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Valeurs chrétiennes : Culture

Famille Lefèvre : la victoire en chantant

Famille Lefèvre : la victoire en chantant

De Constance Prazel sur Liberté Politique :

Depuis mardi, la France jusque là engourdie par le coronavirus est en émoi : la famille Lefèvre a remporté la finale de l’émission « La France a un incroyable talent ». Dans le paysage sinistré de la culture dans notre beau pays, l’événement est de taille : une famille bien sous tous rapports, traditionnelle, avec un père et une mère dignes d’être inscrits dans la constitution hongroise, et six charmants petits et grands, catholique par surcroît, s’est distinguée à la télévision et a vu ses mérites célébrés sur une chaîne nationale à une heure de grande écoute, grâce à une émouvante performance familiale de chant choral.

Depuis la proclamation des résultats, dans la presse et sur les réseaux sociaux, c’est un déchaînement de toute part. De la part des familles cathos, qui s’émerveillent de ce que l’une des leurs soit passée entre les mailles du filet du système. De la part d’un ensemble non négligeable de gens aigris et fielleux, qui vitupèrent contre un choix qu’ils jugent médiocre et ringard, et qui s’indignent, précisément, de ce que le système ait laissé filer un tel poisson.

Beaucoup d’enseignements sont à tirer de cet épisode.

Dans l’ensemble, la programmation de l’émission cochait toutes les cases du politiquement correct : de l’anglais, beaucoup d’anglais, ce qu’il faut de noms issus de la diversité, de volonté de « casser les codes », pour être branché et à la pointe des combats du moment, entre les « Wesombe », les « Messoudi Brothers » ou la « Lemonade Dance Company » dansant « contre le racisme ». Mais il faut croire que tout cela ne fait pas rêver, et ne parvient pas à toucher les cœurs, à la différence de la voix pure des enfants Lefèvre, qui a permis de remporter cette belle victoire. Bien sûr, nous pouvons nous réjouir de la mobilisation en force du réseau catho et assimilé, qui a amplement voté pour les soutenir et les encourager. Il n’en reste pas moins qu’ils ont su, de façon inattendue,  authentiquement toucher le cœur des jurés pourtant peu enclins à jouer une carte comme la leur, à l’image de la jazzwoman Marianne James.

La hargne dont font preuve les détracteurs des lauréats fait apparaître, en creux, le degré d’appauvrissement culturel auquel nous sommes parvenus. Ces critiques acerbes estiment que chanter comme cela n’est pas du talent. Ils peuvent oser ces jugements à l’emporte-pièce sans peur d’être contredits, car aujourd’hui plus personne ne sait ce que c’est que la culture des arts classiques et ce qu’elle représente de travail, de rigueur, d’exigence, d’intériorité. Elle a été remplacée par la culture du spectaculaire et de l’épate, à mille lieux des exercices ingrats, lents et patients de ceux qui exercent leur voix pour le chant lyrique. Chapeau bas aux Lefèvre d’avoir incarné cela, même si la performance de la finale fut réalisée dans des conditions difficiles, et qu’ils ont pu offrir en d’autres circonstances de meilleures prestations.

Néanmoins, il ne nous paraît pas suffisant de nous arrêter à cette victoire d’un soir, et il faut prendre garde de s’arrêter en si bon chemin. La famille Lefèvre a touché les cœurs par son caractère unique – trop unique, y compris et surtout dans nos milieux. L’idée n’est pas de former partout des chorales familiales, mais combien se soucient, chez les cathos, chez les conservateurs, de transmettre en profondeur à leurs enfants le goût du beau, et de leur donner les moyens de l’excellence ? Trop souvent, en la matière, on se limite à un honnête vernis sociologique (un peu de piano, c’est mignon quand on est petit), mais qui sautera joyeusement à l’adolescence, sous les coups de boutoir du jean, du rock de bas étage et de l’obsession d’être dans le vent. Combien estiment comme essentiel le fait de se battre pour proposer et incarner un modèle culturel alternatif, par rapport à la culture de gauche qui nous assaille et nous submerge ?

Selon nous, deux conclusions s’imposent et nous indiquent la voie à suivre. Premièrement, il faut (re)prendre conscience de la capacité de mobilisation des réseaux cathos / pro-famille survenue à cette occasion et en tirer profit. Ce plébiscite médiatique ne doit pas rester isolé : il nous prouve que nous avons les moyens, pour peu que nous le voulions, d’exercer une pression déterminée contre le rouleau compresseur médiatique, culturel, social qui veut nous faire croire que nous sommes minoritaires et en voie de disparition y compris sur le plan culturel. Deuxièmement, la victoire des Lefèvre vient apporter la preuve que la culture « de droite » a un potentiel fabuleux pour toucher les cœurs, quand elle s’assume comme telle et non quand elle se met à la remorque d’une modernité qui ne veut pas d’elle. La beauté classique n’est pas une affaire de mode, elle est un chemin d’éternité pour peu qu’on la serve pleinement. La beauté sauvera le monde… pas les crèches en matériaux recyclés, ni les chants liturgiques à la mélodie pauvrette et aux harmonies inexistantes, ni le rock de soirée. A nous tous de nous mettre à son service !

