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Crise à Saint-Jean de Passy : Mgr Aupetit intervient [Addendum : réaction des collectifs de parents]

Crise à Saint-Jean de Passy : Mgr Aupetit intervient [Addendum : réaction des collectifs de parents]

Message de Mgr Michel Aupetit à l’attention de la communauté éducative de l’établissement Saint-Jean de Passy :

Saint-Jean de Passy est un établissement important à Paris où l’on met en œuvre un projet d’éducation chrétienne exigeant et enthousiasmant. Je serai d’ailleurs heureux d’y célébrer les confirmations dans les mois qui viennent, comme je l’avais prévu cette année. La communauté scolaire a été très troublée par l’annonce la semaine dernière de l’existence de problèmes de relation de travail qui pourraient être sérieux.

Je souhaite que ces sujets soient traités avec le plus grand soin par les instances qui ont la responsabilité de le faire et que soit mené à son terme le processus engagé, avec pour seul objectif la recherche et la manifestation de la vérité, dans le respect des personnes et du droit. Dans cette perspective, j’ai demandé au directeur diocésain de l’Enseignement Catholique que le Comité Social et Economique de l’établissement soit saisi afin qu’il diligente une enquête supplémentaire en lien avec le médecin du travail et un cabinet d’audit spécialisé dans la prévention des risques psycho-sociaux. Il en sera tiré toutes les conséquences qui s’imposeront.

Pour ma part, pour le bien des personnes et de cet établissement, je veillerai à ce que les solutions les plus justes soient trouvées et je souhaite que dès maintenant chacun y contribue en faisant preuve de sérénité et de retenue.

+Michel Aupetit
Archevêque de Paris

Les collectifs de Saint-Jean de Passy regroupent plus de 1500 personnes dont 800 familles de Saint-Jean-de-Passy, et sont soutenus par une pétition de 4000 signatures :

Les collectifs remercient Monseigneur Aupetit de les avoir écoutés et entendus en appelant au nécessaire respect du droit et des procédures, après qu’ils ont relevé un certain nombre d’irrégularités. Qu’il soit remercié d’avoir usé de son autorité pastorale pour contribuer à mettre fin à la situation chaotique dont souffre Saint-Jean de Passy.

Les collectifs estiment, en accord avec le diocèse, que l’enquête supplémentaire est aujourd’hui indispensable pour faire la lumière exacte sur d’éventuels problèmes de relation de travail qui pourraient être sérieux.

Nous nous félicitons que cette nouvelle enquête soit confiée au Comité Social et Economique de l’établissement, qui s’était ému, à juste titre, de ne pas avoir été saisi et qui la diligentera en lien avec le médecin du travail et un cabinet d’audit spécialisé et indépendant.

Afin de trouver les solutions les plus justes, il apparait aujourd’hui nécessaire que M. Clément et M. Ducret recouvrent l’intégralité de leurs fonctions au sein de l’établissement. En effet, il serait totalement injuste et attentatoire à la dignité et à l’honneur des personnes concernées qu’elles demeurent écartées tant que la nouvelle enquête demandée par Monseigneur Aupetit n’aura pas abouti. Par ailleurs, les collectifs insistent sur l’absolue nécessité pour les élèves de bénéficier d’une rentrée sereine, ce qui ne peut être possible qu’avec la levée de la mise à pied avec effet immédiat.

« Les collectifs resteront extrêmement attentifs et vigilants quant au respect du droit, des procédures et à l’application des directives de Monseigneur Aupetit dans un esprit de paix et de vérité », souligne leur porte-parole, Wenceslas Betolaud.

Valeurs Actuelles a publié un article indiquant les motivations qui ont poussé à prendre ces mesures contre M. Clément :

Lors de son entretien préalable à son licenciement, qui s’est déroulé mardi matin par visioconférence, le président du conseil d’administration Jacques Moreau lui a confirmé que ni sa vision, ni ses inspirations, ni son concept d’éducation n’étaient remis en cause. Mais qu’en revanche, la fin ne justifie pas les moyens ; que poursuivre un idéal ne permettait pas de heurter ses salariés. Mais qu’entend-on par un management brutal qui aurait conduit à un « malaise psychosocial » relevé au sein de l’institution ?

