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Culture de mort : Euthanasie

D’Adolf Hitler à l’ADMD

Jean Chaunu, dans un article politiquement incorrect, rapproche

"les pratiques euthanasiques du national-socialisme et celles qui sont de nos jours ardemment revendiquées par de dignes personnalités du monde médiatico-médical"

Certes, les bonnes consciences vous diront que, chez les nazis, l’euthanasie était la mise à mort de quelqu’un qui ne le voulait pas, tandis qu’aujourd’hui il s’agit de demandes réfléchies et raisonnées de malades en fin de vie connaissant des douleurs intolérables…

"l’horreur est dans la clandestinité, pas dans l’acte en lui-même réduit à l’insignifiance. L’histoire de la loi Veil, de ses prolégomènes, nous l’a bien appris. C’est la raison pour laquelle le Grand Orient qui est une société transparente abhorrant la clandestinité, prônant les lumières de la raison à huis-clos a tant fait pour cette loi."

Sauf qu’

Ah "un détail infime a semé le trouble dans ma bonne conscience. […] Le 1er septembre 1939, Hitler autorise le programme “T4” par une simple note :

« Le Reichsleiter Bouhler et le docteur en médecine Brandt sont chargés, sous leur responsabilité, d’étendre les attributions de certains médecins désignés par eux, les autorisant à accorder une mort miséricordieuse aux malades qui auront été jugés incurables selon une appréciation aussi rigoureuse que possible. »

Admd Là, c’est le choc. Ce mot si noble de mort miséricordieuse (on dirait aujourd’hui «le droit à mourir dans la dignité») que les nazis osent employer ne suffirait donc pas à nous rassurer sur leurs mauvaises intentions. Pas même l’appréciation aussi rigoureuse que possible. […] Qui va définir qu’une vie ne mérite plus de se prolonger ? Dans l’exemple cité ici, le corps médical selon les normes du national socialisme. Vous voyez bien, me dites vous, qu’il s’agit d’une euthanasie totalitaire. C’est l’État qui choisit à la place de l’individu. Le progrès, c’est que l’individu choisisse lui même et que l’appareil médical s’exécute […].

Va-t-on refuser à l’individu de débrancher sous prétexte qu’il avance des arguments national-socialistes pour justifier sa mise à mort ? La réponse mérite qu’on s’y arrête. Supposons qu’un malade (mental évidemment) déclare à son médecin qu’il n’est plus digne de vivre parce […] qu’il coûte cher à la Sécu, etc. Devrait-on repousser sa requête inspirée d’un idéal élevé du sacrifice par intolérance envers des arguments néonazis ? […] Supposons que ces arguments soient pris en compte ou qu’ils soient mis sur le même plan que les arguments sensibles, la souffrance insupportable, etc. Dois-je conclure que la conception du monde national–socialiste est comparable à la conception individualiste, utilitaro-hédoniste…? […]

Au nom de quoi déciderions nous que l’euthanasie individualiste et compassionnelle serait plus recevable que celle d’un État prenant ses dispositions pour éliminer quelques indésirables ? […] Au nom de quel jugement de valeur, les normes éliminant les estropiés d’hier seraient-elles plus honteuses que celles d’aujourd’hui puisque le mal absolu, convenons-en une fois pour toutes, c’est d’être estropié ? […] Nous pouvons donc tous devenir des individus nazis dans un État libéral prêts à faire le sacrifice de nos vies inutiles et une législation compassionnelle peut nous aider à concrétiser nos dernières volontés tout en faisant des économies dans les hôpitaux."

Michel Janva

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8 commentaires

  1. C’est comme si l’expression proprement dite incarnée déjà la menace de ce qui pourrait s’étendre à toute la société, à l’état…
    Alors : Euthanasie ou Etat Nazi ?

