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Pays : Italie / Pro-vie

En refusant l’avortement thérapeutique, nous avons voulu qu’elle se sente accueillie, désirée, aimée et protégée

Imma et de Giacinto ont refusé l’avortement thérapeutique et ont donné naissance à une fille qui a vécu cinq jours. Ils témoignent sur Aleteia. Extraits :

Img-20170619-wa0014"En 2013, un an après la naissance de mon premier enfant, qui était arrivé après plusieurs fausses couches, je suis retombée enceinte. J’étais très heureuse et j’ai vécu les premiers temps de la grossesse bien plus sereinement que la fois précédente. Mais à la 12e semaine, le 24 juillet, le médecin a découvert à l’échographie qu’il y avait un problème. Le bébé était atteint d’acrânie, une pathologie incompatible avec la vie puisqu’elle implique une absence totale ou partielle de la voûte crânienne. Le gynécologue m’a annoncé que selon toute probabilité la grossesse n’irait pas à son terme. Et puis il a ajouté que dans de tels cas, on pratiquait généralement l’avortement thérapeutique. Il a m’annoncé cela d’un ton morne et triste, car il savait les souffrances que nous avions traversées et ce n’était pas facile pour lui non plus. Quand je suis rentrée à la maison, j’ai tout raconté à mon mari puis je lui ai dit : « Giacinto, j’étais enceinte avant et je le suis toujours. »

Qu’avez-vous décidé avec Giacinto ? Avez-vous envisagé d’avoir recours à l’avortement thérapeutique ? 

Non, nous n’avons jamais envisagé l’avortement. Jamais. Nous avions demandé au Seigneur qu’Il nous fasse don d’un enfant et c’est tout. Le Seigneur sait quand Il donne et quand Il reprend. J’étais la maman et je ne pouvais tout simplement pas concevoir de tuer mon enfant. Le cœur de ma fille battait. Deux jours plus tard, nous sommes donc retournés voir le médecin et nous lui avons fait part de notre choix de poursuivre la grossesse. Mon mari se faisait beaucoup de souci pour ma santé car je souffrais de polyarthrite rhumatoïde et de spondylarthrite ankylosante mais le gynécologue l’a rassuré. Giacinto et moi avons toujours eu la grâce d’être d’accord et unis.

[…] Je me souviens que la chef du service de néonatologie m’a dit, lors de mes dernières visites, que j’étais quelqu’un d’égoïste car j’avais exprimé le souhait de laisser ma famille voir l’enfant. À ses yeux, je n’aurais pas dû faire ce choix car la petite ressemblerait à un monstre. Je lui ai répondu : « Écoutez docteur, tel est mon souhait. Je veux que notre fille puisse être connue des siens, mais ne vous en faites pas. Même si elle naissait avec une apparence aussi hideuse et monstrueuse que ce que vous décrivez, aucun d’entre nous ne la regarderait avec vos yeux. Elle sera regardée avec les yeux de l’amour et toute cette laideur s’effacera. » J’ai également demandé à ce que l’on ne pratique pas d’acharnement thérapeutique sur le bébé dans le but de le maintenir en vie après la naissance.

[…] Martamaria est née le 17 janvier 2014 à 12h30. Elle a pleuré tout de suite, à la stupéfaction générale et je me rappelle la gynécologue explosant de joie et me disant : « Imma, écoute comme elle pleure ! » Le diagnostic me fut malheureusement confirmé, mais ma petite fille était vivante ! Elle était née ! Et le premier miracle fut qu’elle pleurait et respirait par elle-même ! Ses cris ont été un hymne à la vie. Puis je me souviens que l’équipe l’a lavée, a pris les empreintes de sa main et de son pied, a fait des photos puis l’a amenée à son père pour qu’il fasse sa connaissance. Nous sommes restés seuls tous les trois, puis nous avons célébré son baptême dans le rituel complet (ce que j’avais vivement souhaité), dans la pièce qui nous avait été réservée, entourés de l’amour de nos familles et de ses deux marraines, Titti et ma sœur Anna. Ce fut une très belle célébration ! J’ai aussi eu la grande joie de pouvoir mettre ma petite fille au sein, de la garder auprès de moi et de la présenter à mes proches. Cela a été une immense grâce !

