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France : Société

Face à la crise : observer les faits

Lu ici :

F "Il y a trois types de livres sur la crise. Ceux qui expliquent doctement que cette crise est bien la preuve qu’il faut en finir avec le capitalisme, le libéralisme, les riches, la spéculation, et qu’il faut «remettre l’économie au service de l’homme». Ceux qui s’efforcent de démontrer que la crise est passée, que ce n’était d’ailleurs qu’un problème de confiance, que tout va bien, et que quoiqu’il arrive, «un État ne peut pas faire faillite». Enfin, ceux, plus rares, qui exposent méthodiquement et objectivement les raisons et les développements de la crise.

Le livre de Philippe Herlin (EYROLLES, septembre 2010) fait partie de cette dernière catégorie. Avec un plan très didactique, l’auteur, chercheur en finance et enseignant au CNAM, analyse le chemin qui a amené l’État français vers le surendettement. Herlin décortique ainsi 35 ans d’hémorragie budgétaire, liste les mécanismes de dissimulation des déficits, et explique le fonctionnement des structures si discrètes d’amortissement de la dette (SAAD, CADES, ACOS…)

La force de ce petit ouvrage très accessible, est de revenir sur l’histoire de l’endettement, de préciser le rôle de l’agence France Trésor, de faire le chiffrage précis et décomposé de la dette, mais également de pointer les risques que l’État fait encourir à l’économie française, et les menaces très sérieuses que fait peser le surendettement sur la prospérité et la pérennité de notre société. […] Chiffres à l’appui, il analyse par exemple la question fondamentale de la maturité de la dette, en indiquant que depuis la crise de 2007, l’Agence France Trésor (AFT) a privilégié l’emprunt à court terme pour minimiser la charge de la dette, augmentant ainsi son exposition au risque. Ce choix va contraindre l’AFT à revenir plus souvent sur les marchés sous le couperet de la dégradation de la note des obligations françaises, rendant la capacité d’endettement de l’État français tributaires de l’évolution des taux d’intérêts. En effet, presque mécaniquement, quand une note baisse, les taux d’intérêts accordés à l’organisme noté montent, pour compenser le risque.

Herlin calcule ainsi que d’ici 2012, l’État va devoir lever sur les marchés 429 milliards d’euros, en plus des déficits budgétaires des deux prochaines années, soit (au rythme désormais de croisière de 100 milliards d’euros par an) plus de 600 milliards d’Euros. La moindre hausse des taux sur une telle somme alourdirait ainsi considérablement le poids déjà très lourd du remboursement des intérêts de la dette. […] Philippe Herlin ne propose aucune solution miracle, mais invite au réalisme, et plaide efficacement pour l’urgence du redressement de cap."

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9 commentaires

  1. De proposer un budget annuel non équilibré c’est une aberration.A partir de cela tout est possible et le système est tellement vicié et vicieux, que nos gouvernants ont encore de beaux jours devant eux.

  2. J’apprécie Philippe Herlin, c’est un homme intègre et au surplus, c’est mon ami.
    [Nous lirons aussi le signe noir]
    Cependant l’essentiel dans son livre est le point d’interrogation : il est heureux qu’il soit présent, ce qui permet d’éviter les mensonges honteux du global-parti sur la France qui tombe, mais quoique présent il est déjà de trop car la certitude est que la France n’est pas en faillite!
    Je veux croire alors que le choix de Philippe est celui de poser ce questionnement pour pouvoir en débattre afin d’arriver à la conclusion énoncée.
    La pensée unique le serait à ce point qu’il deviendrait impossible de prendre une posture sans de multiples et importantes précautions.
    Le choix des économistes est alors celui de dire la vérité ou bien d’étayer en creux ou plus directement le mensonge gouvernemental.
    Le résultat stratégique est aussi important : si la France est en faillite, il faudra se serrer la ceinture; si au contraire elle ne l’est pas, nous pourrons alors parler des questions de redistribution et d’une meilleure répartion du crédit (aux entreprises).
    J’invite maintenant les lecteurs à se reporter au classement des meilleures entreprises du monde du Fortune Global 500.
    Il représente l’activité selon les cas de 70 à 80 % de l’économie d’un pays, ce qui vaut certainement la peine de le prendre en considération.
    La France classe 11 entreprises + 3 captives parmi les 100 premières du monde et 39 + 6 captives sur les 500 meilleures pour l’année 2009 (2010 paraît en juin).
    Elle en classera 20 dans 4/5 ans sur la première catégorie.

