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Europe : politique / Pays : International

Crise grecque et acharnement “thérapeutique” du système financier

De Guillaume de Prémare, d'Ichtus, à propos de la crise grecque :

"Il est vrai que le peuple grec n’est pas l’innocent aux mains pures. Il a péché par insouciance, cru trop longtemps que pourrait perdurer cette folie qui consiste à vivre à crédit de manière démesurée, le cas échéant en comptant sur la solidarité supposée de ses voisins de l’Union. Rattrapé par la réalité, il est entré dans une phase d’intenses souffrances. Mais cette insouciance grecque n’est-elle pas la nôtre aussi, à un degré peut-être moindre ? Croyons-nous que nous soyons, en France, à l’abri d’un scénario comparable, dans sa nature sinon dans son ampleur ? Comme les choses seraient simples s’il s’agissait simplement d’un « mauvais élève » qui a triché aux dépens des autres et mis ainsi en danger un système prospère et pérenne. Non, le fond de l’affaire n’est pas là, il est bien plus large : non seulement ce système économique et financier n’est pas pérenne, mais encore est-il fou et prédateur, pas seulement à l’échelle de l’Union européenne, mais à l’échelle mondiale. Nous le savons au fond de notre conscience mais nous acceptons, selon les mots du pape, « son empire sur nos êtres et nos sociétés ». Le pape est pourtant explicite quand il écrit, au paragraphe 61 de Laudato si’ : « Il est certain que l’actuel système mondial est insoutenable de divers points de vue, parce que nous avons cessé de penser aux fins de l’action humaine ». Mais peut-être avons-nous peur de ce que pourrait-être la vie sans ce « système mondial », sans la dette, sans cette incessante injection massive de liquidités fabriquées, éventuellement sans l’Euro etc.

[…] Haro sur les Grecs, haro sur la Grèce : le processus du bouc émissaire est en marche. Ce n’est pas raisonnable car le problème de fond est ailleurs : l’affaire grecque est le symptôme d’un dérèglement global. […] Ce système est en soins intensifs depuis 2008, sous perfusion, en situation active d’acharnement thérapeutique. Et la poursuite de cet acharnement se pratique au prix d’une tyrannie : quand un « patient » mal en point demande l’arrêt de soins dépourvus de sens, on voudrait les lui imposer. […]

Ce qui se passe avec la Grèce est à observer avec attention : c’est un laboratoire vivant d’une tentative de retour du politique face à l’économique, face au technocratique. Que Tsipras échoue ou réussisse, il y aura des leçons à tirer pour tous les pays aujourd’hui soumis à « la dictature d’une économie sans visage », parce qu’il n’y aura pas de solution sans un retour puissant du politique. […]"

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14 commentaires

  1. déjà au XIX on connut ce genre de crise et le résultat fut l’effondrement de la grande propriété terrienne avec de nombreux bouleversement dans les familles! l’aristocratie et la bourgeoisie de province vivait au dessus de leur moyen! les droits de succession finirent de dénombrer les domaines!
    il y eu des transferts de propriété et des alliances nouvelles!

  2. vivement que la Grece se barre de l’Europe ! La Sainte Russie chrétienne l’aidera à se relever et dans quelques années nous aurons enfin au sud de l’Europe un pays fort économiquement et qui n’aura pas été islamisé !!!

  3. Article très intéressant et fort juste.
    Le parallèle avec l’obstination déraisonnable est audible mais de grâce cessons de confondre soins et traitement. L’acharnement thérapeutique ne concerne que le(s) seul(s) traitement(s), et pas les soins. C’est cette confusion (malhonnête celle-là contrairement à celle du grand public) qui est, à l’origine du drame vécue par Vincent Lambert, lequel ne saurait être privé de soins élémentaires!

  4. Je parle évidemment de la confusion instillée, plus ou moins consciemment, par les politiques, juristes et tenants de l’euthanasie et non de celle de l’article!

