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Culture de mort : Euthanasie

Euthanasie : le médecin ne veut pas devenir un monument aux morts

La Croix a publié, lundi 19 février, la tribune d'un médecin contre l'euthanasie, Claire Fourcade, Médecin au pôle de soins palliatifs à la polyclinique Le Languedoc, à Narbonne :

Capture d’écran 2018-02-20 à 08.25.30"Comme une vague qui inlassablement revient sur le rivage, trois nouveaux projets de loi sur l’euthanasie viennent de s’échouer sur les bureaux de l’Assemblée nationale. L’encre des précédentes discussions sur ce sujet n’est pas sèche. Elles ont duré quatre longues années pour aboutir à une loi dont les recommandations d’application n’ont même pas encore été publiées et déjà l’on nous convoque pour réfléchir à la suivante.

Vendredi matin, un interviewer pugnace, d’aucuns diraient agressif, relançait le sujet:

« Vous accompagnez les patients et, s’ils vous demandent d’aller jusqu’au bout, vous n’allez pas les laisser tomber. C’est votre travail de médecin, je ne vois pas où est le problème! »

Il l’a répété plusieurs fois, il ne voyait vraiment pas. Ce monsieur a-t-il déjà essayé de chloroformer ses chatons?

Car moi, je vois bien déjà une partie du problème. Pour chacun de mes patients, parler de sa souffrance, de son angoisse, de sa mort, c’est difficile. Très difficile. La parole vient lentement, durement. Elle se noie de larmes et s’étouffe de sanglots. Alors j’écoute. Avec les oreilles bien sûr, mais aussi avec les yeux pour mieux entendre ce qui ne peut pas se dire, avec les mains pour toucher du doigt la douleur et le mal, avec ma voix pour relancer d’une question les mots qui s’étranglent, avec mon corps tendu qui jamais ne se relâche pour ne pas renvoyer à la solitude de ma lassitude celui qui me fait face et qui, au prix d’efforts que je ne peux qu’imaginer, exprime ses peurs les plus profondes. Je dois à celui qui souffre et qui me fait confiance cette attention, cette tension. De ces consultations je sors toujours épuisée.

Alors, si je devais ensuite en point final de ces conversations, même si on me le demandait, tuer celui qui m’a parlé: préparer la seringue, entrer dans la chambre, dire un mot (lequel d’ailleurs?), injecter les produits, recueillir le dernier soupir, consoler la famille et signer le certificat; alors je crois que, moi aussi, je mourrais. Le médecin en moi mourrait. Car comment ensuite prendre à nouveau le risque d’écouter vraiment? Comment ne pas devenir alors un gigantesque cimetière, une nécropole de champs de bataille? Je ne veux pas devenir un monument aux morts. J’accompagne des vivants qui n’ont que faire d’un médecin qui serait mort à l’intérieur."

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8 commentaires

  1. Un monument aux morts nécessite
    des meurtriers, des criminels…..qui ont
    Promu et tué…..
    Euthanasie n est absolument pas une mort digne
    Il suffit de vérifier en Belgique et ailleurs.
    C est de la récup pour différents intérêts…
    L’être humain n est plus qu une marchandise.
    Des plus jeunes aux plus vieux.
    Question de coût!
    En Belgique….
    Médicaments non remboursés ou très chers….
    Psy spécialisés pour vous y amener…..
    Besoin de la famille autour du condamné
    Quand le !!!!! Pique le malade….
    Dignité?????

  2. Près des camps de concentration d’ Auschwitz, il y avait de nombreuses usines. Ils avaient ainsi une main d’œuvre corvéable à merci et gratuite. Dès que l’un de leurs esclaves” était atteint physiquement, on n’hésitait pas à l’envoyer mourir pour finir dans un crematorium.
    Quand l’homme devient une marchandise ou est traité par une minorité “d’animal”, il est logique qu’il prenne le même chemin.
    Le problème de l’être humain, il a atrophié son cerveau limbique, siège de la spiritualité, de l’émotivité, des sentiments. Il ne se sert plus que de son cerveau reptilien et de son neo-cortex. D’où d’ailleurs la maladie d’alzheimer qui en découle.
    Cette maladie est apparue comme par hasard en 1906. Quelques dizaines d’années avant, en France, on commençait à éduquer les enfants en faisant l’impasse sur tout ce qui était de l’ordre du religieux, alors que le cerveau limbique est le siège de nos jugements de valeur, souvent inconscients, qui exercent une grande influence sur nos comportements.
    Ce non développement de cette partie du cerveau semble grandement responsable de la situation actuelle. Les travaux en neurosciences montrent que notre intelligence (néocortex) est très souvent inhibée par nos automatismes appris (cerveau limbique) et innés (cerveau reptilien).

  3. Quelle magnifique description de son métier et quelle humanité et empathie vis à vis de ses patients . C est çe que j appelle l intelligence du cœur .

  4. Ce témoignage nous redonne foi en la capacité de l’homme a vivre en Vérité face aux forces du mal si puissantes.

  5. A Ursule
    Les 10 premières années de la vie d’un homme sont capitales dans l’apprentissage. Mais comme vous dites, l’école laïque ne développe que la partie neo-cortex et laisse tomber la limbique.
    Pourtant elle est primordiale. Car elle est capable de mémoriser les comportements agréables et désagréables. Un enfant par exemple qui ne vit que dans un environnement de son sexe, ne retiendra que des plaisirs (amitiés, émois etc…) de son sexe. A 15 ans, il aura du mal à en trouver avec l’autre sexe.
    Le cerveau limbique est aussi le centre de la mémoire profonde. Il engendre chez l’être humain, des certitudes quant aux croyances (qu’elles soient vraies ou fausses). C’est bien le siège de nos jugements de valeur. Aussi ne pas développer le sens religieux d’un enfant est l’handicaper sérieusement. Cela donne des adultes capables de monstruosités tels que l’euthanasie ou l’avortement.
    Un être humain qui a eu la chance d’avoir des parents l’ayant laissé développer ses facultés spirituelles, n’a pas ce genre d’idées comme d’aider quelqu’un à se suicider.

  6. Merci d’oser dire et de savoir dire ces mots de miséricorde personnelle envers l’humain en difficultés.
    Que Dieu vous bénisse…

  7. Un médecin fidèle simplement à son serment
    et dotée de surcroit d’un coeur…

  8. Un grand merci au docteur Fourcade !
    Que Dieu vous bénisse et vous garde ?

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