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France : Politique en France

Face à la gauche, l’UMP peut-elle se passer du FN ?

Guillaume Bernard, maître de conférences à l’ICES (Institut Catholique d’Etudes Supérieures), déclare à propos des alliances UMP-FN :

"Contrairement à ce que souhaitent nombre d’électeurs de ces deux formations (plus au FN qu’à l’UMP), il n’est pas du tout certain que les états-majors de ces partis y soient favorables. Malgré certaines voix discordantes, l’UMP préconise le "ni ni" : ni "Front républicain" (pour ne plus être accusé de collusion avec la gauche), ni alliance avec le FN (pour signifier qu’il considère qu’un "cordon sanitaire" vis-à-vis de cette formation doit être maintenu). Quant au FN, il affirme souhaiter des alliances, au cas par cas, mais son objectif premier est, naturellement, de progresser sous ses propres couleurs ou, du moins, de marquer de son empreinte certaines listes (en y plaçant des candidats). Des alliances lui permettraient de se désenclaver, mais elles pourraient présenter deux inconvénients : d’une part, cela pourrait conduire certains de ses membres (en particulier des élus) à se laisser capter par d’autres formations plus "présentables" (pour pérenniser leur carrière) et, d’autre part, cela pourrait édulcorer son image de formation hors système qui fait une partie de son succès. Cependant, les positions et stratégies parisiennes pourraient être remises en cause en fonction des situations locales. L’intérêt des élus (n’entendant pas perdre leurs sièges) ainsi que la pression de la base ne sauraient être négligés. Cela pourrait pousser à des alliances (fusion de liste au second tour) soit pour éviter la perte d’une commune, soit pour réussir à en ravir une à la gauche. En effet, le mode de scrutin aux municipales fait que la liste qui arrive en tête (même si elle n’atteint pas 50%) gagne la mairie. Dans un assez grand nombre de cas, les listes de droite peuvent donc, en restant désunies, perdre une mairie (ou ne pas la gagner) parce qu’aucune n’est arrivée en tête alors qu’additionnées elles seraient majoritaires. Il est plus que vraisemblable que, dans un certain nombre de cas, en particulier dans le Sud de la France, les électeurs et militants de l’UMP auraient du mal à supporter cette situation et qu’ils feront pression pour qu’une entente puisse être trouvée. […]

Pour l’élection présidentielle, seuls les deux candidats arrivés en tête peuvent se maintenir au second tour. Il y aura donc une lutte entre tous les partis et leurs candidats pour conquérir l’une de ces deux places. Deux scénarios sont donc possibles : soit l’UMP et le FN sont tous les deux présents au second tour (le résultat final sera sans doute bien différent de celui de 2002 car nombre d’électeurs de gauche voteront pour le FN), soit l’un des deux seulement réussit à qualifier son candidat. Si l’UMP affronte la gauche, il est assez probable que le FN laissera ses électeurs libres. Dans le cas où l’UMP serait éliminée (cela dépendra sans doute de son candidat), les reports de voix sont très difficiles à pronostiquer.

Pour les européennes, le scrutin est proportionnel à un tour. Chaque parti tentera donc sa chance. Pour cette élection aussi, il n’y aura donc pas d’alliance. Le FN a l’avantage de n’avoir qu’un seul discours : eurosceptique et souverainiste. Ses électeurs et ses cadres étant divisés sur la question, l’UMP va rencontrer, quant à lui, une réelle difficulté pour déterminer une ligne politique cohérente qui n’apparaisse pas comme une simple tactique électorale. L’une des solutions (il est vrai risquée) serait de tenter l’aventure de deux listes distinctes, l’une pro-européenne (qui pourrait concurrencer ou s’allier avec le centre) et l’autre eurosceptique (qui pourrait ratisser à droite, à la condition d’être incarnée par une personnalité crédible sur ce thème). Avec ces deux listes, l’UMP pourrait alors éviter un possible effondrement (que le RPR a déjà connu en 1999) mais cela institutionnaliserait les divisions qui le traversent."

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10 commentaires

  1. Je ne suis pas eurosceptique mais eurolucide, c’est à dire opposé à cette monstruosité.

  2. Non mais, soyons un peu sérieux, combien d’électeurs FN sont intéressé(e)s par une soi-disant alliance UMP-FN, ou une alliance PS-FN?? A mon avis, très peu.
    Soyons concrets, cet enfumage autour d’une soi-disant alliance UMP-FN sert surtout à éviter une hémorrhagie de votes UMP vers le FN, en essayant de maintenir en équilibre l’idée que le vote UMP a un sens.
    Si Fillon est élu en 2017, c’est parce qu’il sera le meilleur candidat de la gauche. Lorsque le PS et Hollande seront discrédités, Fillon apparaîtra comme un candidat de gauche crédible.
    Mais bon, il ne le sait pas encore.
    Fillon n’a pas compris que les électeurs de gauche se draguent à gauche.

  3. rien de bien nouveau; ces gens (journalistes, politologues et UMP) parlent stratégie; pendant ce temps le FN parle politique…
    Ces gens ne se rendent pas compte que l’UMP meurt et est peut-être même déjà morte faute d’idées… pourquoi alors tenter de sauver un cadavre ?
    Le FN vise la place qu’il aurait toujours du avoir : être le premier parti de droite, et de France (vu la chute du PS) autour duquel pourront s’agréger ce qui reste d’une UMP droitisée. L’UMP est une escroquerie, elle n’a jamais été un parti de droite ! C’est juste l’histoire revue à l’endroit !

  4. L’alliance FN/UMP est impossible et n’est pas souhaitable car les divergences idéologiques sont énormes.
    Prenons la cas de l’avortement : tous les gens de gauche sont pour qu’ils soient maoiste, trotskytes, communiste, sociaux-démocrates, radicaux francs maçon…donc pour se mettre d’accord c’est possible.
    A droite l’UMP est pour et le FN contre, le PCD de Boutin plutôt contre et l’UDI pour…
    on fait comment sur un tel sujet de société…on pondère la date de possibilité d’avortement d’un foetus en fonction du poids politique des partis de droite au sein d’une union de la droite ???
    Le problème est d’ordre philosophique…on ne peut pas unir des partis qui sont d’inspiration kantienne et d’autre qui sont d’inspiration aristotélicienne…
    Je suis patriote et je n’accepterai pas que le FN s’allie avec les kantiens et les relativistes de l’UMP !

  5. L’ump et le ps devraient fusionner çà serait plus clair pour tout le monde, ils n’auraient plus ce genre de dilemne.

  6. Que les gauchistes se rassurent avec les urluberlus UMP en place, ils seront toujours là en 2017…L ‘UMP en place
    incapable vous avez dit de droite????quelle droite?????

  7. Non, mais le FN peut se passer de l’UMP, en déplaise à Fillon qui fait la P..e depuis quelques jours.

  8. Il ne faut pas confondre deux choses : la liste du premier tour et la consigne de vote d’un second tour

  9. Je propose qu’on demande ce qu’ils en pensent à Bayrou et à Borloo !

  10. Ou allez ? d’un coté les pieds nickelés de l’autre les frères dalton et pour tous blanche neige( un jour mon prince viendra)Bayrou ou Borloo,mai c’est le tonneau des danaïdes . véritable dilemme. votez blanc?????

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