  5. Par certains politiques, juristes et tenants de l’euthanasie pour être plus précis

  6. Bruxelles doit être détruite comme l’a été Carthage.
    Un point c’est tout.

  7. La dette est un moyen d’asservir les pays. Elle fut utilisée dans les pays du tiers-monde pour s’accaparer de ses matières premières par les USA. Puis le même plan diabolique fut mis en place en Europe. On achète les médias et les politiciens pour qu’ils ferment les yeux. Ce n’est pas dû au hasard si tous les pays européens sont au bord du gouffre. Cela a été volontairement organisé ! La Grèce par exemple s’est mise à acheter des armes alors qu’elle était déjà à court d’argent ! Mais ses comptes furent truquées. Par qui ? Par Goldman Sachs ! Et qui remplaça Papandreou comme président ? Un ancien de Goldman Sachs ! On retrouve la même chose avec l’Italie. On organise une campagne de presse contre Berlusconi, expliquant qu’il aime les filles de 17 ans. Puis on le remplace par un ancien de Goldman Sachs ! Et tout cela sans élection ! En France, les habitants disent non lors d’un référendum. Sarkozy qui travaille pour les Américains et Israël, les trahit ! Il va même aller jusqu’à vendre 600 tonnes d’or de la France pour soutenir le dollar !
    Bref, tant que les médias appartiendront aux financiers ! Tant que les états n’auront pas repris leur souveraineté avec les droits régaliens qui en découlent, c’est la misère qui augmentera jusqu’à un point de non retour.

  8. @jejomeau : la Grèce a été islamisée en 1453, c’est ce qu’on appelle la Turquie.

  9. @ Florian
    En effet il y a une dimension escathologique dans le mecanisme de la dette; de la même façon que Satan soumet les puissants à la tentation de l’argent pour les reduire en esclavage, les financiers encouragent les peuples, les etats à s’endetter afin de les soumettre à leur volonté.
    L’argent est un mauvais maître mais un bon serviteur.

