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France : Politique en France / France : Société

Eloge au Commandant Hélie Denoix de Saint-Marc

Extrait de l'éloge prononcé par le général de corps d'armée Dary, gouverneur de Paris, lors de la remise des insignes de Grand’Croix de la Légion d’Honneur le 28 novembre :

"(…) Se réjouit aujourd’hui avec vous la foule silencieuse de ceux qui ont connu la souffrance, dans leur corps, dans leur cœur ou leur âme ; il existe un lien mystérieux, invisible, profond, indélébile qui unit ceux qui ont souffert. La marque de la douleur vous confère cette qualité de savoir regarder la vie autrement, de relativiser les échecs, même importants, de rester conscients que tout bonheur est fragile, mais aussi de savoir apprécier les joies simples de la vie, le regard d’un enfant ou d’un petit-enfant, le sourire d’une femme, la fraternité d’armes des camarades, l’union des âmes des compagnons (…)

Et puis, parmi la cohorte immense, il y a ceux qui croyaient au ciel, et ceux qui n’y croyaient pas, tous ceux qui ont été ébranlés dans leur foi et leurs certitudes, pour avoir vu, connu et vécu l’horreur ; ceux qui ont douté qu’il pût exister un Dieu d’amour, pour avoir hanté les camps de la mort, qu’il pût exister un Dieu de fidélité, pour avoir dû abandonner un village tonkinois, qui avait cru à votre parole, ou qu’il pût exister un Dieu de miséricorde, pour avoir été victime de parjures. Et pourtant, au soir de votre vie, vous restez persuadé que rien n’est inutile et que tout est donné, que si le passé est tragique, l’avenir est plein d’espoir, que si l’oubli peut envahir notre mémoire, le pardon ne pourra jamais assaillir notre cœur ; c’est ce que vous avez appelé : ‘‘l’Aventure et l’Espérance’’ (…)

Enfin et au dessus de tout, ceux qui se réjouiront sans doute le plus, même si leur pudeur ne le leur permet pas, ce sont les hommes d’honneur ! Car l’étoile qui vous a guidé dans toute votre vie, restera celle de l’honneur, puisque vous lui avez tout sacrifié, votre carrière, votre famille, votre renommée, votre avenir et vos lendemains ! Et aujourd’hui, cet honneur vous est officiellement reconnu, car la France, dans sa profonde tradition imprégnée de culture chrétienne, a su pardonner et même plus que cela, elle a reconnu votre sens de l’honneur (…).

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7 commentaires

  1. Joie profonde

  2. Cette remise de décoration sent surtout les élections…
    [Je vous renvoie à cet article de Jacques Trémollet de Villers qui aborde cet aspect du sujet de belle manière…
    http://www.secoursdefrance.com/content/view/849/9/
    Philippe Carhon]

  3. Tout ça laisse un peu rêveur. Denoix de Saint-Marc est certes un personnage attachant et même une figure plutôt admirable de soldat d’honneur. N’insistons pas sur le fait que c’est, encore plus, un héros de trois guerres. Ce qui chagrine, dans cette affaire, c’est l’espèce d’incohérence politique animant le même Etat qui tire de sa retraite un officier dont il a brisé la carrière, en l’ayant condamné à la réclusion criminelle pour rébellion, pour enfin l’honorer des plus grands insignes de la République. L’aurait-on condamné à tort ? Alors, les conjurés du Petit-Clamart avaient raison, et sans doute Nicolas Sarkozy va-t-il suggérer à son premier ministre de faire débaptiser la place de l’Etoile et autre porte-avions.
    On me répondra que Denoix a été, comme d’autre comparses de l’affaire algérienne, bénéficiaire d’amnistie, voire de reconstitutions de carrière. C’est le « pardon et oubli » politique qui doit un jour ou l’autre clore les luttes civiles. Cela devrait suffire. Après tout, les putschistes de 1961 ont été condamnés par des tribunaux et des jugements réguliers, sinon très impartiaux ni très admirables. A-t-on entrepris la révision des procès ? On pourrait rapprocher ces maladresses des prétentions de Lionel Jospin premier ministre qui voulait qu’on réhabilitât les mutins fusillés de 1917.
    Je crois me souvenir qu’Arletty, victime de l’Epuration, avait répondu ce qu’il fallait quand il avait été question que Vincent Auriol la décorât de je ne sais quel ordre, rappelant tout ce petit monde à un peu de cohérence et de suite dans les idées.

  4. Personne,
    Oui et alors?
    Pensez-vous qu’un homme de cette dimension, au soir de sa vie, puisse se laisser berner par un colifichet?
    Pensez-vous que les électeurs habitués aux trahisons puissent y voir autre chose qu’une reconnaissance très tardive de la légitimité de certains engagements?
    Quel patriote pourra voter pour l’héritier du principal responsable de ces drames?

  5. L’hommage du général Dary est très émouvant,mais pourquoi parle-t-il de la France incarné par la république, la république n’est pas de chair. De plus, “la France qui pardonne”, qu’est-ce que ça veut dire, le Cdt Hélie de Saint Marc n’a pas à se faire pardonner, on peut pardonner les offenses, les péchés, mais dans le cas du cdt de Saint Marc, la France ne lui doit que reconnaissance.

  6. Grande joie pour nous aussi de la reconnaissance qui est faite à cette haute figure de la noblesse d’arme et de coeur dont les nombreux fils de France partagent l’idéal, notre idéal, sans connaître, ou si peu, les peines qui furent les siennes.
    Cet exemple d’homme devrait inspirer bien des “décideurs”.
    Merci aussi au Général DARY pour ce fort bel hommage.

  7. Vous n’avez pas publié. C’est votre droit. Ça pouvait effaroucher. Réfléchir est, il est vrai, un peu plus complexe que de « commenter » (?), à la manière de tant de lecteurs par des « Garde à vous ! », « Hardi les gars ! » ou « Vive le Christ Roi ! ».
    J’ai lu le rapport assez grandiloquent de Me Trémollet. Sur le fond, je suis plutôt d’accord avec lui : en toute logique, c’est bien pour avoir entrepris le putsch – le mot, sonnant doute un peu boche, répugne à notre avocat – que le commandant a été décoré. Comprenne qui pourra. Qu’on ne se méprenne pas. Le coup d’avril 61, je le trouve plutôt crâne. Je dirais pas que j’en partage le choix, doutant avoir eu le courage des insurgés si j’avais été à leur place. Je trouve seulement un peu léger d’assumer le geste de 2011 qui déconsidère la continuité de l’Etat. Ne vous étonnez pas si un Hollande président réhabilite les mutins de la mer Noire. Je ne blâme pas le vieux soldat. Il a pu vouloir en l’affaire saluer ses anciens compagnons d’infortune, et peut-être faire un ultime pied de nez à ses persécuteurs et aux moins glorieux de ses confrères. C’est lui je crois qui, à l’ouverture de son procès, aurait déclaré son étonnement que l’armée comprît « autant de salauds ».
    Le discours du général commis aux solennité comporte un passage rigolo. Il y célèbre même la victoire sur la Pacte de Varsovie. Au moins, celle-ci n’aura fait aucun mort. Pas même un prisonnier, ni un carreau cassé. Les amateurs d’exactitude apprendront qu’elle fut précisément remportée le 1er juillet 1991, à Prague, sous les rempart de laquelle s’illustra en d’autres temps un autre héros national, le sergent Dubois.

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