Selon les conclusions du cabinet Alterhego, dévoilées au conseil d’administration mardi après-midi, sur 50 cadres de l’établissement interrogés (du primaire et du secondaire), 12 seraient en état de détresse psychologique et une tiendrait des propos suicidaires. Dans l’environnement actuel, propre à la prévention du stress en entreprise et des risques psychosociaux, c’est un seul cas de trop. « Imaginons un seul instant qu’un drame survienne dans les semaines qui viennent. Que de voix alors pour s’élever, soupirer et avouer du bout des lèvres ‘Ah si seulement nous avions su’», s’exclame un parent d’élève, qui rappelle le traumatisme provoqué par l’affaire des suicides de France Télécom entre 2007 et 2010.

« Il y a d’un côté le droit, avec des faits qui sont qualifiés et qui peuvent être contraires aux règles, et de l’autre côté, il y a des valeurs, qui ne sont pas moins importantes que le droit, mais parfois, les deux ne se rejoignent pas », tente d’expliquer un avocat. Or, dans un dossier de harcèlement moral, dans l’immense majorité des cas, c’est parole contre parole. « Les questions qui étaient posées par le cabinet d’audit était orientées directement contre François-Xavier Clément », affirme un cadre de l’établissement, pour qui le cabinet avait construit les entretiens « à charge ». Il rappelle que la propre assistante de François-Xavier Clément n’a pas été entendue par le cabinet.

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20 commentaires

  1. Beaucoup de sagesse et de hauteur, merci Monseigneur. J espère que la paix reviendra vite sur ce bel établissement, et nous prions pour toute la communauté éducative.

  2. Bonjour madame, il me semble que l expression “dans le respect des personnes et du droit” montre que Monseigneur a bien pris la mesure du problème, dans sa globalité.

    • Ni l un ni l autre. Je vous signale que le prochain audit sous la direction du CES concernera tout le monde cette fois, y compris les nombreux cadres en arrêt maladie actuellement (et même hospitalisé pour l un d eux), et toutes les personnes qui ont vécu douloureusement cette affaire, que le médecin du travail sera impliqué, et que les questions posées auront beaucoup moins de risques d être biaisées. Il y a à mon avis un vrai désir de vérité. De plus, lorsque Monseigneur parle de “problèmes de relation de travail”, il met “relation” au singulier, ce qui fait penser à une relation entre deux personnes, et non au résultats du précédent audit. J ai beaucoup d estime pour monsieur Clément, et j espère non seulement qu’il sortira complètement blanchi, mais aussi que cela ne se reproduira pas.

    • Bonjour Madame, j ai, peut être à tord, pensé qu il s’agissait de problèmes de mésentente entre deux personnes (puisque, contrairement à la lettre envoyée aux parents par le CA, le mot relation est au singulier), et non de relations (au pluriel) entre la direction et le personnel. Je suis sur le fond complètement d’accord avec vous, la méthode employée était extrêmement choquante pour tout le monde, et je ne vois pas ce qui pouvait la justifier.

  3. Dans la lecture du message intégral de Monseigneur, je ne trouve aucune allusion au préjudice moral subi par les deux mis en cause et leur famille.
    J’en suis très surpris et en ressent le même sentiment que devant un courrier d’un DRH d’une quelconque entreprise.
    Est-ce du mauvais esprit de ma part ou y a-t-il un message subliminal à lire entre les lignes ?

  4. Pour rappel d’après Médiapart :
    https://blogs.mediapart.fr/droite-parisienne/blog/200420/coup-d-etat-saint-jean-de-passy

    “Cette mise à pied vient couronner des années de rivalités et de rancunes personnelles, notamment depuis que le père de François-Xavier Clément, André Clément, avait renvoyé le jeune Jean-François Canteneur de l’IPC”
    (…)
    “Enfin et surtout, Saint-Jean de Passy est l’un des derniers grands établissements scolaires privés catholiques parisiens qui ne dépendent pas financièrement du diocèse. La chute de son actuel directeur pourrait donc aussi être une manière de faire rentrer l’établissement (ses revenus et son formidable patrimoine immobilier) dans le giron du diocèse de Paris.”
    (…)
    “Sous pression, Jean-François Canteneur devra vite communiquer des éléments pour justifier la mise à pied de François-Xavier Clément et prouver sa non-implication dans l’affaire.”

    Ce que rapporte Valeurs Actuelles est pour le moins très curieux :

    “sur 50 cadres de l’établissement interrogés (du primaire et du secondaire), 12 seraient en état de détresse psychologique et une tiendrait des propos suicidaires. Dans l’environnement actuel, propre à la prévention du stress en entreprise et des risques psychosociaux, c’est un seul cas de trop.”