Et puis cette incroyable surprise : Martamaria a vécu cinq jours…

Oui, Martamaria a vécu cinq jours, choyée et entourée de l’amour de tous. Je garde précieusement les photos où on la voit pointer son doigt vers ma sœur et moi. Ce n’est pas vrai de dire que ces enfants ne ressentent rien, ne vivent rien. Je me souviens qu’un jour, Assia, l’obstétricienne, est venue me voir dans ma chambre avec un médecin. J’étais là avec mes sœurs, Martamaria était auprès de nous et nous étions en train de rire et de discuter. Quand il est sorti, le médecin lui a dit : « Assia, elles sont en train de rire là-dedans. La petite est en train de mourir et sa mère a le sourire. Elle dégage une telle joie ! » À cet instant, nous célébrions la vie, la grâce d’avoir pu connaître cette petite fille, de l’avoir accueillie, de l’avoir tenue dans nos bras.

À chaque fois qu’on me la retirait, elle s’affaiblissait et se refroidissait, mais quand je la reprenais dans mes bras, ses forces revenaient. Cela s’est passé ainsi jusqu’à sa dernière nuit, mais quand j’ai vu qu’il lui fallait de plus en plus de temps pour retrouver des forces, j’ai compris que son moment était venu et j’ai fait venir mon mari. Franca était avec nous, c’était l’infirmière qui a toujours été à mes côtés. Nous étions seulement tous les trois et finalement j’ai trouvé la force de dire à notre fille que son papa et moi étions prêts, qu’elle pouvait partir car nous étions heureux de l’avoir connue et aimée, que nous remercions Dieu de l’avoir eue avec nous pendant cinq jours. Et à huit heures du matin, Martamaria est née au ciel. Le lendemain elle était encore plus belle. Elle avait le visage d’un ange.

[…] En refusant l’avortement thérapeutique pour Martamaria, j’ai pu l’entourer, avec Giacinto et nos proches, d’amour et d’attention. Nous avons voulu qu’elle se sente accueillie, désirée, aimée et protégée. Elle a reçu le sacrement du baptême ainsi que des funérailles. Nous lui avons donné la dignité d’une personne humaine qui revient à chacun et que l’avortement élimine d’une manière atroce. Je rends grâce au Seigneur pour tout cela, je Le remercie de m’avoir fait faire l’expérience de cette joie parfaite dont m’avait parlé mon amie Titti, je rends grâce pour Son immense consolation et pour l’assurance de la vie éternelle. Ma fille est née, a vécu, est morte et vit désormais au ciel."

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Guillaume de Thieulloy
Directeur du Salon Beige

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9 commentaires

  1. Ce témoignage est bouleversant. Vous avez la Foi c’est pourquoi vous avez agi comme des parents chrétiens ; vous êtes merveilleux. Quand on met Dieu dans sa vie, les choses sont moins compliquées, on a la force de surpasser bien des souffrances. Que Dieu vous bénisse.

  2. Merci pour ce témoignage intense… Que le Seigneur les encourage…

  3. Très émouvant et exemplaire ; merci.

  4. “En refusant l’avortement thérapeutique pour Martamaria, j’ai pu l’entourer, avec Giacinto et nos proches, d’amour et d’attention. Nous avons voulu qu’elle se sente accueillie, désirée, aimée et protégée.”
    Même un athée franc-maçon devrait pouvoir être d’accord avec un comportement aussi (simplement) humain, non?

  5. Bouleversant témoignage.
    Je ne suis pas sûre que j’aurais eu cette force.
    Que Dieu bénisse ces parents si humbles dans leur grandeur.

  6. Magnifique témoignage. Qu’il puisse inspirer le corps médical et d’autres parents qui seront confrontés à une épreuve similaire.

  7. Très beau. Merci.

  8. Je me rends compte qu’avec les années je deviens de plus en plus cœur d’artichaut. Ce témoignage est bouleversant. Et même si on est émus à sa lecture,on ressent aussi une vraie joie.
    Et finalement ce qu’il faut en retenir, c’est qu’une vie, qu’elle dure 5 jours ou 100 ans a la même valeur.
    Quel témoignage édifiant pour les équipes soignantes qui ont assisté ces deux parents pendant ces 5 jours !
    Et finalement le Bon Dieu permet ces épreuves pour forcer les gens enfermés dans le prêt à penser à revenir aux fondamentaux. Car au fond, lorsqu’on lit ce qu’écrit cette maman, on voit qu’il n’y avait évidemment pas d’autre solution… ce qui n’enlève évidemment pas le mérite de ces deux parents, qui ont dû:
    – affronter le monde médical et ses contradictions en matière de défense de la vie,
    – affronter la douleur immense qui est celle des parents qui perdent un enfant.
    Et le bon Dieu a un plan pour cette petite fille, qui veillera sur sa sœur et ses parents.

  9. Absolument bouleversant.

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