…
    C’est bien pour protéger leurs honteux trafics que les organisateurs et leurs odieux complices politiques pratiquent une obstruction de l’information !
    Dieu sait que je déteste les gauchistes en tout genre, mais je crois qu’il peut-être bon d’apprendre leurs techniques d’information et de sensibilisation…
    Faire de l’agit-prop, quoi ! Mais nous, c’est au service de l’Humanité !

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