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France : Société

Flicage

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Quelques semaines après sa mise en service, on commence à s’apercevoir que l’application Stop-Covid, loin d’être anodine, collecte les identifiants de toutes les personnes croisées par un utilisateur, pas seulement celles croisées à moins d’un mètre pendant quinze minutes.

C’était pourtant une promesse de Cédric O, le secrétaire d’Etat au numérique :

« Lorsque deux personnes se croisent pendant une certaine durée, et à une distance rapprochée, le téléphone portable de l’un enregistre les références de l’autre dans son historique ».

La collecte d’informations liées à un utilisateur de StopCovid devait se limiter à ces contacts-là : et non à la totalité des personnes croisées, comme c’est, en réalité, le cas.

Gaëtan Leurent, chercheur français en cryptographie de l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria, qui s’occupe du projet StopCovid), a découvert le pot aux roses.

Sur la plate-forme de développement de l’application, il raconte comment il a découvert que « tous les contacts croisés pendant les quatorze derniers jours » sont envoyés au serveur central hébergeant les données liées à StopCovid.

« StopCovid envoie donc une grande quantité de données au serveur qui n’a pas d’intérêt pour tracer la propagation du virus, mais qui pose un vrai danger pour la vie privée »

« J’ai fait un test en installant StopCovid sur deux téléphones, et en l’activant une dizaine de secondes avec les deux téléphones dans deux pièces différentes (environ 5 mètres de distance, plus un mur). Quand je me déclare ensuite comme malade, mon appli envoie bien ce contact sur le serveur, alors qu’il n’a aucun intérêt épidémiologique. (Je me déclare évidemment avec un faux code de malade, et le serveur refuse mes données, mais cela permet de bien voir ce qui est envoyé.) »

Cela alors que le décret et l’arrêté qui ont créé StopCovid prévoient pourtant clairement que « l’historique de proximité » de l’utilisateur est constitué des identifiants des téléphones s’étant trouvés pendant quinze minutes à moins d’un mètre d’une personne diagnostiquée positive.

Le secrétariat d’Etat au numérique n’a pas remis en cause ces révélations, mais a voulu les justifier :

« tous les quarts d’heure, un nouvel identifiant est attribué à chaque appareil » : « Ainsi, un contact qui ne durerait que cinq minutes pourrait être la suite d’un contact de douze minutes : deux contacts que seul le serveur est capable de relier pour comprendre qu’il s’agit, en réalité, d’un seul, de 17 minutes, donc à risques. »

La Commission nationale informatique et libertés (CNIL) a fait savoir que des contrôles étaient « en cours » sur le sujet.

StopCovid n’a été activée qu’à 1,4 million de reprises, soit par environ 2 % de la population française.

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4 commentaires

  1. L’application n’a aucun rôle en terme de gestion de crise sanitaire : il faudrait pour obtenir un début de résultat que
    1/ le taux d’équipement soit supérieur à 1/3 de la population au minimum
    2/ l’assurance que nombre de porteur soit équipé d’un smartphone
    3/ que 2 personnes concernées aient leur smartphone sur eux au moment même où elles conversent à “moins d’1 mètre durant 15 mn”
    4/ que les protocoles bluetooth soient opérationnels sur les 2 appareils, or, l’expérience prouve que ce type d’émission/réception de signal connaît des bug fréquents (vous pouvez le tester lorsque votre voiture perd sa liaison avec votre téléphone).

    Cela fait pas mal de conditions qui fait qu’au final, l’application ne sert à rien. Ajoutons que les personnes les plus concernées par le risque létal, soit les personnes de plus de 70 ans, sont rarement équipées d’un smartphone… !

    Alors, pourquoi avoir lancé ce gadget ?
    > Marketing : cela donne l’impression que le gouvernement fait quelque-chose. Pour apaiser les foules.
    > Politique : cela permet de voir jusqu’à quel niveau il est possible de contrôler les foules. C’est un avant-goût d’autres applications à venir (cf. Chine).
    > Sécurité : il est très probable que cela va permettre aussi de suivre certaine personne cible. Quand vous chargez une appli sur votre smartphone il est très facile, grâce aux données qui s’y trouvent, de savoir qui vous êtes. Ainsi, une liste de “personnalité” peut être identifiée si jamais il leur venait à l’idée d’installer l’appli… Ensuite, leur position est aisément tracée tout au long de la journée…

    Mais tout ça il ne faut pas le dire.

  2. Ceux qui croient que cette application a un intérêt pour la protection sanitaire sont les mêmes qui ont voté pour JUPITER en 2017 et qui revoteront pour lui en 2022. Ce sont des esclaves prêts à toutes les compromissions, y compris la dhimmitude, pour espérer garder leur petit confort. Ce sont les mêmes qui crient au complotisme dès qu’on ose sortir du politiquement correct et qui ignorent qu’au cours de leur existence, ils sont enregistrés dans plus de 1.000 fichiers informatiques capables de reconstituer minute par minute le moindre détail de leurs déplacements et agissements.
    La Répression En Marche ne reculera devant rien pour asservir complètement les Gaulois réfractaires.

  3. Je conseille aux personnes qui ont téléchargé dans leur portable ce gadget de le virer illico. D’abord parce la pandémie touche chez nous à sa fin (en espérant que nos frontières resteront fermées aux pays où elle sévit toujours), et surtout parce que c’est un moyen pernicieux de surveillance des personnes.
    “1984”, ça vous dit quelque chose?

  4. L’application est-elle “obligatoire” non, alors pourquoi tous les neuneus se précipitent-ils pour la charger ?

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