Partager cet article

Liberté d'expression

Economie : liberté et colbertisme ne sont pas contradictoires

Guillaume de Thieulloy est, depuis mars dernier, le directeur de l’hebdomadaire Les 4 Vérités. Sa ligne politique est celle de son prédécesseur : il est pour l’entente des droites, de toutes les droites françaises. Il est interrogé dans Minute du 27 août. Voici un extrait traitant de la question économique :

4verites "Nous resterons des défenseurs déterminés des libertés économiques, mais là aussi avec des nuances : certains collaborateurs sont franchement favorables au libéralisme, d’autres plus marqués par le catholicisme social, dans la lignée de La Tour du Pin. Nous demeurons en tout cas hostiles à l’étatisme et au socialisme, et cela, ça ne changera pas ! […]

Ne pensez-vous pas que ce vous appelez l’étatisme, qu’on peut aussi appeler le colbertisme, peut être aujourd’hui une protection face à la mondialisation ?

Pour moi, colbertisme et étatisme ne sont pas équivalents. Personnellement, je serais assez favorable au colbertisme (mais je dois reconnaître que ce n’est pas le cas de tous les rédacteurs). Je souhaite que l’Etat assume ses responsabilités. Par exemple, que l’on traite les questions de défense uniquement sur le plan comptable comme on le fait aujourd’hui est une aberration. Il me paraît évident que c’est d’abord un choix politique, et après on se donne les moyens de le financer. Ce que j’appelle étatisme ou socialisme, c’est quand l’Etat s’occupe de ce dont il ne devrait pas s’occuper. Par exemple que l’Etat ait un quasi-monopole scolaire me semble ahurissant. L’Etat actuel s’occupe, d’ailleurs assez mal, de choses dont il n’a pas à s’occuper, et abandonne ce dont il devrait prendre grand soin. Il est absurde de voir les investissements considérables auxquels on procède dans l’enseignement, selon la logique du « toujours plus de moyens », alors qu’on voit le peu de succès de cette logique purement comptable, alors que dans le même temps on abandonne toute forme de diplomatie indépendante et de Défense autonome.

Est-ce qu’on peut dire que vous êtes libéral sur le plan intérieur, mais que cette liberté d’entreprendre peut aller de pair avec un certain protectionnisme vis-à-vis des pays avec lesquels nous sommes en concurrence faussée, comme la Chine ou les Etats-Unis ?

Bien sûr. Il est évident qu’il faut se battre à armes égales. Par exemple, je ne comprends pas pourquoi certains vilipendent en permanence le keynésianisme ou le socialisme de la France tout en chantant les louanges de l’économie américaine qui doit probablement être la plus keynésienne du monde ! En particulier dans un certain nombre d’industries stratégiques, il ne me semblerait pas choquant – je trouverais même souhaitable – que, dans le cahier des charges des achats publics, figure l’obligation de choisir des fournisseurs français plutôt que des fournisseurs étrangers. Ce devrait par exemple être le cas dans le domaine de la Défense. Je trouverais assez sain de ne pas traiter l’étranger comme le Français."

Michel Janva

Partager cet article

Publier une réponse

Nous utilisons des cookies pour vous offrir la meilleure expérience en ligne. En acceptant, vous acceptez l'utilisation de cookies conformément à notre politique de confidentialité des cookies.

Paramètres de confidentialité sauvegardés !
Paramètres de confidentialité

Lorsque vous visitez un site Web, il peut stocker ou récupérer des informations sur votre navigateur, principalement sous la forme de cookies. Contrôlez vos services de cookies personnels ici.


Le Salon Beige a choisi de n'afficher uniquement de la publicité à des sites partenaires !

Refuser tous les services
Accepter tous les services