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Crise à Saint-Jean de Passy : Mgr Aupetit intervient [Addendum : réaction des collectifs de parents]

Crise à Saint-Jean de Passy : Mgr Aupetit intervient [Addendum : réaction des collectifs de parents]

Message de Mgr Michel Aupetit à l’attention de la communauté éducative de l’établissement Saint-Jean de Passy :

Saint-Jean de Passy est un établissement important à Paris où l’on met en œuvre un projet d’éducation chrétienne exigeant et enthousiasmant. Je serai d’ailleurs heureux d’y célébrer les confirmations dans les mois qui viennent, comme je l’avais prévu cette année. La communauté scolaire a été très troublée par l’annonce la semaine dernière de l’existence de problèmes de relation de travail qui pourraient être sérieux.

Je souhaite que ces sujets soient traités avec le plus grand soin par les instances qui ont la responsabilité de le faire et que soit mené à son terme le processus engagé, avec pour seul objectif la recherche et la manifestation de la vérité, dans le respect des personnes et du droit. Dans cette perspective, j’ai demandé au directeur diocésain de l’Enseignement Catholique que le Comité Social et Economique de l’établissement soit saisi afin qu’il diligente une enquête supplémentaire en lien avec le médecin du travail et un cabinet d’audit spécialisé dans la prévention des risques psycho-sociaux. Il en sera tiré toutes les conséquences qui s’imposeront.

Pour ma part, pour le bien des personnes et de cet établissement, je veillerai à ce que les solutions les plus justes soient trouvées et je souhaite que dès maintenant chacun y contribue en faisant preuve de sérénité et de retenue.

+Michel Aupetit
Archevêque de Paris

Les collectifs de Saint-Jean de Passy regroupent plus de 1500 personnes dont 800 familles de Saint-Jean-de-Passy, et sont soutenus par une pétition de 4000 signatures :

Les collectifs remercient Monseigneur Aupetit de les avoir écoutés et entendus en appelant au nécessaire respect du droit et des procédures, après qu’ils ont relevé un certain nombre d’irrégularités. Qu’il soit remercié d’avoir usé de son autorité pastorale pour contribuer à mettre fin à la situation chaotique dont souffre Saint-Jean de Passy.

Les collectifs estiment, en accord avec le diocèse, que l’enquête supplémentaire est aujourd’hui indispensable pour faire la lumière exacte sur d’éventuels problèmes de relation de travail qui pourraient être sérieux.

Nous nous félicitons que cette nouvelle enquête soit confiée au Comité Social et Economique de l’établissement, qui s’était ému, à juste titre, de ne pas avoir été saisi et qui la diligentera en lien avec le médecin du travail et un cabinet d’audit spécialisé et indépendant.

Afin de trouver les solutions les plus justes, il apparait aujourd’hui nécessaire que M. Clément et M. Ducret recouvrent l’intégralité de leurs fonctions au sein de l’établissement. En effet, il serait totalement injuste et attentatoire à la dignité et à l’honneur des personnes concernées qu’elles demeurent écartées tant que la nouvelle enquête demandée par Monseigneur Aupetit n’aura pas abouti. Par ailleurs, les collectifs insistent sur l’absolue nécessité pour les élèves de bénéficier d’une rentrée sereine, ce qui ne peut être possible qu’avec la levée de la mise à pied avec effet immédiat.

« Les collectifs resteront extrêmement attentifs et vigilants quant au respect du droit, des procédures et à l’application des directives de Monseigneur Aupetit dans un esprit de paix et de vérité », souligne leur porte-parole, Wenceslas Betolaud.

Valeurs Actuelles a publié un article indiquant les motivations qui ont poussé à prendre ces mesures contre M. Clément :

Lors de son entretien préalable à son licenciement, qui s’est déroulé mardi matin par visioconférence, le président du conseil d’administration Jacques Moreau lui a confirmé que ni sa vision, ni ses inspirations, ni son concept d’éducation n’étaient remis en cause. Mais qu’en revanche, la fin ne justifie pas les moyens ; que poursuivre un idéal ne permettait pas de heurter ses salariés. Mais qu’entend-on par un management brutal qui aurait conduit à un « malaise psychosocial » relevé au sein de l’institution ?

