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France : L'Islam en France

Faut-il tolérer les minarets ?

Du Fr. Edouard Divry, dominicain :

"[A] la base, la notion de tolérance qui permet de comprendre son
contraire, l’intolérance, est mal comprise. Le tolérant est celui qui
accepte un mal qu’il pourrait réellement réfréner en vue d’un bien
supérieur. Le minaret devient un mal plénier quand s’exerce la raison
de sa finalité : non seulement le chant régulier du muezzin,
cinq fois par jour au minimum, mais davantage au Moyen-Orient où des
sourates surérogatoires ne cessent d’être chantées comme à Jérusalem
. […]

Il ne faut pas être naïf : « Tout agent agit en fonction d’une fin » (St Thomas d’Aquin […]). Un jour le minaret, demain le
muezzin, après le Coran chanté, puis la charia revendiquée. La mosquée,
loin d’être comparable à une église ou une synagogue, tend par nature à
être un lieu politico-religieux
.

Dans cette revendication
d’origine islamiste, il n’y a pas de bien supérieur à espérer, ni du
point de vue de la « vraie religion » (cf. Vatican II, Dignitatis humanae, n. 1, § 2 et 3), ni du point de vue du bien commun
forgé par des siècles de tradition judéo-chrétienne (culture et droit),
laquelle ne peut accepter qu’on chante n’importe quoi publiquement. Or
c’est ce qui risque d’être possible du haut des minarets, à travers
telle sourate comme celle déclarant l’infériorité de la femme par
rapport à l’homme, ou l’appel à la guerre sainte djihadique. A l’inverse les cloches de nos églises, en plus d’être un rappel
signifiant la prière chrétienne, ont su, par leur son aérien, sans
qualité signifiée objective, toucher le cœur des hommes de toutes
confessions […]

La
liberté religieuse, en tant que droit-exigence (droit à), relevant des
droits fondamentaux (les droits de l’homme étant intégrés à ceux-ci),
est déjà pleinement respectée par les mosquées sans minaret (salles de
prière, ou musalla ou jamat khana) qui offrent la
possibilité aux musulmans de se réunir librement pour prier. La liberté
religieuse consiste en fait à ne pas être contraint ou à ne pas être
empêché, dans de justes limites
(celles du bien commun), à pratiquer une religion (cf. Vatican II, DH,
n. 2). Même s’il faut en tenir compte, le bien commun n’est pas
qu’esthétique, il intègre la culture et donc le culte du plus grand
nombre
.

Il convient donc de ne pas céder plus qu’il ne faut par une compassion sine veritate, par un droit permissif (droit de) décalé par rapport à la vox populi,
alors qu’on n’a pas commencé à mettre en oeuvre le juste et sain
principe de réciprocité : aux populations chrétiennes minoritaires,
qu’on accorde donc la construction d’églises
(peut-être sans les
clochers, ni les cloches là où cela nuirait aux habitudes ancestrales)
en Arabie et ailleurs dans le monde musulman !"

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7 commentaires

  1. Voilà qui est fort utile, car les catholiques sont quelque peu désorientés, pris entre la compassion pour les opprimés et la primauté de leur foi.
    De plus ils ont affaire à des politiques dont la bonne conscience cache mal une volonté d’éradication de la foi chrétienne comme aux pires moments de la III ème République.
    J’ai entendu :” si pas de minarets, pas de clochers”.

  2. Il faudrait le point de vue d’un frère chrétiend d’Orient, mais ça ne me paraît pas demain la veille qu’on voie de la tolérance religieuse en dar el islam
    chez Kadafi, au Pakistan ou ailleurs
    ou ne serait-ce qu’en Algérie, ce pays qui nous est nécessaire, dit bizarrement Bigeard dans une interview au Point (se croit-il en 1961 ?)

  3. ” heureux les simples d’esprit” ils avaient dejà compris celà.

  4. Dommage que les communications de la hiérarchie officielle de l’Église ne soient pas toujours aussi claires.

  5. Raisonnement lucide (oui le minaret annonce la charia) mais ambigü:
    – si demain la vox populi change d’avis, alors les minarets deviendrons une bonne chose?
    – Les premiers chrétiens remettait en cause la culture et le culte du plus grand nombre: ils ont donc été persécuté en vue du bien commun?
    raisonnement aussi contradictoire par certains côtés: est-il juste et sain d’avoir une réciprocité entre la vérité et l’erreur? Pas sur, en revanche, on peut tolérer(comme l’auteur le rappelle)l’erreur pour éviter un désordre plus grand; mais jusqu’à quel point?
    en fait, l’islam conquérant est entrain de faire exploser nos myhtes politico religieux: laïcité, liberté religieuse; et en refusant de réaffirmer la royauté sociale de NS sur les individus mais aussi les nations, nous finirons avec des minarets et nous assisterons à la messe dans les catacombes parce qu’elle gêne la culture du plus grand nombre…

  6. Le droit à la liberté religieuse défini par le Concile Vatican II admet comme limite inhérente “l’ordre public juste”, “part fondamentale du bien commun”, pour reprendre les termes de Dignitatis humanae.
    Et le Catéchisme de l’Eglise catholique, qui en est une interprétation autorisée, précise que cet “ordre public juste” ne doit pas être compris de manière “naturaliste” ou “positiviste”, mais selon les normes de “l’ordre moral objectif” (naturel et révélé donc).
    Il faut donc en déduire que les juste limites du droit à la liberté religieuse intègrent la vérité religieuse car l’homme est tenu moralement de rendre un culte authentique à Dieu.
    Par conséquent, le bien commun, partie fondamentale de l’ordre public juste, ne renvoie pas d’abord au culte du plus grand nombre, comme le prétend l’auteur, mais en premier lieu à la vérité en matière de foi qui subsiste dans l’Eglise catholique et apostolique (cf. l’introduction de DH).

  7. En Angleterre rares sont les Eglises catholiques avec clocher, encore plus avec cloches… La Cathedrale de Westminster (a ne pas confondre avec l’Abbaye de Westminster – anglicane celle-la) a bien un campanile mais cela s’apparente plus a une tour de guet fort etroite où ne se trouve qu’un escalier, une échauguette quoi.

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