  2. Excellent. Merci.

  3. Excellent article, mais qui commet la confusion entre relativisme des valeurs, issu des Lumières, baptisé à tort libéralisme, et étatisme socialisant : parce qu’un libéral conséquent ne demandera jamais à l’Etat qu’il légifère pour régler des choix moraux ou éthiques personnels. Ce sont des conceptions étatistes qui par la loi ont obligé des corps professionnels ayant leur éthique professionnelle ancestrale, comme le serment d’Hippocrate, à pratiquer des gestes de mort tels que l’avortement, l’euthanasie, etc…..
    C’est donc l’exact contraire du libéralisme qui a prétendu créer une morale publique définie par la loi, par le droit positif : la matrice révolutionnaire jacobine n’est pas libérale.
    Il serait grand temps que les catholiques cessent de tomber dans ce piège grossier que leur tend la gauche en faisant du libéralisme au sens strict la poubelle de toutes les immoralités : historiquement, ce n’est que depuis que l’état se mêle de morale que le scientisme matérialiste, avec ses corollaires eugénistes et toutes les dérives de dévaluation de la Vie, ont pu devenir des normes légales.
    C’est donc par une revendication de liberté que doivent être combattues politiquement ces législations, même si en tant que catholique nous respectons la Vie parce qu’elle est créée et reçue de Dieu. La liberté de la raison ne s’oppose pas à la Foi.

  4. Excellente analyse.
    Les pensées de nos modernes ne reposent pas sur des fondements solides.
    De même, pourquoi interdire à un aryen blond aux yeux bleus de se cloner ?
    Pourquoi interdire les conventions de mères porteuses puisque chacun fait ce qu’il veut ?

  5. @ Pascal G
    Vous faites une malheureuse confusion entre le libéralisme et une pensée libertaire :
    Le libéralisme est avant tout une doctrine économique (de droite mais désormais de gauche) qui peut effectivement gravement influencer la société.
    La pensée libertaire est avant tout un “progressisme” des moeurs, d’abord de gauche, mais qui gagne petit à petit du terrain à droite (depuis 1789…)
    Jack Lang est un libéral-libertaire.
    Besancenot est un anti-libéral/libertaire.
    De Villiers et Le Pen sont ni libéraux ni libertaires.

  6. Le libéralisme n’est pas une pensée économique, mais une philosophie politique, et Pascal G. l’a parfaitement définie.
    Ce sont ceux qui l’accusent d'”immoralité” qui le confondent avec une aspiration (on ne saurait parler de “pensée”) libertaire.

  7. Mea Culpa sur les origines du mot libéralisme et libertaire. Le libéralisme étant effectivement d’abord une philosophie politique. Force est néanmoins de constater que son utilisation politique actuelle est économique.(Je n’ai personnellement qu’ emprunté à Patrick Louis prof d’éco en université et aujourd’hui député, ce que j’ai retenu de ses définitions)
    Il faudrait peut etre étudier plus en détails les points de vues d’Henri Lacordaire (anti-libéral) et de Frédéric Bastiat (libéral) tous 2 catholiques et ayant réfléchis à cette question. Ou encore La Tour du Pin et autres…
    Je ne me suis réellement penché sur la critique de notre système économique qu’avec Maurice Allais et le courant du “Crédit social” de Louis Even dont Jeanpier Dutrieux est un actuel représentant. Le SB semble également s’y connaitre sur le “distributisme” que je ne connais pas.

  8. Je viens de lire les réponses données à cette article par une soi-disante poétesse… je pensais que ce genre de personnes avaient une sensibilté, mais je m’apperçois que je me suis trompé!! Les articles de Michel Janva reste mesurés, contrairement aux réponses hargneuses, haineuses, bref qui comporte exactement toutes les caractéristiques de ce que reproche ces réponses à M. Janva. Mais sans aucun argument. Maniant ainsi l’insulte grosssière et le mensonge, parlant de foi qu’elle récuse et donneuse de leçons, parlant d’Amour alors qu’elle prêche une haine sous-jacente à ces propos, l’orgeuilleuse auteur de ces réponses me fait peur. Oui, je l’avoue. Mais où va donc la France?

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