Selon les conclusions du cabinet Alterhego, dévoilées au conseil d’administration mardi après-midi, sur 50 cadres de l’établissement interrogés (du primaire et du secondaire), 12 seraient en état de détresse psychologique et une tiendrait des propos suicidaires. Dans l’environnement actuel, propre à la prévention du stress en entreprise et des risques psychosociaux, c’est un seul cas de trop. « Imaginons un seul instant qu’un drame survienne dans les semaines qui viennent. Que de voix alors pour s’élever, soupirer et avouer du bout des lèvres ‘Ah si seulement nous avions su’», s’exclame un parent d’élève, qui rappelle le traumatisme provoqué par l’affaire des suicides de France Télécom entre 2007 et 2010.

« Il y a d’un côté le droit, avec des faits qui sont qualifiés et qui peuvent être contraires aux règles, et de l’autre côté, il y a des valeurs, qui ne sont pas moins importantes que le droit, mais parfois, les deux ne se rejoignent pas », tente d’expliquer un avocat. Or, dans un dossier de harcèlement moral, dans l’immense majorité des cas, c’est parole contre parole. « Les questions qui étaient posées par le cabinet d’audit était orientées directement contre François-Xavier Clément », affirme un cadre de l’établissement, pour qui le cabinet avait construit les entretiens « à charge ». Il rappelle que la propre assistante de François-Xavier Clément n’a pas été entendue par le cabinet.

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31 commentaires

  1. Beaucoup de sagesse et de hauteur, merci Monseigneur. J espère que la paix reviendra vite sur ce bel établissement, et nous prions pour toute la communauté éducative.

  2. Monseigneur,
    Il me semble que ce n est pas l annonce de présumés dysfonctionnements au niveau du management qui a ébranlé la communauté éducative de St Jean de Passy mais plutôt la violence des procédés employés à l encontre de Mrs Clément et Ducret.
    Je suis très étonnée de le lecture que vous faites de cet événement .Je me demande donc si vous avez été mal informés ou si c’ est une façon pour vous de prendre parti sans en avoir l air.
    Respectueusement
    Sonia de M.

    • Bonjour madame, il me semble que l expression “dans le respect des personnes et du droit” montre que Monseigneur a bien pris la mesure du problème, dans sa globalité.

      • @capdora : D’où parlez-vous ? l’archevêché ? la direction diocésaine ? Merci.

        • Ni l un ni l autre. Je vous signale que le prochain audit sous la direction du CES concernera tout le monde cette fois, y compris les nombreux cadres en arrêt maladie actuellement (et même hospitalisé pour l un d eux), et toutes les personnes qui ont vécu douloureusement cette affaire, que le médecin du travail sera impliqué, et que les questions posées auront beaucoup moins de risques d être biaisées. Il y a à mon avis un vrai désir de vérité. De plus, lorsque Monseigneur parle de “problèmes de relation de travail”, il met “relation” au singulier, ce qui fait penser à une relation entre deux personnes, et non au résultats du précédent audit. J ai beaucoup d estime pour monsieur Clément, et j espère non seulement qu’il sortira complètement blanchi, mais aussi que cela ne se reproduira pas.

      • Madame ou Monsieur Capdora,
        Le message de l archevêché
        ” la communauté scolaire a été troublée par l annonce de l existence de problèmes de relations de travail ” témoigne d’ une vision erronée voire de parti pris de la situation .En effet ,l évidence est ailleurs :ce qui choque la communauté éducative, les élèves et les parents, c est avant tout la
        la décision prise à l encontre de Mrs Clément et Ducret et la brutalité de sa mise en oeuvre.