  3. Michel Janva, si vous trouvez que l’économie au service de l’homme, ça ne va pas, alors, je n’ai plus rien à dire. Tout est dit : je ne prétends pas du tout être une spécialiste économique : je discerne au travers de Jésus-Christ. J’esaie de vous dire que vous trompez dans votre vision générale de la faillite de la France, mais je tombe complètement à plat. Jamais je ne vous ai dit que le capitalisme devait finir. je n’ai jamais été marxiste, ni communiste. Je ne déteste pas les patrons et les riches ni les gens aisés. J’ai expérimenté beaucoup de milieux sociaux et la misère intérieure est la même pour tous.
    On ne comprend pas à ce sujet et ça ne nous mène à rien de discuter. J’apprécie beaucoup Le Salon Beige et le travail excellent de réinformation que vous faites.
    D’autre part, vous croyez me connaître, mais c’est faux. C’est le piège d’Internet.
    [Et visiblement vous êtes tombé dedans… Ne croyez pas lire ce qui n’est pas écrit. “si vous trouvez que l’économie au service de l’homme, ça ne va pas” ? Et je l’ai écrit où ça ?
    Remettre l’économie au service de l’homme, c’est un principe. Mais quand on a dit cela, on n’a tout dit… et rien dit. Il faut aller plus loin et se pencher sur les faits. Qu’est-ce qu’être au service de l’homme ? L’assister est-ce être à son service ? … Lui faire croire qu’il a droit à tout grâce à la dette publique, est-ce lui rendre service ? ….
    MJ]

  4. J’invite les lecteurs à lire une synthèse très précise des causes dramatiques de la déchéance économique et sociale de notre Pays ( et des autres aussi).
    Pour 7 euros seulement vous trouverez dans le N° 644 de Lectures Françaises (SA DPF à Chiré en Montreuil) une analyse compréhensible par tous, faite par Maurice Allais, prix Nobel d’économie( et savant aussi dans les sciences).
    En une quinzaine de pages, tout est décortiqué avec un réalisme et une précision, loin du baratin habituel que l’on nous distille sur les causes de cette Maladie. Allais agit comme un chirurgien de haut niveau. Ne manquez pas ce numéro de LF, il est indispensable à tous.

  5. @Corso
    Cela ne veut pas dire grand chose :
    – l’essentiel du chiffre d’affaire de ces entreprise n’est pas fait en France, il n’est donc pas significatif du niveau d’activité économique français,
    – l’essentiel des dividendes n’est pas versé en France, mais à des fonds de pension étrangers, ou à des actionnaires étrangers,
    – ces entreprises payent peu ou pas d’impôts en France grâce à des conventions fiscales arrangeantes.
    – l’essentiel des employés de ces entreprises n’est pas en France, donc les salaires n’y sont pas versés.
    Ces entreprises sont bien des multinationales, seul leur siège est en France. Eventuellement elles y paient quelques impôts locaux et taxes foncières.
    La vraie activité économique est réalisé par les PME et les TPE.
    Voyez l’indice des Small et Midcap : il superforme et de loin celui du CAC 40.
    C’est pour cela que l’effort national devrait se tourner vers ces entreprises, et non pas vers le CAC 40. Les conventions fiscales passées avec les grosses entreprises sont un non-sens économique.

  6. Voici la phrase extraite de l’article ci-dessus :
    et qu’il faut «remettre l’économie au service de l’homme».
    Vous le citez dans l’article ci-dessus, comme étant un doux rêve, même si ce n’est pas VOUS qui l’écrivez. Vous le donnez comme n’étant qu’un principe.
    Voici ce que je crois profondément et qui est écrit par Jean Madiran dans son livre, “une civilisation blessée au coeur.”
    Jean Madiran : “Une civilisation blessée au coeur,” page 54.
    “Le sort des nations, le progrès ou le déclin de leur civilisation ne dépendent que secondairement des conditions économiques, qui elles-mêmes au contraire sont principalement dans la dépendance des idées intellectuelles et morales dominantes. C’est une vue marxiste, aveuglément subie par la classe politico-médiatique, que les conditions économiques de production commandent la politique, la culture, le destin et le bonheur des peuples.
    Ce qui commande, c’est la nature de l’homme.
    Quand on lui impose le TOUT CONTRE NATURE, le TCN, ce tout contre nature qui est l’héritage empoisonné de la seconde moitié du XXe siècle, alors la nature se venge. Par la culture de mort : et la mort. Selon l’axiome trop oublié : quand on le lui demande, Dieu pardonne toujours, l’homme quelquefois, la nature jamais.”
    Mais où voyez-vous que je prônerais l’assistanat ? Pour vous, les administrations perçoivent les aides publiques ? Quand on fait son travail, on n’est à la charge de personne : c’est une manipulation médiatique et politique qui martèle sa propagande pour détruire la France. Et les patrons haïssent les services publics parce qu’ils veulent que tout le monde soit comme leurs personnels, à leur merci, pour un oui, ou pour un non.
    Que ceux qui déblatèrent, commencent par cesser leurs dépenses somptuaires. Mais ça c’est vraiment un doux rêve.
    Je vais acheter la brochure dont parle lève-toi parce-qu’il faut essayer de comprendre.
    [L’hypertrophie du service public, condamnée par Jean-Paul II, est effectivement contre-nature : il déresponsabilise la société et nuit au principe de subsidiarité. Mais ce n’est pas nouveau. MJ]

