Courage, Fillon

Minute analyse la dernière non-intervention de François Fillon au 20h, dimanche dernier :

F"[…] Après plus de trente ans de vie
politique engagée […] François Fillon n’a, semble-t-il, rien vu, rien
compris des évolutions de la France
et du peuple français
. L’ancien
premier ministre en est toujours à
croire qu’une élection présidentielle
se gagne au centre, ou « ailleurs »,
ou « au-dessus », et que le costume
de bonne coupe et de mauvais goût
fait l’homme d’Etat.
Fillon pense toujours que l’essentiel
n’est pas de mobiliser son
camp (et de préparer les reports de
voix pour le deuxième tour), mais
de ne fâcher personne – ou alors à
la marge, à cette « marge droitière »
qu’il exècre mais qui, ne lui en déplaise, est désormais majoritaire
dans le camp auquel il prétend appartenir.[…]

Mais après cinq ans à Matignon,
Fillon n’a rien trouvé d’autre à annoncer que sa volonté de « construire
un projet de redressement national,
un projet qui rassemble
», car, a-t-il
ajouté, « la France est dans une situation
tellement difficile qu’on ne pourra
pas la redresser sans la rassembler
».
Comme s’il suffisait de sauter sur
sa chaise comme un cabri (référence
gaulliste) en criant: « Rassembler!
Rassembler! Rassembler!
» […]

Symptomatique fut la réponse
de Fillon à la première question de
Claire Chazal qui portait sur l’annonce,
le jour même, par Vincent
Peillon, ministre de l’Education
nationale, du projet de réduire les
vacances d’été et de les scinder en
deux zones: « Je ne vais pas répondre
sur le fond, mais sur la méthode
» (à
savoir « l’absence totale de concertation
», car « c’est un sujet important
qui mérite d’être discuté avec les associations
de parents d’élèves
»).
Surtout ne pas prendre de risques… Surtout ne pas affirmer de
position tranchée… Surtout ne pas
être un leader… politique
. Comme
si les Français avaient besoin d’un
professeur de méthodologie.
[…] Or, Fillon fait tout le contraire.
Voilà qu’il veut partir « à la rencontre
des Français
» pour les entendre et leur dire sa « part de vérité
pour construire [son] projet
» avec
eux. Plus filandreux – et plus faux
cul –, y’a pas. Plus éloigné de la
mentalité de ses électeurs potentiels,
pareil. Dimanche, pour tout
projet, Fillon a évoqué « une rénovation
du pacte économique et social
» –
hein? –, « une rénovation du pacte
européen
» – qu’est-ce qu’y dit? – et
« une rénovation du pacte démocratique,
à travers une organisation du
territoire qui soit simplifiée
». S’il part
sur ces bases, sûr qu’il va faire un
carton… […]"

11 réflexions au sujet de « Courage, Fillon »

  1. PK

    Je trouve qu’on fait beaucoup d’articles sur des personnes qui ne sont rien, ne font rien ou bien que du mal…
    Fillon, Jupé, etc. toutes ces « élites » qui n’ont qu’un seul objectif : la gamelle.
    Arrêtons les analyses à deux balles : c’est une perte de temps. Ils n’en valent pas la peine.
    Avant, on disait qu’ils ne valaient pas la corde pour les pendre.

  2. suffit

    fillon ??, c’est qui ??? celui qui n’a rien fait pendant 5 ans …. qui a éxigé qu’ on le garde comme premier ministre…. qui a foutu l’u m p par terre …. qui veut “”rassembler “” ??? qui ?? quoi ??? hollande et melenchon ??? qui a placé ses cheres amies au ps et à l’udi … on ne sait jamais … ça peut toujours servir !!!!
    il devrait se terrer dans un trou de rat …;

  3. lecteur

    ” Voilà qu’il veut partir « à la rencontre des Français » pour les entendre et leur dire sa « part de vérité pour construire [son] projet » avec eux. ”
    Ce genre de verbiage socialomorphe, brasseur de vent et sans contenu, ne marchera plus aujourd’hui.
    ça pouvait encore marcher il y a 30 ans, ou en 1994 lorsque Chirac disait vouloir “prendre de la hauteur” et “rencontrer les français” pendant l’année qui précédait l’élection présidentielle.
    ça pouvait marcher à l’époque parce que les conditions économiques étaient objectivement moins mauvaises, parce que la criminalité n’avait pas le niveau que nous connaissons aujourd’hui, parce que les gens pouvaient encore être optimistes.
    Mais aujourd’hui, ce discours insipide et factice ne risque pas de convaincre grand-monde.
    Et pourtant, le représentant d’un “grand parti” (UMP, PS) sera élu une nouvelle fois. C’est à n’y rien comprendre.

  4. trahoir

    Balladur, repris par Le Monde, avait analysé la montée du FN comme une fièvre populaire qui retombera d’elle même.
    Fillon est du même tonneau : analyse pipo BCBG bien pensante incapable de saisir l’instant politique.
    Il est juste un apparatchik qui cherche les clefs de l’opinion publique mais il n’a pas le charisme d’un leader.

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