        • Bonjour Madame, j ai, peut être à tord, pensé qu il s’agissait de problèmes de mésentente entre deux personnes (puisque, contrairement à la lettre envoyée aux parents par le CA, le mot relation est au singulier), et non de relations (au pluriel) entre la direction et le personnel. Je suis sur le fond complètement d’accord avec vous, la méthode employée était extrêmement choquante pour tout le monde, et je ne vois pas ce qui pouvait la justifier.

    • “je souhaite que dès maintenant chacun y contribue en faisant preuve de sérénité et de retenue.”

      Prudence… 🙂

      • Madame ou Monsieur Capdora,
        Le message de l archevêché
        ” la communauté scolaire a été troublée par l annonce de l existence de problèmes de relations de travail ” témoigne d’ une vision erronée voire de parti pris de la situation .En effet ,l évidence est ailleurs :ce qui choque la communauté éducative, les élèves et les parents, c est avant tout la
        la décision prise à l encontre de Mrs Clément et Ducret et la brutalité de sa mise en oeuvre.

  3. Dans la lecture du message intégral de Monseigneur, je ne trouve aucune allusion au préjudice moral subi par les deux mis en cause et leur famille.
    J’en suis très surpris et en ressent le même sentiment que devant un courrier d’un DRH d’une quelconque entreprise.
    Est-ce du mauvais esprit de ma part ou y a-t-il un message subliminal à lire entre les lignes ?

  4. J’ai déjà vu ce genre de situation…. ne vous faites aucunes illusions !! Un évêque n’ira jamais déjuger son directeur diocésain…

    Ils vont attendre tranquillement que la crise passe et ils nommeront quelqu’un d’autre.

    En absence du directeur, le CES est sous la coupe du directeur diocésain. Pensez vous vraiment qu’il va aller se déjuger lui même?

    Un des moyens que possèderait une “association de défense des parents d’élèves, des professeurs, du personnel” serait, avec un avocat spécialisé d’aller mettre en cause la responsabilité du président de l’OGEC et du directeur diocésain en tant que mandataire social, dirigeant de droit pour l’un (le président de l’OGEC) et de fait pour l’autre.

    Et là la direction diocésaine n’aimerait pas du tout, du tout !!!

    Car elle serait obligé de se justifier devant un tribunal et s’il y a bien une chose que les diocèses n’aiment pas, c’est la lumière sur leurs agissements et être obligés de s’expliquer.

    • Vous n’avez pas pris le temps de regarder un peu de quoi il s’agit, visiblement.
      Cet établissement n’est pas sous OGEC, mais c’est une SA.

      Et vous avez aussi visiblement occulté l’appel de Mgr Aupetit: “je souhaite que dès maintenant chacun y contribue en faisant preuve de sérénité et de retenue.”

  5. Pour rappel d’après Médiapart :
    https://blogs.mediapart.fr/droite-parisienne/blog/200420/coup-d-etat-saint-jean-de-passy

    “Cette mise à pied vient couronner des années de rivalités et de rancunes personnelles, notamment depuis que le père de François-Xavier Clément, André Clément, avait renvoyé le jeune Jean-François Canteneur de l’IPC”
    (…)
    “Enfin et surtout, Saint-Jean de Passy est l’un des derniers grands établissements scolaires privés catholiques parisiens qui ne dépendent pas financièrement du diocèse. La chute de son actuel directeur pourrait donc aussi être une manière de faire rentrer l’établissement (ses revenus et son formidable patrimoine immobilier) dans le giron du diocèse de Paris.”
    (…)
    “Sous pression, Jean-François Canteneur devra vite communiquer des éléments pour justifier la mise à pied de François-Xavier Clément et prouver sa non-implication dans l’affaire.”

    Ce que rapporte Valeurs Actuelles est pour le moins très curieux :

    “sur 50 cadres de l’établissement interrogés (du primaire et du secondaire), 12 seraient en état de détresse psychologique et une tiendrait des propos suicidaires. Dans l’environnement actuel, propre à la prévention du stress en entreprise et des risques psychosociaux, c’est un seul cas de trop.”