  7. Tonio
    Vous faites exactement du Maurice Allais, mais allez plus loin dans son analyse.

  8. @Tonio
    J’écoute votre propos mais vous vous trompez.
    Auparavant je veux dire que je ne suis pas l’opposant des PME, ETI et autres structures plus petites, comme le dit ma conclusion.
    Cependant il se trouve à mon avis que le moyen de défendre les PME n’est pas de nier l’existant des champions mais au contraire de comprendre comment il a pu s’établir.
    Parmi les 100 premières entreprises mondiales, les 11 françaises actuellement ne sont pas en queue de peloton mais en tête.
    La première française représente en terme de chiffre d’affaire (HT) environ 6 de celles françaises du cinquième et dernier tableau!
    Inutile de dire que l’une de celles-ci fait 10 ou 20 fois le chiffre de celles qui sont un peu plus loin, etc.
    Ainsi, la première française fait le chiffre de toutes les entreprises françaises ayant 0 employés, juste le patron : il y en a 2 millions.
    [Chiffres Medef]
    Mais aussi la totalité des entreprises disposant d’1 employé et le tiers de toutes-celles en ayant 2!!
    [Les sociétés ayant entre 1 et 10 employés sont 1 million][Celles de + de 10 employés représentent 232 000 unités]
    Il faut par ailleurs remarquer qu’il y a dans ces entreprises énormément de redondance, comme aussi bien pour les champions quoique beaucoup moins,
    [Celui-ci achète un produit semi-fini à celui-là pour le revendre à un autre qui le commercialisera enfin auprès du consommateur final]
    Par contre il est vrai de dire que ces quelques très grandes entreprises paient peu ou pas d’impôt grâce à “l’intégration fiscale”, un processus dénoncé par mes soins qui vise à sponsoriser ces entreprises au niveau mondial.
    Leur activité essentielle est encore principalement en France; leurs dividendes sont majoritairement versés en France et elles emploient en moyenne près du tiers de leurs effectifs en France.
    Leurs dirigeants sont principalement français et avec les cadres supérieurs les bonus importants sont versés à des français.
    Je veux dire que les fameux fonds de pensions étrangers ne sont pas majoritaires en France, que leur direction est très très souvent française, souvent pour toute l’europe et donc les bonus importants versés aussi, que ces fonds ont aussi des investisseurs privés français et qu’ils servent dans leur activité des dividendes à des fonds d’état français.
    Evitons de croire que nous serions submergés alors que nous sommes surtout les submergeurs.
    (Voire les Italiens ou Espagnols qui commencent à se révolter contre nous)
    Evitons de confondre la Bourse avec l’économie.
    La Bourse est une posture particulière, les midcaps, les “petites” capitalisations montent parce que justement elles sont abondées en masse par les fonds de “private equity” [fonds privés donc non publics donc pas en Bourse]
    Mon intervention vise à poser une réflexion sur les processus d’aide aux entreprises comme vous le soulignez fort justement.
    Est-elle pertinente ?
    A qui appartiennet ces champions aidés à haute dose ?
    Quid des petites entreprises qui sont écrasées par ce phénomène et du chômage qui en résulte ??
    J’apporte souvent des solutions qui peuvent dans un premier temps parfois surprendre, je prétend aussi à un débat économique légitime.
    En illustration, je pense ques les entreprises ayant atteint un chiffre de 500 milliards de dollars ne devraient plus avoir la possibilité d’en acheter d’autres plus petites, qu’elles ne devraient plus pouvoir bénéficier de prêts bancaires et plus largement devraient entrer dans le cadre d’un processus limitatif général.
    Voila une proposition forte en notant qu’il n’y en a aucune actuellement dans le monde à ce niveau (Wall-Mart = 408 milliards)

  9. Les grandes entreprises de tous les pays ne font plus la totalité de leur business dans leur pays respectif.
    Les chinois par exemple le font surtout chez nous.
    On trouve ça très bien pour eux et pas bien pour nous.

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