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Culture de mort : Euthanasie

Euthanasie : veulent-ils nous faire mourir de faim et de soif ?

C'est déjà ce qui se passe en Espagne :

S "Ramona Estevez, 91 ans, condamnée à la mort lente par le retrait de la sonde naso-gastrique qui permettait de l'hydrater et de l'alimenter, le 23 août dernier (j'en parlais ici) est décédée ce mardi 6 septembre à l'hôpital de Huelva où elle était… « soignée ». C'est la « Conseillère de santé » de la Junte d'Andalousie qui avait décidé de lui faire retirer l'eau et la nourriture après qu'elle eut été victime d'un infarctus qui l'avait laissée dans le coma, décision prise à la demande des proches de la vieille dame. […] L'évêque de Huelva avait rappelé avec beaucoup de fermeté que le retrait de l'alimentation et de l'hydratation, soins ordinaires, en vue de faire mourir une personne, constitue une euthanasie et ne respecte pas la dignité de la personne humaine, « qui n'est pas liée à l'état de conscience ou d'inconscience du malade »."

Cette possibilité -le retrait de la sonde permettant l'hydratation et l'alimentation- est également possible en France depuis la loi Leonetti, qui entretient la confusion sur la définition des "soins". Ignorant ainsi les soins palliatifs, les partisans de l'euthanasie veulent prouver par cet exemple -mourir de faim et de soif à petit feu- qu'il faut permettre de tuer le patient.

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2 commentaires

  1. Comment « la « Conseillère de santé » de la Junte d’Andalousie qui avait décidé de lui faire retirer l’eau et la nourriture après qu’elle eut été victime d’un infarctus qui l’avait laissée dans le coma » différencie-t-elle son geste de la condamnation du Père Kolbe en camp de concentration?
    Les « heures les plus sombres de notre histoire » (qui ont effectivement été très sombres) semblent reprendre du poil de la bête, hélas.

  2. Je ne crois pas que l’on puisse dire que la loi Leonnetti entretien la confusion. Il est explicitement prévu que, si l’on arrête les soins (destinés à combattre la maladie), alors le médecin « met en oeuvre » les soins palliatifs, le présent valant impératif en droit (sinon, on indique « peut mettre en oeuvre »). Bref, si l’on arrêt d’alimenter et d’hydrater un malade, il est obligatoire de fournir des soins.
    [Dans un texte commun (2007), le cardinal Vingt-Trois et le grand rabbin David Messas avaient dénoncé le point défaillant, gravement immoral, de cette loi qui autorise l’arrêt de l’alimentation d’un malade, en la considérant comme soin thérapeutique et non plus comme un soin ordinaire. C’est la brèche qui ouvre légalement la porte à l’euthanasie par omission (passive), à distinguer certes de l’euthanasie active, comme une différence de degré et non pas de nature dans le « droit » de donner la mort.
    La loi du 22 avril 2005 accorde effectivement au patient, qu’il soit ou non en fin de vie, la liberté de refuser n’importe quel traitement ainsi que le stipule le nouvel article L. 1111-4 du CSP dans lequel les termes « un traitement » sont remplacés par « tout traitement ». Selon certains, c’est ce tout petit mot qui fait la différence car il justifie pour eux l’arrêt de l’alimentation artificielle.
    Si la procédure relève en effet initialement de la technique médicale, son but est de répondre à un besoin élémentaire de nourriture qui permet en définitive la dispensation d’un soin de base. L’intention de laisser advenir une mort par inanition contre laquelle on pourrait lutter avec la perspective d’un succès durable au plan du maintien de la vie, et donc ne pas vouloir l’empêcher alors qu’on le pourrait, n’est ni plus ni moins qu’une euthanasie.
    La question brûlante du retrait de l’alimentation médicale est depuis longtemps une ressource stratégique pour aboutir à une dépénalisation de l’euthanasie. Dès septembre 1984, l’australienne Helga Kube, au cours de la Ve Conférence mondiale des associations pour le droit de mourir dans la dignité, dévoile publiquement le plan de bataille à observer pour légaliser l’euthanasie dans des pays culturellement réfractaires : « Si nous pouvons obtenir des gens qu’ils acceptent le retrait de tout traitement et soin, spécialement l’arrêt de toute nutrition, ils verront quel chemin douloureux c’est de mourir et accepteront alors, pour le bien du malade, l’injection létale ». On ne s’étonnera pas aujourd’hui que l’ADMD fasse main basse sur ce « détail » de la loi française.
    La stratégie des militants pro-euthanasie vise ici à dénoncer l’ambiguïté de la loi pour faire le choix mortel de l’euthanasie légale sensée y remédier. Le législateur se retrouve pris au piège d’approximations qui font le jeu de ses adversaires.
    Voici de larges extraits du texte de l’étude présentée par Mgr Vingt-Trois et le Grand rabbin Messas :
    « Le fait de ne pas entreprendre (ou de ne pas maintenir) pour un malade déterminé, tel ou tel traitement médical, ne dispense pas du devoir de continuer à prendre soin de lui. Juifs et catholiques, nous jugeons qu’il est de la plus haute importance de chercher le moyen et la manière les plus adéquats d’alimenter le malade, en privilégiant dans toute la mesure du possible la voie naturelle, et en ne recourant aux voies artificielles qu’en cas de nécessité. »
    « Seules des raisons graves dûment reconnues (non assimilation des nutriments par l’organisme, souffrance disproportionnée entraînée par l’apport de ceux-ci, mise en danger du malade du fait de risques d’infection ou de régurgitation) peuvent conduire dans certains cas à limiter voire suspendre l’apport de nutriments. Une telle limitation ou abstention ne doit jamais devenir un moyen d’abréger la vie ».
    Elle demande que les « instances compétentes favorisent et garantissent cette interprétation de la loi ».
    « Le commandement biblique : “tu ne tueras pas”, exige de la famille et des soignants de ne pas chercher à hâter la mort du malade, et des malades de ne pas attenter à leurs jours, ni de demander l’aide d’autrui dans cet objectif. En nous appuyant sur ce commandement nous exprimons une opposition très ferme à toute forme d’assistance au suicide et à tout acte d’euthanasie, celle-ci étant comprise comme tout comportement, action ou omission, dont l’objectif est de donner la mort à une personne pour mettre ainsi fin à ses souffrances. »
    La déclaration constate aussi tout ce que la loi Leonetti a de bon en ce qu’elle préconise le recours aux soins palliatifs et distingue clairement entre la fin recherchée et l’effet mortel non recherché d’un traitement destiné à soulager un malade. Mais elle insiste sur la nécessité que ces principes justes soient « observés dans la pratique »
    MJ]

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