    Faut-il en conclure que si dans n’importe quelle entreprise y a un guguss qui veut passer dans l’autre Monde, il faut virer le directeur par principe de précaution ? ça ne tient pas la route une seule seconde.
    Et si tel était le cas, vu ce que l’on croit comprendre de l’état de Mr Ducret ( je ne suis pas du tout parisien ), lui et Mr Clément ne seraient-il pas en droit de faire sauter le directeur diocésain pour “management trop brutal”… l’arroseur arrosé en somme…

    Enfin, travaillant en milieu scolaire, je garantis vous trouver dans n’importe quel établissement public ou privé plus de 5 enseignants en… “détresse psycho”.

    Ce dossier me parait à ce stade et avec les éléments donnés, totalement ubuesque et insensé.

    • Mediapart… connu pour son discernement et sa finesse à l’égard de l’Eglise…
      Avec ici un texte anonyme…

      Voilà qui ne me semble pas répondre à l’appel de Mgt Aupetit: “je souhaite que dès maintenant chacun y contribue en faisant preuve de sérénité et de retenue.”

    • Faites attention à vos sources !

      Dans ce texte, il n’y a rien “d’après Mediapart”, il s’agit d’un billet d’humeur publié sur un blog du site Médiapart et qui n’engage en rien la rédaction.

      Il faut lire jusqu’au bout…

  6. Où peut-on signer la pétition ?

    • Vous trouverez le lien pour la pétition sur un article du Salon Beige de la semaine dernière. Sinon avec votre moteur de recherche, en tapant “pétition monsieur Clément monsieur Ducret”.

  7. Quelques informations supplémentaires pour aider à porter un jugement. St Jean de Passy c’est près de 350 enseignants et salariés. L’audit a interrogé… 50 personnes (choisies sur quel critère ?). Sur les 50, 12 se sont plaints du comportement de M. Clément (trop brutal officiellement mais peut-être que les raisons sont autres (idéologiques…). Aujourd’hui, des dizaines de personnes (et certainement plus car je n’ai qu’une vision incomplète mais c’est certainement une centaine, ce qui est énorme quand on sait que certains n’ont pas d’avis, n’osent pas se mouiller…), membres des équipes pédagogiques de St Jean, se plaignent de ne pas avoir été consultés car leur musique aurait été différente. Parmi ces personnes, il y a ceux qui travaillaient aux côtés de M. Ducret et M. Clément notamment leurs assistantes. Non seulement elles sont tombées des nues mais soutiennent, parfois publiquement, leurs anciens supérieurs (prenant ainsi des risques). Sont-elles masochistes ? Le CESE n’a pas non plus été consulté pour l’audit ni la médecine du travail. Enfin, si l’audit, alors qu’il était à charge, révélait des cas si graves justifiant un renvoi dans l’urgence avec toutes les conséquences que cela implique (salaire suspendu, difficultés de retrouver un emploi par la suite…), comment se fait-il qu’il faille maintenant un 2e audit ? Pour connaître de l’intérieur le fonctionnement des établissements scolaires, si l’on suspend tous les directeurs qui ont fait preuve d’autorité, de fermeté (et parfois d’injustices) avec leur personnel, il ne va pas en rester beaucoup. Un chef, ça décide et cela crée toujours des mécontents. Mais l’éviction brutale de M. Clément (et pire de M. Ducret qui n’avait pas de rôle managérial) a peut-être d’autres causes…

  8. “la fin ne justifie pas les moyens”

    De nombreux chefs d’établissements, et d’autres cathos engagés en responsabilités, devraient y songer chaque jour, et évaluer leurs pratiques à cette aune.
    Quand on est dynamique, motivé par de beaux idéaux, et qu’on ne travaille pas pour son enrichissement personnel (à nuancer, ici), on oublie facilement de faire attention aux autres, en particulier à ceux qu’on commande. Jusqu’à adopter des comportements tout à fait inacceptables.

