Diplomatie aphone

G A propos du conflit israélo-palestinien, le secrétaire général de l'Élysée Claude Guéant a déclaré :

"Il faut d'abord que les Palestiniens s'entendent entre eux. Pour l'instant, le Hamas est sur la liste des organisations terroristes donc il est impensable de discuter directement avec lui"

Ce à quoi Jean Cochet rétorque dans Présent :

"Ce manichéisme dogmatique et bigot, qui consiste à ne pas parler à ses ennemis, constitue en politique une absurdité. La diplomatie a justement été créée pour pouvoir prendre langue avec ses ennemis. Soit pour éviter que des différends s’enveniment et dégénèrent en conflits armés. Soit pour essayer de trouver, en état de guerre, les fameux « chemins de la paix » qui permettent d’en sortir. Mais aujourd’hui les Occidentaux, Sarkozy en tête, cherchent ces chemins avec une lanterne sourde dont ils cachent soigneusement la lumière. […] Les [Israéliens], qui ont d’ailleurs « sponsorisé » les débuts du Hamas pour faire pièce dans un premier temps aux organisations palestiniennes soutenant Yasser Arafat, comme par exemple l’OLP, préfèrent avoir en face d’eux une organisation extrémiste, ce qui justifie de leur part une politique intransigeante, excluant toute concession".

Michel Janva

4 réflexions au sujet de « Diplomatie aphone »

  1. Jan

    Jean Cochet pense-t-il sérieusement que le Hamas veuille discuter avec des juifs d’un plan de paix? Ca me fait penser à ces naifs qui présentent le dialogue avec les “djeunes” comme LA solution au problème dit des banlieues. Et quand on pense au culte de la mort sur lequel s’appuie la propagande du Hamas, on finit par se demander les motivations qui poussent à une telle analyse…

  2. Clément

    Il est vrai que l’on reste sans voix lorsqu’on lit, sous la plume de certains qui étaient outré, dans les années 60, de toute possibilité de négociations avec le FLN, parce que, disaient-ils, c’était légitimer des terroristes, donc des criminels.
    Mais le Hamas n’est terroriste qu’envers Israël (Pour l’heure) et donc fréquentable. La droite dite nationale a perdu de son lustre, elle est moins attachée à l’honneur et à la civilisation puisqu’elle en trouve dans ces bandes aux bras tendu et fronts bandés.
    [La comparaison avec le FLN est mauvaise, car ce mouvement terroriste était minoritaire et ne représentait pas le peuple en Algérie. En acceptant de négocier avec le FLN, le gouvernement français aurait du négocier avec tous les mouvements algériens. MJ

  3. Clément

    Monsieur,
    En Algérie, nul ne se faisait d’illusions, le FLN était le prolongement pratique du mouvement des Ulemas et de l’arabisme des années 30. Le MNA du fanatique Messali Hadj eut été aussi meurtrier s’il en avait eu l’occasion. Quant aux musulmans francophiles, ils ont été éliminés ou marginalisés. Le 26 mars, ce sont des musulmans de l’armée française qui ont tiré sur la foule, et le 5 juillet à Oran c’est la foule qui a tué pendant des heures.
    Il est éloquent que l’histoire soit déformée pour les besoins d’une cause. Le FLN a ouvert la voie des terrorismes islamiques, et les témoins et historiens les plus impliqués et sérieux (Docteur Jean-Claude Pérez) l’ont montré dans de multiples ouvrages.
    Enfin, toute la hantise de cette guerre tenait dans le mot terrorisme: attaque des civils inattendue, imprévisible, et impunie la plupart du temps
    D’ailleurs, qui vous dit que le Hamas, ou même le Fatah sont majoritaires? La majorité est de fait en pays arabe, si on n’adhère pas on est un traître (Apostasie, crime d’honneur etc…) La loi n’a rien à voir là. Les chrétiens de Bethleem et de Nazareth en savent quelque chose. Ils ont beau montrer leur loyalisme arabe, ils sont persécutés et disparaissent. En Algérie il eut fallu que nous fissions de même, défiler comme les prêtres de Bethleem hier, bannières en tête, en signe d’adhésion au FLN. Les communistes ont tenté la même chose sur ordre de Moscou, ils ont eu à choisir: se fondre dans le FLN ou disparaître.
    Nous avons préféré l’exil la tête haute pour ne pas avoir à saluer un drapeau marqué d’une étoile et d’un croissant.
    Appelez cela comme vous le voudrez, mais pour nous ce fut notre honneur: ne pas plier, quitte à perdre le sol natal à jamais!
    [Ne changez pas le sujet. La question est : faut-il discuter ou non avec des mouvements, quels qu’ils soient ? Si oui, alors il faut discuter avec tout le monde.
    En Algérie, vous savez très bien que la défaite fut politique et non militaire.
    MJ]

  4. Clément

    A votre question la réponse est non: il faut détruire ces mouvements et leur tête d’abord
    Si en Algérie la défaite fut politique, cela prouve bien qu’il ne fallait pas instituer des tueurs comme “interlocuteurs valables” mais bien aller les chercher là où ils étaient: en Tunisie, au Maroc, en Egypte et ailleurs. Ce qui d’ailleurs fut tenté – et torpillé par les politiques – avec l’affaire de Sakiet Sidi Youssef, et même avec l’affaire de Suez.
    [Donc nous sommes d’accord : que va faire Nicolas Sarkozy s’il ne va pas discuter ? Diplomatie aphone. MJ]

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