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8 commentaires

  1. Il faut souligner que, pour transmettre une culture « classique », les conservatoires de musique, danse et art dramatique ont été mis à bien rude épreuves. Désormais, – plus ou moins, en fonction de la résistance des équipes pédagogiques et de direction – ils sont soumis aux mêmes directives pédagogistes qui ont conduit l’Education Nationale à ne plus être qu’un centre de formation pour citoyens abrutis, perroquets de slogans imbéciles. La culture accessible à tous, initiée par Marcel Landowsky, s’est transformée en inculture pour le plus grand nombre. En de nombreux lieux, on a décidé – intention louable – de mettre le paquet dans les quartiers défavorisés, en y déplaçant les équipements culturels ; il y eut, certes, quelques beaux résultats. Malheureusement, le plus souvent, on n’a fait que déshabiller Paul pour vêtir somptueusement Mohamed. Dans de nombreux secteurs ruraux, dans des petites villes, il n’y a plus aucun accès possible à la beauté véritable, et le niveau général des écoles de musique s’est effondré. L’inculture crasse de beaucoup d’élus fait qu’ils croient servir la culture en finançant des festivals, chacun le sien, festivals qui ne concernent que trois sortes de publics (les personnalités invitées qui se payent de beaux moments aux frais du contribuable, le public du troisième âge disposant des moyens financiers nécessaires, les snobs qui savent qu’il faut s’y faire voir pour en être). C’est la politique de l’arbre qui cache… le désert.
    La famille Lefebvre démontre que la beauté et la culture véritables savent encore toucher l’âme de nos contemporains.
    Tout n’est peut-être pas perdu, mais nous n’avons que très peu d’élus soucieux du bien commun.

  2. Un triomphe qui nous change agréablement des lauréats français habituels des concours internationaux, réputés « culturels ».

  3. Montaigne citait Cicéron qui disait déjà : »à ceux qui veulent apprendre nuit l’autorité de ceux qui enseignent ».
    Je n’ai jamais forcé mes enfants à lire, écouter ou regarder quoi que ce soit. Mais laissez trainer dans vos bibliothèques Rabelais, Lafontaine (ou même la Bible) illustrés par Doré, et dans votre discothèque du classique simple (Chopin par Rubinstein, ou n’importe quel enregistrement de Lagoya) côtoyer des standards de Jazz et même du rock’nroll (entendons nous bien, ce qui dépasse 1959 ne peut pas se voir attribuer l’appellation de rock ‘n roll.😁), et vous serez surpris du résultat. Certes, vous ne les empêcherez pas de regarder du coté de la « mode », mais vous éviterez les horreurs du style kamoura et compagnie…
    J’avoue que les chants Grégoriens n’ont pas le succès escompté…

  4. Je reste un peu pantois de voir à quoi se raccrochent certains

  5. Le beau dérange car aujourd’hui , tout est médiocrité jusqu’au talent qui se met au service de cette dernière ; c est dire si même le terme est dévoyé . Rejeter le beau , tout ce qui est reconnu ainsi de manière objective , harmonieuse et universelle, c est s abaisser au difforme , à la cacophonie , pour tout dire au discordant .
    Ces personnes talentueuses, même isolées, sont les petites lucioles , qui élèvent notre esprit et, pourquoi pas, nos âmes et on comprend que cela dérange , avec la plus parfaite mauvaise foi , ceux qui nous imposent leur mauvais goût.

  6. quoi ? une famille traditionnelle, hétérosexuelle, de six enfants, chrétienne, franchouillarde surement qui gagne ! mais c’est une honte, un atteinte à la diversité progressiste!
    ça me donne envie de réécouter du grégorien moi qui n’écoute jamais du rap!

  7. Quel bonheur et quel petit miracle de cette famille amie de Dieu !

  8. Rien de ce qui passe à la télé n’est honnête, par définition. Cela signifie que nos maîtres francs-maçons veulent nous amadouer. Donc ils nous craignent.

    Ils ont de quoi. Je n’ai jamais ressenti une telle colère populaire, ni un tel discrédit des politi-médiati-ciens et des francs-maçons qui les possèdent.

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