    J’en ai fait l’expérience de nombreuses fois, avec des chefs d’établissements dont les noms ont souvent orné des articles dithyrambiques dans de belles revues catholiques. Certains étaient sans doute inconscients des problèmes posés par leurs pratiques… d’autres… vu leurs confidences, j’en suis moins sûr.
    Et l’on peut étendre cela à d’autres types d’engagements: scoutisme, etc.

    • @Ermont : votre commentaire se nourrit de ressentis personnels légitimes mais hors contexte de la situation vécue par la Communauté de SJP. Vous semblez manquer de sérénité, de retenue et de discernement; après avoir pourtant fait la leçon en nous rappelant par 3 fois les mots de notre Archevêque . Gardez votre “prudence” 😉.
      Le discernement, c’est d’abord de dénoncer une manœuvre d’influences qui n’honore pas ses auteurs car destructrice et préjudiciable pour les valeurs qui nous réunit ici .
      Le discernement c’est aussi et ensuite, hélas, d’accepter avec lucidité que “ite missa est” pour 2 hommes de valeurs et de foi : ils seront et sont déjà broyés par cette machine qui, à chaque geste posé depuis le 14/4 s’éloigne un peu plus des intentions qu’elle affiche et des principes qu’elle déclare défendre.

    • Il me semble surtout que lorsque l’on est responsable diocésain, et que suite à votre intervention une partie des cadres d un établissement se retrouve en arrêt maladie et parfois gravement, alors qu’il n y en avait pas avant, on devrait se poser des questions. Et je ne parle même pas des personnes en souffrance,
      dont le nombre a explosé. Comme vous le dites, la fin ne justifie pas les moyens.

    • @Ermort
      Vous êtes effectivement très paradoxal.
      Appeler à la prudence alors que votre jugement est lui même très subjectif ne me mets pas du tout en confiance…
      Moi aussi j’ai eu à souffrir de directeurs qui à l’inverse d’ici (et ou de vous ? ) n’étaient pas cathos mais uniquement des gestionnaires. So on a tous une part de subjectivité en nous. La question c’est de ne pas en faire un étendard. Si tel est le cas, nous serions en droit de vous demander : votre parti pris penche-t-il plutôt progressiste ou tradi ? Au moins, on jouerai carte sur table. Il est néanmoins important d’insister : les cons peuvent se trouver dans les 2 camps. Objectivement ce dossier SEMBLE pour l’instant pencher plus dans un sens que dans un autre.

  9. Voici la déclaration de Mr Blanquer dans un interview au Figaro en 2018:

    “Quel sort budgétaire réservez-vous à l’enseignement privé sous contrat?

    Je respecte avec beaucoup de rigueur la règle de répartition de 80 % pour le public et 20 % pour le privé dans les créations de postes, comme dans les suppressions.”

    Je pense que cette “règle” est inadmissible,et devrait être supprimée.

    Je préférerais que l’enseignement privé sous contrat oeuvre à la disparition de cette” règle”, plutôt que de s’épuiser dans des affaires comme celle de St Jean de Passy.

  10. Merci Hugues de recadrer ainsi cette question.

  11. Bonjour, Je ne connais pas la situation en détail mais en revanche j’ai passé toute ma scolarité du CP à la terminale à Saint Jean de Passy, il y a 30 ans environ.
    Je n’ai jamais compris et je ne comprends toujours pas leur projet élitiste. Que cela soit de la part des élèves ou des professeurs, je n’ai pas vécu la bienveillance qui est selon moi un des piliers du développement intellectuel des enfants et des adolescents. J’ai rencontré un exigence exacerbée et dénuée de sens selon moi. 30 ans après, je vois que la sérénité et l’équilibre ne semblent pas avoir gagné cet établissement…… comme un goût amer du Cercle des Poêtes disparus.

  12. Saint Jean de Passy, pour un autre son de cloche ?

    Lorsque le conseil d’administration a pris la décision de mettre un terme au mandat de Monsieur Clément à la tête de St Jean de Passy, des réactions aussi surprenantes que singulières ont été enregistrées, sur les réseaux sociaux, dans les médias ou au sein de collectifs. Une pétition a également circulé pour contester cette décision jugée inique.