  10. Dimanche dernier à Athènes, le week-end s’écoulait exactement comme les autres week-end, avec juste, un je-ne-sais-quoi de différent dans la foule. Il y avait dans la légèreté, dans la douce agitation de l’ après-midi, en terrasse dans les rues, une discrète impression de sérénité dans la gravité et de dignité.
    Dimanche dernier alors que tous les journaux ont clamé que les Grecs allaient se ruer sur les distributeurs automatiques de billet, avant lundi 22/06 où “les banques seraient en cessation de paiement”…. il n’y avait LITTERALEMENT personne aux DAB. Je n’ai pas vu une seule personne aux distributeurs. C’était au point que n’ayant plus un sou en poche, depuis vendredi, j’avais des scrupules à retirer un peu d’argent, de peur de passer pour “le mouton noir”, le couard, le pauvre type, le collabo.
    Finalement, dimanche, je me suis arrêté devant une banque pour retirer un peu d’argent car j’avais soif et je n’avais littéralement plus de monnaie.
    Allais-je tomber sur un DAB vide, pillé à la faveur de la nuit par des citoyens en panique?
    Allais-je retirer une forte somme sous les regards de deux dames agées assises sur un banc de l’autre côté de la rue, mais ayant l’oeil à tout?
    J’ai retiré sans aucun problème 40 euros, un dimanche à 20h, alors qu’en temps normal, après la fièvre du samedi soir, il n’est pas rare de trouver des distributeurs dépouillés le dimanche.
    Ce fut très intéressant de se trouver à Athènes précisément à ce moment là, car j’ai pu apprécier la singularité impressionnante du peuple grec. Le peuple grec a pris sur lui depuis quelques temps. Maintenant mon impression est que le peuple grec est paré à toute éventualité. Ces événements font ressortir toute la noblesse d’un vieux peuple.
    Le peuple grec peut et va nous surprendre.
    Je comprends que Tsipras veuille mettre en place un referendum. Je n’y aurais honnêtement pas pensé, mais on voit qu’il est en osmose avec son peuple, car tout compte fait, c’est bien la chose à faire.
    Pourquoi?
    Pour savoir.
    Il y a des Grecs qui aimeraient rester dans l’euro. C’est ce qu’ils disent. Mais est-ce ce qu’ils pensent? Il est difficile de savoir avec le peuple grec, qui a une philosophie différente de la notre, héritée soit de l’ancienneté de sa civilisation soit de son son influence orientale, mais en Grèce, lorsqu’on dit quelque chose, il n’est pas rare que cela veuille dire autre chose. Et ce n’est pas une question de malhonnêteté. C’est autre chose. Et on ne changera pas les Grecs, ni les Arabes, ni les Chinois, de ce point de vue-là.
    Aujourd’hui, dans les rues principales, il y avait une file d’attente de quelques 10 personnes devant le DAB. Dans les rues principales. Dans les rues adjacentes, bien connues des habitants, il n’y avait encore une fois, personne aux DAB.
    Sont-ce des jeremiades, ces files de personnes dans les grandes artères? S’agit-il de capter ainsi l’attention des journalistes afin de s’exprimer au micro. Hier à l’aéroport, un homme qui descendait de son avion m’a demandé en anglais si j’étais journaliste. Non, je ne le suis pas. il m’a répondu (en anglais) : “Ah OK, parce nous sommes tous là (lui et ses pairs) pour couvrir les événements”.
    La plupart des journalistes vont passer à coté de l’événement. Ce qui se passe est trop insaisissable pour un journaliste qui débarque.
    Il y a des Grecs qui n’ont pas toujours brillé par leur héroïsme, qui peuvent trouver ici une occasion de racheter la réputation de leur famille.
    Il se peut qu’une renaissance du Peuple Grec se prépare, et que les Grecs renouent avec ce qu’ils ont de meilleur.
    Il se peut que la difficulté devienne un puissant stimulant “si”, “si” et “si”….
    Voyons voir… Il est vrai que de nombreux observateurs ont les yeux rivés sur la Grèce.

  11. M’est avis que les gros barbares bruxellois ont été purement et simplement détroussés par ces byzantins finauds. Ils se sont fait probablement couillonner, les Grecs pourraient bien ne jamais rembourser ces sacs à bière, sauf en drachmes hyper dévalués et dans 150 ans.

  12. l’affaire grecque est le résultat de la démagogie pour être élu, le peuple votant sans réfléchir pour celui qui lui promet le plus.
    Toujours plus : prévarication, corruption, hédonisme, égoïsme.
    “parce qu’il n’y aura pas de solution sans un retour puissant du politique” : non. Il n’y aura pas de solution sans un retour puissant de l’économique, de l’éducation, du sens du devoir, du savoir, du réalisme, de l’efficacité, de l’altruisme, de la curiosité, du sens du beau, de l’esprit de sacrifice, de la sobriété en tout, des valeurs familiales, de l’esprit collectif.

  13. L’Europe apparaissant aujourd’hui pour ce qu’elle est c’est-à-dire un appendice des Etats-Unis, la question n’est semble-t-il jamais posée de savoir si la Grèce avait le choix de ne pas entrer dans l’Euro. La raison pour laquelle “on” a obligé la Grèce à entrer dans l’Euro n’est-t-elle pas exclusivement d’ordre géopolitique et non d’ordre financier et ne visait-t-elle pas essentiellement à servir les intérêts géopolitiques américains ?

  14. A regarder :
    Myret Zaki & Etienne Chouard, conférence à propos du hold …
    Vidéo pour “etienne chouard et myret zaki”▶ 2:30:16
    http://www.youtube.com/watch?v=aovjo2zILYQ
    6 mai 2012 – Ajouté par Georges Orwellator
    Myret Zaki & Etienne Chouard, conférence à propos du hold up des banques.

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