    Faut-il en conclure que si dans n’importe quelle entreprise y a un guguss qui veut passer dans l’autre Monde, il faut virer le directeur par principe de précaution ? ça ne tient pas la route une seule seconde.
    Et si tel était le cas, vu ce que l’on croit comprendre de l’état de Mr Ducret ( je ne suis pas du tout parisien ), lui et Mr Clément ne seraient-il pas en droit de faire sauter le directeur diocésain pour “management trop brutal”… l’arroseur arrosé en somme…

    Enfin, travaillant en milieu scolaire, je garantis vous trouver dans n’importe quel établissement public ou privé plus de 5 enseignants en… “détresse psycho”.

    Ce dossier me parait à ce stade et avec les éléments donnés, totalement ubuesque et insensé.

    • Mediapart… connu pour son discernement et sa finesse à l’égard de l’Eglise…
      Avec ici un texte anonyme…

      Voilà qui ne me semble pas répondre à l’appel de Mgt Aupetit: “je souhaite que dès maintenant chacun y contribue en faisant preuve de sérénité et de retenue.”

  5. Où peut-on signer la pétition ?

    • Vous trouverez le lien pour la pétition sur un article du Salon Beige de la semaine dernière. Sinon avec votre moteur de recherche, en tapant “pétition monsieur Clément monsieur Ducret”.

  6. “la fin ne justifie pas les moyens”

    De nombreux chefs d’établissements, et d’autres cathos engagés en responsabilités, devraient y songer chaque jour, et évaluer leurs pratiques à cette aune.
    Quand on est dynamique, motivé par de beaux idéaux, et qu’on ne travaille pas pour son enrichissement personnel (à nuancer, ici), on oublie facilement de faire attention aux autres, en particulier à ceux qu’on commande. Jusqu’à adopter des comportements tout à fait inacceptables.

    J’en ai fait l’expérience de nombreuses fois, avec des chefs d’établissements dont les noms ont souvent orné des articles dithyrambiques dans de belles revues catholiques. Certains étaient sans doute inconscients des problèmes posés par leurs pratiques… d’autres… vu leurs confidences, j’en suis moins sûr.
    Et l’on peut étendre cela à d’autres types d’engagements: scoutisme, etc.

    • Il me semble surtout que lorsque l’on est responsable diocésain, et que suite à votre intervention une partie des cadres d un établissement se retrouve en arrêt maladie et parfois gravement, alors qu’il n y en avait pas avant, on devrait se poser des questions. Et je ne parle même pas des personnes en souffrance,
      dont le nombre a explosé. Comme vous le dites, la fin ne justifie pas les moyens.

    • @Ermort
      Vous êtes effectivement très paradoxal.
      Appeler à la prudence alors que votre jugement est lui même très subjectif ne me mets pas du tout en confiance…
      Moi aussi j’ai eu à souffrir de directeurs qui à l’inverse d’ici (et ou de vous ? ) n’étaient pas cathos mais uniquement des gestionnaires. So on a tous une part de subjectivité en nous. La question c’est de ne pas en faire un étendard. Si tel est le cas, nous serions en droit de vous demander : votre parti pris penche-t-il plutôt progressiste ou tradi ? Au moins, on jouerai carte sur table. Il est néanmoins important d’insister : les cons peuvent se trouver dans les 2 camps. Objectivement ce dossier SEMBLE pour l’instant pencher plus dans un sens que dans un autre.

    • @johannes
      Mon commentaire veut juste indiquer qu’il faut rester prudent… car les apparences sont parfois trompeuses.

  7. “je souhaite que dès maintenant chacun y contribue en faisant preuve de sérénité et de retenue.”

    Prudence… 🙂

  8. Vous n’avez pas pris le temps de regarder un peu de quoi il s’agit, visiblement.
    Cet établissement n’est pas sous OGEC, mais c’est une SA.

    Et vous avez aussi visiblement occulté l’appel de Mgr Aupetit: “je souhaite que dès maintenant chacun y contribue en faisant preuve de sérénité et de retenue.”

  9. Voici la déclaration de Mr Blanquer dans un interview au Figaro en 2018:

    “Quel sort budgétaire réservez-vous à l’enseignement privé sous contrat?

    Je respecte avec beaucoup de rigueur la règle de répartition de 80 % pour le public et 20 % pour le privé dans les créations de postes, comme dans les suppressions.”

    Je pense que cette “règle” est inadmissible,et devrait être supprimée.

    Je préférerais que l’enseignement privé sous contrat oeuvre à la disparition de cette” règle”, plutôt que de s’épuiser dans des affaires comme celle de St Jean de Passy.

  10. Merci Hugues de recadrer ainsi cette question.

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