Emmanuel Macron a bénéficié d’importantes ristournes pendant sa campagne

15189679Des entreprises ont cassé leur prix pour se mettre au service d’Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle.

Emmanuel Macron est monté sur la scène de théâtres parisiens, le 6 février 2017 à Bobino, puis le 8 mars au Théâtre Antoine. Les deux salles ont le même propriétaire, Jean-Marc Dumontet (il est copropriétaire du Théâtre Antoine avec Laurent Ruquier). Le théâtre Antoine a été facturé 3 000 euros. Un mois plus tôt, à Bobino, c’était le même tarif. Le tarif de base de la location de la salle avoisine les 13 000 euros TTC. L’équipe de campagne d’Emmanuel Macron a donc obtenu une réduction d'au moins 75%. Après l’élection d’Emmanuel Macron, Jean-Marc Dumontet se serait bien vu ministre de la Culture. Ces derniers jours encore, certains le voyaient remplacer Françoise Nyssen.

Salle de concert située dans le nord-est de Paris, la Bellevilloise avait été réservée pour une soirée de campagne à laquelle le candidat ne participait pas. Tarif de la location : 1 200 euros. La facture a attiré l’attention de la Commission des comptes de campagne en raison de la mention de deux remises pour un total de 900 euros HT. Benoît Hamon a lui aussi organisé une soirée à La Bellevilloise. Montant de la facture : 4 838,40 euros. Le 8 avril, alors qu’il revient à La Bellevilloise, le candidat Hamon se voit de nouveau appliquer les mêmes bases tarifaires. Et quand En Marche loue à nouveau la salle pour une réunion publique le 5 avril, c’est de nouveau à 1200 euros HT. Au total Benoît Hamon paie donc près de quatre fois plus cher – à prestations égales. L’équipe Macron a bénéficié d’une remise de 85%.

A la Maison de la Mutualité à Paris, GL Events, le gestionnaire de la salle, a accordé une remise globale de l’ordre de 26% sur le total de la facture. Ni François Fillon le 14 janvier 2017, ni Benoît Hamon le 5 février 2017 n’ont obtenu les mêmes niveaux de remise. Le 2 juillet 2016, Les Républicains ont obtenu une remise de 12%. Au total, pour une occupation comparable de la Mutualité, LR a payé 37 000 euros de plus que l’équipe Macron.

Le 7 septembre 2016, les militants d’En Marche sont invités sur une péniche à Lyon autour de Gérard Collomb. La facture est d’un montant de 996 euros TTC. Le catalogue de l’établissement montre que les prix pratiqués avoisinent plutôt généralement les 3 000 euros. La facture de l’apéro comporte une "remise commerciale" de 1 100 euros. Le montant de la ristourne est donc supérieur au montant total de la facture ! 

Eurydice est un partenaire d'Emmanuel Macron. Au début de la campagne, la société d’événementiel installée a pour directeur commercial Arnaud Jolens. Un homme qu’Emmanuel Macron embauche à l’Elysée après l’élection. Le prestataire a effectué une "remise exceptionnelle" de 2 900 euros pour le meeting d’Arras du 26 avril 2017. A ce rabais s’ajoutent des ristournes allant de 30 à 100%, sur de nombreux postes de dépenses. Ainsi, une remise de 100% est appliquée pour la location de deux vidéoprojecteurs. Soit 4 400 euros. Pour le meeting de Nantes, Eurydice a appliqué une remise totale de 15 206,06 euros HT pour une facture de 47 369,62 euros HT. 

Julien Tassy (le responsable de la stratégie digitale de la campagne, poste qu’il occupe aujourd’hui à l’Elysée) a obtenu 30% de remise au vice-président Europe de NationBuilder. La facture passe de 74 000 dollars à 52 000 dollars. Les autres candidats utilisant NationBuilder n’ont pas obtenu les mêmes niveaux de remise. Chez Les Républicains, on affirme avoir eu juste droit à la remise classique prévue en cas de souscription d’un an : deux mois gratuits, soit environ 15%.

La société de design scénique Giglam and The Imagineers a fait une ristourne de 2 617 euros HT sur une facture de 4 743 euros HT (5 691,60 euros TTC), soit près de 36% de remise.

L’article L52-8 du code électoral stipule:

"Les personnes morales, à l'exception des partis ou groupements politiques, ne peuvent participer au financement de la campagne électorale d'un candidat, ni en lui consentant des dons sous quelque forme que ce soit, ni en lui fournissant des biens, services ou autres avantages directs ou indirects à des prix inférieurs à ceux qui sont habituellement pratiqués."

Tout ceci ne semble pas avoir choqué outre mesure la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques, dont le président vient de bénéficier d'une augmentation de 57%.

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