    Dans cette affaire du très prestigieux établissement privé du XVIème arrondissement parisien, je suis très surpris par la violence de ces réactions spontanées, souvent émotionnelles, rarement rationnelles, toujours excessives, autour d’un sujet où chacun s’exprime à l’envi, sans disposer des éléments objectifs qui ont amené à pareille décision.

    Ceux qui s’érigent en parangon de la charité chrétienne ou qui défendent les valeurs de justice, d’impartialité, de démocratie – qui sont d’ailleurs les mêmes à dénoncer la dictature de la rue, la vindicte populaire et les lynchages médiatiques – sont ici les premiers à user de procédés pour le moins contestables pour juger la décision d’un conseil d’administration légitime appuyé par une enquête indépendante.

    Dom Dysmas de Lassus disait il y a quelques mois : ” Le phénomène de sur-dimensionnement du fondateur est, à mes yeux, un réflexe moderne. Or, quand on tend vers un culte de la personnalité, l’Esprit Saint a du mal à passer.” Ne sommes-nous pas justement dans un sur-dimensionnement de Monsieur Clément ? L’histoire devrait pourtant nous inciter à être très prudent. Rappelons-nous les affaires Maciel, Marie-Dominique Philippe et plus récemment Jean Vanier. La révélation de ces affaires a déclenché un véritable électrochoc, suscitant incompréhension, colère et parfois même déni, la foi profonde de ses fondateurs et la fécondité de leur oeuvre étant unanimement reconnues. En ce qui concerne St Jean de Passy, il ne s’agit évidemment pas de problèmes de mœurs. Mais les réactions sont les mêmes car Monsieur Clément est un chrétien convaincu dont l’engagement au sein de St Jean de Passy est également unanimement reconnu.

    La décision de mettre un terme au mandat de Monsieur Clément n’a pas été prise à l’emporte-pièce, sans éléments à charge suffisamment étayés et graves pour justifier un tel licenciement. La discrétion qui entoure cette enquête est tout à l’honneur de ceux qui ne souhaitent pas jeter l’opprobre sur un homme respectable et respecté, mais dont la place de directeur n’est plus estimée pertinente, pour des raisons qui échappent à tous ceux qui n’ont pas eu accès au dossier.

    En tant que simple citoyen, attaché à l’équité, je constate un certain nombre de faits qui mériteraient d’être pris en considération et qui sont souvent occultés par ceux qui commentent, critiquent et discréditent ce qui dérange le propre confort de leur conscience moralisatrice.

    Je remarque d’abord qu’en cinq années d’exercice, ce n’est pas la première fois que le directeur de cet établissement fait l’objet d’avertissements de la part de sa hiérarchie.

    J’ajoute ensuite que le conseil d’administration et le diocèse de Paris ont diligenté un audit indépendant suite à une situation de souffrance de nombreux salariés.

    Enfin, je ne crois pas que nous soyons dans une république bananière. Je crois au contraire que nous pouvons encore faire confiance dans le fonctionnement, même imparfait, de nos institutions, dans la probité du conseil d’administration, dans la clairvoyance du diocèse de Paris, et surtout dans l’objectivité et l’indépendance d’un cabinet d’audit qui a pignon sur rue et n’est pas réputé pour ses excès mais plutôt pour son professionnalisme et sa mesure.

    A moins de rejoindre les rangs toujours plus nombreux des complotistes – ils font florès en ces temps de pandémie – , je pense qu’il faut savoir raison garder, prendre le recul nécessaire et considérer le bien commun au détriment d’une somme d’intérêts particuliers et partisans.

    La bienveillance comme la charité chrétienne ne doivent pas seulement s’exercer au profit de ce directeur, quelque difficile soit sa situation ! N’oublions pas les personnes en souffrance, qui n’ont pas la parole et qui sont souvent ” les petits, les obscurs, les sans grades ” de Victor Hugo. Ils sont cette majorité silencieuse qui compte sur ce que l’on appelle les valeurs d’un Etat de droit ! Notre devoir est aussi de les protéger et de respecter leur souffrance.
    C’est cela aussi la charité chrétienne.

    Laissons donc ceux qui savent et qui sont en responsabilité faire leur travail, décider en conscience de ce qui doit être fait pour le bien commun, sans la pression de la rue ou les influences partisanes et grégaires des sots qui sont aussi des ignorants.

  13. @william-debriotier
    Saint-Jean de Passy, ne soyons pas cloches…
    Réjouissons-nous au contraire de ce que le confinement n’ait pas encore anesthésié les consciences au point de les laisser passives devant de telles exactions et abus de pouvoir : cela prouve que nous restons libres et c’est heureux !
    Vous évoquez des procédés contestables pour juger la décision d’un conseil d’administration légitime appuyé par une enquête indépendante par le Collectif des parents. Est-ce contestable d’interroger son Conseil d’Administration sur la gravité des raisons qui le pousse en plein confinement et le lendemain de Pâques à saisir manu militari ses directeurs à leur domicile ? Est-ce contestable de vouloir comprendre une telle décision alors qu’aucun arrêt de travail ou saisine du CSE ne pouvait laisser penser à une souffrance telle en interne qu’elle devait cesser même en l’absence de vie commune en raison du confinement ? Est-ce contestable de s’interroger sur l’impartialité de l’Apel qui ne veut plus remplir ses fonctions de porte-paroles des parents au motif que le CA lui a demandé de couper tout échange ? Est-ce contestable de douter de l’indépendance d’un cabinet qui sélectionne les personnels audités et soutient des conclusions de solution finale sur la base de témoignages anonymes ? Son rôle n’est-il pas plutôt d’accompagner au changement pour répondre aux dysfonctionnements internes ? Si ceux-ci étaient graves et irrémédiables, la police n’aurait-elle pas été saisie ?
    Je ne crois pas que les propos de Dom Dysmas soient ajustés au contexte ou alors vous n’avez rien compris… la fascination d’un charisme débordant n’est pas le sujet, de même que comparer Messieurs Ducret et Clément aux Maciel, Marie-Dominique Philippe ou Vanier est aussi déplacé que malsain : déplacé car encore une fois, aucun fait délictuel ou criminel n’est en jeu ; malsain car c’est une manière minable de jeter l’opprobre. A vous qui nous abreuvez de leçon de morale sur la charité chrétienne, je réponds qu’« il n’y a pas de charité sans vérité ».
    Vous rejetez ceux que vous jugez moralisateurs, mais je ne vois dans vos propos que des jugements des uns et des autres, sans aucun fait ou acte précis qui les fonde ; vous affirmez par exemple que le directeur aurait reçu de nombreux avertissements, mais êtes-vous suffisamment proche de lui pour l’attester ? En avez-vous des copies ? Votre discours est aussi lénifiant que contradictoire… A ce jour, je peux dire n’avoir reçu que le calendrier des faits, des vices de procédures, mais aucun jugement de la part de ce Collectif que vous remettez en cause. Les professeurs de mes enfants sont tous effondrés, personne ne comprend…ma réaction n’est pas celle d’un écervelé sous l’emprise d’un gourou, mais l’expression d’un devoir de participer au rétablissement de la vérité et du respect de la dignité humaine lorsque je constate qu’elle est bafouée dans l’école de mes enfants et que je peux directement agir par ma signature.
    Quant à toutes vos considérations sur la république bananière, la confiance au fonctionnement même imparfait de nos institutions, la probité et l’objectivité de principe sauf à être un méchant complotiste …vous devriez ranger vos annales sur Rousseau au placard, il n’y aura pas de Bac cette année – 😉 Merci en revanche de préserver Hugo de tous ces maux, son écriture mérite meilleur usage.

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